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 Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août

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Caitlys Forde
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MessageSujet: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Lun 25 Jan - 8:58

Cette journée-là avait commencée comme toutes les autres : vers onze heure, d’après son cellulaire, Caitlys avait ouvert les yeux et s’était contenté de se retourner en les refermant. Ce ne fut que presque trois heures plus tard, vers quatorze heure, qu’elle s’était redressée dans son lit, baillant à s’en décrocher la mâchoire. Finalement, c’était l’appel de la nature qui l’avait forcé à quitter le confort douillet de ses draps. Malgré l’envi, la jeune femme ne retourna pas se réfugier dans on nid et opta plutôt pour une promenade dans le vieux quartier historique. C’était des rues et avenues mille fois exploré, mais en cette journée nuageuse , ce n’était pas de refus. La température flirtait avec le 20°Celsius, soit l’idéal aux yeux de Cait.

Ainsi donc, elle quitta son appartement, avenue St-Denis pour s’engager sur le trottoir peu bondé. La période touristique était passée pour ne recommencer qu’en décembre et aucun festival n’était prévu pour le moment. Décidément, les périodes de creux était ce qu’elle préférait. Pas de foules, pas de bruits, pas d’ennuyants touristes...
Ses pas la menèrent au gré des rues, sans vraiment faire attention à la destination. On pouvait dire ce qu’on voulait du Vieux Québec, c’était petit et faire le tour une fois, peut-être deux, était suffisant pour voir tout ce qu’il y avait à voir. Du moins, de son point de vue de native de l’endroit. C’était... Banal. Banal, mais ça attirait beaucoup de monde. Il faudrait qu’elle se trouve un autre appartement avant le Nouvel An et, surtout, le Carnaval.

Quoiqu’il en soit, alors qu’elle atteignait Place d’Youville, Caitlys se laissa tenter par sa gourmandise et entra dans le Tribune Café. C’est un endroit plutôt petit, avec son lot d’habitué et rarement bondé, sauf pendant la période touristique. On y servait des breuvages chauds, quelques types de pâtisseries et une crème glacé dont la jeune femme raffolait. C’est pourquoi, lorsqu’elle fut au comptoir, son choix s’était déjà fixé sur un chocolat chaud avec crème glacé au chocolat également. À côté, elle prit un croissant, des fruits pré coupés et s’installa pour manger, la faim commençant déjà à la ronger.

Par chance, le commerce était presque vide et, se fiant à son bouclier, Cait su qu’il n’y avait aucun mutant, sans quoi elle l’aurait senti. De plus, aucun mal de tête ne semblait vouloir gâcher sa journée, tout pour la mettre de bonne humeur, quoique quiconque l’ayant vu à ce moment aurait pu jurer du contraire. Pour compléter le tableau, elle prit un journal et l’ouvrit à la page des bandes dessinées et jeux, sortant un stylo d’une poche de sa veste pour s’adonner à son hobby personnel : compléter les mots cachés, le sudoku et les mots-croisés.

Ce petit manège dura bien une heure pendant laquelle il n’y eut aucun problème à rapporter. Ce ne fut qu’après s’être moqué de l’horoscope et du courrier des lecteurs que la mutante se décida à partir pour rentrer. Oh, elle n’avait rien d’important à faire, pas d’émission à regarder ou quoi que ce soit d’autre, mais Caitlys, dans son asociabilité, n’était pas porter à passer de longues heures loin de son chez-soi. Avant de quitter, elle reprit une portion de crème glacée, cerise-chocolat cette fois, et se dirigea vers la sortie. Une famille, visiblement de touriste, car ils parlaient forts, et en anglais, avait justement choisi ce moment pour faire du petit commerce leur prochain arrêt. Les parents franchirent le voile de son bouclier sans de tracas, mais lorsque leur fils, un gamin devant se situer dans les dix ou onze ans, le franchis, Caitlys reconnut la pression dans sa tête qui caractérisait les mutants. Le garçon parut se rendre compte de quelque chose, car dès qu’il franchit le périmètre de son bouclier, il leva un regard étonné vers elle. Savait-il? La jeune femme recula de plusieurs pas pour se mettre hors de porter. Un peu trop rapidement, il semblerait, car son action attira les regards. Elle se sentit pâlir et, baissant la tête, s’empressa de sortir.

« There’s no place like home. » a ce qu’on raconte. On maintenant vers seize heure trente et les travailleurs commençaient à affluer dans les rues. Décidément, il était temps de rentrer. Ce qu’elle pouvait détester les foules..
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Alexandrov Kalistarine
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Mar 26 Jan - 0:40

Cela faisait maintenant partie du lot quotidien pour le riche membre de l’unité mobile. Etant spécialisés dans la collecte d’informations et les opérations discrètes, ces personnes bien particulières étaient habituées aux missions d’espionnage ou d’infiltration, et c’était même leur principal objectif. Pour opérations musclées nécessitant de la force de frappe, la SEAL disposait de troupes, à la fois nombreuses et variées. Mais l’unité mobile était le spécialiste de la finesse et de la discrétion, c’est pourquoi Alex était devenu coutumier de ce genre de filatures.

La structure de ses mission était bien souvent la même : la première étape consistait à rechercher une personne, ou autre chose, à partir d’informations plus ou moins fiables. Une fois sa cible identifiée, cela dépendait de la teneur de la mission : assassinat discret, capture, menaces, chantage, il y avait un peu de tout. Il avait parfaitement conscience que tout ceci était loin d’être légal, mais il le faisait quand même, parce que sa cause était juste. Ces vieilles lois avaient été édictées dans un monde qui était différent de celui d’aujourd’hui et si on s’amusait à les respecter toutes, on resterait pieds et poings liés pendant que l’humanité courrait à sa perte.

C’est ainsi que ce jour-là, Alex était à Québec. Loin d’égaler la grandeur de Moscou, il retrouvait dans cette cité du nord quelque chose d’étrangement familier, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Cependant, il ne s’attarda pas à cherche les détails car il avait une mission très importante à remplir, peut-être la plus importante depuis la fondation de la SEAL.

