AccueilPortail2FAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 C'est la vie qui continue...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: C'est la vie qui continue...   Sam 12 Déc - 2:16

Son monde n'était plus le même depuis longtemps. Il avait connu une succession de changement sans précédent, faisant en sorte qu'il ne suffisse que de près de deux ans pour faire d'elle un être complètement différent de ce qu'elle avait un jour été. Une simple transaction… non… un simple repas avait réussi à creuser un puissant gouffre entre X422-374F, le clone, et Kajitsu Aoyagie, la plus jeune membre que la Slayer's Division et la Black Division confondu aient jamais accueillie. Cette succession d'évènement, cette jeune être se qualifiant secrètement d'irréelle aimait bien se la remémorer de temps à autre, non pas par masochisme (puisqu'il ne s'agissait pas d'évènements très "joyeux"), mais bien pour constater son avancement. Regarder en arrière n'était pas une preuve de faiblesse ou de peur du futur, au contraire, ce n'était qu'un moyen de mieux apprécier et constater son présent. Elle ne regrettait rien.

Ce jeune clone avait été humilié… battu… ridiculisé… mais s'était toujours relevé. Son corps portait encore les marques de ses humiliations passées, mais pour Kajitsu, il ne s'agissait que de la preuve de sa persévérance et de son travail acharné. Car aujourd'hui, après maintes batailles, après le sang, la violence et la mort, c'était elle qui humiliait, battait, ridiculisait ceux qui avaient l'arrogance de la sous-estimer. Bien sûr, elle avait gardé sa part "d'humanité", mais il n'était plus donné à tout le monde de la voir, tout comme il n'était plus donné à personne de voir ses faiblesses. Oui… elle avait fait beaucoup de chemin cette être sans doute trop jeune pour être ce qu'elle était et elle pouvait se venter sans crainte d'avoir réussi à prendre enfin son destin en main. Son avenir ne serait tracé que par elle-même à présent.

En ce jour, alors que le vent chaud soufflait entre les montagnes, on pouvait distinguer une forme féminine installée sur la branche de l'un des arbres du Centre, non loin du pavillon des Divisions. Une jambe pendait négligemment dans le vide, alors que sur la seconde, pliée, reposait l'un de ses bras. Elle fixait l'horizon, observait les montagnes qui se perdaient toujours plus loin, les trouvant toujours aussi majestueuses chaque jour. Le vent se prenait dans ses longs cheveux mauves, contrastant avec le ballet vert des feuilles de cet arbre qui acceptait d'être son hôte l'espace d'un moment. Par moment, venant se mêler à la chorale des branches et du vent, le cliquetis du métal se faisait entendre, rappelant la présence de l'arme de cet arbre perché entre les branches d'un arbre.

Bien qu'elle donnait l'impression de simplement se détendre entre deux séances d'entraînements ou bien deux missions, Kajitsu attendait en vérité quelqu'un. Il s'agissait de David Dilfert, un membre de la Shatter Division qui avait fait ses débuts dans la Red Division au même moment qu'elle. Elle l'avait toujours apprécié, enfin, disons dès les premiers moments. Il fallait quand même dire qu'ils avaient partagé une mission particulièrement mouvementée (pour l'époque) ensemble dans la seule salle de simulation du laboratoire de Miami. C'était le genre de chose qui, habituellement, avait le dont de créer des liens entre les gens, généralement solide si on en prenait soin. Et c'est ce qui arriva, faisant de David l'un des seuls êtres à être en mesure de voir son côté plus… "humain".

Toutefois, pour le moment, Kajitsu était perdue dans ses songes, observant le ciel et les autres arbres, retraçant son parcourt une fois de plus. Elle n'avait pas encore dit à David ce pourquoi elle désirait le voir cette après-midi encore et c'était peut-être mieux ainsi. Oh, ce n'était rien de bien grave… mais elle avait pris l'habitude de le laisser régulièrement dans le mystère concernant ses actions, jusqu'au moment de les dévoiler. Ce n'était qu'une manière de… comment dire… s'amuser un peu ou de démontrer encore quelques traits n'étant pas complètement ceux d'un enfant ayant radicalement quitté son monde n'ayant jamais vraiment été si enfantin. Enfin, tout ça pour dire que Kajitsu était confortablement installée contre le tronc de son hôte en attendant que David ne se présente.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Lun 14 Déc - 4:13

Le jour s’était levé tranquillement sur les montagnes américaines, et comme chaque jour, David se réveillait aux premiers rayons de lumière comme un noyé émergeant de l’eau pour aspirer une bouffée d’air salvatrice. Depuis qu’il avait trouvé la cause de son combat, depuis qu’il savait pour quoi il luttait, il était à nouveau en paix avec lui-même, du moins autant qu’il pouvait l’être, mais ses nuits était toujours très désagréables, et certaines étaient un véritable enfer.

Comme toujours, David ne perdit pas de temps pour écarter ses draps d’un geste et s’habiller. Son lit était un lieu redouté où il n’aimait pas s’attarder, même éveillé. Il ne perdit donc pas de temps à trainasser au lit, bien que ce soit un jour de relâche, et quitta sa chambre comme s’il avait quelque chose d’urgent à faire. Il se rendit au réfectoire pour avaler un rapide petit déjeuner puis sortit du bâtiment résidentiel.

Cet endroit niché entre les montagnes était magnifique. Cela n’avait pas le charme estival de la Floride avec ses plages et ses filles en bikini, mais la température était beaucoup plus supportable et le paysage des montagnes tout autour était grandiose. Seul hic, c’était loin de tout, et il fallait faire du chemin pour sortir et se distraire. Le déménagement depuis le pôle de Miami jusqu’au complexe avait été une opération d’assez grande envergure, car presque tout le personnel mutant de GC venant du monde entier se retrouvait ici, au cœur des montagnes, pour constituer une véritable armée. L’organisation n’avait rien de la rigueur militaire mais ils n’en restaient pas moins un regroupement de personnes mobilisées pour effectuer des tâches souvent musclées.

Mais aujourd’hui, David n’avait aucune mission à accomplir et pouvait rester tranquillement à se détendre dans le parc du complexe. La matinée était plutôt agréable, et la passer à flâner entre les arbres serait plutôt plaisant. David sortit donc et se promena un moment avant de s’asseoir au pied d’un arbre pour profiter de l’air frais et pur qui n’avait rien à voir avec l’odeur des villes. Aux alentours de 9h20, il reçu un message sur son portable. Kajitsu voulait le voir dans la matinée et lui indiquait où il pouvait la trouver. Elle n’avait pas précisé pourquoi mais ça ne devait pas être pour un problème ou quelques chose de vital.

David avait continué à entretenir un lien assez particulier avec la jeune fille au cours de l’année écoulée. Il éprouvait beaucoup d’affection pour elle et elle éveillait en lui quelque chose d’étrange qu’il était toujours incapable d’identifier, comme une forme floue dissimulée dans l’obscurité. Les moments passés avec elle étaient agréables et cette rencontre imprévue ne pouvait être qu’un bon moment de plus. La jeune fille avait bien changé en une année. Elle était toujours aussi déterminée mais moins hésitante, et beaucoup plus dure. Plus encore qu’à l’époque où il l’avait connue, elle semblait avoir grandit trop vite dans un monde qui ne lui avait pas fait de cadeaux.

L’ancien mercenaire se leva et se dirigea vers l’endroit où l’attendait sa jeune amie. Quelques minutes plus tard, il la trouva perchée dans un arbre, assise une branche, une jambe dans le vide. Quand on savait de quoi elle était capable, il était amusant de penser que c’était un arbre perché sur un autre. Et en la voyant comme ça, il était difficile d’imaginer qu’elle était membre de la Slayer's Division et qu’elle exécutait désormais sans sourciller les travaux les moins reluisants que la GC avait à leur faire faire.

David approcha en silence, prenant grade d’étouffer le bruit de ses pas. Précaution inutile, car il n’avait pas l’intention de la surprendre, et elle l’avait peut-être même déjà repéré, mais il craignait de briser ce calme silence par sa seule arrivée. Finalement, il s’approcha de l’arbre et y grimpa, pour s’assoir sur la branche opposée à celle de Kajitsu.
Ils étaient donc dos à dos avec le tronc de l’arbre entre eux. Puis, après quelques secondes, il commença à chantonner un air dont l’origine se perdait dans les souvenirs flous de son enfance.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Lun 14 Déc - 5:32

La présence de David n'avait pas été révélé par son approche. La seule attention que Kajitsu accordait aux gens présents était la considération du bruit de leur pas dans la terre dans la symphonie de la nature environnante. Toutefois, ce n'était qu'un bruit de fond, un élément extérieur à son monde présent qui se limitait à l'horizon et à l'arbre dans lequel elle était perchée. Ce qui avait véritablement indiqué la présence de celui qu'elle attendait était le dérangement des feuilles, le mouvement provoqué par un celui qui prend place sur une branche, l'annonce d'un élément extérieur qui se stabilise pour devenir un élément intérieur. Consciente de ses efforts pour respecter ce moment de repos - sans doute en avait-il besoin également -, l'arbre dans l'arbre ne dit rien et ne fit rien de plus que de fermer les yeux un instant, un peu comme s'ils avaient été lourds de fatigue. En fait, il s'agissait seulement d'un moyen de s'éloigner de ses songes au sujet du passé et de revenir à la réalité qui venait de se présenter derrière elle.

Il y avait maintenant un moment que Kajitsu pensait à aborder son aîné au sujet du sujet du jour. Il ne s'agirait sans doute pas de quelque chose qu'il apprécierait, mais à l'avis de cette jeune plante, il s'agissait d'un mal nécessaire. Après tout, elle aurait été aveugle de ne pas remarquer la manière dont il avait de s'occuper de ses tours de garde dans les cellules avec résignation et elle se souvenait encore qu'à l'époque où ils étaient encore à Miami, l'univers des cellules lui était resté inconnu jusqu'à peu de temps après leur dernière "visite de la Faculté". Il y avait d'ailleurs particulièrement mal réagit... cet être venait du monde "extérieur" et elle ne s'était pas non plus attendue à ce qu'il comprenne tout de suite la nature du monde "intérieur". Toutefois, elle ne s'était pas attendu à la réaction qu'il avait donné à ce moment; enfin, au moins, tout s'était arrangé. Malgré tout, depuis ce moment, Kajitsu n'avait jamais vraiment senti David à son aise avec les cellules. Pourtant, il s'agissait d'un élément essentiel à la Genetics Corporation, à l'avancement de la science et surtout, point de vu personnel, du meilleur moyen d'acquérir l'esprit des lieux. Aujourd'hui donc... l'ex-cobaye entrainerait David dans le "monde intérieur".

Kajitsu ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle entendit les premières notes venant de l'autre face du tronc. C'était une manière parfaitement humaine de se mêler à la symphonie de la nature. Enfin, considérant que David était naturel, il avait parfaitement sa place dans cet orchestre. De son côté, l'être artificiel qu'était Kajitsu n'y avait sa place que par son statu de "végétale". Enfin, elle le laissa chantonner encore un moment, sourire amusé aux lèvres, se disant qu'elle pouvait bien lui laisser un moment de légèreté dans la journée. Aussi, c'est à ce moment qu'elle décida d'attendre un moment avant d'aborder le sujet du jour, lui laissant au moins l'occasion de profiter de la matinée. Elle irait doucement avec lui... après tout, sans trop savoir pourquoi, elle aimait bien le tenir éloigné des horreurs de la Genetics Corporation... un peu comme si cet être était associé à une sorte de "lumière" si on veut. On parlait tout de même de celui qui était capable de l'observer comme si elle était tout sauf ce qu'elle était.


"D'où est-ce que ça vient...?" demanda simplement Kajitsu, ton de voix paisible, à la fin de cet air.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 15 Déc - 0:20

Lorsque David eut terminé de chantonner cet air venu de loin, la jeune fille assise sur l’autre branche manifesta sa curiosité quant à l’origine de cette mélodie.

« Je l’ignore. Le la connais depuis toujours. Probablement une berceuse que me chantait ma mère. »

Le silence se fit à nouveau et seul le vent jouant dans les feuilles l’emplissait d’une autre sorte de mélodie. L’air était tellement pur. Cela lui rappelait ses jeune années passées dans une petite ville et où la campagne vallonnée tout autour offrait un magnifique paysage. Bien sûr, ce n’était rien en comparaison de ces grandioses montagnes dont la masse imposante les dominait de toute leur noblesse.

Pouvoir profiter d’un tel instant de paix en compagnie de Kajitsu était une bénédiction. Cela permettait à David de se vider de la pression et du stress de son travail à la GC, c’était comme une soupape de sûreté.

Mais il se doutait que cela ne durerait pas. Si Kajitsu lui avait envoyé un message, c’est qu’il devait y avoir à leur rencontre une autre raison que de simplement partager un plaisir ensembles.

« Tu voulais me voir pour quelque chose de précis ou tu avais juste envie d’un câlin ? »

Il y a des choses qui ne changeront jamais, même en vivant à la GC…

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 15 Déc - 1:30

Certaines choses ne changent jamais... oui, c'était mieux ainsi. C'est d'ailleurs pourquoi une sourire ne tarda pas à se former sur ses lèvres. David avait toujours été si vivant... mais dans la direction inverse à la sienne. La vie de Kajitsu... ce qui la rendait vivante, ce n'était pas ses rires, mais bien les mouvements de sa lame, les mouvements jusqu'à l'épuisement total, jusqu'à ce que son corps se vide de l'énergie qu'elle avait accumulée. Cette voie, nécessairement, menait au sang et s'éloignait des rires. Sans doute était-ce là une autre des raisons pour lesquelles cette jeune clone appréciait David: il la tenait loin du sang pendant l'espace d'un instant. Car elle avait toujours eu cette impression avec lui... comme si soudainement, elle pouvait voir en lui la parfaite antithèse à sa personne, un peu comme un miroir qui vous représente à l'envers. Cette différence si frappante... était ce qui faisait en sorte que le contacte de cet être semble si confortable à cette jeune clone, si rassurant. En vérité, il devait bien être l'un des seuls êtres humains à lui apporté ce que seul les arbres pouvaient lui offrir: la paix de l'âme.