Comme souvent dans son métier, il devait descendre à terre pour suivre une piste ténue jusqu’à une cible dont l’existence n’était même pas prouvée. Mais cette fois-ci, la fiabilité des informations n’aurait même pas retenu l’attention des têtes pensantes si leur nature n’avait été aussi… intéressante. Cette fois-ci, Alex devait suivre une simple rumeur, et vieille de plusieurs années.

A une certaine époque, dans une certaine école, on avait chuchoté qu’un mutant arpentait les lieux en « désactivant » les pouvoirs les autres mutants. Une rumeur dont la fiabilité déjà douteuse avait été érodée par le passage du temps, mais la possibilité que ce soit vrai avait poussé les dirigeant de la SEAL à enquêter sur le phénomène. Et la tâche fut loin d’être facile : interroger des professeurs si un élève de l’époque avait eut un comportement étrange, retrouver d’anciens élèves, suivre des dizaines de pistes… La seule indication fiable était le temps. En recoupant le moment où avait débuté la rumeur et celui où elle avait pris fin, il était possible de savoir dans quelle promotion aurait existé ce mutant si particulier et d’estimer approximativement son âge.

Aux yeux d’Alex, cette mission était la plus capitale qui lui ait été confiée, et il s’y était attelé avec d’autant plus de sérieux. D’ailleurs, il ne fait aucun doute que beaucoup plus d’agents auraient été mis sur le coup si les informations de départ avaient été un peu plus solides. S’il trouvait ce fameux mutant annihilateur de pouvoirs, quelle avancées phénoménale pour la SEAL !! L’unité des Martyrs de la Honte deviendrait la plus redoutable dans l’extermination des mutants les plus puissants et aucun ne pourrait plus échapper à la purification du monde. La menace serait éradiquée beaucoup plus vite.

Après de nombreux égarements et recoupements, Alex avait été dirigé vers le dossier d’une étudiante plutôt solitaire qui avait l’habitude de se tenir à l’écart. Cette jeune fille, lui avait dit un ancien élève, était un peu étrange, et il lui arrivait de changer brusquement de comportement, de façon presque imperceptible, mais qui n’avait pas échappé à ce jeune homme qui à l’époque « en pinçait un peu pour elle »

Suivant cette énième piste, qui risquait d’être tout aussi infructueuse que les autres mais qui valait la peine d’être examinée pour être sûr de ne rien rater, Alex se rendit donc dans le Vieux Québec. Il lui avait fallu déployer certains efforts pour retrouver sa trace car elle avait manifestement coupé les ponts avec sa famille.

Après avoir trouvé son adresse, il avait décidé de différer sa rencontre avec la jeune femme. Plusieurs portes lui avaient été fermées au nez à cause d’une approche un peu maladroite. Mieux valait d’abord la suivre quelques temps, et essayer de l’interroger une fois qu’il serait sûr qu’elle n’était pas la personne qu’il cherchait.

C’est ainsi qu’il était assis là, dans l’un des petits cafés du Vieux Québec où elle se rendait de temps en temps. Vêtu de son costume blanc cassé accompagné de son chapeau, et lisant le journal en sirotant un bon thé chaud, il avait l’air tout à fait ordinaire et pouvait raisonnablement espérer passer inaperçu. Après plusieurs tentatives de déguisements censés être des tenues ordinaires lors de ses missions passées, il avait finit par se rendre compte que son costume qu’il affectionnait tant était encore la meilleure solution car, bien qu’il ne soit pas le vêtement le plus discret qui soit, c’était celui qui lui allait le mieux et qui restait cohérent avec le personnage. Avec son chapeau penché sur sa tête pour cacher sa cicatrice, il avait l’air d’un dandy.

Mais bien que ses yeux, le vert comme le bleu, soient fixés sur son journal devant lui, son attention était elle fixée sur la jeune fille qui remplissait une grille de sudoku quelques tables plus loin. Il ne la filait que depuis peu de temps, et il se doutait que cela risquait de durer un moment pour avoir confirmation qu’elle n’était pas sa cible. Ce qu’Alex redoutait le plus, c’est que si la rumeur qu’il suivait depuis des semaines était infondée, il devrait examiner les centaines de pistes possibles pour en avoir l’assurance. De son point de vue, il avait bien mieux à faire. Pendant qu’il courait après un fantôme, des mutants continuaient à tuer des innocents partout dans le monde. Mais si cette rumeur avait ne serait-ce qu’un fond de vérité, alors ça valait le coup d’y consacrer tout ce temps et ces efforts.

Quelle ironie ! Les mutants étaient une menace pour l’humanité, et la plus grande menace potentielle pour les mutants, le sauveur possible de l’humanité, était un mutant. Si ce mutant existait, la boucle serait bouclée.

Lorsque la jeune fille se leva et s’apprêta à sortir, Alex vida sa tasse thé – la troisième – et commença à plier son journal. Mais lorsque la jeune fille croisa une famille qui entrait dans le café, elle eut un moment d’hésitation puis un mouvement de recul. La couleur de son visage changea, et cela n’avait pas échappé à l’agent de la SEAL. Elle avait effectivement un comportement étrange et Alex sentit monter en lui une pointe d’excitation. Peut-être que sa cible, en plus d’exister, était plus proche qu’il ne l’avait cru.

Alex ne se pressa pas de se lever pour ne pas éveiller les soupçons. Il n’avait pas besoins de prendre de risques, il savait où elle habitait. Il attendit donc qu’elle sorte avant de se lever et d’aller tranquillement payer son thé. Puis il sortit, d’un pas de promenade, comme s’il n’avait rien d’autre à faire que flâner en ville, et pour dire la vérité, il s’en sentait l’humeur. Le comportement de la jeune femme n’était en rien une preuve, mais c’était l’indice le plus encourageant qu’il avait eut depuis longtemps. Cette fille avait perçu quelque chose. Quelque chose d’invisible que personne d’autre n’avait perçu. Et si elle n’était pas sa cible, et bien il y aurait simplement bientôt un autre mutant de moins sur la terre et c’était toujours bon à prendre.

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Caitlys Forde
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Mar 26 Jan - 7:06

Comme dit plus tôt, les rues commençaient à se noircir de monde avec l’heure de pointe approchant et le temps frais, conjugué au couver nuageux, ne semblait pas en décourager beaucoup. Ce n’était pas irritant aux yeux de Caitlys. Plutôt... Dérangeant. Tout ce monde, ces étrangers, ces gens ordinaires ou non, ils parlaient si fort, prenaient si peu de temps pour faire attention à leur entourage.. Dérangeant était définitivement le mot qu’elle cherchait.

Inconsciente de la menace signé SEAL qui la suivait, la jeune femme s’engagea donc sur rue D’Auteuil, montant la côte d’un pas rapide, mais régulier. Cela lui permettait de dépasser aisément les promeneurs sans avoir l’air particulièrement pressée. Ou louche. Bref, tout pour ne pas se faire remarquer. Ce n’était pas tant l’opinion des autres qui lui importait, mais bien cette désagréable sensation qui ne vous laisse pas en paix quand vous vous savez observé.

La deuxième fois que Caitlys sentit la proximité d’un mutant, ce fut alors qu’un groupe de jeunes marchaient en sens contraire sur le même trottoir. Cette fois, ce n’était pas un, mais plusieurs, probablement même tout le groupe, qui empestait la migraine à coup sûr s’ils franchissaient son périmètre. Optant pour l’option « passer bizarre/impolie/chiante/conne/d’autres frivolités que seuls les idiots peuvent inventer » , Caitlys changea brutalement de directement, traversant la rue en faisant fit de la circulation. Cela lui valut un coup de klaxon colérique, ce n’était qu’un moindre mal. Toute sa scolarité durant, elle avait enduré les migraines, les maux de coeur, la présence que toutes ces personnes qui, en définitive, ne lui avait jamais rien apporté de bon. Aujourd’hui, il était hors de question de continuer à supporter plus longtemps tout cela. Certes, ce petits groupes d’inconnus ne lui avait rien fait, elle ne les connaissait même pas, mais mieux vaut prévenir que guérir, comme le dit si bien le proverbe. Dans ce cas, la plus simple des préventions revenait tout aussi bien à éviter tout contact humain. Ce n’est pas rien ni pour n’importe quoi que Cait pouvait passer plusieurs jours sans mettre le nez dehors.

Oui, elle était asociale, autant à cause de son pouvoir que de son passé et sa mentalité. Et elle en était aussi fière qu’il était possible de l’être. Contrairement à tous ces gens dépendants de la présence d’autrui, elle, elle n’en avait pas besoin.

C’est avec ce genre de pensée que la jeune femme si fit aborder par une âme qu’elle n’aurait pas crut rencontrer de sitôt : un « ami », ou plutôt... Connaissance, de ses années d’étude. L’homme en face d’elle, quel était son nom déjà? Était presque pareil à son souvenir, avec un peu plus de poil au menton. Il était « normal », tant mieux. C’est tout sourire qu’il s’adressa à elle :

- Hey Caitlys... Forde, c’est ça? Ça faisait longtemps. Qu’est-ce tu deviens?

Caitlys eut la pensée de lui lancer un banal « Vie seule, job temps partiel et... Oh, ouais, j’suis millionnaire de fraîche date. » mais ça n’aurait probablement pas bien passé. Aussi se contenta-t-elle de lui dévoiler une partie seulement de son train de vie, histoire d’achever la conversation rapidement :

- Je vis en appart depuis un an. Sinon, pas grand chose... Je m’en allais chez moi, justement.

Son ton, elle en avait conscience, était tout sauf chaleureux. Beaucoup renonçait rapidement à ce stade de la conversation pour faire autre chose de leur temps, mais lui, il s’accrocha de la façon la plus irritante qui soit. Alors qu’elle utilisait le prétexte du « J’m’en vais chez moi, tu déranges. »

- Cool. J’peux venir? Sans vouloir m’imposer, t’en fait pas. C’est juste qu’on faisait parti de la même gang, en secondaire, et ça fait longtemps.

Bien sûr... La réalité, aussi décevante cela pouvait être pour cet ancien « ami », se résumait plutôt au fait qu’ils avaient, certes, fait « partie » de la même bande, soit moins d’une dizaine de personnes à une même table le midi, mais le fait était également que Caitlys n’avait comme ami que trois ou quatre personnes qui avaient par la même occasion rameuter d’autres amis, celui-là par exemple. Elle n’avait rien d’important à faire, mais devoir se taper une conversation qui serait, à coup sûr, ennuyante, en plus de faire entrer quelqu'un chez elle, ne lui disait rien du tout. Aussi opta-t-elle pour un petit mensonge qui ne ferait aucun mal.

- Je travailles de nuit, alors j’allais me coucher. Je ne travailles pas demain, mais c’est comme si je me couchais à quatre ou cinq heure du matin, alors je commences à être fatiguée. Une autre fois, peut-être.

Cette fois, Caitlys ne lui laissa pas le temps de répliquer ou trouver une parade à son excuse et, sans même un au revoir, reprit sa marche. La voix de son ancien camarade de classe, dont elle ne se souvenait toujours pas le prénom, retentit derrière elle :

- Ok! Ok! Désolé de te déranger. (La voix se rapprocha, faisant soupirer Cait par la même occasion.) En passant, t’as entendu parler de ce type qui interrogeait du monde de l’école? Il cherchait une personne qui aurait eu un comportement étrange. Fred a dit que ç’était parce qu’il croyait que la rumeur, t’sais, celle sur le mutant qui annule les pouvoirs des autres qu’il y avait pendant nos années d’école?

Caitlys s’arrêta net, le visage neutre, les membres raides.

- Et tu lui as dit quoi? C’était juste des conneries de gars cons qui savaient pas maîtriser leur pouvoir.

- Ouais! C’est c’que j’ai répondu. De toute façon, ça nous concerne pas. Nous, on est normal.

- Ouais. Encore une chance... Je veux vraiment aller dormir, alors j’y vais.