Néanmoins, la paix ne dure jamais aussi longtemps qu'on le souhaiterait et aujourd'hui, Kajitsu viendrait briser cette paix afin de faire en sorte que cet être de l'autre côté de l'arbre soit plus à même d'accepter (puisque l'apprécier serait sans doute plus difficile) son monde. Les ténèbres s'étendraient un moment sur la lumière.


"Tu ne changeras jamais..." Fit-elle sur un ton amusé.

À cet instant, la jeune clone sauta de sa branche, venant jouer un moment sur la mélodie du vent alors que le métal échappait un simple cliquetis alors qu'elle gagnait le sol. Sourire aux lèvres, laissant voir cette lueur de détermination et de vie lui allant si bien au fond des yeux, l'être irréel observa un court moment celui qui s'était installé de l'autre côté de l'arbre. Cette lueur ne resta toutefois présente qu'un très court instant, puisque ses yeux reprirent rapidement le même esprit qu'à l'instant où elle était encore sur sa branche. Elle savait que la paix ne durerait pas.


"Allez suit-moi, aujourd'hui tu vas avoir droit à une visite guidée."

Cette phrase dite sur le même ton de voix calme et posé qu'elle utilisait normalement n'indiquait pas moindrement ses intentions. Cela signifiait seulement que Kajitsu reprendrait son expression sérieuse, calme et confiante pour se rendre jusqu'à destination. D'ailleurs, parlant de se rendre jusqu'à destination, cette jeune être avait déjà commencée à marcher sur le chemin de terre, David ferait mieux de la suivre où il la perdrait de vue.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 15 Déc - 2:03

Il ne changerait jamais… Si seulement cela avait put être vrai. Mais en vérité, il avait profondément changé depuis qu’il travaillait à la GC, et c’était bel et bien irréversible. Il avait subit des changements si profonds et fondamentaux dans sa façon d’être et de vivre le monde que le seul moyen pour ne pas devenir fou était de se raccrocher désespérément à cette partie de lui qu’il parvenait à conserver comme d’origine, le David boute-en-train, un rien provocateur et irrévérencieux qui riait seul de ses propres blagues. Celui qu’il était avant de mourir la première fois. Il lui était arrivé tellement de choses depuis, et sa vie avait pris tellement de virages à 90° qu’il en avait le tournis rien qu’en regardant en arrière. Il avait traversé plusieurs épreuves, et si Kajitsu était aujourd’hui ce qu’elle était à cause d’une rudesse de la vie qu’il ne pouvait imaginer, il avait lui aussi eut son lot d’expériences traumatisantes. Des expériences qui avaient été pour lui un véritable enfer et dont le souvenir continuait à tourmenter ses nuits.

Lorsqu’il était avec Kajitsu, il avait un peu l’impression de revenir dans le passé et de retrouver quelque chose de très précieux qu’il avait perdu, mais sans savoir quoi exactement. C’était comme s’il renouait avec un vieil ami perdu de vue depuis des lustres le temps d’un battement de cœur. Heureusement, il n’était pas du genre à vivre dans le passé, d’autant plus que son passé à lui l’avait abandonné. A présent, il vivait pour le futur, un futur qu’il contribuerait à construire entre les murs de GC, où les mutants pourraient vivre sans être obligés de se cacher. Ce serait long, peut-être même qu’il ne le verrait pas de son vivant, mais c’était désormais son combat et il menait du mieux qu’il le pouvait tout en essayant de défendre ses propres valeurs.

La jeune fille était descendue de l’arbre et lui annonça qu’elle voulait lui faire une visite guidée. Que pouvait-elle bien vouloir lui montrer ? Ce devait être quelque chose d’important à en juger par son air sérieux qui était revenu un instant sur son visage. D’accord, le complexe niché au cœur des montagnes était immense et même après ces quelques mois à y vivre, il n’en connaissait pas chaque recoin, mais il ne voyait vraiment pas où pouvait se trouver ce lieu qui lui était encore, semblait-il, inconnu et qu’elle voulait lui montrer.

Il verrait bien lorsqu’il y serait après tout. David sauta de sa branche et marcha à la suite de la jeune fille. Il allaient non pas pour s’enfoncer dans les montagnes mais revenaient vers les bâtiments du complexe.

« ça tombe bien, ça fait très longtemps que j’ai pas joué les touristes. Le sourire de notre jolie guide est compris dans le forfait ? Ils ne l’ont pas précisé à l’agence de voyage. »

Cette bravade était beaucoup moins spirituelle que la précédente remarque, et pour cause elle servait surtout à cacher que David s’interrogeait vraiment sur la nature de ce que voulait lui montrer la jeune fille et aussi la raison qui la poussait à le faire. Mais sur ce dernier point, il n’espérait pas vraiment en être informé. Avec le temps, il avait fini par s’habituer à ne rien savoir des motivations profondes de sa jeune supérieure et il ne chercherait pas à en savoir plus sauf si elle l’y encourageait.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Jeu 17 Déc - 2:29

Pas vraiment non... Il ne fallait pas oublier non plus que, même s'il était encore tôt dans la journée et que, par le fait même, il n'y avait pas beaucoup de monde autour d'eux, ils étaient quand même dans le Centre. Sourire bêtement ici n'avait jamais été ce qu'elle préférait, d'autant plus qu'elle n'avait plus le cœur à sourire en permanence depuis longtemps maintenant, seulement dans les occasions où alors là vraiment il était significatif. Et puis, pourquoi sourire ici et maintenant? Sourire dans les cellules était pratiquement absurde, elle n'y allait pas pour narguer des cobayes non plus. Et puis... il ne fallait pas oublier que depuis un moment maintenant, Kajitsu s'efforçait de détruire ou de cacher toutes parts de faiblesse en elle, donc empêcher les autres de pouvoir l'analyser psychologiquement allait de soie. Non pas qu'elle soit devenue paranoïaque avec le temps, mais seulement, la Slayer's Division étant limité dans le nombre de membre, le seul moyen d'y entrer honorablement (donc pas comme elle l'avait fait, à son plus grand malheur) était d'éliminer l'un de ses membres. Autant dire qu'étant en apparence (et réellement à l'avis de cette jeune clone) la plus faible de la Division, elle était une proie facile. Enfin, tout ça pour dire que cette être resta tout aussi sérieuse qu'elle ne l'était avant la remarque de David et continua à marcher.

Les pas du cerisier artificiel finirent par rejoindre le Pavillon médical, y entrant sans parler. L'aille médicale paraissait toujours aussi inoffensive, elle l'avait toujours été d'ailleurs et ce n'était pas un mal. Simplement, il s'agissait de l'hypocrisie la plus totale en comparaison avec ce qui se cachait dans la seconde moitié du pavillon. Après tout, les laboratoires n'avaient absolument rien d'inoffensifs, eux, et étaient à la source de plusieurs cauchemars des gens se trouvant présentement à l'étage au-dessous des pas de ces deux mutants. L'étage du dessous... non, ce n'était pas qu'un étage, c'était bien plus que ça: c'était un monde. Tout un monde se trouvait sous leur pied, un monde froid et dur duquel était issu ou par lequel avait passé la majeure partie des membres actuels de la Shatter Division et la totalité des membres de la Slayer's Division. Ce monde... bien qu'il soit hostile à l'être vivant, Kajitsu était d'avis qu'il était plus que nécessaire pour avancer dans ce monde et elle l'approuvait entièrement. Oh bien sûr, elle ne pensait pas que David l'approuverait également... toutefois, l'accepter était nécessaire ici.


"Ce n'est rien que tu ne connaisses pas déjà je sais bien," prononça enfin la jeune clone en tapant son code sur le pavé numérique de la porte donnant accès au Sas-de-sécurité, "mais..."

Après avoir lu les empruntes digitales de la jeune clone et reconnu ses yeux, la porte s'ouvrit. Elle ne resterait ouverte que cinq secondes, mieux valait se dépêcher à entrer dans la salle blanche. Ouais... ce dôme blanc... Pour l'ex-cobaye, ce n'était pas les cellules qui était un lieu à redouter, au contraire, c'était cet endroit. Après tout, c'était ici qu'elle avait pour la première fois plongé dans ce monde de sang qui était maintenant le sien et ici qu'elle avait assisté à son plus meurtrier souvenir. L'image des corps, du sang et du verre brisé s'imposait naturellement à son esprit lorsqu'elle marchait ici... c'était extrêmement pénible. Néanmoins, elle devait rester de marbre, comme toujours ici, et ne pas montrer cette faiblesse.

"J'ai remarqué que tu n'étais pas à l'aise avec mon monde..." Fit Kajitsu en s'appuyant sur le mur, non loin de la porte menant aux laboratoires. "Pourtant, il s'agit d'un élément essentiel à la Genetics Corporation et sans doute le lieu le plus formateur qui soit. Mais il n'y a qu'une seule et unique manière de le comprendre tu vois."

Aussi, à ce moment, Kajitsu refit les mêmes opérations que pour pénétrer dans la pièce afin de laisser s'ouvrir la porte sur un autre couloir implacablement blanc où certains travaillaient déjà. Il s'agissait de l'autre visage du Centre, celui étant représentatif de leur attachement à l'entreprise de laquelle ils se détacheraient éventuellement, sans savoir encore exactement quand. Si pour plusieurs il s'agissait d'une rumeur, pour les membres de la Slayer's Division, il s'agissait d'une réalité à venir. C'était là l'ambition de plusieurs après tout. Quant à Kajitsu... bah, elle avait amplement le temps d'y penser, pour le moment, elle était plutôt concernée par l'avenir des clones que par celui de la mutanité à vrai dire. Aussi, si jamais Thomson se décidait un jour à attaquer discrètement la SEAL cette arbre artificiel n'hésiterait pas à se lancer dans la partie; jamais elle ne laisserait des gens utiliser des clones comme ils le faisaient.

Enfin, Kajitsu n'avait toujours pas parlé depuis, elle restait silencieuse, comme complètement absorbée par ce monde qui faisait en sorte que sa démarche semble plus assurée qu'elle ne l'était déjà. Oui, les laboratoires... qu'ils soient à Kazun, à Londres, à Miami ou bien dans les Rocheuses... c'était la même chose, c'était d'ici qu'elle venait, ici qu'elle avait été étudiée et créée telle une simple expérience qu'on avait réussi à récupérer après son échec apparent. Enfin, ce lieu n'était pas l'endroit où elle voulait amener David, ils allaient beaucoup plus bas dans son monde... beaucoup plus loin...


"On y est." Fit enfin Kajitsu en s'arrêtant enfin devant une porte derrière laquelle se trouvait des escaliers vers le sous-sol. "Pour reprendre les termes de Londres: la porte vers l'enfer."

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 22 Déc - 0:31

La remarque finaude de David n’avait pas eut l’effet escompté, et tout le long du chemin Kajitsu garda ce visage garda cette détermination implacable, ce calme neutre, qui rappelait sans cesse à quiconque la regardait qu’elle appartenait à la Slayer’s Division.

Plus ils avançaient et moins le doute était permis, ils se dirigeaient vers le pavillon médical. David n’aimait pas ce lieu car ce n’était qu’une supercherie, ses sous-sols abritaient les cellules des cobayes. Que venaient-ils donc faire ici ? Kajitsu ignorait-elle que comme tout membre de la Shatter, David était tenu de faire des rondes de garde dans les cellules ? Non, impossible, elle le savait parfaitement, elle savait donc qu’il connaissait déjà ce lieu. Il le connaissait trop bien à son goût.

« Kaji, tu sais que je n’aime pas venir ici plus que nécessaire. J’en ai certes le devoir et l’autorisation mais je ne m’en sers qu’avec parcimonie. »

Ce n’est que lorsqu’ils furent à l’entrée du sas qu’elle daigna enfin lui donner une explication.

« Pas à l’aise avec ton monde ? Mais jeune fille, tu viens d’un monde où la mort et la torture sont des banalités, qui pourrait bien être à l’aise ça à part quelqu’un qui y est né ? »

Elle avait toutefois raison sur un point, c’était un lieu on ne peut plus formateur. La preuve, au fil du temps la jeune fille était de moins en moins une jeune fille pour devenir de plus en plus une machine à tuer, et David ne trouvait aucune raison de se réjouir dans cet état de fait. Kajitsu menait une vie qui la satisfaisait peut-être, mais il doutait qu’elle ait jamais été heureuse. C’était une vie atroce qu’elle n’avait même pas eu le loisir de choisir parce qu’elle avait été conditionnée pour suivre cette voie sans tenir compte des autres possibilités.

Mais les choses étaient ainsi et il n’y ferait rien. Elle n’avait aucune intention de s’écarter de ce chemin rouge de sang et il n’avait pas l’intention de l’y forcer. Après tout, lui-même avait finit par revenir à la GC après ces quelques semaines d’errance, et il avait repris ses fonctions au sein de la société. Parce que c’était la conclusion à laquelle il était arrivé.

Il avait fini par se convaincre que la GC et ses exactions étaient un mal nécessaire au droit de vie des mutants, et considérant sa position morale c’était déjà beaucoup, alors que pouvait-elle attendre de plus de lui en l’amenant ici ?

La porte des enfers… Un terme même pas approprié, et trop pompeux à son goût. Pour lui, c’était plutôt un avant-goût des profondeurs infernales.