L’homme osa les épaules, s’excusa de lui prendre son si précieux temps et continua sa marche, laissant la mutante avec la peur au ventre. Quelqu’un à quelque part faisait des recherches sur elle? Pourquoi? Cait n’était pas stupide : de tous les pouvoirs que l’on pouvait considérer comme « abus », le sien l’était, et pas qu’un peu, face aux autres mutants. Ce n’était pas pour rien que cette rumeur avait circulée pendant ses années d’étude. Et voilà maintenant que ça revenait la hanter...

Sans montrer la moindre émotion, elle reprit sa marche, plus rapidement qu’auparavant. C'était une chance qu'elle n'est jamais révélée la vérité sur son don, mais même ainsi, il semblerait que ça lui pendait au dessus de la tête comme une épée de Damoclès.
Les vieux amours ont la vie dure, les vieux mensonges l’ont encore plus, comme on dit.
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Alexandrov Kalistarine
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Mer 27 Jan - 13:48

Ne s'étant pas pressé pour sortir, Alex avait finit par perdre sa cible de vue, mais ce n'était pas grave. Comme il savait où elle habitait, il réduisait au maximum les risque de se faire repérer en gardant ses distances. Il l'avait déjà approchée une fois en buvant un thé dans le même établissement qu'elle et même si elle n'en avait rien remarqué, ce qu'il avait toutes les raisons de penser, la prudence était de mise.

Il avait appris de par son expérience dans l'unité mobile que les mutant vivaient constamment sur leurs gardes, beaucoup plus que les gens ordinaires, et qu'ils étaient plus difficiles à filer. Si Alex se faisait remarquer, ce n'était pas dramatique, mais cela pouvait avoir des conséquences. « une fois, c'est un hasard, deux fois, c'est une coïncidence, trois fois c'est une conspiration. » Si tout le monde n'était pas au fait de cette amusante citation, l'idée était là et la plupart des gens qui avaient l'habitude de surveiller leur arrières avaient, parfois sans le savoir, conscience de ce concept.

Sans se presser donc, il marcha dans la rue, prenant la direction globale du domicile de la jeune femme. S'il pouvait la retrouver vite, il avait plus de chances de confirmer sa suspicion mais dans le cas contraire, tant pis, cela prendrait le temps qu'il faudrait. Par chance, en tournant à un coin de rue, il finit par la repérer à l'autre bout de l'allée, en conversation avec une autre personne. Ou plus précisément, au moment où elle quittait cette personne. Le russe constata qu'elle était repartie en marchant un peu plus vite qu'auparavant, mais sans trahir le moindre signe de perturbation. Une envie soudaine d'aller aux toilettes ?

Quoi qu'il en soit, il se dirigea vers le carrefour qu'elle venait de quitter et attendit quelques secondes avant de tourner le coin. D'après la vitesse de marche et ce qu'il savait approximativement de la configuration de cette partie de la ville, elle devrait arriver au bout de la rue suivante approximativement... maintenant ! Tournant dans la rue, il l'aperçut à l'autre bout, juste le temps de voir dans quelle direction elle était partie.

C'était la méthode classique de filature, mais il ralentit encore le pas, estimant qu'il prenait encore un peu trop de risques inutiles. Il aurait meilleur temps de se diriger simplement vers l'adresse qu'il avait trouvée sans se soucier de regarder où elle se rendait. Mais si elle ne se rendait pas chez elle, il perdrait une chance de glaner de précieux renseignement. Mieux valait donc continuer à la suivre, de loin, jusqu'à sa destination, et aviser ensuite.

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Caitlys Forde
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Ven 5 Fév - 0:52

Caitlys continua sa marche sans vraiment prendre son temps, ni en se pressant non plus. Cependant, les paroles de ce type, dont elle ne se souvenait toujours pas le nom, lui avait confié continuait à repasser dans sa tête comme une bande sonore qu’on écoute en boucle.

« Fred a dit que ç’était parce qu’il croyait que la rumeur, t’sais, celle sur le mutant qui annule les pouvoirs des autres qu’il y avait pendant nos années d’école? »

Vraiment? Il y avait vraiment un homme qui avait fait des recherches sur elle -sans le savoir- et qui la recherchait? Cait se mordilla la lèvre inférieur alors qu’elle repassait encore cette rencontre dans sa tête. Quoique troublée, elle semblait tout à fait calme, impassible, extérieurement. Plus elle y pensait et plus elle trouvait que ça sentait mauvais. Autant parce que d’un côté, les humains normaux détestant les mutants trouveraient intéressant son pouvoir et que de l’autre, les mutants détesteraient et refuseraient d’approuver jusqu’à son existence. Pour les gens comme elle, il n’y avait que deux solutions possibles : se cacher ou combattre et mourir face à deux ennemis différents. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, mais les amis de mes ennemis sont mes ennemis. Quelle était sa place dans toute cette allégorie?

Ses années au secondaire avaient été un calvaire, autant à cause des brimades que des tentatives d’intimidation de beaucoup trop. De plus, alors que la rumeur de ce mutant annihilateur de pouvoirs se propageait, beaucoup de ses semblables avaient commencés à désirer sa mort. Pour les mutants, qu’elle existe en revenait à un danger infiniment plus important que les humains normaux ou même les autres mutants. À la fin, elle se retrouvait prise entre deux fronts. C’était frustrant, cette peur d’être découverte, cette peur d’être pointé du doigt. Toute sa vie durant, Caitlys avait supporté les paroles blessantes, les blagues cruelles et les trahisons, mais plus que tout, voir sa propre existence reniée lui faisait peur.

- Je croyais avoir trouvé la paix, seule au milieu de tout ce monde. dit-elle tout haut en passant une main dans ses cheveux. Je croyais pas avoir à réentendre parler de cette histoire de sitôt... Ce ne fait même pas deux ans. Ou peut-être que si..

Et parce que parler toute seule et tout haut n’était pas dans son habitude, Cait la ferma, continuant son chemin en ruminant ses sombres pensées. Les vieux amours ont la vie dure, les vieux mensonges l’on encore plus.