« L’enfer, je connais, merci. »

Il ne bougea pas et son ton était devenu beaucoup moins amical qu’à l’accoutumée, et pour cause, il se sentait acculé. Pourtant, devant le regard insistant de la jeune membre de la Slayre’s, il fini par franchir la porte du sas avec un soupir et pénétra dans l’antichambre de l’enfer.

« J’espère que ça vaut le coup… »

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mer 23 Déc - 20:03

L'univers blanc devint gris alors qu'ils pénétraient dans ce dit autre monde. La lumière se faisait légèrement moins claire, donnant à l'endroit un air un peu glauque alors que la plupart des sons audibles ici venaient des pas raisonnant en un échos dans la place, alors que l'autre part était divisé entre les plaintes de certains cobayes ou leurs conversations diverses, mais caractéristique de ce lieu. C'était un monde de sang, de privation et de douleur où les sacrifices au nom de la science étaient choses communes. Cet endroit était caractéristique de la Genetics Corporation et donc du Centre, nécessaire selon Thomson et plusieurs autres, bien que ce dernier désirait se battre pour l'avenir des mutants. Cela pouvait sembler paradoxal, mais Kajitsu, ayant vécue et grandie entant que cobaye, comprenait parfaitement ce point sans même avoir eu à parler avec son supérieur de manière régulière, seulement un peu. Toutefois, il y avait une différence des plus notable entre l'enfance stérilisée et illusoire de cette jeune clone et ce milieu qu'elle avait expérimenté pendant quelques temps. Néanmoins, il le devenait lorsque l'on considérait que cette jeune clone voyait sa vie en deux parties distinctes l'une de l'autre et en sachant que la seconde était né du sang dans lequel elle baignait à Londres.

"Je ne viens pas d'ici à proprement parlé..." fit-elle simplement en réponse à la réponse donné par David dans la version américaine de l'Antichambre des enfers, "Je viens plutôt de l'étage au-dessus... bien qu'on m'ait vendue à cette part."

L'étage au-dessus faisant bien sûr ici référence aux laboratoires.
Le ton qu'avait utilisé Kajitsu était particulièrement désintéressé, ce n'était qu'une simple réponse faisant en sorte de démontrer à David que même un être n'étant pas né dans ce monde pouvait s'y faire et devenir à l'aise avec celui-ci. C'était après tout son cas et elle ne s'en portait pas plus mal aujourd'hui. Bien sûr, elle était bien loin d'être telle tous autres jeune fille de son âge plutôt préoccupées par leurs relations sociales ou leurs études, mais elle s'en sortait bien quand même. Enfin, il n'était pas question de regretter sa vie moindrement et elle approuvait chacun de ses choix, même si le sang et la mort avaient fini par en faire part. Ce n'était plus rien, les vies humaines n'avaient eux beaucoup de valeur de toute façon, elles n'étaient valeureuses que pour ceux connaissant ces mêmes vies perdues.

Enfin, l'irréelle finit par s'arrêter devant la porte d'une cellule laissée entrouverte; elle était vide.
Doucement, elle pénétra à l'intérieur de la cellule, demandant à David de la suivre. Il n'y avait qu'une seule manière de vraiment comprendre ce qu'était la vie de cobaye, c'était de s'imprégner de cet univers complètement jusqu'à soi-même y prendre part. Dans cette petite pièce grise n'offrant même pas le minimum de confort et n'accordant une once d'intimité que par le fait que chaque cellule était individuelle. Les sons venant du couloir n'étaient pas aussi fort de l'intérieur, mais on pouvait encore entendre quelques lamentations et quelques brides de conversations ici et là. La porte n'était pas encore refermée...

Kajitsu s'assit sur ce truc inconfortable ayant la prétention de s'appeler un lit; cette cellule n'avait même pas de fenêtre, seulement une ampoule au plafond. Elle observa David un moment, souriant à moitié, n'étant pas trop sûr de la manière dont elle désirait commencer. Bon tant pis, elle improviserait.


"Bienvenu dans le lieu le plus formateur du Centre; c'est d'ici que vient pratiquement tout le monde, ou du moins par ici qu'on a pratiquement tous passé." Introduisit la jeune clone calmement. À croire son ton de voix, on aurait dit qu'elle était simplement entrain de discuter chez-elle. "Ce n'est pas un milieu très accueillant... mais il s'agit de la meilleure motivation possible, ça ne se décrit pas vraiment, c'est juste... se laissé porter par cette petite voix qui vous crie de partir au plus vite."

Consciente qu'elle ne serait pas en mesure de bien le décrier, la jeune clone se leva et vint refermer la porte de la cellule. Ils étaient maintenant enfermés ici jusqu'à l'heure de sortie des cobayes et ils ne sortiraient pas avant ce temps. Elle voulait que son aîné puisse s'imprégner complètement de cet endroit et comprendre pourquoi tout ces gens cherchaient à sortir aussi pathétiquement à cette même heure. Ce ne serait qu'un court passage, mais peut-être serait-il plus décider à tout donner pour avancer. Bien sûr, il n'aurait pas cette force qui venait du fait que sans ça, il resterait à jamais ici... bien qu'elle pouvait le lui inculper... Il allait comprendre d'où venait la force et la détermination des cobayes.

"Nous resterons ici jusqu'à l'ouverture automatique des portes, ce midi. C'est le seul moyen que tu puisses comprendre vraiment ce qui pousse la majorité des gens ici à atteindre le sommet."

Kajitsu était toujours debout non loin de la porte close, calme et paisible, mais sérieuse à la fois. Même dans les profondeurs de la terre, cette jeune clone était parfaitement calme et en possession de ses moyens.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Jeu 24 Déc - 0:51

Tout ce blanc, et cette odeur d’antiseptique rappelaient désagréablement à David son séjour à « l’hôpital » où il était devenu un mutant. Cette partie du Centre était un lieu angoissant, imprégné d’une abominable violence portant un masque. Il avançait à la suite de la jeune fille d’un pas incertain et ne comprenait pas ce qu’ils venaient faire ici. En tant que membre de la Shatter Division, il était tenu de faire des rondes de garde ici pour surveiller les cobayes, et il lui arrivait même de descendre lorsqu’il n’était pas censé le faire pour parler à l’un ou l’autre d’entre eux, lui donner des nouvelles de l’extérieur, ou lui apporter un peu de nourriture ou d’antidouleur. Mais il détestait venir ici lorsqu’il n’avait rien de précis à y faire, cela lui donnait l’impression de tenter le diable, de taquiner un animal sauvage endormi. En somme, cela lui paraissait complètement déraisonnable et même stupide. Jouer avec le feu n’est jamais bon lorsqu’on porte des marques de brûlures.

Il ne suivait Kajitsu que parce que c’était Kajitsu et qu’il lui faisait confiance. Malgré son expérience de la vie plutôt rude et le regard plutôt mature qu’elle posait sur le monde, elle faisait à présent preuve d’une naïveté incroyable digne d’une enfant. Espérait-elle vraiment qu’elle ferait changer la façon dont David voyait cet endroit simplement en le faisant venir ici ? C’était tellement ridicule qu’il en aurait rit s’il n’était pas en train de marcher sur des œufs. C’était par égard pour sa jeune supérieure qu’il la suivait et jouait le jeu qu’il savait inutile et dénué de sens. Quoi qu’elle dise ou fasse, son opinion sur cet endroit et ce qu’on y faisait ne changerait jamais, point. Elle et lui venaient de deux monde différents, il ne pouvaient donc pas se comprendre sur ce point, car ils n’avaient pas le même référentiel. Que disait son père autrefois ? « Si je mesure le grain avec mon auge et toi avec la tienne, on arrivera jamais à se mettre d’accord. » Il n’avait pas compris ce que ça voulait dire à l’époque, mais avec Kajitsu, cette expression bizarre prenait tout son sens.

La jeune s’arrêta devant une cellule vide puis y entra. David resta devant la porte ouverte et regarda sa jeune amie pénétrer dans la pièce exigüe, sans faire un pas ni un geste pour la suivre. Elle était sérieuse là ? Elle voulait qu’il entre là-dedans ? Non, c’était une blague, forcément. Qu’est-ce qu’ils pourraient bien faire dans une cellule franchement ? Pour discuter, ils étaient aussi bien assis sur leur branche d’arbre à profiter du soleil de la fin de l’été. David la regarda un moment, attendant interloqué qu’elle ressorte en disant « je t’ai eu ». Un moment, puis un autre, immobile.

Mais ce n’était pas du tout le genre de la jeune fille de faire des farces, et c’était justement parce qu’elle venait d’un monde froid et cruel, sans joie et sans espoir. Voyant qu’elle ne ressortait pas, il se força à avancer son pied gauche, puis le droit, et à entre dans la cellule. La jeune fille était assise sur ce qui ressemblait à un simulacre de lit, et après un nouvel instant d’hésitation, il prit place par terre en face d’elle, adossé au mur, une jambe repliée et le coude posé sur le genou. Tandis que Kajitsu parlait, il essayait tant bien que mal d’avoir l’air décontracté, sans grand succès. Son sourire était distendu en rictus par la nervosité, sa main triturait son pantalon et il regardait sans cesse vers la porte ouverte. Il lui était assez difficile de prêter vraiment attention à ce que disait sa supérieure.

« Une fois de plus, tu vois du bleu quand je vois du vert. Tout cela ne sert absolument à rien, c’est complètement ridicule ! De la motivation ? Tu dois me faire une farce, parce que quand je viens ici, tout ce que je vois c’est du désespoir et de la résignation. Un jour, il faudra bien que tu comprenne que ce que tu essaie de mon montrer depuis le début demeurera toujours invisible à mes yeux. On ne vient pas du même monde, on a pas les mêmes références ni les mêmes valeurs. Toi tu trouve que ce qui se passe ici pousse les cobayes à avancer, à donner le meilleur pour s’en sortir par vrai. Mais ouvre les yeux, c’est une vision naïve, utopique. Je ne vois ici que des gens brisés, qui n’ont pas ou plus de vie, ni d’espoir, pour qui le monde n’a aucune couleur. Le moteur que tu entends, ce n’est pas celui qui les propulse hors d’ici, c’est celui qui fait tourner la broyeuse ! Toi tu vois les choses d’une certaine manière parce que c’est ça qui t’a permis de t’en sortir, et regarde-toi maintenant. Tu ne t’en es pas sortie, tu le crois parce qu’ils veulent que tu le croies. Mais tu es toujours là, à faire leur jeu et à baigner dans le sang. La seule différence c’est que tu es de l’autre côté de la porte, mais en dehors de ça, rien n’a changé, tu es toujours une poupée entre leurs mains qu’ils s’amusent à manipuler dans tous les sens. Cet endroit ne t’as pas poussé à atteindre le sommet, mais à devenir une machine à tuer, selon leurs souhaits. Cela ne t’a pas poussé à reconquérir ta liberté, ça t’as poussé à accepter de ne plus jamais vivre libre ! »

Une diatribe débitée sur un ton de ras-le-bol, presque avec énervement. Il avait été plutôt brusque, sans vraiment s’en rendre compte, et avait parlée en bougeant les mains avec des gestes secs et nerveux, d’une voix presque forte.

Lorsque la jeune fille se leva pour fermer la porte, il fut incapable de réagir et resta immobile à la regarder faire, comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’il voyait et qu’il s’attendait à se réveiller d’un instant à l’autre. Elle lui parla mais il n’entendit pas. Il fixait la porte maintenant fermée qui lui interdisait la sortie. Un silence passa, puis se prolongea, David était complètement immobile, ne bougeait plus un muscle, et ses yeux étaient dirigés sur la porte avec une fixité presque inquiétante.

Puis, comme si quelque chose de débloquait soudain dans son esprit, ou se déclenchait, il sursauta et se releva d’un coup. Il se précipita vers la porte, bousculant Kajitsu au passage, pour tenter de l’ouvrir mais bien sûr, il n’y avait pas de poignée ni aucune prise et elle était maintenant verrouillée. Il frappa dessus une fois, puis deuxième, et renonça pour se tourner vers la jeune fille.

« J’en ai assez maintenant, ouvre cette porte Kajitsu ! »

Sa respiration était rapide et ses yeux un peu écarquillés, et sa voix trahissait bien plus que de la nervosité, c’était de la peur. Une peur irrationnelle et invasive, incontrôlable, qui montait en lui comme les vagues de l’océan venant lécher un peu plus de sable à chaque reflux lorsque la marée remonte. Il n’avait plus du tout l’air de s’adresser à une amie ou à sa supérieure et ce n’était pas une requête qu’il venait de formuler mais un ordre.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Jeu 24 Déc - 6:04

Le début, elle s'y était attendu, bien que le ton de voix et la vitesse l'avait quelque peu surprise. Enfin, elle ne s'attendait pas à ce qu'il comprenne. En effet, il n'avait jamais connu cet endroit, donc comment savoir ce que ça pouvait être de vouloir absolument tout donner, absolument tout jusqu'à son âme pour sortir et enfin être vu tel un humain. Le sang n'était qu'un sacrifice et elle n'était pas un cas isolé, les cellules forgeaient le caractères et étaient en mesure de créer des gens fort psychologiquement. Après tout, ce n'était pas n'importe qui qui pouvait se sortir de ce monde souterrain avec une once d'humanité. Enfin, cette jeune clone ne tenterait pas de le formuler, il allait le découvrir de lui-même et il semblait même que l'urgence de sortir de ce lieu commençait à naître, c'était génial, surtout qu'il n'était même pas encore enfermé! Vraiment, elle était impatiente de voir le résultat! Toutefois... David commit une erreur ce jour-ci... sans doute la plus grosse erreur qu'il pouvait faire avec Kajitsu et qui lui couterait sans doute quelques plumes. Il avait insinuer ce qu'il ne fallait jamais insinuer face à elle dans une forme et un endroit lui rappelant beaucoup trop une dernière conversation supposé être amicale. Les cellules devaient être maudites...