Tu parles!

La jeune Québécoise arriva finalement à son appartement. L’immeuble était sur deux étages, vieux d’un peu plus de cent ans d’après les propriétaires, un couple âgé habitant au rez-de-chaussée. Cailtys habitait le premier. Le bâtiment occupait toute la surface du terrain de sorte que la porte d’entrée, comme presque toutes celles du cartier historique, se trouvait juste où le trottoir. Un porte blanche, au rez-de-chaussée, menait à la résidence des propriétaires. Une autre, blanche également, donnait sur un minuscule couloir où un escalier grimpait jusqu’à l’appart de Cait. En somme, c’était un endroit banal.

Il y avait exactement trente-quatre marches menant jusqu’à son chez-soi. La plupart étaient vieilles, la peinture s’écaillant ridiculement rapidement et le tapis élimé rendrait bientôt l’âme, mais Caitlys aimait ce petit couloir et cette cage d’escalier. Ça sentait le renfermé, les couleurs étaient moches et l’unique ampoule pendant à nue si bas qu’on devait faire attention à ne pas se cogner la tête. Pourtant, ça avait son charme pour Caitlys. Ç’était son chez-soi et personne ne pourrait le lui enlever. Même son appréhension s’envola.

There’s no place like home.
Hell yeah!

Les trente-quatre marchent furent gravis lentement, l’odeur de renfermé humé à pleins poumons, les murs dont le papier peint jurait affreusement effleurés du bout des doigts et, finalement, la porte ouverte, puis refermée.
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Jeu 18 Fév - 16:39

Comme il le supposait, la jeune femme rentrait chez elle, facilitant le travail de filature, mais à présent, un autre problème se posait pour Alex : comment recueillir des indices sur l’état de mutant de cette fille ? Il n’était pas vraiment du genre à foncer dans le tas et préférait toujours agir avec subtilité, jusqu’à ce qu’un changement de tactique devienne inévitable. Heureusement, il lui restait une carte à jouer et il n’allait pas s’en priver, surtout si cela avait une chance de faire en sorte que les choses se passent en douceur et ne se terminent pas dans un bain de sang. Une mission accomplie avec succès pouvait faire d’un homme un bon soldat, mais un travail propre avait plus de valeur encore, surtout au sein de l’unité mobile où l’on n’aimait vraiment pas les bavures.

Ainsi donc, après une courte réflexion, Alex décida d’attendre un moment, quelque chose comme une grosse demi-heure, temps qu’il mit à profit pour repartir à la périphérie de la ville où il avait garé sa voiture de location. Il se gara dans la rue adjacent l’immeuble miteux et monta les marches pour aller simplement frapper à la porte de l’appartement qu’habitait la jeune femme. Il avait vu la lumière à la fenêtre depuis la rue, il savait donc qu’elle était toujours là.

« Mademoiselle Forde ? Bonsoir, je suis Alexandre Chatter, journaliste au « Day of Tomorrow ». Je suis désolé de vous déranger à une heure pareille mais je voudrais vous poser quelques question si vous le voulez bien, puis-je entrer ? »

Un rôle qu’il avait déjà endossé plusieurs fois pas le passé et qu’il n’avait aucun mal à revêtir. Dans son costume blanc cassé, calepin à la main, il correspondait parfaitement à l’image qu’il souhaitait donner, et qui n’était pas très éloignée de sa propre image, ce qui était encore plus facile à jouer. Il avait appris avec l’expérience qu’un déguisement très simple avec juste le peu qu’il faut de factice était beaucoup plus efficace qu’une identité complètement modelée et trop éloignée de la personne qui l’endossait, car il en était beaucoup plus crédible. N’était la cicatrice de brûlure qui lui mangeait le tiers supérieur gauche du visage, mais cela, il ne pouvait rien y faire. La chirurgie reconstructrice était très perfectionnée, mais il avait des choses que même les meilleurs médecins du monde ne pouvaient effacer. Mais des question lui étaient posées à ce sujet, il avait déjà une histoire toute prête à servir aux curieux, quant-à son œil gauche bleu, contrastant avec le droit qui était vert, la vérité ferait très bien l’affaire.

[HRP] Si tu décide de ne pas ouvrir, considère qu’il a parlé à la porte fermée et que tu l’as entendu à travers. [HRP]

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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Mer 24 Fév - 11:00

Sitôt arrivée, la jeune femme avait fait ce qui l'avait poussé à prendre un petit appartement au premier et à mettre des rideaux opaques noirs à ses fenêtres : d'un élan, elle se débarrassa de son haut et de ses basquets, puis, tout en se dirigeant vers la salle de bain, retira ses pantalons pour le laisser traîner par terre, comme pas mal d'autres congénères. Le ménage n'avait jamais été le fort de Cailtys. Jusqu'à il y a un an, c'était sa mère qui s'occupait des tâches ménagères, alors bon... ce n'était pas l'habitude de se ramasser qui se pointerait du jour au lendemain. Puis, verrouilla la porte avant de se débarrasser du peu qu'il lui restait sur le dos pour s'offrir une douche bien chaude.

Y'a pas à dire, y'a qu'ça d'bien après une longue journée sous le soleil!

Néanmoins, pas plus de vingt minutes plus tard, elle était déjà sorti, prenant son temps jusqu'à sa chambre pour enfiler des sous-vêtements, un large bas de pyjama noir et un t-shirt gris abordant en grosses lettres blanches "Si t'aimes pas mon attitude, me parle pas." Elle l'aimait bien, ce t-shirt. Pas trop ample, ni trop moulant, le tissu était confortable et le col ne serrait pas au niveau du cou. Ciel qu'elle détestait les hauts enserrant la gorge. Ça lui donnait l'impression constante d'étouffer. Bref, Cait se mit à son aise, sans prendre le temps de sécher ses cheveux -elle ne le faisait jamais de toute façon- et se laissa choir sur son canapé avec un canette de soda. Pleins de sucre avant d'aller au lit, c'était se tirer une balle dans le pied d'après certain, mais Caitlys trouvait juste que ça lui coupait sa faim suffisamment longtemps pour qu'elle s'endorme du sommeil des justes.