« ...et regarde-toi maintenant. Tu ne t’en es pas sortie, tu le crois parce qu’ils veulent que tu le croies. »

Une autre image s'était superposé à celle de son subalterne... une image bien différente qui, par leur simple évocation, faisait déjà renaître les flammes au cœur de son être. Mais elle s'était déjà défoulée sur David une fois à cause de cette journée... pas besoin de le faire deux fois... elle allait rester calme et ne pas s'en faire, parce que c'était lui et qu'elle l'appréciait. Mais si il osait en dire plus, Kajitsu lui montrerait que sa petite séance dans la Cage de Miami n'était absolument rien.

« Mais tu es toujours là, à faire leur jeu et à baigner dans le sang. La seule différence c’est que tu es de l’autre côté de la porte, mais en dehors de ça, rien n’a changé, »

*Si tu oses dire ce que je crois que tu vas dire... tu es mort Dilfert.*

« tu es toujours une poupée entre leurs mains qu’ils s’amusent à manipuler dans tous les sens. »

*T'es mort...* pensa seulement la jeune clone alors que sur son visage sombre une expression irritée prenait place.

S'il y avait bien UNE CHOSE qu'il aurait du éviter de dire à tout prix, c'était celle-là. La comparer à une poupée manipulée faisant ce que ses créateurs voulaient d'elle. Non mais quel imbécile! Oui d'acore! Elle avait les mains en sang et alors!? Elle se battait dans cette direction afin de faire valoir ce qu'elle était, ce qu'un clone était et pour assurer un meilleur avenir! Elle n'était peut-être qu'un sacrifice de ce monde, mais qu'importe, elle n'était en aucun cas une simple poupée manipulée! PLUS JAMAIS! Il allait regretter d'avoir dit ça... solidement... qu'importe ce qu'il penserait d'elle par la suite. Car une chose était sûr, Kajitsu s'était promise de ne plus jamais démontrer la moindre part de faiblesse et de ne plus se laisser insulter de la sorte. Il allait y goûter maintenant.


« Cet endroit ne t’as pas poussé à atteindre le sommet, mais à devenir une machine à tuer, selon leurs souhaits. Cela ne t’a pas poussé à reconquérir ta liberté, ça t’as poussé à accepter de ne plus jamais vivre libre ! »


Il parlait comme... HELL SHUT UP!

Le visage de Kajitsu était toujours sombre, mais elle se força à le garder neutre. Elle allait lui prouver le contraire à sa manière et en suivant son plan d'origine. Il avait osé lui parler de la sorte, elle le faire souffrir au combien souffrir. La suite, on la connait... la jeune clone avait refermé la porte de la cellule sous le visage incrédule de David. À ce moment, en le regardant de haut, le visage sombre et froid, mais le regard flamboyant, elle allait le traiter comme on traite un cobaye pendant toute l'avant-midi. C'était de sa faute, il l'avait cherché, il l'avait trouvé, maintenant, qu'il vive avec.


« J’en ai assez maintenant, ouvre cette porte Kajitsu ! »

Alors ça c'était la meilleure! Il se permettait de l'insulter et maintenant de la pousser avant de lui donner un ordre!? Oh mais c'est qu'il commençait à s'en permettre beaucoup trop le petit Dilfert. Pour peu, elle avait presque envi de rire. De rire devant comment cette situation tournait de manière bien trop familière et devant l'attitude que prenait son subalterne. Il espérait quoi? Que parce qu'il la connaissait bien que que cette être irréelle se permettait d'être plus détendu en sa compagnie qu'il pouvait faire n'importe quoi? l'insulter et espérer pouvoir s'en sortir facilement? Pfff as if! C'est pourquoi Kajitsu retourna lentement s'installer sur cette imitation de lit, tête haute, regard noir et expression légèrement hautaine.

"Et tu crois que tu peux me parler comme ça?" fit-elle sur un ton tranchant alors qu'elle croisait les jambes. "Je comptais y aller doucement avec toi, mais j'ai changé d'avis... aujourd'hui tu vas voir ce que c'est que d'être un cobaye."

Le regard noir, Kajitsu était parfaitement consciente que David n'était qu'un nouvel exutoire, mais il l'avait chercher en l'insultant aussi ouvertement. Et puis, pour l'instant, elle le laisserait découvrir cet endroit par lui-même, elle ne lui dirait rien de plus et le remettrait à sa place comme avec n'importe quel cobaye si l'envi lui en prenait ne serait-ce que moindrement. Lorsque les yeux de cette jeune clone étaient aussi sombre et démontraient aussi clairement ces flammes... il fallait s'attendre au pire.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Sam 26 Déc - 13:23

Dès qu’il était entré dans la cellule, David était devenu nerveux, et son état de malaise lorsqu’il patrouillait dans ces couloir de l’autre côté de la porte n’était rien du tout en comparaison. Il n’aimait pas du tout voir ces quatre mur épais tout autour de lui avec pour seule sortie possible cette petite ouverture. La nervosité l’avait poussé à parler beaucoup plus durement qu’il ne le faisait d’ordinaire, à dire à Kajitsu, qui l’avait amené ici, des mots qui dépassaient sa pensée. Oui, il était énervé, et la fois aveugle de la jeune fille dans cet endroit infernal n’arrangeait rien mais en ce concentrant là-dessus, il pouvait essayer de penser à autre chose. Mais se retrouver dans une cellule fermée, c’était au-delà de ce qu’il pouvait supporter. Il voulait sortir. Une fois de plus, Kajitsu lui parla mais il n’y prêta aucune attention, ces paroles n’avaient aucune importance, la seule chose qui comptait c’était de sortir d’ici. Mais elle ne bougeait pas, elle restait assise là et ne faisait rien pour l’aider.

« Kajitsu, ouvre cette put*** de porte !!! »

Cette fois il avait crié, avec colère, ponctuant cet ordre péremptoire d’un nouveau coup sur la porte derrière lui. Il ne pouvait pas rester ici plus longtemps.

La raison n’avait plus sa place dans son esprit à présent, et ses pensées étaient dirigées par tout autre chose. Le dos collé au métal froid de la porte, il regardait fébrilement dans tous les coins de la pièce comme un animal traqué, aculé. Ces murs tout autour de lui le regardaient, ils l’épiaient, ils attendaient. Ils attendaient de pouvoir doucement se refermer sur lui, d’ailleurs ils avaient déjà commencé. Il devait sortir d’ici au plus vite. Il se retourna et martela la porte de coups de poing en criant à quiconque pourrait l’entendre à l’extérieur.

« Que quelqu’un vienne ouvrir cette porte !!! »

Il regardait sans cesse derrière lui, comme pour surveiller les murs. Ses gestes étaient saccadés, fébriles, incertains. La colère n’était plus un voile teinté sur son esprit, comme un filtre adoucissant. Il n’y avait plus qu’une seule chose à présent qui dirigeait ses pensées et ses actes : la panique.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 29 Déc - 9:19

Et puis quoi encore? Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre! Ici et maintenant, dans cette cellule, David ressemblait bien plus à un cobaye qu'elle-même à l'époque où elle était arrivée, à Londres, c'était peu dire! Il lui donnait l'impression d'être n'importe quel gus kidnappé au hasard dans le monde et enfermé ici, généralement, ils ne criaient pas longtemps... c'est à dire jusqu'à épuisement. Le seul problème, c'était que cet être ici présent avait beaucoup plus d'énergie que la plupart des cobayes réguliers, donc ça voudrait dire que cette jeune Kajitsu devrait endurer ce tapage encore plus longtemps. Sans compter qu'elle avait vraiment envi de lui faire comprendre qu'il n'avait absolument aucun droit de lui parler comme il le faisait et encore moins d'avoir oser lui dire qu'elle n'était rien de plus qu'une poupée. Toutefois, elle s'était contenue jusqu'ici, une petite voix lui disait toujours que ce gus qui espérait qu'on le laisse sortir était tout de même quelqu'un qu'elle appréciait et qu'elle ne voulait pas courir le risque que cette belle relation se finisse de la même manière qu'une certaine autre qui sera parfaitement inutile de mentionner (l'auteur en a déjà assez parlé précédemment, pas besoin de préciser d'avantage et de donner encore plus d'importance à ce type qui se fait des idées en plus!).

"Qu'est-ce qui se passe? On a un nouveau dans la cellule vide?"

"Non du co*! C'est un des membres de la Slayer' qui a enfermé un des gardiens!"

"Non tu me niaises là! Ça peut pas être un nos gardiens certain, il a l'air bien trop stupide pour ça! C'est pire qu'un nouveau!"

"Je te le jure! J'ai regardé quand j'ai entendu des pas! C'est la dernière membre de la Slayer, tu sais la petite là - j'ai oublié son nom - qui l'a enfermé là!"

"Dis pas ça espèce d'imbécile! Tu veux mourir ou quoi!?"

"Hein? Pourquoi?"

"Bah, si tu avais écouté moindrement, tu saurais qu'elle dans la cellule avec lui!"

"HEIN!? QUOI!? Tu veux rire de moi là!"

"Non je te le dis!"


Et Kajitsu commença à rire... mais pas seulement légèrement ni gaiement... elle riait vraiment, la bouche tordue en un rictus, alors qu'elle n'arrivait tout simplement plus à se contenir tant la situation était, selon son point de vue, hilarante. D'abord, il y avait David et sa manière d'agir typique des cobayes nouvellement arrivés, sans compter que l'avis était partagé semblait-il! Puis venait justement ce petit bout de conversation indiquant que ces cobayes avaient peur de sa réaction pour l'insinuation qu'elle était petite (ce qui était physiquement vrai) et parce qu'un cobaye quelconque avait oublié son nom. Juste le fait d'être connu dans les cellules pour une autre raison que de faire part de ce monde était déjà assez représentatif en soit! Et puis... ils n'avaient rien à craindre (elle n'allait pas le leur dire non plus, elle ne voulait pas briser le mythe quand même), seul David ici présent se trouvait, comme qui dirait, en danger s'il ne se maitrisait pas assez rapidement pour corriger ces trop nombreuses erreurs.

"Tu devrais écouter tes éventuels futurs voisins..." fit-elle sur un ton tout simplement mauvais avant de se lever. "Tu es pire qu'un cobaye fraichement arrivé."

Et puis quoi encore, elle n'en avait rien à faire qu'il soit visiblement claustrophobe, il avait été trop loin et avait franchi une limite impardonnable. Elle venait de lui faire comprendre, s'il daignait y prêter attention cette fois, qu'elle ne manquerait pas de lui faire payer ce qu'il avait osé faire et dire. Et puis... la prochaine fois, il pouvait au moins être sûr d'une chose... Kajitsu s'arrangerait pour que son attention soit diriger vers elle lorsqu'elle parle. Parce qu'il n'était pas vrai qu'elle allait laisser un cobaye (parce que c'est ainsi qu'elle le considérait, on suit s'il-vous-plait) l'ignorer alors qu'elle parlait. Bienvenue dans la vie d'un cobaye David Dilfert...

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mer 30 Déc - 3:05

David ne comprenait vraiment pas à quoi rimait tout ceci. Il était un employé de la Genetic Corporation, un membre de la Shatter Division qui accomplissait des missions à travers le monde pour servir les intérêts de la société et du Général des Divisions. Alors pourquoi, en cet instant, il était prisonnier de cette cellule étroite et enfermé dans une boîte comme un cobaye attendant qu’on le dissèque ? Cela dépassait sa compréhension mais de toute façon, cette situation le plongeait dans un état tel qu’il aurait été incapable de dire combien font deux plus deux.

David était clairement claustrophobe et cette petite pièce fermée le soumettait à une crise de panique qui obscurcissait totalement son jugement, sa raison et ses facultés de réflexion. C’était comme son esprit était lui aussi enfermé dans une petite boîte et qu’il ne pouvait en sortir ni s’exprimer pour diriger les pensées du mercenaire.

Il martelait la porte de coups de poings à s’en faire mal aux articulations. Une trace de sang commençait même à apparaître à l’endroit où il abattait son poing, et il commençait à se fatiguer. C’est peut-être l’adrénaline due à la douleur qui lui permit de se calmer un tout petit peu. Il finit par cesser de frapper sur la porte pour se retourner et s’adosser à celle-ci, son poing droit était abimé, ensanglanté aux phalanges à cause des chocs. Les yeux fermés, la respiration saccadée, il murmurait quelque chose à toute vitesse, des paroles incompréhensibles, tandis qu’il tentait de réprimer sa panique. Il y avait des voix qui provenaient des cellules voisines, mais il était incapable de comprendre ce qu’elles disaient. Son esprit était trop fermement prisonnier des rets de sa terreur pour pouvoir exécuter une opération aussi compliquée de déchiffrer des mots ou des phrases.

Une phobie entraînait des crises de panique profonde, de peur totalement irraisonnée, envahissante et tenace, et une telle peur était un ennemi très difficile à combattre. David essaya de ne pas penser aux murs autour de lui, il passa dans ses paupières clauses des souvenirs de son enfance ou de son adolescence. Ce mémorable jour de printemps où une simple bagarre entre collégiens avait tourné à une bataille rangée entre deux bandes rivale. Qu’est-ce qu’il avait rigolé malgré son nez cassé et son arcade sourcilière ouverte.

Un ennemi difficile à combattre. La peur et panique ne cédère qu’un tout petit peu de terrain, juste assez pour que David puisse se dire que si Kajitsu n’ouvrait pas cette porte, il ne tiendrait pas jusqu’à midi. Juste assez et juste à temps pour entendre la voix de la jeune fille qui lui conseillait d’écouter ses voisins.