Elle devait être à la moitié de son breuvage pleins de sucre et mauvais pour la santé (Quelqu’un avait noté à quelque part qu’elle s’en foutait?) lorsque le Russe, quoiqu’elle ne le sut pas à cet instant, toqua à sa porte. Résultat : Caitlys interrompit son geste, plutôt, le suspendit, alors que ses méninges se remettaient à tourner à leur vitesse de croisière. Plutôt vite, sans vouloir paraître vaniteux. Ses premières pensées furent un flot de jolies insultes toutes plus riches les unes que les autres pour la personne la dérangeant cinq minutes avant l’heure du coucher. C’était chiant, et pas qu’un peu. Néanmois, elle se leva. Aussi associable pouvait-elle être, la jeune femme avait quand même un semblant de savoir vivre. Et puis, les gens qui ont tendances à toquer à votre porte en pleins après-midi ont tendance également à recommencer environs à la même heure sans prendre en compte que certaines personnes vivent de nuit, elles!

L’étranger parla au travers de la porte au moment même où Caitlys jetait un coup d’oeil par l’oeillette de cette dernière. Il ne fallut même pas deux secondes avant que sa méfiance naturelle, qualifier ça de paranoïa si ça vous chante, s’enclenche. Techniquement, ce n’était pas difficile de trouver une adresse et un nom y correspondait, mais Cait ne se considérait pas assez importante pour que quiconque prenne la peine de vérifier ce genre de chose.

Le visage distordu lui présentait un homme, cheveux blonds, peau pâle, personne qu’elle ne semblait connaître à première vue. D’ailleurs, le nom ne lui disait rien et encore moins le fait qu’il soit journaliste. Elle détestait les journalistes. Presque autant que les psychologues. Et elle déteste vraiment les psys. « Day of Tomorrow » ne lui disait pas grand chose non plus. Ça devrait? Cait lisait Le journal de Québec, comme pas mal presque tout le même, mais les journaux étrangers ne l’intéressaient pas, encore moins s’ils n’étaient pas en français.

Était-ce un journaliste qui avait trouvé un scoop en apprenant qu’une gagnante au loto était milliardaire et n’en avait parler à personne? Probablement. Les journalistes sont assez parasites pour cogner à votre porte et vous demandez pourquoi vous ne faites pas comme la majorité du monde. Le fait que vous ne soyez pas comme le reste du monde lui semble toujours hors de contexte, même si c’est presque toujours le cas. Pour eux, tous les êtres humains de ce monde rentre dans le même moule lorsqu’on s’intéresse à certains sujets. L’argent et la gloire, notamment. Deux choses que Caitlys n’aimait pas vraiment. La gloire tout particulièrement. Trop de lumière et de monde, pas assez de noirceur et d’intimité. C’était comme si on violait son espace personnelle par un seul regard.

L’autre option, de loin pire que la première, fusse qu’il soit au courant pour ses pouvoirs. Alors là, elle était bonne pour changer de pays, de noms et... Et bien, de vie. Pas de quiproquo : Cailtys n’avait pas honte d’être mutante, bien au contraire, mais elle considérait que sa condition ne regardait qu’elle et elle seule, pas le premier venu la dérangeant en pleins jour. De plus, même si regarder la télévision n’était pas son fort, la jeune femme connaissait la SEAL, connaissait leur émission, connaissait leur méthode. Aussi lâche et inhumain que cela puisse paraître, la jeune Forde considérait que tant que ça ne l’impliquait pas, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient des autres. Refuser de voir et d’entendre était sa spécialité. Toute sa vie durant, elle avait jouer à ce petit jeu. Pourquoi changer la donne?

- Quelles genres de questions? Finit-elle par lâcher au travers de la réconfortante protection de sa porte et des verrous constamment tirés. Je ne connais pas le « Day of Tomorrow » et je suis occupée, alors je n’ai pas de temps à perdre avec les parasites dans votre genre.

Peut-être un peu rude, mais la fatigue jouait, en plus de sa haine presque instinctive envers les fouineurs de première. On ne fouillait pas dans ses secrets à elle. Ceux des autres, ok. Les rats les vieux en ont besoin pour donner un sens à leur vie d’inactifs en puissance, mais ils n’avaient pas besoin de connaître son existence. Moins il y en aurait, plus elle se sentirait bien.

- Je n’ai rien à dire à personne au sujet de personne, alors je préfèrerais que vous foutiez le camps de chez moi. Je n’aimes pas les étrangers.

Ce serait simplement trop beau s'ils pouvaient disparaître et ne plus réaparaître dans sa vie.
C'est beau d'espérer.
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Lun 1 Mar - 14:45

Alex avait été un peu trop optimiste dirait-on. Il savait pourtant que rien n'était jamais facile et que tout pouvait aller de travers, même le plus inattendu. Bon, dans ce cas précis, on ne pouvait pas parler "d'aller de travers", plutôt d'un fâcheux contretemps. Mais cela permit au moins à Alex d'arriver à une conclusion : cette réaction indiquait que la jeune femme était soit associable soit méfiante, ce qui, dans un cas comme dans l'autre, augmentait un tout petit peu la probabilité qu'elle soit une mutante. Pas de façon significative, mais un très petit mieux est toujours mieux que pas de mieux du tout. Il n'allait donc pas abandonner si facilement, surtout considérant l'importance de cette mission.

En l'état actule de la situation, il restait à Alex deux possibilités évidentes : soit il la jouait plus finement encore pour essayer d'embobiner Mlle Forde, ce qui semblait plutôt mal partit, soit il y allait franco sans prendre de gants. Il préférait la première solution, afin de conserver ses chances de ne pas faire de vagues, mais cette méthode semblait la plus difficile à appliquer. L'autre n'était pas vraiment adaptée car il n'avait pas assez d'indices pour savoir si oui ou non elle était mutante et s'il posait la mauvaise question, il flanquerait tout par terre.