A ce moment, son cœur qui battait la chamade sous l’effet de la panique sembla s’arrêter soudain avant de repartir de plus belle. Ce fut comme si le monde s’arrêtait de tourner, comme si l’univers tout entier avait fait une pause. Elle avait parlé sur un ton mauvais, un ton, une intonation qui lui était horriblement familière. Autour de lui, les murs de pierre laissèrent place à des parois de bois grossier et une odeur de vieille sueur, de terre et d’excrément envahit ses narines comme un souvenir s’imposait à son esprit. La porte de la case s’ouvrit pour laisser entrer un homme musclé d’une saleté repoussante, une machette à la main.

« C’est ton tour » dit l’homme en désignant David qui resta immobile dans le souvenir, mais qui, dans la cellule de la GC, se plaquait plus ferment contre le mur en regardant Kajitsu comme si elle s’était transformé en quelque chose d’innommable. Les hommes de David, ceux qui étaient encore vivants et toujours dans la prison, lui murmurèrent de tout balancer, de dire tout ce qu’il savait sans le moindre scrupule. Mais que dire lorsqu’il ne savait rien ? Et alors il entendit l’homme à la machette parler avec la voix de Kajitsu, sur un ton mauvais.

« Tu ferais bien de les écouter. »

C’était un ton malveillant qui disait clairement ‘Je vais te faire du mal et ça va beaucoup me plaire.’

David était immobile, plaqué contre le mur comme s’il voulait se fondre en lui, et il regardait Kajitsu comme s’il venait de voir un hideux fantôme. Son regard descendit brièvement sur la main droite de la jeune fille, s’attendant presque à y trouver une machette, mais elle n’avait rien dans la main. Seulement, ses yeux tombèrent sur le sabre dans son fourreau à sa hanche gauche, et bien que ce ne soit pas une machette, la distinction n’avait rien de rassurant. La mercenaire glissa contre le mur jusqu’à se retrouver assis par terre, et ce n’est que lorsque sa vision commença à se troubler à cause de l’asphyxie qu’il recommença à respirer.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mer 30 Déc - 8:47

C'était quoi ça? La réaction de David était… comment dire, étrange. Cela n'avait rien à voir avec une réaction de cobaye et c'était encore moins digne d'un membre de la Shatter Division ou simplement d'un homme de son âge. Le voir reculer ainsi et se glisser jusqu'au sol, dirigé par la peur… une peur autre que celle venant des murs… ça n'avait absolument rien de logique et encore moins lorsqu'elle en était la source! Après tout, elle n'avait rien fait d'autre que d'insinuer qu'elle pouvait le laisser ici définitivement s'il ne se replaçait pas au plus vite, ce n'était pas là une réaction appropriée. Pourtant, David était contre le mur, semblant terrorisé alors que Kajitsu l'observait de haut, laissant néanmoins entrevoir une certaine dose d'incrédulité alors qu'elle avançait vers lui. C'était pas normal…

Ce n'est qu'à ce moment que Kajitsu réalisa quelque chose qui lui avait échappé, enfin, elle n'avait simplement pas pris la peine d'analyser la situation. Le savoir claustrophobe était facile, c'était une évidence par sa simple réaction. Toutefois, la raison de sa claustrophobie n'était peut-être pas aussi innocente que ça. Après tout, il n'y avait aucune raison qu'il appréhende les cellules plus que les salles d'entraînement, les chambres ou tous autres endroits clos. Sans compter que sa manière d'agir dans les cellules, alors qu'elle l'entraînait dans les profondeurs de la Terre, maintenant qu'elle y pensait, lui rappelait dans une certaine mesure cette manière qu'elle avait d'agir dans l'Antichambre des Enfers/Sas-de-sécurité à l'époque de ses débuts à Miami. Un souvenir? Pourtant, David n'avait jamais connu les cellules de cette manière… comment était-ce possible?

L'irréelle était maintenant à seulement quelques pas de David, regard sérieux et seulement très peu hautain, encore incrédule et pourtant légèrement inquiet. Si c'était un souvenir qu'il combattait de la sorte… alors il devrait se dépêcher à apprendre à le contrôler, autrement, il ne survivrait pas longtemps ici. Surtout pas maintenant que ce qui devait être sa plus grande faiblesse venait d'être découverte.


"David… qu'est-ce que tu vois…?"

C'était sa manière à elle de lui demandé si quelque chose s'était superposé à cette simple cellule. Ou du moins, de découvrir par sa réponse ce qu'il retenait et pourrait peut-être confirmer ou infirmer ce qu'elle avait en tête. Non… elle ne s'inquiétait pas… bon d'accord, elle ne s'inquiétait pas tant que ça. Elle était humaine à quelque part aussi cette trop jeune plante et malgré tout, elle appréciait tout de même David malgré ce qu'il avait insinué. Et puis, son inquiétude était surtout dirigé envers sa survie/vie au Centre plutôt que pour son passé. Non, ça, chacun avait ses démons et il revenait à tous et chacun de s'en défaire ou bien de vivre avec ceux-ci, il en était de même pour elle. Elle ne s'en était peut-être jamais vraiment débarrassée, mais ces mêmes démons étaient maintenant canalisés en énergie. Bon d'accord… bien souvent destructrice et/ou meurtrière… mais c'était approprié!

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh…"
"Tu me refais un autre coup comme ça et t'es mort t'as compris!"
Silence…
"J'ai rien entendu!"
"AAAHhhh! Compris sale con!"

"Et merde… Peter remet ça… il veut se faire tuer ou quoi?"
"Je sais pas, mais Nigel est pas prêt de se calmer… pas s'il lui parle sur ce ton en tout cas. J'ai mal pour lui."
"T'es trop compatissante, il l'a cherché, c'est son problème."


Et oui, c'était un lot quotidien dans les cellules, la douleur et les cris entre deux conversations et il ne ferait pas de doute que les cris du dénommé Peter se feraient entendre encore un moment avant de laisser place à des lamentations qu'il tenterait de taire au plus vite, par orgueil. C'était la vie de cobaye, restait à savoir si elle devait faire subir la même chose à David afin de l'endurcir un peu ou bien tenter de l'aider à vaincre son je-ne-sais quoi. Sa réaction le lui indiquerait bien assez tôt de toute façon.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Dim 3 Jan - 20:18

Cela n’allait pas, pas du tout. David parvint à se dire, entre deux accès de panique, qu’il devait se reprendre. La voix de Kajitsu se fit à nouveau entendre à travers les brumes de la peur, et elle n’avait plus rien de menaçant, elle paraissait même presque… inquiète.

Bien que la différence ne soit pas énorme, cela permit tout de même à David de ne pas sombrer complètement dans la noirceur de la panique. Il était un membre de la Shatter Division, et son rôle, bien qu’il ne l’aurait jamais admis, était d’infliger la peur, pas de la subir. Mais il était prisonnier dans cette atroce cellule, incapable d’en sortir aussi fort qu’il puisse essayer, impuissant. Mais bon sang, pourquoi se laissait-il ainsi dominer par des souvenirs ? Horriblement nets et précis, mais des souvenirs quand même. David n’était pourtant pas du genre à se laisser barrer la route par son propre passé, il s’en servait plutôt de tremplin pour s’en éloigner plus vite. Du moins lorsqu’il était éveillé. Les interminables cauchemars de ses nuits étaient une autre histoire et ça, il n’y pouvait rien. Mais là, il était éveillé, conscient, il aurait donc dut être en mesure de museler ces atroces souvenirs pour ne les libérer que lorsqu’ils lui seraient utiles, comme il le faisait d’habitude.

Il lui fallait se concentrer, malgré son angoisse à la poigne de fer, pour enfermer ce mal en lui, dans la cage qu’il n’aurait pas dut quitter. Mais soudain, un hurlement de douleur se fit entendre depuis la cellule d’à côté. Bien que David sache à présent quel était le traitement qu’on donnait aux cobayes, il détestait en être le témoin et s’arrangeait pour que ses rondes passent loin des cellules où se déroulaient de tels « entretiens ». Cette fois-ci, il n’avait pas put l’éviter.

Alors la résistance psychique du mercenaire, déjà largement mise à mal par sa claustrophobie, s’effondra complètement. Et cette fois-ci, la cellule de la GC disparut complètement, remplacée par un environnement beaucoup moins douillet. Des images passaient fugitivement devant son esprit, toutes tachées de sang, accompagnées de sons et d’odeurs, il avait l’impression de sentir à nouveau sur sa langue le goût ferreux du sang de ses compagnons.

Son corps, dans le sous-sol de la GC, agissait sans qu’il ne commande plus rien. Il était recroquevillé au sol en position fœtale, les mains serrées sur ses oreilles, ses doigts pressant sur ses tempes comme s’il voulait les y faire rentrer. Il avait les yeux grands ouverts, beaucoup trop grands, mais il ne voyait plus la cellule. Et sa voir brisée sortait de sa gorge en une sorte de complainte en demi-ton.

« Arrêtez, il ne savent rien ! C’est moi leur officier, ne faites pas ça ! … J’ai mal, si mal… mais je ne sais rien… arrêtez ça ! J’ai trop mal… je ne sais plus… mission… reconnaissance… enlevez ça ! Je ne sais rien… eux non plus. Sauvetage… non, frappe tactique… assaut coordonné… une seule unité… renforts retardés… exécutés… pas ma faute… arrêté… coupez le courant, pitié. Laissez-les… partir. Tuez-moi… tuez-moi… »

Et tandis qu’il délirait, des larmes coulaient à flot de ses yeux et allaient s’écraser sur le sol froid de la cellule.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mer 6 Jan - 8:01

C'était bien ce qu'elle croyait... il était ailleurs, David n'était plus du tout à la GC sur le moment, il voyait un tout autre monde, un tout autre univers qu'il connaissait sans doute beaucoup trop bien à son goût. Toutefois, pour le moment, Kajitsu ignorait sous quel œil elle devait le voir. Bien que l'amie était triste pour lui et avait presque envi de le rassurer, cette membre de la Slayer's Division ne pouvait s'empêcher de trouver qu'il faisait pitié ainsi et qu'à sa place, il y aurait longtemps qu'elle se serait enlevée la vie (ce n'est qu'une façon de parler). Se montrer ainsi... aussi lâche et ayant perdu tout contrôle de soi et de la situation, perdu toute trace de sang froid et de fierté, c'était un spectacle aussi pathétique que navrant. Bien sûr, elle non plus n'était pas aussi solide qu'on pouvait à présent le croire, après tout, elle avait également ses quelques faiblesses (comme si j'allais les dévoiler ici!) et gardait encore les vestiges de sa "phobie". Oui, les vestiges car elle avait travaillé à ce maintenir droite et valide même si elle devait être de nouveau confronté à sa peur irrationnelle, à toléré et à avancer sans broncher. Ça avait été pénible, très pénible même, mais elle avait refusé de garder cette part de faiblesse si facile à exploiter. Aussi, pendant une période sans affectation particulière alors qu'elle n'était encore qu'une membre de la Shatter Division, généralement au beau milieu de la nuit, Kajitsu s'installait au centre d'une salle de simulation et regardait exploser diverses mines autours d'elle. Ça avait été un véritable enfer, d'ailleurs à l'origine du sommeil si léger de cette jeune clone, mais elle avait réussi à le supporter avec le temps et aujourd'hui, on ne pouvait plus vraiment qualifier sa réaction face à une explosion de phobique, bien que s'en rapprochant. Et ce serait pareil pour David... il devait surmonter cette faiblesse beaucoup trop facile à exploiter... surtout entouré de cobayes ne voulant que se faire remarquer.

Et il demandait la mort... son vœux serait bien rapidement exaucé, il n'avait pas à s'en faire. Car pour le moment, alors que le regard de Kajitsu ne portait plus aucune trace d'inquiétude, elle ne pouvait se dire rien de plus qu'il allait mourir. Comment croire autrement? Quelqu'un finirait par le tuer pour prouver sa valeur, possiblement un cobaye avide de faire ses preuves qui n'avait pas été remarqué et qui pourtant, méritait sa place dans la Shatter Division depuis un certain temps. Peut-être aussi s'agirait-il d'un ennemi ou bien de quelqu'un lui faisant subir un interrogatoire. Oui... un interrogatoire... s'il était aussi faible présentement, pourrait-il tenir le coup et ne rien dévoiler de la GC et des plans, bien que partiellement flous et imprécis pour les êtres extérieurs à la Slayer's Division, de Thomson? Juste à son discours, elle en doutait sérieusement et c'était quelque chose qu'elle devait régler pour le bien du but qu'elle s'était engagée à défendre en s'impliquant dans la Slayer's Division et ensuite pour celui de David qui, sans cela, serait immanquablement tué.


"Yeah... you'll die if we don't do something..." souffla-t-elle, certaine que dans sa condition, il ne l'entendrait pas.

Pourtant, faire quelque chose... ce n'était pas à cette irréelle de faire quelque chose, elle ne pouvait pas faire le travail à sa place et encore moins le tenir par la main. Bon, bien sûr qu'elle pouvait le faire, mais elle ne pourrait pas toujours le faire. Il y avait encore moyen de le réveiller de ça, dont un beaucoup plus radical qu'entre tous (après tout, la douleur physique avait toujours eu le moyen de remettre à chacun les pieds sur terre), mais sur le moment, elle doutait que cela marcherait aussi bien et son petit côté "humain" la rappelait à l'ordre. Non, malgré le monde dans lequel elle était, Kajitsu n'oubliait pas qu'il s'agissait tout de même de David et que même si elle désirait l'endurcir... dans l'état présent, elle ne pourrait pas aller bien loin. Ainsi donc, elle soupira, ne pouvant s'empêcher de penser qu'elle faisait une terrible erreur de le traiter avec "tendresse ou attention" (à défaut d'avoir trouvé un meilleur terme) plutôt qu'aussi durement qu'un cobaye, le forçant à se ressaisir. Aussi, pendant ce soupire, elle vint s'asseoir contre le mur froid, posant une main sur la tête de son aîné d'une manière se voulant rassurante. Pourquoi seulement se voulant? Parce que pour le moment, ce jeune cerisier artificiel ne pouvait s'empêcher de voir David comme faible... tout ce qu'elle détestait.