" Je vous en prie, mademoiselle Forde, je n'ai rien en commun avec les journalistes à scandale ou les paparazzi, je suis un reporter. Le "Day of Tomorrow" est un mensuel parlant de l'avenir de l'humanité par rapport aux mutants de plus en plus nombreux sur la terre. Notre position est de rester neutres dans le conflit qui les oppose : on étudie que les faits, on ne prononce pas de spéculations ou d'hypothèses, on ne fait pas part de notre avis sur la question et on essaie encore moins d'influencer celui de nos lecteurs, contrairement à la plupart des autres médias. Dans le carde de notre rubrisue "Fumée sans feu, feu sans fumée", je suis chargé d'enquêter sur un phénomène s'étant produit il y un ou deux ans dans l'université que vous avez fréquenté, des mutants ayant momentanément perdu leurs facultés. Je voudrait simplement en apprendre plus sur cet évènement et connaître votre point de vue. J'ai déjà retrouvé plusieurs de vos camarades mais je cherche à rassembler un maximum de choses pour que mon article soit le plus cohérent possible. "

Alex espérait vraiment qu'elle finisse par accepter de lui parler. Considérant les légers indices qu'elle lui avait donné, il était maintenant obligé d'enquêter sur elle pour infirmer ou confirmer cette piste, et si elle refusait de coopérer, il devrait passer à une méthode un peu plus musclée. Non pas qu'il répugne vraiment à l'employer, mais il préférait l'éviter autant que faire ce peu. Il aurait l'air bien idiot s'il sortait le grand jeu pour finalement se rendre compte que c'était une humaine ordinaire et qu'elle ne le mènerait nulle-part.

Le riche en costume commençait à ressentir quelque chose d'un peu étrange étrange, et de dangereusement familier. Il avait la sensation que quelque chose d'immobile commençait à se réveiller, comme une mare d'eau stagnante au fond de lui dont la surface lisse comme un miroir se troublait de rides sous la caresse du vent. Il n'était pas tranquille. La prudence lui dictait de filer au plus vite avant qu'un incident malheureux ne survienne mais il ne pouvait pas reculer ici. Il ne restait qu'à espérer que l'affaire soit traitée en vitesse.

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Caitlys Forde
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Mer 3 Mar - 8:25

Caitlys prit une très grande inspiration pour se calmer. Elle était crevée. Elle avait sommeil. Elle en avait déjà marre de cette pseudo conversation qui allait très certainement finir en engueulade sur l’importance de la vie privée et de l’illégalité du harcèlement. Parce que oui, si ce foutu journaliste ne se bougeait pas de devant sa porte pour qu’elle puisse alors dormir ses huit heures de sommeil quotidien, la jeune femme ne se gênerait pas pour faire le 911 et informer les agents de l’ordre qu’un homme louche rôdait devant sa porte. Certes, ce n’était pas exactement la vérité, mais ça les ferait bouger plus rapidement. Une jeune femme en détresse, ça a le chic de faire démarrer au quart de tour les flics machos en manque d’héroïsme.

- Je me fous du « Day Of Tomorrow » . Écoutez...

Elle soupira de nouveau, car la grande lancée du journaliste ne semblait pas prêtes de s’arrêter. Non, ça ne s’arrêtait jamais. Ça ne s’arrêterait jamais. Ça recommence tout le temps.
C’qu’il pouvait lui taper sur les nerfs. Et il ne se trouvait même pas en face d’elle! Par chance, ce n’était pas un mutant. Son mal de tête ne serait dû qu’à l’irritation. D’ailleurs, en parlant de celui-là, Cait commençait à le sentir poindre à l’horizon... Génial.

Et il continuait. Blablabla. Rester neutre... Mon oeil, ouais. Blablabla. On étudie les fait. Comme si elle allait croire ça. Tout le monde à son opinion. Tout le monde a un parti donné, même si certains n’en ont pas conscience. Blablabla. Pas de spéculations, ni d’hypothèse. C’est ça. Et elle était la reine d’Angleterre. Un journal ne peut pas vendre s’il n’a pas d’histoire à grossir, c’était bien connu. Donner son avis, c’est une spéculation, pauvre idiot! Et l’avis des personnes interrogée, il en faisait quoi? Elle pourrait bien dire n’importe quoi, ça resterait ses spéculations à elle. Vivement le jour où tout le monde se mêlerait de ses petites affaires.

Cependant, le bémol de toute l’histoire fut... Et bien... L’histoire. Son histoire. L’histoire du mutant annulant ceux des autres. L’histoire qui l’avait fait vivre dans la peur pendant toutes ses études. Caitlys sentit son coeur se débattre dans sa poitrine douloureusement et son pouls s’accélérer dangereusement alors que l’adrénaline coulait à flot dans ses veines. La peur lui contracta les boyaux et le vertige lui prit. Merde. Elle aurait besoin de manger beaucoup de sucre après ça. Un énorme pot de glace au chocolat. Ouais, ça devrait faire l’affaire.

Ce ne fut que grâce à son self-control et les années de pratique qu’elle avait eut que la jeune femme resta extérieurement impassible, car l’intérieur était livré à toutes les gammes d’émotions possibles. Du moins, les négatives. Qu’est-ce que ce Alexander -ou Alexandrov?- connaissait de la situation au juste? Combien de personne avait pu potentiellement donner son nom à la question « Est-ce qu’un de vos camarades de classe se comportait bizarrement, évitait-il la présence de tiers et de quelle façon? » Combien avait répondu « Forde restait toujours dans son coin et parlait à personne, ou presque. Ouais. Caitlys Forde. Une fille bizarre. »

Son instinct lui criait maintenant de courir. De fuir le plus loin possible. De disparaître si nécessaire. Elle avait les ressources, pourquoi pas? Il lui criait de faire ce qu’elle aurait dû faire depuis maintenant un an : changer de pays. Cait aimait sa ville. Québec était magnifique et calme, hors de période de festivals. Elle y avait toujours vécu et n’avait que peu voyager. C’était peut-être temps de laisser la quiétude de son appartement pour s’en aller sur les routes. Ça faisait un bail qu’elle voulait faire le tour des musées d’Europe, visiter les merveilles du monde. Ça lui semblait désormais très tentant.