"Come on... waik up..." articula-t-elle inutilement, n'observant même pas directement son aîné, mais plutôt le mur en direction opposé.

Vraiment... qu'allait-on faire de lui? Même pas capable de supporter dix minutes les conditions de vie d'un cobaye, alors qu'il n'avait pas encore connu la faim, l'isolement et la douleur relié à cet endroit? Les gens à l'origine du monde extérieur valaient donc si peu? En quoi donc étaient-ils apte à juger ou bien à cracher sur la tête des cobayes alors...!?

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Dim 24 Jan - 18:28

Le sol froid de la cellule au sous-sol de la GC aurait put être une sensation salvatrice si David avait été encore en état de la ressentir. Mais il ne le pouvait pas. Il n’était plus dans la cellule, il dérivait dans un autre monde, un monde appartenant à un passé encore bien trop présent.

La douleur le submergeait. La brûlure du métal chaud sur son ventre, la morsure d’une pince écrasant ses genoux l’un contre l’autre, l’élancement de la peine et de la culpabilité qui alourdissaient son cœur. Comment lutter contre ça ? C’était impossible. David était responsable de trop de désastres pour avoir encore le droit de sourire. Il avait laissé exécuter des innocents dans la jungle. Il avait certes tentés de s’y opposer, ce qui l’avait fait mettre au fer, mais cela n’y avait rien changé, et les intentions les plus louables ne sont rien si elles n’aboutissent pas. Il avait laissé exécuter des innocents.

Mais pas seulement. Ses hommes, morts au combat dans l’embuscade, ou capturés par l’ennemi. Il aurait dut être plus fort pour empêcher cela. S’il ne s’était pas laissé capturer par ses propres hommes, il aurait put participer à ce combat et aurait peut-être put empêcher tous ces morts. Il avait laissé tuer ses hommes. Mais pas seulement. Ceux qui n’étaient pas mort, comme lui, avaient un sort abominable. Des jours et des jours de torture pour leur soutirer des informations qu’ils n’avaient pas. Et pendant qu’il se faisait lui-même torturer, il les voyait souffrir et périr l’un après l’autre. Il avait laissé torture à mort ses hommes. Mais pas seulement.

L’hôpital qui n’en était pas un, avec ses médecins qui n’en étaient pas. Là aussi il avait tué des gens. Ce jeune mutant qui l’avait remis sur pied alors qu’il était aux portes de la mort.

« Panacée… Pardon… Je suis désolé… J’aurait dut être plus fort. J’aurais dut… te sauver aussi… J’aurais dut mourir… pour que puisse vivre… pas l’inverse. »

Le jeune garçon qui n’avait jamais vu le ciel s’était sacrifié pour sauver David d’une balle mortelle. Celui-là seul pesait plus lourd encore que ses hommes. Il avait tué Panacée. Mais pas seulement.

Une rafale de tir, loin au dessus de lui. Un corps inerte qui tombe du toit. Un corps qui aurait dut être le sien, mais qui était celui d’un passant. Un autre mort pour sauver sa peau, le moment où il avait découvert son pouvoir. Un innocent de plus, mort à sa place. Mais pas seulement.

Pas seulement, le pire était encore à venir. Il devait arrêter ce voyage à tout prix avant d’aller trop loin. Avant de la voir à nouveau. Mieux valait retourner immédiatement dans la cahute de torture et y rester à jamais plutôt que revivre ces terribles instants : la deuxième fois qu’il était mort. Il en était déjà trop proche. Les cris dans la cellule voisine n’avaient plus beaucoup d’importance maintenant. Ils avaient amorcé son terrible voyage mais ils n’étaient plus pour rien dans sa terrible chute vers le plus abominable des enfers. Il devait absolument résister. Tout plutôt que ça, tout plutôt que cette partie de son passé. La douleur pouvait tuer disait-on, mais si celle-ci l’avait put, alors il serait mort bien plus de deux fois.

Alors qu’il luttait pour résister à ses souvenirs, se tordant comme un ver sur le sol froid de la cellule et hurlant pour repousser le passé, une idée explosa dans son esprit. Il avait un moyen d’y échapper : me mordre la langue. Une peccadille et tout serait finit, il pourrait se reposer. Il n’aurait plus mal, envolée la peine, envolée la culpabilité. Envolé le fardeau. Oui, c’était une douce solution. Déjà il glissait entre les dents son muscle gustatif pour s’arracher la vie.

Soudain il s’arrêta de bouger et le silence revint dans la cellule. Il n’avait pas le droit de faire ça, cela lui était interdit. Il n’avait plus le droit de mourir, il était condamné à vivre. Tel était son châtiment pour tout le mal qu’il avait fait. La mort était bien trop douce, il ne la méritait pas. Doucement, sans brusquerie, il sa langue revint en sécurité et il serra les dents tandis qu’il se redressait en position assise. Où était-il ? Cet endroit lui était familier. Cela ressemblait à une maison ordinaire. Mais…

Son regard tomba sur une photo encadrée, sur une commode à sa gauche, représentant une jeune fille accompagné d’un jeune homme. Paniqué, David regarda autour de lui. Il se trouvait dans la maison où il avait grandit, dans le souvenir le plus terrible qui le hantait depuis si longtemps. D’ordinaire, ce souvenir n’était qu’un souvenir, douloureux au possible, et lui faisant vivre un enfer, mais quand même un souvenir, mais à ce moment, c’était plus que cela. Sans savoir pourquoi, David n’était plus en train de se remémorer son passé mais de le revivre. Hors de question !! Il était déjà assez pénible de se souvenir de cette époque, il ne supporterait pas de le revivre.

Se relevant essoufflé, David couru deux pas pour aller se cogner violemment la tête contre le mur de la cellule. Après le « rebond », il mit un second coup et resta debout, appuyé au mur de la main gauche, le front ensanglanté appuyé sur la surface lisse. Des gouttes écarlates traçaient un ruisselet coloré à la fois sur le mur et sur le visage du mercenaire qui respirait comme un soufflet de forge. Il avait de peu échappé au pire.
Les souvenirs qu’il gardait d’Eileen étaient ses trésors les plus précieux, mais celui-ci, honni entre tous, était la pire des malédictions.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 26 Jan - 2:25

*J'aurais peut-être vraiment dut essayer de lui enfoncer ma lame dans la cuisse après tout...*

Ce fut toutefois sa seule réaction.

Car voyez-vous, Kajitsu était resté adossée contre le mur avec nonchalance, finissant même par donner l'impression d'être complètement désintéressée. Elle n'avait rien à faire que le passé de David le hante ou bien encore d'à quel point il le hantait; après tout, chacun avait son propre passé, sa propre part d'ombre, à supporter et à maîtriser. Elle-même avait ses propres hantises et faiblesses la conduisant à des moments où elle était fortement à risque de perdre le contrôle d'elle-même. Toutefois, il était impératif dès la connaissance de cette possibilité, d'apprendre à garder un contrôle de soi exemplaire, et en particulier ici bas (ici bas faisant cette fois référence à l'univers de la Genetics Corporation et non seulement aux cellules). Après tout, une perte de contrôle aussi flagrante que celle-ci ne pouvait que signer l'arrêt de mort du faible et ce, qu'importe quelle était la situation. N'essayez pas de trouver une situation où la mort n'arrivera pas, ne faites que suivre le cours logique des choses et tôt où tard, l'être s'étant laissé aller à ce genre de chose finirait immanquablement par en mourir. Heureusement pour David, Kajitsu n'avait aucunement besoin de profiter de lui pour s'élever et elle l'appréciait tout de même - malgré le fait que sa vision de cet être avait été grandement entachée.

Néanmoins, pendant une fraction de seconde, même toute petite, cette jeune être avait considéré le corps étendu à ses côtés comme étant mort. C'était une réaction fort éloignée de celle qu'elle avait exprimé au moment où, près de deux ans plus tôt, Fukusha s'était évanoui devant elle et, sans doute, si cette scène s'était déroulée à la même époque, la réaction de Kajitsu aurait été tout à fait différente. Toutefois, à l'époque de ses débuts à la GC, au moment où elle ne faisait que rencontrer celui qui était arrivé dans la "Red Division" environ au même moment qu'elle l'avait fait, cette jeune clone n'avait pas encore compris qu'elle devrait renier son humanité pour arriver au point où elle était aujourd'hui. C'était triste en un sens, certes, mais quel autre dénouement possible pouvait-il y avoir? Après tout, faites baigner dans le sang et marcher entre les morts un être de quatorze-quinze ans cherchant à découvrir ce qu'on lui avait caché de la vie, vous obtiendrez inévitablement un être ayant perdu beaucoup de son humanité à quelques mois de sa seizième année. Pourtant, on ne pouvait pas encore dire de Kajitsu qu'elle était vraiment inhumaine, puisque, ayant prévu le coup, elle avait tout fait pour garder une part d'elle-même intacte, bien que cela devenait de plus en plus difficile à ce jour.

Enfin, là n'était pas le sujet, revenons plutôt à David qui venait tout juste d'avoir la brillante idée de se réveiller de lui-même, montrant par la même occasion un semblant de dignité.

À ce moment, la jeune membre de la Slayer's Division ne bougea pas pour autant, observant l'aîné de son si caractéristique regard enfermant bien trop de choses à la fois. Dans ses yeux turquoises, on pouvait lire d'abord une déception apparente, en plus d'une petite lueur se traduisant immanquablement par "qu'est-ce qu'on va faire de toi". Le reste était plus subtile, mais tout de même bien présent. Car sous ce message sous-entendu, on pouvait aussi y voir de la pitié (au sens négatif du terme) et de la froideur. Il est d'ailleurs ici important de noter un fait: jamais - sauf en mission où, dans ces cas, Kajitsu est pratiquement toujours aussi froide que sa lame - ce jeune être artificiel n'avait un jour lancé un regard froid à David (sans compter leur arrivée dans cette cellule bien sûr). Malgré tout, on pouvait voir qu'elle n'était pas encore complètement désintéressé par son sort, bien au contraire, elle était toujours assez préoccupée par ce qu'il allait devenir, mais ce n'était pas ce qui serait le plus visible dans son regard.


"Bon..." fit-elle en se relevant, posant un main sur sa hanche, "maintenant que tu sembles enfin 'réveillé', on va pouvoir s'occuper de ton 'problème'."

Sur ses mots, Kajitsu s'approcha de l'homme, l'air sérieuse. Et je vous pris, ne vous méprenez pas sur ses intentions, elle désirait véritablement l'aider. Elle n'avait pas oublié ou fait un trait aussi facilement sur ce qu'ils avaient vécu jusqu'ici - elle était parfaitement incapable de faire quelque chose de ce genre - et considérait qu'il y avait encore moyen de faire quelque chose pour régler ce problème. Car non, elle n'avait pas l'intention de laisser mourir un autre être à qui elle tenait.

"David, si tu n'apprends pas à te contrôler mieux que ça, il est clair que tu te feras tuer."

Kajitsu fit une courte pose, observant un peu autour d'elle, comme si elle cherchait quelque chose. Aussi, elle finit par croiser les bras, portant plus attention au mur vide qu'à David, un peu comme si quelque chose d'intéressant ou bien le sujet de ses prochains mots s'y trouvait. C'était vrai en fait...

"C'est pourquoi je crois que le statu de 'cobaye' est si important... si tu es capable de survivre à ça, alors tu peux tout faire au cœur de la GC. Et toi," ajouta-t-elle en se retournant vers son aîné, un impression de sourire au coin des lèvres (bien que ce devait être plus un effet de lumière qu'un sourire), "tu n'as pas tenu plus de cinq minutes entre ces murs avant de craquer... Est-ce que tu souhaites mourir à ce point...?"

La voix de ce cerisier artificiel n'était plus aussi neutre, elle avait repris un peu plus de ces caractéristiques vivantes qu'elle n'utilisait que lorsqu'elle était à son aise ou avec un être qu'elle appréciait. Toutefois, cette voix démontrait maintenant un léger fond d'inquiétude et une forme de tristesse s'apparentant plus à de la compassion qu'autre chose. Peut-être aurait-il été moins humiliant pour lui que Kajitsu garde sa voix neutre après tout... Car de cette manière, elle impliquait inconsciemment (bien qu'elle le pensait très consciemment) que David serait incapable d'avancer aussi rapidement qu'un cobaye si elle utilisait la véritable méthode de l'entreprise.

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 26 Jan - 3:54

David était essoufflé et il tremblait. C’était compréhensible considérant qu’il venait manquer de s’exploser le crâne. Mais c’était un bien moindre mal et cela venait de le sauver du pire. Il ne bougeait pas, la main et le front contre le mur, s’efforçant de reprendre son souffle. La vive douleur à son front et l’autre plus sourde qui lui sonnait dans tout le crâne n’étaient que secondaires. Il y a bien longtemps qu’il avait appris, malgré lui, à supporter la douleur. Mais Kajitsu ne semblait pas encline à lui laisser le temps de récupérer un peu et lui annonça qu’elle avait l’intention de s’occuper de son problème. Il la laissa déblatérer ses imbécilités le temps de récupérer un peu puis se retourna et s’adossa au mur, toujours essoufflé, pour lui faire face. Et il se mit à rire. Ce qu’elle disait était tellement absurde, cela n’avait aucun sens. Mais ce qui le faisait rire, c’ était l’ironie de la situation. Dans ce cachot, c’était une gamine immature qui essayait de lui faire la leçon alors qu’elle n’y connaissait rien à la vie. David rit. Cela aurait put ressembler à un simple amusement, voire même à de la complicité mais pourtant… non.

« Tu ne sais même pas de quoi tu parles, pauvre sotte. »

Il se redressa un peu contre le mur alors que respiration commençait doucement à ralentir.

« Tu crois que cet enfer ici-bas est le seul moyen de former quelqu’un à survivre à la GC, mais tu te trompes. Ici, c’est un enfer, mais moi aussi j’ai vécu un enfer, tout aussi terrible, mais toi tu ne peux pas l’imaginer, et tu refuses même de l’admettre. »

Du sang coulait sur son visage, suintant de sa plaie au front.

« Ce spectacle pathétique que tu viens de voir aurait pourtant dut t’en convaincre : la vie ne se limite pas à la GC, il y autre chose l’extérieur de ces murs et ce n’est pas plus confortable qu’ici. Mais non, toi tu refuses de simplement envisager cette possibilité, parce que pour toi il n’y a que la GC. »

David quitta le mur et s’approcha, un peu chancelant de la jeune fille.

« Ce qui vient de m’arriver n’est pas lié à cet endroit plutôt douiller mais à mes propres fantômes. Ce sont mes fantômes et c’est à moi de les affronter pour les remettre dans leur cage, ce n’est certainement pas à toi de régler mon ‘problème’. »

David se passa une main sur le visage, étalant le sang qui y coulait plutôt que de l’essuyer, puis il posa sa main ensanglantée sur la joue de la jeune fille, rapprochant encore son visage du siens.

« Retiens bien ça, fillette immature : par trois fois déjà j’ai embrassé la mort, et à chaque fois j’ai continué à respirer. Trois fois j’aurais du périr mais à chaque fois l’enfer m’a rejeté. Sais-tu pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas de pire enfer pour moi qu’ici bas. Si je dois mourir alors je mourrais, mais en attendant ce jour, arrête de vouloir contrôler quelque chose que tu es incapable d’appréhender dans sa globalité. La GC, ses cellules et ses cobayes, sa Shatter et sa Slayer’s, ma vie n’est plus qu’une vaste mascarade parce que j’ai traversé le domaine de la mort et que j’en suis revenu. Tu as traversé de terribles épreuves ici, et cela t’as rendu plus forte, soit. J’ai traversé mes propres épreuves ailleurs, tout aussi terribles et même probablement plus encore, et elles m’ont tué sans même finir le travail. »

David fit bouger sa main pour agripper le cou de la jeune fille, sans serrer trop fort, mais de sorte que ce soit tout de même menaçant.

« Ne commet pas l’erreur de croire que je suis plus faible que toi parce que je ne suis pas passé par ici. Ne commet par l’erreur de croire que je suis faible parce que j’ai choisis, contrairement à toi, de ne pas faire l’autruche. Et surtout, ne vas pas commettre l’erreur de croire que tu n’as plus de faiblesses, parce qu’on en a tous, mais moi au moins je connais les miennes, car contrairement à toi je suis encore capable de ressentir la douleur. »

David lâcha sa prise, la jeune fille avait maintenant des marques de sang sur la joue et le cou. Il savait pertinemment que tout ce qu’il venait de dire ne servirait à rien, et que cette petite idiote continuerait à lui faire la leçon. Jamais elle ne comprendrait, son esprit était bien trop étriqué.

« Cesses de vouloir me faire entrer dans le moule qui t’a façonné, je ne suis pas fait du même matériau que toi ! »

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 26 Jan - 7:30

« Tu crois que cet enfer ici-bas est le seul moyen de former quelqu’un à survivre à la GC, mais tu te trompes. Ici, c’est un enfer, mais moi aussi j’ai vécu un enfer, tout aussi terrible, mais toi tu ne peux pas l’imaginer, et tu refuses même de l’admettre. »

La vie aurait continué d'être merveilleuse s'il n'avait dit que ça. Elle lui aurait simplement répondu qu'elle savait parfaitement que ses démons venaient d'ailleurs, mais que les cellules étaient visiblement le meilleur endroit pour qu'il puisse leur faire face. Elle ne s'offrait en aide que parce qu'elle l'appréciait bien, enfin semblait-il, et que son aide ne se limiterait à rien de plus qu'à sa présence si jamais elle était nécessaire, puisqu'elle ne pouvait pas faire le travail pour lui. Son but était simple: éviter que quelqu'un d'autre profite de cette faiblesse visible afin de prendre le dessus. Toutefois… Kajitsu devait avoir une bien piètre manière de laisser paraître ses bonnes intentions, puisque chaque fois, cela tournait de la même manière. Mais détrompez-vous, elle n'était présentement ni triste, ni nostalgique; cette simple phrase s'en était assuré: « Tu ne sais même pas de quoi tu parles, pauvre sotte. »

Et elle ne regrettait rien, elle ne regrettait en rien de l'avoir amené ici afin de tenter de lui faire voir ce qui faisait la nature des gens d'ici, pour que lui comprenne un peu mieux. Quoique non, c'était faux, ce cerisier artificiel regrettait bien une chose: que cet être soit aussi entêté et stupide qu'il ne l'était. Elle regrettait que David soit exactement comme tout les autres êtres naturels qu'elle avait rencontré, soit sûr d'avoir tout compris et d'avoir raison sur tout, se basant sur le fait qu'automatiquement, de par son jeune âge et de sa vie en laboratoire, qu'elle était ignorante. Non elle ne connaissait pas le vécu de ce mercenaire ou qu'importe comment il voudrait s'appeler et pas une fois elle avait prétendu le connaître. Elle n'avait pas non plus insinué tout savoir, elle avait simplement dit savoir que s'il ne faisait pas quelque chose pour se protéger lui-même, quelqu'un finirait bien vite par profiter de sa faiblesse afin de faire valoir sa force. Mais non, il était bien trop difficile pour un être naturel, même étant moindrement intelligent, d'admettre qu'
elle pouvait avoir raison! C'était inconcevable! Kajitsu? Avoir raison? Mais y avez-vous pensez quelle absurdité!!! Oh non, pour l'instant, ce n'était pas de la nostalgie qu'on pouvait voir dans les yeux de cette jeune clone, ce n'était pas seulement des flammes, c'était la foudre, mais plus que la foudre encore, c'était une véritable tempête dantesque.

Cet être ne bougea pas et ne broncha pas, n'intervenant pas même si elle était tentée de le faire, de l'interrompre dans son babillage infondé et sans raison d'être. Elle le laissa poser sa main couverte de sang sur sa joue, comme si de rien était, comme si ce contacte dérisoire avait autant d'importance que la caresse de l'un des spectres peuplant la Cage. Et il parlait encore et encore, continuant à débiter des choses parfaitement inutiles à énumérer. Pourquoi? Parce que cet imbécile heureux dans son illusion de savoir ce qu'elle ignorait, pensait être entrain de lui apprendre quelque chose! Sérieusement, il la prenait pour qui? Une gamine tout droit sortie de sa cellule? Il se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude s'il s'imaginait que Kajitsu était encore naïve et ignorante. Mais ça, c'était encore une fois trop dur à admettre!

Et une fois encore, elle ne bougea pas, ne faisant que se retenir de ne pas serrer sa main sur sa garde alors que son subalterne se pensait bien impressionnant en la menaçant aussi faiblement. Non mais c'était quoi ce truc!? Au moins, la dernière fois, Ashen avait au moins réussi à montrer sa supériorité en la mettant au sol! Et lui il ne faisait que rester planter là à parler!? C'était une véritable farce, ça menace était complètement dérisoire et insignifiante aux yeux de Kajitsu et ça, tout son être le traduisait parfaitement. Et il disait qu'il n'était pas faible? Certes, peut-être, mais il n'était certainement pas assez fort pour la menacer et lui faire croire qu'il pourrait n'avoir que moindrement le dessus sur elle, et encore moins ici! Et encore plus en tenant un discourt insinuant que son "interlocutrice" (bien qu'on ne pouvait plus vraiment appeler ça comme ça) s'imaginait sans faiblesse. Franchement, elle avait au moins cru qu'il la connaissait mieux que ça! Mais non, il fallait se faire à l'évidence et supporter l'idée que ce gus était comme tout le monde et se fiait sur rien de plus qu'une apparence, ne jugeant pas au-delà de celle-ci.

Ainsi donc, alors qu'il lâchait prise et lui lançait cette dernière "vérité" toute aussi inutile à énoncer que le reste de son simili discours, on pouvait voir sur Kajitsu une expression froide et noire, mais assez détendu pour vouloir dire: "bon, t'as fini maintenant de faire le con?" Oh bien sûr, son regard dépeignait toujours cette même tempête infernale et si, par miracle, le regard avait eu la faculté de trancher, ce David serait mort et décapité depuis bien longtemps. Toutefois, cette jeune clone se contenta de le regarder un instant, prenant le temps de laisser aller deux ou trois respiration avant de prendre la parole sur un ton au combien venimeux et tranchant. Elle pouvait endurer beaucoup de chose cette jeune clone et elle était consciente que l'endroit avait ravivé les fantômes de ce jeune homme… mais il y avait toujours des limites à ne pas franchir.


"Très bien, maintenant que tu as fini, laisse-moi au moins te faire le plaisir de t'annoncer certaines choses que, malheureusement, tu ne sembles pas avoir compris par toi-même."

Cette fois, c'était à son tour de s'avancer vers lui et, bien qu'étant physiquement plus petite, elle le regardait présentement clairement de haut. Il avait dit ce qu'il avait à dire, parfait, c'était son tour maintenant!

"Désolé de briser tes illusions au sujet de mon ignorance, mais je sais que le monde va plus loin que la GC et que tu as ton propre vécu. Mais peut-être es-tu trop fermé pour remarquer que cet endroit serait le meilleur moyen d'apprendre à vivre avec tes fantômes. Quoique non, c'est vrai, tu sembles préférer vivre de cette manière, de les garder avec toi en permanences et sans doute de supporter quelques mauvais rêves je me trompe?"

De l'arrogance, oui, beaucoup d'arrogance. Avec un ignorant qui croit tout savoir, elle avait droit d'en user autant qu'elle le voulait. Surtout lorsque l'ignorant en question a franchit, à plusieurs reprises déjà, les limites à ne pas franchir avec elle.

"Quoi? Tu pensais peut-être que j'étais trop 'ignorante' pour savoir ce que c'était que de vivre avec ce genre de chose!? Tu croyais peut-être que je m'imaginais invincible et tout ce qui va avec!? GET REAL! Je ne fais pas l'autruche comme tu dis, mais je me bats pour garder le contrôle de ma vie et pour ne pas me laisser dominer par un fantôme comme tu le fais!"

Elle avait arrêté d'avancer, mais sa main était fermement refermé sur la garde de son arme et elle était à une distante idéale pour attaquer. Le mouvement était déjà tout tracé dans son esprit, il ne restait qu'un signal qu'elle se retenait de donner pour que ses mains approcher David de la mort pour, semblait-il, une quatrième fois. Néanmoins, Kajitsu avait encore assez de self-control pour ne pas passer à l'acte. Mais c'était oh combien tentant…

"Alors si tu imagines que je suis ignorante espèce d'imbécile, c'est que tu es aussi aveugle que les autres! Je me fou totalement du nombre d'épreuves que tu as traversés ou de combien tu as vu plus de choses que moi! On ne peut pas comparer de l'expérience personnelle et tu devrais le savoir depuis le temps."

Résiste… ne pas l'attaquer… non pas l'attaquer… Mais son poing tremblait déjà littéralement autour de son arme, alors qu'elle ne faisait rien de plus que se retenir de ne pas l'embrocher directement! Vraiment, d'entre tous, elle avait au moins cru que David ne serait pas aussi bas! Mais non, il ne fallait pas oublier la dernière année… ne pas l'oublier… ne pas l'oublier… Mais bon sang que c'était dur! Résister à la provocation! Toute son être lui criait de se fier à un "ancien proverbe" (dont l'auteur ne laissera aucun doute sur sa personne) voulant qu'après s'être fait frapper la joue droite, tu es en droit d'exploser la joue gauche de ton adversaire et plus encore*!

"Alors ne t'avise plus jamais d'insinuer que je suis ignorante ou bien de me menacer aussi ridiculement," ajouta-t-elle finalement sur un ton glacial et tranchant, voir même meurtrier.

Devrait-elle vraiment en venir à cet extrême? Elle lui laissait une dernière chance, mais qu'on s'en tienne pour dit, ce serait véritablement la dernière cette fois-ci et si, par malheur, David ne rattrapait pas le coup radicalement, ce jeune être artificiel ferait subir à cet imbécile le sort lui étant réservé.


_________________________
*Ouais… maintenant Ashen est en droit de dire qu'elle a finit comme lui…!

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Mar 26 Jan - 19:30

Comme à chaque fois, cela ne menait à rien. David aurait beau s’échiner des années durant, il ne pourrait jamais faire comprendre son point de vue à la jeune fille. Mais ce qu’il l’énervait vraiment, à ce moment, c’est qu’elle ne cesserait jamais d’essayer de lui imposer le siens, et ça il commençait à en avoir raz la casquette.

« Tu viens de mettre le doigt exactement sur ce que j’essaie de t’expliquer : on est tous différents et j’ai ma propre façon d’aborder les choses. Toi tu es un être artificiel qui a grandit dans un monde artificiel et qui a subit des douleurs artificielles, ce qui ne les rend pas moins réelles ou moins pénibles, mais qui fait que nous voyons les choses différemment. Ce problème est mon problème, ce combat est mon châtiment et tu n’as pas à t’en mêler même si je dois y laisser ma peau. »

Cette fois au moins les choses étaient claires. David tourna le dos à la jeune fille quelques instants, le temps de maîtriser sa respiration. Il avait été à deux doigts d’exploser et il devait se calmer sinon il pourrait faire quelque chose qu’il pourrait regretter. Au point où il en était, un regret de plus ne changerait pas grand-chose, mais tant qu’à faire, autant éviter de faire du mal à cette enfant. Lorsqu’il fit de nouveau face à sa tortionnaire, sa voix était redevenue presque douce, comme l’expression de son visage toujours ensanglanté. Il avait réussit à barricader sa colère.