Calme-toi, ma vieille. Il ne sait pas. S’il savait, il t’aurait accoster plus directement. Le bénéfice du doute. Pense au bénéfice du doute...

Ça la calma. Un peu. Pas beaucoup.

Une grande expiration silencieuse plus tard, elle s’adressait au reporteur derrière sa porte avec la même voix posée, quoique légèrement irritée, qu’elle avait eu au tout début de la simili conversation :

- Vous voulez mon opinion et ma version des faits? Très bien, la voici : il y a... Un ou deux ans, je ne m’en souviens plus, la rumeur circulait qu’un mutant avec un pouvoir de désactiver ceux des autres se promenait dans notre établissement. Mon opinion : peut-être. Ça ne me regarde pas. Des mutants qui ne sont pas capables de contrôler leur pouvoir, ça arrive trop souvent. C’est peut-être juste des cons qui voulaient se trouver une raison. De toute façon, et je l’ai dit, j’en ai rien à foutre et ça ne me regarde pas. Ma version? Vous l’avez! Maintenant, foutez-moi la paix ou j’appelle la police pour harcèlement. Je vis de nuit, monsieur, et je suis censée être au lit depuis au moins dix minutes. Alors ayez un minimum de respect pour la vie privée des autres, mêlez-vous de se qui vous regarde et je suis crevée. Et parce que vous n’aimeriez pas que je vous réveilles à quatre le matin pour vous posez des questions sans intérêt notoire, bonne journée!

Sur ce, Caitlys s’éloigna. Il pouvait bien la supplier, fléchir n’était pas dans son dictionnaire.

La jeune femme serra les poings et se concentra sur sa colère, sur cette irritation dû au manque de sommeil. C’était ça ou rester avec cette peur au ventre, tremblante comme une feuille au milieu de sa petite cuisine presque vide. Car oui, elle avait peur. Peur qu’on découvre un jour ce qu’elle était. Peur des gens voudrait sa peau. Peur de ceux qui la voudrait pour l’utiliser. Peur de ces curieux qui la regardait comme un phénomène de foire particulièrement intéressant. Elle avait peur. Et c’était peu dire.

- Ça va aller. murmura-t-elle si bas que même elle eut du mal à s’entendre. Ça doit aller.

Machinalement, elle se mordilla la lèvre inférieur, un signe non négligeable qu’elle réfléchissait à toute allure. Quoiqu’il n’y eut plus beaucoup de personne pouvant identifier le tic nerveux. Si elle fuyait, alors la conclusion sauterait aux yeux de n’importe quel idiot : ce serait comme avouer qu’elle était le mutant annihilateur dont tout le monde parlait il y a quelques années. Jamais personne n’avait su. Elle même n’avait jamais ne serait-ce que mentionné ce fait tout haut, de peur que quelques oreilles indiscrète, fussent celles d’un membre de sa famille directe, ne l’entende. Tout le monde la croyait aussi normale que possible, mais avait une faible constitution. Sa volonté était inébranlable, mais son corps faible. Oui, ça la décrivait bien. Elle était Caitlys Forde, l’asociale de service que peu de personne aimait et qu’encore moins voyait. Elle était celle qu’on oubliait de nommer lorsqu’on prenait la liste des absents, pas celle qui représentait la pire menace pour les mutants alentours.

D’une main distraite, Cait lissa ses cheveux vers l’arrière et marcha jusqu’au salon. Une affaire de cinq six pas et agrippa son cellulaire laissé sur la table basse se situant dans le milieu de la pièce. Cette dernière était pas mal encombrée, de livres surtout , en plus de papiers et d’un ordi potable dernière cris. Même sur papier ou dans un quelconque fichier informatique, elle n'avait consignée sa condition. Non. Il n’y avait aucun indice pouvant faire le lien. À moins qu’un mutant passe dans son périmètre - et foutu périmètre qui ne faisait que s’élargir avec le temps! - il n’y avait aucune preuve. Ça la réconforta, mais pas totalement. La méfiance est la clef. Lorsqu’on s’attend au pire, on ne peut jamais être plus déçu. Elle ne l’avait que trop bien apprit, durant ses années d’études. Vivre en société, c’est inévitablement devenir un cible pour quelque uns, parfois plus. Et elle était devenu la cible. C’était en endurant qu’elle avait réussi, ce serait en continuant à endurer qu’elle réussirait. Ne pas succomber à la peur, la détresse ou au désespoir. S’en nourrir, la maîtriser et infliger à ses détracteurs la pire des insultes : les ignorer.

Voilà! C’était une stratégie qui ne lui avait jamais failli! En tenant son bout, en continuant à proclamer qu’elle ne savait rien et ne voulait rien savoir, ce journaliste se lasserait et lâcherait le morceau. Il n’était pas différent des autres. Ils étaient tous pareils. Se méfier et ne pas faire confiance, c’était la plus sacro sainte des vérités.
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Alexandrov Kalistarine
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MessageSujet: Re: Québec, la capitale, par un frais après-midi d'août   Dim 28 Mar - 2:55

La réaction plus que colérique de la jeune femme de l’autre côté de la porte indiquait effectivement qu’elle était sur les nerfs, ou qu’elle voulait le lui faire croire. Après tout ce temps, il avait fini par apprendre à se méfier des apparences, car les mutants étaient devenus des maîtres dans l’art de se dissimuler. Ce qui n’est pas étonnant, puisque c’est pour eux une question de survie, surtout depuis la montée en puissance de la SEAL.

La longue tirade ne lui avait rien apporté de concret, ou plutôt d’irréfutable, car la jeune femme ne lui avait fournit aucun indice, mais la personne à qui il venait de parler correspondait bien à la description qu’on lui en avait faite. Les dés n’étaient pas encore jetés et tout se jouerait plus tard, mais pour le moment, Alex tourna les talons et quitta l’immeuble. Il reviendrait bientôt, quelques heures maximum, mais probablement moins. Après tout, il n’était pas pressé.

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