« Tu peux me croire quand je te dis que subir les quelque désagréments de cet endroit ne changerait rien. Il y a bien longtemps déjà que j’ai passé le point de non-retour. »

En espérant que je jeune fille ne s’efforce pas de faire céder la digue.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Dim 31 Jan - 3:13

David venait de mourir.

Je vous rassure, pas physiquement, il était toujours bien présent et debout devant Kajitsu, venant tout juste de tourner le dos. Toutefois, aux yeux de celle qui se retenait de ne pas faire couler le sang dans cette cellule, il était mort. Si, avant qu'il n'ouvre de nouveau la bouche, ce trop jeune être ne le voyait que comme un être naturel ne se fiant qu'aux apparences (ce qui est déjà pas mal le pire qu'on puisse faire), cet homme avait réussi à empirer son cas! Encore une fois, ce qu'il avait essayé de dire n'était pas si mal, toutefois, sa manière de le formuler devait bien être la pire que l'on puisse employer devant cette jeune clone.

"Toi tu es un être artificiel[…]", certes, elle le savait bien et elle avait mis un temps fou à le lui faire comprendre, mais la suite... "[…]qui a grandit dans un monde artificiel[…]" Un monde artificiel? Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qu'il y a d'artificiel dans son monde? La Genetics Corporation était tout à fait réelle et il en allait de même avec l'Arobase du temps où elle était toujours existante! Mais le pire restait: "[…]qui a subit des douleurs artificielles[…]"… Juste à ça, elle du se retenir de ne pas lui sauter directement à la gorge! Se retenir de ne pas l'attaquer jusqu'à ce qu'il demande pardon à genoux en la suppliant de lui laisser la vie sauve! Des douleurs artificielles!? C'était une véritable farce! Il comparait ses épreuves à des évènements vécus en salle de simulation ou quoi!? Des douleurs artificielles: des douleurs irréelles et imaginaires, mais qui – selon sa pathétique tentative de rattrapage – faisaient tout aussi mal que "ses vrais douleurs". Il venait de descendre plus bas que Fraust*! Il était descendu au même niveau que ses êtres insignifiants ayant fait en sorte qu'elle ait longtemps trouvé normal de ne pas avoir de nom, ceux qui l'avaient déshumanisée, ceux qui lui avait imposé le statu d'objet: ces scientifiques de l'Arobase extérieur à son "équipe de recherche" (et même encore, ça dépend du moment) lui ayant inspiré l'idée de son rêve. Voilà pourquoi, à ses yeux, David venait de mourir.


"Perfect then…" fit-elle sur un ton totalement désintéressé en se dirigeant vers le lit de fortune. "Just go and die."

Froide? Oui, il fallait s'y attendre. Après être tombé aussi bas dans l'estime de Kajitsu, il ne fallait pas espérer de sa part ne serait-ce que la moindre part de chaleur, de compassion ou de quoique ce soit d'autre. Il n'était plus rien pour elle, rien de plus que la preuve qu'elle n'était plus en droit espérer entretenir la moindre bonne relation avec qui que ce soit ici. Boaf… c'était peut-être mieux comme ça à quelque part. Après tout, pour ce cerisier qui préférait la compagnie des arbres à celle des humains, n'était-il pas mieux de se concentrer sur son travail et sur elle-même plutôt que sur les autres? De cette manière, elle n'aurait plus à redouter la mort ou bien la perte de qui que ce soit à l'intérieur de ces murs. Enfin, c'est dans cette attitude de total je-m'en-foutisme, portant cette arrogance méritée que seuls les membres de sa division abordaient, que Kajitsu s'étendit sur le lit de fortune, les bras croisés derrière la tête et un jambe croisé sur celle qu'elle avait laissé pliée. Elle avait l'air de n'importe quel être naturel, rentrant chez-soi le soir après une journée de travail, installé sur son divan et complètement désintéressé du bulletin de nouvel.

« Tu peux me croire quand je te dis que subir les quelque désagréments de cet endroit ne changerait rien. Il y a bien longtemps déjà que j’ai passé le point de non-retour. »

Pouvait-elle avoir l'air moins intéressée que ça? Non… j'en doute. Ce que venait de dévoiler David l'intéressait autant, si non moins, que la couleur de la peinture/tapisserie du réfectoire, ça donne une idée. Ce n'était pas peu dire, elle avait plus d'intérêt à savoir ce qu'était devenu le petit bout de racine qu'elle pouvait voir dépasser de la "fenêtre" de sa cellule de Miami*, que de savoir ce que David avait à dire. Il disait avoir passé le point de non-retour? Ouais, c'était vrai, et pas seulement pour le sujet dont il venait de parler, mais bien aussi dans l'esprit de Kajitsu. Désolé, mais elle lui avait déjà laissé bien trop de chance déjà depuis leur arrivée en cellule, trop c'est trop.


"Whatever…" lança-t-elle simplement.

Elle aurait tout aussi bien pu lancer "je m'en fou", mais "whatever" impliquait une utilisation de moins de mots et était, donc, de loin préférable a "je m'en fou", expression d'ailleurs considérée comme étant une phrase complète. Bon, plus que quelques heures à ne rien faire ici avant de pouvoir partir …la classe quoi. Ça lui apprendra la prochaine fois à avoir une petite attention.

__________________
*À noter que temporellement, Kajitsu a prévue de partir pour la Faculté dans trois jours.
*Oui oui, il y en avait vraiment une et, lors de sa première nuit dans cette cellule, elle lui a même adressée quelques mots… (il y avait un bon contexte, je vous rassure, elle n'était pas folle)

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
David Dilfert
Membre de la Shatter Division
Membre de la Shatter Division
avatar

Nombre de messages : 261
Age : 30
Age du perso : 22
Langues parlées : Américain, français
Date d'inscription : 27/02/2008

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Dim 31 Jan - 14:49

A mesure qu’il parlait, David sentait que quelque chose lui échappait, comme de l’eau coulant entre ses doigts. La jeune fille à présent, ne manifestait plus qu’une royale indifférence. Que s’était-il passé exactement ? Pourquoi avoir accepté de descendre ici avec elle ? C’était une idée stupide. Elle l’avait placé en position de faiblesse et il l’avait bêtement suivie ! Mais pourquoi faire ça à un ami, ou du moins à un collègue ?

Et maintenant, plus rien. Il avait voulu qu’elle cesse de le harceler mais là, cela allait un peu loin. Cette fille faisait décidément tout de travers, jusque dans les moindres détails. Dans un geste excédé, David leva les bras au ciel.

« Mais quelle tête de mule !!! »

Et David sut à ce moment que rien ne serait jamais plus comme avant. Cela faisait plus d’un an qu’elle et lui travaillaient ensembles, qu’ils se côtoyaient quotidiennement et qu’ils partageaient une bonne partie de leur vie. Plus d’un an qu’ils s’appréciaient mutuellement. Si quelques mots avaient suffit à anéantir tout ça, un an de vie presque commune, alors c’est qu’elle n’avait effectivement rien compris à la vie. C’était une fillette aveugle et bornée, trop bien formatée à refuser tout ce qui ne correspondait pas à ce qu’on lui avait appris, le parfait petit soldat.

N’était-ce pas mieux ainsi après tout ? Sans liens, il n’y avait plus de risque de les voir détruits. Sans attaches, il n’avait plus à s’inquiéter pour personne d’autre que lui-même. Après tout, un mort-vivant n’a pas à avoir des amis, seuls les vivants en ont. La résurrection est un miracle et les miracles n’existent pas. David Dilfert n’était qu’un fantôme, et sans une attache dans le monde des vivants, il n’avait plus qu’à tomber dans l’oubli, laissant la place à Douze-Morts.

« Très bien, petit robot de chair, fais comme tu veux. Moi je sors d’ici. »

Il s’approcha de la porte et regarda dans le couloir par la petite fenêtre barrée qui y était pratiquée. Il était bien placé pour savoir qu’il y avait en permanence au moins une personne en train de faire sa ronde dans les couloirs du sous-sol pour surveiller les cellules. Il éleva la voix pour l’appeler afin qu’il le fasse sortir.

« GARDIEN ! »

En attendant, il adressa une dernière parole à son amie qui venait de le renier.

« Tu me feras signe quand tu te sera décidée à enlever tes œillères. »

Quoi ? Mais non ! Pourquoi penses-vous qu’il cherche à l’énerver juste avant de partir pour la laisser fulminer seule dans sa cellule ? C’est une idée ridicule… Bon d’accord, j’avoue. Mais aucune importance, il entendait les pas du gardien qui approchait.

_________________
David Dilfert's Theme



[GC] C'est la vie qui continue...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
X422-374F/Kajitsu Aoyagi
Membre de la Slayer's Division
Membre de la Slayer's Division
avatar

Nombre de messages : 645
Age du perso : 15 ans
Langues parlées : Anglais et japonais
Pouvoir du perso : organique végétal
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   Sam 6 Fév - 3:18

C'était mieux comme ça… sans doute… Pourtant, elle avait du mal à y croire vraiment. Oh, il ne faisait aucun doute qu'elle lui en voulait, et pas qu'un peu plus. Toutefois, les trop nombreuses images de la dernière année restaient bien gravées dans sa mémoire, rendant la situation présente irréaliste. Pour l'instant, toujours étendue dans la plus totale nonchalance sur le lit de fortune, Kajitsu cherchait à faire un lien entre la veille et maintenant. Aussi étonnant que cela puisse paraître… il n'y en avait tout simplement pas. Ou alors elle ne le voyait pas.

Où était le lien entre cette matinée et ce temps où elle trouvait confortable (bien que beaucoup trop infantilisant à son goût) cette manière que David avait de la faire apparaître comme étant normale? Où était le lien entre ce temps et ce moment où elle ne désirait plus que le faire taire à l'aide de son sabre, lui imposer de cesser de la voir comme la dernière des idiotes? Sans doute avec du recule, pourrait-elle trouver aisément ce dit lien, mais c'était présentement trop lui demander. Comment voulez-vous que ce cerisier artificiel pense clairement et calmement, à tête reposée, alors qu'elle ne désirait que se fermer complètement et évacuer cet excès de colère avant que cela ne cause plus de problèmes que de l'empêcher de penser clairement.


« Très bien, petit robot de chair, fais comme tu veux. Moi je sors d’ici. »

"C'est rien de nouveau, essaie au moins d'être original."

Kajitsu avait répondu comme ça, sans réfléchir, sur un ton pouvant difficilement être moins intéressé. On pouvait aisément traduire cette phrase par: "essaie toujours, t'arriveras pas à m'insulter même si tu essais." Elle laissait présentement ses idées dériver, se disant qu'un peu d'entraînement lui ferait sans doute le plus grand bien. Un tour à la salle de simulation sans doute, ça serait tout à fait approprié. Surtout que, en y pensant bien, dans très peu de temps, la plus jeune membre de la Slayer's Division serait obligée de passer un weekend à la Faculté et de supporter un entretien avec Fraust dans le simple but de voir sa sœur et de s'arranger que tout aille bien pour elle. Sans doute ce fait influençait-il beaucoup son humeur. Bon qu'importe, ce qui était fait était fait et ce qui était dit avait été dit. Les images et les liens étaient apparus dans son esprit en force, comme amplifiés par l'approche de la Faculté et les cellules, surtout par les cellules.

« Tu me feras signe quand tu te sera décidée à enlever tes œillères. »

On dit que le temps arrange les choses, qui sait… Peut-être avec un peu de recule, ce moment finirait par perdre de son importance, comme la grande majorité des évènements dans ce monde d'ailleurs. Peut-être au cours d'une mission à partager, ou bien quelque chose du genre, involontairement forcés à travailler ensemble, sans doute le lien se reformerait-il de lui-même. Mais pour l'instant, Kajitsu était simplement trop orgueilleuse pour admettre que les choses n'étaient pas aussi claires pour elle-même qu'elle ne le laissait paraître. Et puis, après tout, s'il la connaissait aussi bien qu'il pouvait le prétendre, sans doute le savait-il déjà.

"Dare ga shitte imasu ka…"*

Ce jeune être ne bougea pas, attendant que le gardien de sécurité ouvre la porte. Rester ici ne lui donnerait rien et elle avait grand besoin de s'activer. Se changer les idées, cela lui ferait le plus grand bien, elle en était sûr.

"Only time knows…"

Ajouta-t-elle à l'adresse de David, sans trop savoir pourquoi elle lui accordait une simili-traduction (bien que ne disant pas ici exactement la même chose). Bon, qu'importe, elle avait autre chose à faire de sa journée que de passer sa journée dans une cellule. Et pour David? Boaf… on verra bien avec le temps.
__________________
*Nya, ça faisait longtemps que je n'avais pas essayé de traduire, le résultat doit être encore aussi limite qu'avant j'imagine ^^"

_________________
-¤Fight to live¤-


[In memoriam Victor... stay with us, always in our memories]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: C'est la vie qui continue...   

Revenir en haut Aller en bas
 
C'est la vie qui continue...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Le programme Constellation continue
» La prière continue
» f continue decroissante ==> unique point fixe
» f continue injective ==> strictement monotone
» f continue+injective=>f strictement monotone?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Faculty :: Centre Semi-Militaire de la Genetics Corporation :: Extérieur :: Terrain du Centre-
Sauter vers: