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 [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)

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Denzel Cage
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MessageSujet: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mar 7 Juil - 17:48

Gnik gnik gnik…

Le grincement de la bicyclette perçait le silence du désert de cailloux comme le cri d’un animal blessé à qui l’on aurait dû depuis longtemps épargner les peines d’une souffrance terrible. Rien au monde n’aurait dû continuer à exister en un bruit pareil. Les gémissements de l’engin étaient tellement pitoyables qu’il n’aurait jamais dû être encore capable de rouler. Et pourtant, il roulait. Tant bien que mal. Il cahotait, à vrai dire, ses roues tressautant entre les pierres dans une vague imitation de ce qui aurait pu, de loin et à contrejour, passer pour quelque chose qui roulait.

Gnik gnik gnik…

Le désert ambiant était plutôt… et bien, désert. Ce qui était plutôt typique des rocheuses dans le Dakota (du Sud) sauvage. Il devait bien y avoir une route quelque part entre les caillasse, mais la nature avait depuis longtemps reprit ses droits, estimant qu’elle n’avait pas à se soucier de ce pour quoi on ne l’avait même pas consultée. Sinon, il y avait beaucoup de roches, quelques cailloux et, quand on regardait bien, des pierres qui se fondaient astucieusement dans le décor. Aride était un mot qui ne convenait pas parce qu’il se serait sauvé, épouvanté, en apercevant un paysage aussi désolé. Le Dakota n’était pourtant pas dépourvu d’espaces verts, mais les espaces verts en question ne semblaient pas s’en être rendu compte sur le chemin qu’avait emprunté Denzel Cage pour traverser les rocheuses. Un Denzel Cage qui avait été de meilleure humeur. Quand on avait été des années durant habitué au grand luxe, le vtt dans une région aussi sauvage n’existait qu’à la télévision, celle qui était au bord de la piscine, sous les parasols. Le vélo, lui, se faisait en appartement, possédait une selle confortable et ne donnait pas le mal de mer. Avant les derniers jours, Denzel n’aurait d’ailleurs jamais cru qu’on puisse attraper le mal de mer dans un cadre qui contenait autant de caillasse et si peu de cours d’eau. Pour l’acteur, le Dakota se résumait jusque là à une vaste et belle contrée sauvage où on trébuchait tous les dix mètres sur un squelette de dinosaure. Personne ne lui avait dit pour le sable, les rocs et le soleil qui vous tapait dessus comme un mauvais crs les jours de grève. A bien y repenser, le type qui lui avait vendu l’épave qu’on pouvait tout juste appeler un vélo avait bien rigolé quand il avait indiqué la direction à Denzel. Si le jeune homme n’avait pas été aussi pressé de reprendre la route, il y aurait sûrement réfléchi à deux fois. Mais depuis le Mexique, Denzel avait pris l’habitude de ne jamais rester plus longtemps que nécessaire au même endroit. Le temps nécessaire s’arrêtant généralement là où commençaient les ennuis. Les ennuis n’étaient jamais loin. Depuis que son pouvoir s’était manifesté pour la première fois à Londres, Denzel en avait subit la leçon. Où qu’il aille, il finissait toujours par se fourrer dans le pétrin. Il semblait irrésistiblement attiré par les embrouilles. C’était fou le nombre de personnes qu’il y avait à sauver, et plus fou encore le nombre de manière différentes de le faire quand on possédait un don aussi incontrôlable. Se téléporter n’importe où ou se balader les branchies à l’air sans prévenir avait de quoi déconcerté, et la populace n’était pas très reconnaissante à leur sauveur dès qu’elle comprenait qu’il s’agissait d’un mutant.
Aussi, Denzel voyageait seul depuis le Mexique, et il était arrivé jusque dans le Dakota. Une sacrée traversée, accomplie en empruntant un nombre varié de moyens de transport, et certains dont Denzel n’aurait jamais soupçonné l’existence du temps où il circulait dans les rues de Los Angeles à l’arrière d’une limousine. Et après des semaines de route, il avait décidé de s’acheter un vélo. S’il n’avait plus accès à toute sa fortune, il n’en avait pas moins su conserver assez d’argent ici et là, et ça n’avait encore jamais été un véritable problème. Mais il n’y a pas plus pauvre qu’un riche lorsqu’il s’agit de marchander, et le vieux vélo lui avait paru une bonne idée sur le coup. Histoire de se maintenir en forme, tout ça. Seulement, quand on avait du personnel pour acheter ses affaires, on n’était pas très au fait de la manière de faire dans la vraie vie. Du coup, il avait hérité d’un vieux tas de rouille et de deux roues que des rayons en bien piètre état arrivaient tout juste à faire tenir ensemble.

Gnik gnik gnik…

Quelle idée, aussi, de se lancer dans une aventure pareille. Au cinéma, on ne s’attendait pas à cela. Tout était plus simple, sur un plateau. Dans le monde réel, il n’y avait pas d’assistant prêt à surgir de sous un rocher pour vous servir une limonade bien glacée. Dans le monde réel, il n’y avait pas de loge avec climatisation où se reposer. Dans le monde réel… Dans le monde réel, ça craignait, voilà tout. Denzel en était très rapidement arrivé à cette conclusion. Il s’était engagé dans ce road-movie –qui n’avait rien d’un film, il était bien placé pour le savoir- afin de se prouver quelque chose. De se montrer qu’il était capable de se débrouiller à la dure même quand personne n’était là pour refaire son maquillage. Qu’il n’y avait pas que dans ces films qu’il était quelqu’un de fort. Après le Mexique, le côté sauvage de la traversée des Etas-Unis en solitaire lui avait paru une bonne idée. Mais l’ennui, c’était qu’il ne savait pas trop ce qu’il voulait finir par se prouver, et qu’à force de fuir les ennuis, on avait tendance à ne plus savoir où on se rendait. Denzel n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire de sa vie, ni de sa destination. Il se contentait d’avancer, mû par une sorte d’obstination bornée qui se changeait tout doucement en un découragement des plus fatalistes. Mais il était le grand Denzel Cage, et le grand Denzel Cage n’abandonnait jamais. Ce qui paraissait beaucoup simple quand ça n’était qu’une réplique de film d’action qu’il avait prononcée des dizaines de fois sur tout un tas de variations différentes.

Pour l’heure, il fallait avancer. Se contenter de continuer. Il finirait bien par arriver quelque part. Là, il aviserait. Il avait encore des fonds auquel il pourrait accéder, et…

Gnik gnik gnik clang !

Le vélo se cabra comme un canard boiteux et le bruit de la chaîne arthritique qui se brisait se répercuta entre les rochers. Denzel et sa monture dérapèrent dans la poussière, et l’homme évita de justesse de se retrouver face contre terre. Il se dépêtra du tas de boulons qui l’avait laborieusement amené jusqu’ici, au milieu de nulle part, et leva un poing vengeur vers le ciel :

« Merde ! »

Puis, épuisé, à bout de nerfs et cédant enfin à l’abattement qui le pistait depuis bon nombre de kilomètres, la star se laissa tomber sur le bas-côté de la route fatiguée et déserte.

« Y en a marre! Marre ! »

Assis les fesses dans le gravier, Cage décida qu’il en avait vraiment ras les lunettes de soleil, et qu’il était hors de question pour lui de continuer ainsi. Pas maintenant, en tout cas. Il voulut boire à la bouteille d’eau qu’il transportait dans son petit sac à dos, mais il ne la trouva pas. Il trouva par contre le gros trou qui garnissait le fond du sac. Il n’avait pas remarqué quand il avait cédé, et le précieux liquide ainsi que le reste de ses affaires devaient décorer les cailloux quelque part derrière lui. Il resta quelques instants figé, puis balança le sac devant lui en hurlant :

« Ah non, merde ! Mais vraiment ! »

Denzel Cage resta assis au bord de la route, ses lunettes jetant des éclats sous le soleil. Il était seul, sans eau, avec un vélo qui essayait sans doute de le tuer, et il n’avait vraiment plus la force ni la volonté de se remettre en route maintenant. Il n’avait plus qu’à attendre. Le hic, c’est qu’il ne savait pas trop quoi…




Dernière édition par Denzel Cage le Ven 10 Juil - 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mer 8 Juil - 18:46

Vrommmmmmmmm...

Les pétarades et les deux lourds vrombissements, ceux de deux motos à n'en pas douter, étaient sortis lentement du silence régnant dans ce désert. Le bruit montait crescendo, tandis qu'à l'horizon de la piste, deux points minuscules commençaient à s'épaissir. Les points devinrent des formes encore floues puis, la distance se faisant de moins en moins grande, deux silhouettes longilignes grossissant à toute allure en même temps que le bruit épais des engins à deux roues. A peine moins d'une minute plus tard, les deux destriers d'acier et leurs trois cavaliers se dessinèrent à encore deux cent ou trois cent mètres du jeune homme planté dans le sable, au bord de la route.

Caliban ouvrait la marche, et se fût elle qui remarqua la première la personne accoté à la route. D'un petit signe du doigt, elle indiqua à l'autre pilote qu'elle allait s'arrêter, ce qu'elle fit lorsqu'elle arriva à hauteur du jeune homme. Tandis qu'elle coupait le moteur de sa cross-bones et retirait déjà son casque, le roadster s'arrêtait à son tour, et sa passagère en sauta tandis que le jeune homme au guidon coupa à son tour l'engin, faisant cesser le dernier bruit audible sur plusieurs kilomètres à la ronde.

Après avoir déposée sa housse contenant sa précieuse basse contre la moto mise sur béquille, Caliban s'arrangea les cheveux tout en se dirigeant d'une démarche chaloupée vers le jeune homme qui était la raison de cet arrêt. Elle arriva alors à sa hauteur et il pût apprécier les goûts vestimentaires très particuliers de la jeune fille au teint hâlé. Même pour faire de la moto pendant des heures, elle n'avait pas délaissé sa tenue favorite à savoir la mini-jupe et le soutien-gorge à peine caché sous un léger manteau ouvert. De plus pour une fois elle n'avait pas son éternel chapeau sur la tête et le jeune homme pouvait voir entièrement son visage, si ça ce n'était pas un luxe !

"Bonjour. Un problème?"
En réalité, sa question était inutile, elle s'en rendit compte en voyant ce qui ressemblait à un vieux vélo à moitié esquinté, renversé au sol près du garçon. C'était quand même un drôle d'endroit pour utiliser ce moyen de transport...

Derrière Caliban, Tom et Amy s'approchèrent à leur tour pour saluer le jeune homme visiblement dans une galère. Si la plus jeune des deux filles fit montre de gentillesse en envoyant un franc et mélodieux "Bonjour!", Tom quant à lui resta comme bloqué de stupeur, la bouche à moitié ouverte... Avant qu'il ne parvienne à prononcer ses premiers mots à l'inconnu.

"Ca alors, vous ne seriez pas... Denzel Cage, c'est ça?"
A peine eut-il dit ça qu'il se mit à s'enflammer comme une vraie groupie de groupe de rock.
"J'ai vu tous vos films! Vous êtes un de mes acteurs préférés!"
Derrière lui, Amy interrogea discrètement Caliban.
"Cage? Le gars qui ne tourne que dans des films de série Z?"
Caliban haussa les épaules. A elle en tout cas il ne lui disait rien, à moins qu'elle ne l'ai peut-être vu dans une publicité pour du shampoing ou tout autre produit de cosmétique, la tête du jeune homme en détresse ne lui était pas particulièrement familière, en tout cas pas au même niveau que Tom ça c'était certain.
"Possible... Je ne regarde pas beaucoup la TV alors je ne sais pas..."
Tom continuait à prendre feu en récitant des répliques de l'acteur notamment son apparemment célèbre "C'est là que tu dois tomber"... Il ne s'arrêta que lorsque la néo-zélandaise lui tapota l'épaule et lui fit une tête signifiant "On s'en fout un peu de tes délires là". Depuis le temps qu'ils se connaissaient, elle n'avait même plus besoin de parler pour qu'il comprenne ce qu'elle voulait dire.
"Ah pardon... Voici Caliban et Amy, on fait une sorte de... Road trip à trois. D'ailleurs vous connaissez peut-être Caliban, elle est aussi... Actrice..."
Un peu embarrassée, la concernée dévia le sujet de la conversation avant qu'on ne commence à s'intéresser à son propre cas. Elle ne voulait pas prendre le risque que Tom sorte ses répliques célèbres à elle car ce serait assez gênant vu la nature obscène de celles-ci.
"C'est bon Tom, ça va... Je demandais à monsieur... Cage, si j'ai bien compris, s'il avait un problème."
Ce n'est qu'à cet instant de la conversation que le jeune homme remarqua le vieux vélo. Et toute la bizarrerie de la situation. Un acteur tout de même très connu en plein désert, seul de surcroît, avec pour seul moyen de transport une bicyclette branlante, c'est pour le moins curieux ou étrange.
"C'est vrai ça, qu'est ce que vous faites dans ce trou paumé? On peut vous donner un coup de main?"

Quant à la leadeuse du trio, elle espérait que cet arrêt ne serait pas trop trop long car ils avaient encore de la route à faire. Après le fiasco de la tentative de traversée de l'Europe, les trois mutants avaient décidé de gagner la côté ouest des Etats-Unis et particulièrement Portland dans l'Oregon, où des paquebots partaient régulièrement vers l'Asie. Leur terminus final était toujours cette école de mutants située en Indonésie, et les difficultés pour arriver là bas semblaient se multiplier depuis le jour où l'idée leur était venue d'aller là bas. Mais sans doute au soulagement de monsieur Cage, ils étaient là aujourd'hui, peut-être pour le "sauver" d'un certain désarroi, et c'était tant mieux pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 10 Juil - 19:21

Denzel avait entendu le rugissement des motos bien avant qu’elles n’apparaissent dans son champ de vision, petits points bruyants qui grossissaient de plus en plus vite à mesure qu’elles avalaient de la route et de la poussière. Dans le désert, les sons portaient loin. Ils n’avaient rien pour les diminuer. Epoussetant son short beige, l’acteur se leva et, une main en coupe au-dessus des yeux, observa la progression des véhicules. C’était les premiers qu’il croisait depuis son arrêt forcé, près de deux heures auparavant. Ce qui n’avait rien d’étonnant. La route qu’il avait choisie n’était pas vraiment mise en avant sur les guides touristiques. Même les coyotes devaient l’éviter. Cage voulut agiter la main pour faire signe aux pilotes, mais le geste ne fut même pas nécessaire. L’une après l’autre, les deux cylindrées freinèrent dans la caillasse, et leurs propriétaires mirent pied à terre. La première personne à s’avancer fut une jeune femme que Denzel Cage ne pouvait que qualifier d’extrêmement agréable à regarder. Et il s’y connaissait lorsqu’il s’agissait de regarder les femmes. Il avait des années de pratique. Il faut dire aussi que la nouvelle venue ne cachait pas son jeu, ce qui facilitait d’autant plus les regards appréciateurs. En apercevant les motos, Denzel s’était plus ou moins attendu à voir débarquer un gros hellrider avec moustache, bandana et tatouage en option comme il en avait tant croisé pendant son voyage à travers les USA. Il était donc très agréable de se faire secourir par une belle jeune femme.

Elle n’était pas seule. A sa suite, une autre femme ainsi qu’un jeune homme vinrent à sa rencontre. Denzel, par pure déformation professionnelle, les classa d’office dans le rôle des sidekicks avec un rôle de relief comique pour le type. Qui le reconnut aussitôt avant que Denzel n’ait la moindre chance d’articuler un seul mot. Habitué à de pareilles démonstrations, même si cela faisait maintenant un certain temps qu’il n’y avait pas eu droit, Denzel ne sourcilla pas. Il faut croire que les cheveux plus longs et la barbe de trois jours (qui en avait pour le moment au moins cinq) ne suffisaient pas à lui garantir l’anonymat. Il aurait également préféré que ce soient les jeunes femmes qui le reconnaissent, et se demanda s’il allait devoir signer un caillou pour tempérer l’enthousiasme de leur comparse. Qui fut promptement réduit au silence par celle qui avait aussitôt attiré l’attention de Denzel. Dans la foulée, il eut également droit aux présentations. Caliban, hein ? Un drôle de nom. Ou, en tout cas, un nom que Cage n’avait pas entendu souvent. Il ne fut pas étonné de ne pas la reconnaître quand le dénommé Tom mentionna qu’elle avait été actrice. Denzel ne se souvenait déjà pas de toutes les filles avec qui il avait tourné, il n’allait pas non plus regarder les films des autres. Les acteurs étaient déjà assez pénibles comme ça. Il n’allait pas s’amuser à y accorder plus d’attention que nécessaire. Ce qui était certain, c’était qu’il se dégageait de Caliban quelque chose que l’acteur n’arrivait pas à décrire. Mettant de côté la sensation étrange pour le moment, il sourit avec éclat à ses sauveurs, relevant ses lunettes de soleil :


« Vous m’avez repéré. Mais je ne… tourne plus. Pas ces temps-ci. Disons que je suis aussi en plein road-trip. »


Même s’il ne savait pas vraiment où aller. Ni ce qui l’attendait au bout du voyage. Mais il n’avait pas très envie de raconter sa vie au milieu des rochers, surtout la partie où il était un mutant. Ce n’était jamais conseillé de dévoiler ce genre de détails à n’importe qui. Les gens normaux avaient souvent tendance à mal réagir. Et comme il y avait assez de cailloux dans le coin pour procéder à l’intifada d’un quartier entier, Cage jugea plus prudent de rester évasif sur la raison de sa présence ici.

« C’est sympa de vous être arrêtés. J’ai eu… un problème avec la camelote qu’on ma refourgué. » Il jeta un regard noir à ce qui avait dû être un vélo il y a bien longtemps –disons quand on avait inventé le vélo- et reporta à nouveau son attention sur Caliban :

« Ca fait deux heures que je cuis en plein soleil, je meurs de soif et je ne saurais comment vous remercier si vous aviez la gentillesse de me déposer au passage quelque part où il y a de la civilisation. S’il vous plaît. »

Autant y aller franco : ces gens voyaient bien qu’il avait besoin d’un bon coup de main. Et puis, ils avaient l’air plutôt sympathique. Pas du genre à laisser mariner un pauvre gus en plein désert sous le soleil. Du moins l’acteur l’espérait très fort.

« Ce qui est certain, c’est que je suis bien content de vous voir. Au fait, vous pouvez m’appeler Dee. Et si vous pouviez demander à votre ami d’arrêter de gesticuler ce que je crois être des scènes d’action dans le vide. Je suis flatté, mais c’est un peu gênant...»

Denzel sourit à nouveau. Il était fatigué, il crevait de soif, il avait chaud et il espérait vraiment que ces gens allaient pouvoir le dépanner de quelques kilomètres. Il en avait plus que marre, des cailloux. Et puis, il était curieux d’en apprendre plus au sujet de Caliban. Il n’avait peut-être pas emporté de boussole, mais ce n’était certainement pas ce qui allait empêcher Denzel Cage de perdre le nord !

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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Sam 11 Juil - 19:30

Les trois aventuriers écoutèrent le récit de l'acteur en vacances, et comprirent dans quelle fâcheuse situation celui ci s'était fourré. Tous trois pensaient à peu près la même chose à savoir que ce n'était pas très malin d'être allé se paumer dans les Badlands sans eau, nourriture, et surtout téléphone. Mais la providence avaient placé Denzel sur la route de nos trois compagnons, à qui il devrait une fière chandelle.
"En fait on se rend jusqu'à Rapid City aujourd'hui, c'est à un peu plus d'une heure de route d'ici."
Amy qui était partie chercher une bouteille d'eau pour abreuver le "sans véhicule opérationnel", elle revint vers le groupe et la lui tendit gracieusement.
Comme d'habitude, Tom se tourna vers Caliban. Depuis le début de leur périple, il semblait à la néo-zélandaise qu'il la considérait un peu trop comme la chef du groupe alors qu'elle n'aimait pas trop de devoir prendre seule des décisions de groupes. Au fil du temps elle s'y était accommodé mais ça la gênait toujours un peu de devoir toujours trancher pour trois.

"Et bien... Nous n'allons pas vous laisser à votre sort, Dee, ce serait désobligeant de notre part."

C'était donc dit, le petit trio emmènerait donc l'acteur avec eux. Concernant Caliban, elle était vraiment intriguée de savoir pourquoi cet homme s'était retrouvé là, en plein désert, seul et tout ça... Apparemment il avait les moyens de se déplacer avec un véhicule et toute une escouade de gens à son service, alors ça lui semblait bizarre cette histoire. Mais c'était dans sa nature d'être un peu méfiante, et très vite elle passa au delà de ses propres réflexions pour revenir au problème du moment: aider le monsieur à rallier la civilisation.

L'équipée presque sauvage retourna donc vers les motocyclettes et très vite, une évidence apparût à l'esprit de Caliban. Dee devrait monter avec elle. Elle avait en effet senti qu'il avait une certaine réticence avec son plus grand fan, j'ai nommé Tom, et le faire embarquer avec ce dernier serait malvenu, Tom étant capable de l'embêter pendant tout le trajet. Alors elle devait le prendre en selle avec elle sur sa Harley Davidson, pas d'autre alternative.
La réflexion faite, elle se tourna vers l'acteur et lui lança un rien rudement son casque, abordant alors un sourire en coin.

"Vous montez avec moi, Dee."
Tom entendit, et donna une petite tape à l'épaule de son idole.
"Accrochez-vous, elle roule très vite!"
Caliban retint un rire, Tom avait dit vrai et sa conduite était effectivement des plus sportives. Sa première transamerica lui avait donné un certain goût du risque et de l'adrénaline. Aussi les virages genou près du macadam et freinages sur la gomme étaient monnaie courante avec cette pilote chevronnée. D'ailleurs ce n'était pas pour rien qu'Amy préférait embarquer avec Tom, elle avait eu peur quand elle s'était essayée à monter avec la néo-zélandaise.

Avant que Dee n'embarque, elle lui confia aussi la sacoche contenant sa basse, elle n'aimait pas la confier à quelqu'un d'autre mais ce serait plus pratique pour qu'il puisse se tenir à elle convenablement.
"Partez devant, on vous rattrapera facilement."
"OK. A tout de suite alors!"
Tom et Amy, déjà en selle, eurent vite fait de démarrer le roadster et de reprendre la route. Tandis que Caliban démarrait sa Cross Bones, elle intima un dernier commandement à son passager.
"Attention à où vous mettez vos mains... Je risque de ne plus conduire très droit sinon."
Prononcée comme une vanne entre deux vieux amis, cette dernière réplique mettrait au moins Dee au parfum en ce qui concernait sa pilote. Caliban était plutôt délurée comme fille, ça se voit déjà par l'habit mais d'autant plus par son caractère très vif d'esprit.

Un dérapage dans le sable plus tard et la moto se mettait en route sur la piste. Dès le début la jeune fille mit les gaz pour rattraper Tom qui, comme elle s'y attendait, avait fait ce qu'elle considérait comme du sur-place. L'autre tandem fût doublé dans une pointe à plus de 160 kilomètres à l'heure, ce qui ne manqua pas de faire rire Caliban tandis qu'elle voyait Tom faire des signes dans son rétroviseur. Lui qui avait dit qu'ils étaient à plus d'une heure de Rapid City, mais Caliban avait bien l'intention de faire honneur au nom de cette ville et d'y arriver en moins de temps que ça. Denzel avait intérêt à bien s'accrocher si il ne voulait pas finir l'arrière-train par terre !
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Denzel Cage
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mar 14 Juil - 17:50

Denzel accepta avec gratitude la bouteille d’eau qu’Amy lui offrit. Enfin, peut-être avec plus d’empressement que d’habitude. On avait très vite tendance à oublier les bonnes manières quand on se retrouvait en face d’eau après des heures passées dans le désert et la poussière. L’acteur vida pratiquement la bouteille d’une traite, comme s’il avait peur qu’un petit lutin des sables sorte de sous un caillou pour venir lui piquer sa boisson. Le récipient rapidement vidé, il s’essuya élégamment la bouche de son avant-bras, et prit cette fois-ci le temps de remercier la jeune femme :

« Merci, vraiment. On a beau être habitué à un scotch bien tassé, rien ne vaut de l’eau quand on crève de soif. »

Denzel sourit, et jeta un œil sur les deux autres. Son nouveau plus grand fan sembla discrètement sollicité l’avis de Caliban. C’était donc elle qui décidait dans leur petit groupe. Ou vers qui, du moins, on se tournait lorsqu’on avait besoins d’un avis sur la marche à suivre. Caliban elle-même avait l’air un peu empruntée à l’idée de jouer ce rôle, mais elle montrait aussi qu’elle avait su s’y habituer. Elle n’avait pas l’air d’une femme à rechercher les responsabilités, mais elle n’était sûrement pas du genre à les fuir non plus. C’est avec soulagement que Denzel l’entendit dire qu’ils allaient l’emmener. Il n’en avait pas vraiment douté, mais c’était toujours agréable d’en avoir la confirmation. Même s’il devait avoir l’air un peu cinglé, à faire des balades en bicyclette dans le désert et à perdre toutes ses affaires. Mais les acteurs célèbres étaient reconnus pour leur excentricité, n’est-ce pas ? Cela faisait même partie du boulot. Après tout, un acteur parfaitement normal n’avait pas beaucoup de chance de percer à Hollywood ou ailleurs. Ca faisait comme qui dirait partie du contrat.

« Ca c’est gentil à vous ! Je… »


Denzel s’interrompit, se retrouvant soudain avec un casque entre les mains. Il fut ravi de voir que ses réflexes n’avaient pas diminuer. Et plus ravi encore de savoir qu’il allait monter avec la séduisante Caliban. Il y avait quantité de manières bien plus désagréable de se sortir d’une situation périlleuse que celle qui consistait à se faire secourir par une femme pareille. Il ne s’inquiéta pas vraiment lorsque Tom mentionna que la demoiselle aimait la vitesse, et il sauta agilement derrière elle une fois qu’elle se fut installée aux commandes. Cage se coiffa cérémonieusement du casque qu’elle lui avait confié, et passa poliment mais fermement ses bras autour de la taille de la jeune femme :

« Mes mains ne vous causeront pas de problèmes. Jamais quand quelqu’un conduit, du moins. »

Denzel se sentait parfaitement à l’aise avec sa sauveuse. Il était toujours agréable de tomber sur une fille qui ne voyait pas en lui la star adulée. Il y a quelques temps, il aurait sûrement été vexé, mais sa déchéance forcée lui avait appris à relativiser. A se rappeler de sa jeunesse difficile, avant de devenir l’acteur à succès de films d’action. Quand il était simplement Denzel. Mis à par Tom, les autres avaient l’air de le considérer comme la première personne venue, ce qui était reposant. Il avait passé sa vie à la chercher, mais maintenant Denzel essayait de ne plus trop attirer l’attention. Tout ce qu’il demandait, c’était qu’un lendemain succède à aujourd’hui. Et éventuellement un verre de jus d’orange frais au petit-déjeuner. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus eu de jus d’orange frais. Il n’y en avait plus qui attendait dans sa loge. Il n’avait plus de loge. Et Caliban roulait quand même drôlement vite. Denzel n’était pas particulièrement effrayé pour autant : il pouvait sentir qu’elle maîtrisait parfaitement son véhicule. Et il avait effectué assez de cascades dangereuses lui-même pour garder son sang-froid, même quand son casque donnait l’impression de vouloir embrasser les cailloux dans un virage. Caliban n’avait en tout cas pas peur du risque. Denzel se demanda brièvement de quoi quelqu’un comme Caliban pouvait bien avoir peur.

Et puis il y eut l’éboulement. Toute désertique qu’elle était, cette partie sauvage du Dakota n’était pas plate. Ici et là, le sol se surélevait et la roche en jaillissait comme autant de montagnes miniatures aux arrêtes tranchantes. Des tas de pierres qui ressemblaient vaguement à des falaises qui auraient été malades et qui, n’ayant pas obtenu de mot d’excuse, étaient obligées de venir au boulot décoraient la région. Suivant où, la route semblait ‘engouffrer dans un canyon l’espace de quelques dizaines de mètres. Peut-être était-ce les vibrations d’une moto lancée à toute vitesse, peut-être était-ce le destin… Toujours est-il que la causalité narrative –qui n’avait besoin d’aucune raison pour se déclencher quand des personnages roulaient à fond la caisse dans l’ébauche d’un canyon- se mit en branle. Ainsi que plusieurs kilos de rochers et de cailloux qui dévalèrent la pente à l’instant où sauveteuse et rescapé passaient en-dessous. Les réflexes de Caliban furent précis et admirables. Mais ils ne pouvaient pas faire grand-chose contre le paysage quand celui-ci décidait subitement qu’il avait envie d’un peu d’action. Avant même de le voir, Denzel avait senti le danger, des picotements désormais familiers lui hérissant la nuque. Une vie était en danger. En l’occurrence, la sienne aussi, mais ça ne semblait pas intervenir dans la manifestation de son don, à son grand désespoir. Il avait un jour courut cent mètres en une seconde pour sauver un lapin piégé sur une voie ferrée, mais il n’était toujours pas fichu d’éviter de tomber dans les escaliers. Mais il n’était pas seul, et ses gênes se mirent aussitôt en action. Il sentit sa peau le démanger, et en une fraction de seconde, ce fut comme si la réalité éternuait : vêtements, peau, chair, os et métal semblèrent se décomposer les uns après les autres en un instant. Moto et passagers disparurent pour se retrouver téléportés une dizaine de mètres plus loin sur la route, dans le processus inverse : muscles, organes et peau recouvrirent instantanément les squelettes, puis les vêtements réapparurent presque aussi vite tandis que le véhicule retrouvait sa carlingue. A vrai dire, ces détails avaient été presque impossible à discerner tellement le tout s’était produit rapidement. Mais Denzel commençait presque à en avoir l’habitude. Presque. Même pour moins d’une seconde, il était toujours désagréable de sentir ses cellules se décomposer pour réapparaître dix mètres plus loin.

Caliban sembla réussir à garder le contrôle des commandes, et Denzel pria pour qu’elle continue ainsi. Etre téléporté sans prévenir pouvait rendre les gens distraits, surtout lorsqu’ils faisaient quelque chose qui demandait une certaine concentration, comme faire un barbecue sans trop griller l’intérieur des hamburgers ou, disons, conduire au milieu d’une avalanche de rochers. Denzel comprenait aussi, même si ça lui paraissait secondaire après sa survie, qu’il s’était irrémédiablement compromis. Le mot « mutant » aurait aussi bien pu se mettre à clignoter en lettres géantes sur son front. Denzel continua de s’accrocher fermement à Caliban, en espérant qu’elle et ses amis ne lui tiendraient pas rigueur d’avoir caché sa condition. Et qu’elle n’allait pas les tuer en finissant dans le décor.

Il avait vraiment, vraiment besoin d’un jus d’oranges.


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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 17 Juil - 16:25

Visiblement, Tom n'avait pas trop aimé se faire dépasser de la sorte par son amie. Il avait à son tour mis les gaz, chose assez inhabituelle pour être précisée car au mieux de sa conduite il ne franchissait que rarement les 90 kilomètres à l'heure. Sans doute motivé par le fait qu'il y avait un acteur de renom et qu'il adorait sur l'autre moto, il décida de faire comme Caliban et de jouer les casse-cous sur deux roues.

De son côté Caliban n'avait pas cessé de tracer comme une dératée, prenant tous les virages en épingle et la Harley dangereusement penchée près du sol. Le fait d'avoir embarqué un passager ne semblait pas la gêner pour effectuer un tel rodéo. Toutefois la piste devint étroite à l'approche d'une falaise abrupte qui se dressait au bord même de la route. Trop se pencher dans cette route revenait à se cogner la tête contre la paroi alors la pilote chevronnée calma sa conduite. Enfin, calmer est un bien grand mot pour dire qu'il abaissa sa vitesse de 10 kilomètres à l'heure.

C'est alors que la jeune femme repéra l'éboulement qui allait avoir lieu, les premiers cailloux tombant déjà sur le macadam à quelques mètres devant la moto. Poussée par l'adrénaline et surtout pour qu'ils soient pris dans la chute de pierres, Caliban remit les gaz à fond tout en slalomant entre les premiers débris au sol. Heureusement qu'elle avait déjà vécu une situation similaire, c'était au Nouveau-Mexique un an et demi plus tôt. Elle savait à peu près quoi faire pour éviter le pire mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à Tom et Amy qui suivaient derrière. Ils étaient trop loin pour se prendre la petite avalanche de caillasse sur la tête mais à coup sûr la route serait difficilement praticable au moment où ils passeraient là.

Soudain un gros bloc de pierre se détacha de la falaise et entama une belle chute, à quelques 150 mètres devant la Harley Davidson. Il était trop tard pour freiner et la vitesse serait probablement insuffisante pour passer avant la chute du rocher. Ni une ni deux, la néo-zélandaise accéléra encore sans être sûre qu'ils passeraient en un seul morceau. Cette situation était assez représentative de la personnalité de la jeune femme: ça passe ou ça casse. Mais là à son avis ça devrait passer... En théorie.

Et tout à coup, une sensation bizarre passa dans le corps de Caliban. Sans qu'elle sache comment ni pourquoi, elle eut l'impression d'avoir fait un bond dans le temps ou l'espace. Elle tourna la tête en arrière et vit le rocher, celui là même qui était encore loin devant elle, s'écraser 50 mètres derrière la moto. C'était proprement incompréhensible, elle n'avait pas senti la moto accélérer brusquement ni rien, et le rocher ne lui avait pas parût dévier sa trajectoire en arrière. C'était à n'y rien comprendre...

En tout cas, ce qui était sûr était que la route était maintenant bien coupée et que Tom et Amy allaient se retrouver bloqués. Sans prévenir Denzel, Caliban braqua et mis la cross-bones dans un axe perpendiculaire à la route qui partait en ligne droite. Puis elle planta le talon de sa botte gauche au sol en même temps qu'elle penchait l'engin en arrière. Cela produit un long dérapage sur plus de 60 mètres avant que l'engin à deux roues ne se stoppe complêtement. Sans prendre le temps d'admirer les traînées laissées par les pneus et sa semelle, Caliban remit la moto en route dans la direction de l'éboulement. Elle n'adressa pas un mot à Dee car sur le moment elle n'avait en tête que ses deux amis. elle espérait qu'il n'avaient pas été pris dans l'éboulement même si cela semblait peu probable.

Par chance Tom n'avait pas suffisament accéléré pour être pris dans la chute de pierres. Quand Caliban et Denzel arrivèrent à l'endroit où la route était coupée, la pilote vit ses deux amis de l'autre côté du monticule de pierres, apparement ils n'avaient pas l'air blessés. Tout de suite, Caliban descendit de selle et grimpa un peu sur le tas pour avoir Tom et Amy dans son champ de vision.

"Rien de cassé?"
"Non non ça va. On a cru un moment que vous étiez là-dessous."
"Non, ça aurait pu mais il s'est passé un truc bizarre..."
"Un truc bizarre?"
"Ouais. On en parlera plus tard, pour le moment il vous faut trouver un autre itinéraire. Tu as regardé le GPS?"
"Oui, il nous faut revenir une douzaine de bornes en arrière pour prendre un embranchement qui nous ramènera sur la route 90 au niveau de la rivière Cheyenne."
"Bon..."
Caliban jeta un regard en direction de Denzel. Son périple solitaire dans le désert avait l'air de l'avoir fatigué malgré ce qu'il laissait paraître, et elle imaginait qu'il lui tardait pas mal de retourner à la civilisation. A vrai dire c'était aussi son cas, elle avait chaud et faim et ne demandait qu'une bonne douche bien fraîche pour se revigorer.
"On vous attend à l'entrée de Rapid City. Ne traînez pas trop."
"On fait au mieux. A toute à l'heure et soit prudente."
"C'est ça..."
Voila une chose qui agaçait beaucoup Caliban, c'est qu'on lui répète sans cesse d'être prudente ou de faire attention, cela à cause du fait qu'elle est une fille qui a l'air fragile. Sauf qu'elle ne l'était pas, et à la longue s'entendre répéter ce genre de phrases sans arrêt devenait vraiment pénible. Elle descendit du monticule et retrouva Denzel, auquel elle dit avec un sourire un rien désolé.
"Je crois qu'on arrivera en ville plus tard que prévu."
La néo-zélandaise allait remonter sur sa selle quand elle sentit que son nez coulait. Elle sortit un mouchoir de papier de sa poche pour s'essuyer et remarqua alors que c'était du sang qui coulait de sa narine gauche.
"C'est le moment pour ça, vraiment..."
Son hémophilie n'avait pas choisi le meilleur jour pour se manifester. Caliban s'appuya les fesses contre sa moto et plaqua le mouchoir contre son nez pour arrêter l'hémorragie plus rapidement. Elle profita de ce temps pour reparler à Denzel, à propos de ce qui s'était passé, précisément à l'endroit où ils se trouvaient à l'instant même.
"Vous avez vu ça, tout à l'heure? J'ai eu l'impression de faire un bond dans le temps, c'était très étrange..."
Elle n'allait pas commencer à se lancer dans des tentatives d'explications de ce qu'elle avait vu, car de toute évidence elle ne voyait aucune explication rationnelle à cette impression qu'elle était pourtant sûre d'avoir ressentie. Si, une, peut-être était-ce la faute de ses pilules de codéine qui la shootait au point qu'elle avait des moments d'absences, mais si c'était le cas, elle devrait arrêter ce traitement sur le champ, au moins le temps où elle conduisait.

Attendant l'avis de Dee, Caliban le regarda par en bas, ses yeux plissés à cause du soleil qui lui arrivait droit dans la figure. A bien y réfléchir c'était depuis leur rencontre qu'il n'arrivait que des malheurs, mais ce serait malheureux de dire que Denzel portait le mauvais oeil à toute la bande. Mais pour des coïncidences ça commençait à faire beaucoup en une seule journée, ça il fallait l'admettre. Pourtant pour la jeune femme il était clair que ce n'était pas de la faute de l'acteur, simplement du hasard qui s'acharnait beaucoup aujourd'hui, et ce sur tout le monde.

Caliban reprit la conversation en orientant tout de même ses questions sur le sujet.

"Vous portez tout le temps malheur aux gens comme ça, où c'est juste avec moi que ça vous arrive?"
Bien sûr elle n'était pas sérieuse, son sourire plutôt amusé démentait d'ailleurs tout signe d'accusation infondée. En fait cela l'amusait plus qu'autre chose cette série noire, et puis ça avait permis qu'ils se rencontrent. Les rencontres sont le fruit de la providence et Caliban le savait mieux que quiconque après ses nombreux voyages. Et qui plus est, les meilleures rencontres sont celles dûes au hasard. Ce qui signifiait que Denzel était sans doute une bonne rencontre pour la jeune fille. Mais ça il faudrait le confirmer ou l'infirmer dans le temps qu'il leur serait donné de se cotôyer.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Lun 20 Juil - 16:30

Non, Denzel ne portait pas malheur. Il était surtout persuadé que le malheur c’était les autres êtres humains, avec leur manie quasi-pathologique de se fourrer dans ses situations infernales, qui le lui causait. Il avait beau faire tout son possible pour éviter les ennuis, faire profil bas et ne pas se mêler des affaires d’autrui, il finissait toujours par se retrouver pris dans leurs histoires. Depuis que son pouvoir s’était manifesté à Londres ce jour où il avait plongé dans la Tamise pour sauver une vie, le destin semblait prendre un malin plaisir à lui faire vivre les situations les plus rocambolesques et dangereuses possibles. Sans être un mauvais bougre, Denzel n’avait jamais été particulièrement altruiste. Il n’avait pas pu profiter de sa jeunesse, franchement démunie, et il avait tout fait pour profiter de ce que sa carrière lui avait apporté. Il avait décidé de vivre pour lui, et s’il n’avait jamais fait de tort à autrui, il ne s’en était pas non plus préoccupé. Le reste du monde était devenu le décor du film de sa vie, et il s’était habitué à jouir du premier rôle. Et voilà qu’il se retrouvait précipité dans la vie d’autrui malgré, une vie sur laquelle il jouait alors un rôle prépondérant. Principalement en évitant qu’elle ne se termine noyée au fond d’une rivière, écrasée sous des rochers ou, lors d’un cas particulièrement étrange, étouffée avec une chauve-souris.

Bon, tout bien considéré, avoir le pouvoir de sauver des vies, ce n’était pas la plus grande tare dont pouvait souffrir un homme. Mais ça pouvait devenir un tantinet enquiquinant lorsque cela vous empêchait de vivre correctement la sienne. Denzel n’osait plus traverser une rue fréquentée de peur de devoir une fois de plus se donner en spectacle parce qu’un imbécile ne maîtrisait pas son volant. Et toutes les personnes qu’il avait sauvées ne s’étaient pas montrées aussi reconnaissantes qu’on aurait pu le penser. Il y avait quelque chose, quand elles comprenaient qu’il était un mutant, qui les poussait aussitôt à s’éloigner de leur sauveur. Bien sûr, dans le lot, il y avait des exceptions, comme le propriétaire du restaurant où Denzel avait travaillé quelques mois au Mexique ; des gens qui l’avaient aidé et qui n’avait pas vu en lui une aberration. Mais dans l’ensemble, l’acteur avait vite compris qu’il valait mieux éviter de se faire remarquer. Que l’anonymat qu’il avait fui tant de glorieuses années était désormais synonyme de sécurité. Et puis, il y avait le fait que Denzel n’assumait pas totalement son pouvoir. Comme la plupart des mutants, il avait de la peine à vivre avec sa différence, mais c’était surtout le manque de contrôle sur son habilité qui lui faisait peur. Et les dilemmes que la possession d’une telle faculté ne manquait pas de causer au plus profond de lui-même. Il possédait un don, celui de protéger la vie, et il ne l’assumait pas. Il avait vu la sienne bouleversée, et il avait peur de devoir admettre qu’il n’avait pas envie de l’utiliser. Mais comme aujourd’hui, il n’avait pas vraiment le choix…

A son grand étonnement, ni Caliban, ni les deux autres qui les avaient suivis sur la route ne semblaient avoir saisi ce qu’il s’était réellement passé. Tom et Amy n’avaient sans doute rien pu remarquer à cause de l’éboulement leur bouchant la vue, mais il était étonnant que Caliban sembla y accorder aussi peu d’importance. Elle avait tout de même disparu pour réapparaître cinquante mètres plus loin. Denzel en resta un peu hagard, debout sur le côté de la route, tandis que les trois autres décidaient de la marche à suivre. Les deux amis de Caliban convinrent du point de rendez-vous et ne tardèrent pas à enfourcher leur moto, qui rugit dans le silence du désert avant de rapidement disparaître de leur vue derrière les rochers après un virage bien maîtrisé. Curieusement, Caliban semblait ne pas vouloir repartir tout de suite, et Denzel fut presque soulagé de l’entendre dire qu’elle avait effectivement ressenti qu’il s’était passé quelque chose d’étrange. Il n’aurait pas trop su dire pourquoi, mais Denzel aurait presque été déçu si elle n’en avait pas fait mention. Quelque part, il avait envie de partager cette expérience. Il était fatigué de bouger sans jamais s’arrêter, sans jamais révéler tout ce qu’il était devenu, et Caliban inspirait la franchise.

« Plutôt dans l’espace, en fait. » répondit Cage en poussant un petit caillou du pied. « Comme une téléportation. D’un endroit à un autre. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, et ça ne va jamais très loin. Je sais pas vraiment comment ça marche. »

En fait, il n’en avait aucune idée. Il n’eut cependant pas le temps d’approfondir, et vit avec inquiétude Caliban s’empresser d’endiguer un saignement de nez impromptu. Denzel se sentit aussitôt mal à l’aise : après tout, comme il ne savait absolument pas comment marchait son pouvoir, peut-être que ce dernier provoquait des effets secondaires. Il ne se souvenait pas en avoir souffert, pas plus que les autres personnes qui en avaient bénéficié, mais il n’était jamais resté très longtemps avec elles après l’acte. Peut-être que Caliban était différente, que ça pouvait lui faire du mal. Ou peut-être que le saignement n’avait aucun rapport avec Denzel. Peut-être… Il y avait beaucoup de peut-être, et au moins tout autant de réponses. Denzel se demanda s’il devait questionner Caliban sur l’incident. Elle avait l’air plutôt fier, et il ne savait pas si s’enquérir de sa santé l’agacerait plus qu’autre chose.

« Désolé pour l’éboulement. » finit-il par dire. « Peut-être qu’il n’aurait pas eu lieu si vous ne vous étiez pas arrêté pour moi. Mais c’est plus fort que moi, dès que quelqu’un est en danger, je me téléporte à son secours. Ou je m’envole. Je sais faire fuir les chauves-souris, aussi. Visiblement, je peux faire plein de trucs, même si je sais pas trop comment. Ca marche que quand quelqu'un est en danger, pour ce que j'en sais.»

Et voilà, il l’avait dit. Il ne savait pas trop pour quelle raison, mais il avait été franc.

« Ca va aller ? Votre nez ?» ne put-il s’empêcher de demander, l’air vaguement gêné sans trop savoir pourquoi.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mar 21 Juil - 20:09

Dee apporta des explications nouvelles quant à cette impression d'avoir sauté en avant dans le temps. Alors elle n'avait donc pas halluciné! Se félicitant de n'être pas encore devenue cinglée avec toutes les bizarreries qu'elle avait vu, Caliban écouta avec attention les explications de son compagnon d'infortune... Avant de tirer ses propres conclusions.
Cet homme devait être un mutant. En fait c'était la seule explication rationnelle qui explique ce que lui-même expliquait. Un homme ne peut pas déplacer une moto et ses deux riders sur 50 mètres comme ça, impossible à part si il s'agit d'un personnage de forum de science-fiction, ou bien s'il s'agit d'un mutant. Et la jeune femme était sûre de ne pas être l'héroïne d'un jeu bizarre, non c'était bien la réalité.
(si elle savait Razz )

Par contre elle avait du mal à saisir la nature du pouvoir de Denzel. Peut-être que ses capacités physiques étaient décuplées dans certains moments de danger, mais Caliban s'avouait facilement qu'elle n'était pas docteur ès mutations, déjà que la sienne lui paraissaient peu évidente à discerner...

En tout cas la jeune fille ne prit pas la nouvelle de façon très démonstrative. Elle ne sauta pas partout de joie d'avoir trouvé un semblable, ne cria pas non-plus sa peur car elle n'en avait pas une once, elle n'eut même pas une mine ébahie ou étonnée après ces déclarations qui en auraient surpris plus d'un. C'était normal quand on savait qu'elle voyageait avec deux mutants avoués et qu'elle même en était une, même si elle avait toujours des doutes à ce sujet. Elle continuait à voir son pouvoir comme la maladie qu'elle portait depuis si longtemps, ce qui n'aidait pas à considérer la chose comme un cadeau du ciel, surtout vu la nature de ce pouvoir qui la mettrait dans la tombe avant qu'elle n'ait pu sauver des vies comme le faisait Dee.

"Etonnant. Enfin, non, pas tant que ça."
Commenta la néo-zélandaise après les explications de son sauveur. Son visage demeurait presque impassible et ne trahissait effectivement aucun étonnement. Ce qui n'avait rien d'étonnant pour peu qu'on connaisse un peu Caliban et son air d'être à "deux de tension" tout le temps. Merci les antalgiques opiacés.
Alors qu'elle vérifia si son saignement commençait à s'arrêter, ce qui n'était pas encore tout à fait le cas, elle reprit la parole.

"Confidence pour confidence... Tom et Amy sont des mutants. Aux dernières nouvelles, j'en suis une aussi."
Oui Caliban semblait très peu convaincue en ce qui la concernait. Comment voir un pouvoir que d'aucun qualifieraient de "saint", dans une maladie qui lui bouffait la chair, enfin surtout les os précisément, et qui la tuait à petit feu? Pour elle, cela n'avait rien d'une mutation comme celles de Tom qui sait soigner les gens, d'Amy qui fait de la lecture de pensées, ou même de Dee qui peut secourir des gens dans des situations dangereuses. Son don c'était rien de plus qu'une tare, ou alors il faudrait qu'on lui explique où était le "pouvoir" dans le fait de se faire pétrifier par une ostéogenèse dégénérescente imparfaite.

Donc non Caliban ne se considérait pas comme une mutante pour la partie "don du ciel". Par contre, il était indéniable qu'elle se sentait proche de la mutanité, c'est à dire de la catégorie de personnes les plus opprimés de tous les habitants de la Terre. Jamais elle n'avait pu tolérer l'injustice ou le manque de discernement, et ce véritable génocide qui se déroulait autour d'elle, dans la vie de tous les jours, la révulsait totalement. Elle avait fréquenté suffisamment longtemps Amy et Tom pour savoir que les mutants n'avaient rien de bien différents des humains, et que la haine de ces derniers n'avait aucune justification valable. Et puis elle avait été élevée dans une famille très ouverte, dans un peuple très ouvert. Les maoris de sa famille ont toujours été attentifs aux signes donnés par la mère nature, et pour eux les mutants étaient aussi bienvenue sur Terre que le commun des mortels. Caliban n'avait jamais connu cette haine avant de voyager à travers l'Amérique, et côtoyer une paire de mutants n'avait rien de bien différent que de traîner avec des humains.

Pour revenir à Denzel, Caliban n'avait donc pas eu de réactions extravagantes pour manifester ce qu'elle éprouvait. Elle se contenta du strict minimum en sachant très bien qu'ils auraient probablement tout le temps de discuter à ce sujet plus tard. De plus son hémorragie était maintenant presque stoppée.

"Bienvenue au club."
Dit-elle avec un très mince sourire, avant d'aller se pencher près du rétroviseur de la moto pour vérifier qu'elle n'avait plus de saignement. Ayant tourné le dos à Dee, l'ex pornstar lui offrit une vue de premier choix sur sa mini-jupe sans même s'en rendre compte.
"Mon nez ça va. Je suis hémophile, alors il arrive que je saigne sans raison. Le nature ne m'a pas beaucoup gâtée, entre ça et mon "pouvoir"..."
Il était facile de sentir l'ironie dans le ton de Caliban lorsque prononça le mot "pouvoir", comme si c'était un véritable cadeau empoisonné. C'était le cas dans le fond. Et pour ce qui est d'avoir était peu gâtée par la nature, Dee aurait sans doute un avis contraire, mais les apparences sont tellement trompeuses parfois...

Après tout cela, la jeune fille était prête à reprendre le guidon et elle invita donc son passager à reprendre place à l'arrière de la selle de la Harley Davidson. Quelques vrombissements plus tard et le véhicule repartit à toute allure sur la piste sablonneuse en direction de Rapid City.

Alors que le véhicule se mouvait déjà à une vitesse des plus honorables, Caliban finit de parler. Ca peut paraître étrange et pourtant, même sur une moto filant à plus de 140 kilomètres à l'heure, il est possible de se parler entre pilote et passager. Il suffit d'être à la même vitesse pour entendre ce que l'autre dit en fait. Mais il faut parler fort.

"Merci pour votre franchise."
Ajouta t-elle, en guise de mot de la fin pour conclure ce premier dialogue attrayant aux mutations. Par la suite il était probable qu'ils reprennent une conversation de ce type en compagnie de Tom et Amy, le sujet n'était donc peut-être pas tout à fait clos...

*
**


Après une demi-heure de chevauchée sur la moto, Caliban et Denzel arrivèrent aux portes de Rapid City, aussi en avance que la pilote l'avait voulu. Tout comme elle s'y attendait, l'autre tandem n'était pas encore arrivé, aussi elle se stationna sur le bord de la route non-loin du panneau indiquant la localité. Non-loin il y avait un petit snack-bar.
Après avoir mis la moto sur béquille, la jeune fille descendit de selle et fit quelques pas pour se dégourdir les jambes, c'est là qu'elle remarqua l'échoppe. Elle la montra du doigt à son compagnon d'infortune.

"Quand Amy et Tom seront arrivés, on vous paiera un pot, si vous voulez bien."
Sauf qu'ils étaient pas encore là, les deux retardataires. Cette manie de rouler comme un escargot rendait Tom ridicule...
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Jeu 23 Juil - 21:17

La vie était décidemment pleine de surprises. On se levait le matin en n’attendant rien de plus de sa journée qu’elle soit suivie d’une autre et, sans rien demander à personne, voila qu’on se retrouvait plongé en plein dans l’inattendu. Quand Denzel était au sommet de sa gloire, l’inattendu se résumait généralement à une jolie paire de jambes et une coupe de champagne. La surprise ne perdait jamais de son éclat : après tout, il n’y avait pas deux paires de jambes identiques. Denzel en avait contemplé bien assez de près pour le certifier. Malgré tout, la vie d’acteur l’avait précipité dans une routine sécuritaire et confortable à laquelle il s’était vite habitué. Il était sûr d’avoir un lendemain, et ça le contentait à merveille. Il avait tout le loisir de réfléchir à autre chose que sa place dans l’univers, le pourquoi du comment et toutes ces questions existentielles. Il préférait ouvrir une bonne bouteille de scotch et apprendre son texte (qui ne brillait pas souvent concernant les questions existentielles lui non plus). Denzel avait oublié ce qu’étaient les surprises que la vie semait parfois sur son chemin.

Puis, on le sait, tout changea du jour au lendemain, sans prévenir. Les surprises déboulèrent les unes après les autres, grillant tous les feux rouges au passage avant de venir se caramboler sur le périphérique Cage. Depuis, il avait l’impression d’avancer comme une auto-tamponneuse dont on aurait perdu tout contrôle, rebondissant d’un évènement à un autre. On lui aurait proposé un scénario pareil, il aurait bien rigolé avant d’envoyer son agent voir ailleurs. Mais il s’habituait au fait de ne plus avoir le choix. Il se laissait guider par une sorte d’instinct qui le poussait à se déplacer, comme s’il fuyait quelque chose. Quelque chose qu’il ne pouvait finalement qu’emporter partout avec lui. Même au milieu d’un désert de rochers et de cailloux. Et les surprises n’en avaient pas fini avec lui, y compris au milieu de nulle part dans la poussière.

Force lui était de reconnaître que Caliban était une surprise agréable. Cela faisait un certain temps qu’il ne lui était pas arrivé quelque chose qui ne le forçait pas à s’enfuir en courant. Finalement, se retrouvé coincé au bord d’une route désertique du Dakota n’était pas si horrible, quand on avait la chance de se faire secourir par si ravissante créature. Extrêmement ravissante, même, songea Denzel en voyant Caliban se pencher face au rétroviseur. Il se demanda si elle se rendait compte de la vue qu’elle lui offrait. Caliban avait l’air parfaitement conscient de la séduction qui se dégageait d’elle, mais elle n’avait certainement pas besoin de se livre consciemment à de tels artifices pour attirer les regards. Quant à Denzel, il n’avait jamais résisté aux courbes d’une femme. Et cette femme la n’était pas n’importe laquelle. Il émanait d’elle trop de choses pour qu’elle soit ordinaire. Et c’était une mutante, ainsi que ses deux amis. Elle l’avoua sans fioritures à Denzel après que celui-ci ait révélé sa propre condition. Cela expliquait pourquoi elle n’avait pas fait grand cas des dires de Denzel. Il se demanda quelles pouvaient bien être la capacité de la jeune femme. Denzel n’avait finalement jamais rencontré de mutant (ou alors il ne s’en était pas rendu compte), et en être un soi-même n’aidait pas plus que cela à comprendre le phénomène. Il se demanda aussi si l’état de santé de Caliban était lié à sa mutation. Ca expliquerait le ton qu’elle avait eu en en parlant. Elle le cachait à merveille, mais Denzel savait repérer les gens qui jouaient la comédie. On sentait chez elle une résignation furieuse, comme si elle combattait de toutes ses forces contre quelque chose qui avait déjà gagné. C’était une femme forte, indéniablement, mais il y avait quelque chose, parfois une simple lueur dans ses yeux, qui exprimait révolte et douleur. Denzel décida de ne pas en demander plus à son interlocutrice pour le moment, et enfourcha à son tour la moto. Ils se mirent en route aussitôt, la conduite de Caliban toujours aussi rapide et maîtrisée et, sur le chemin, Denzel eut tout le temps de se demander ce qu’elle dissimulait avec tant de détermination.

* * *


La civilisation. Enfin. Ou du moins quelque chose qui s’en rapprochait. La ville s’étendait au loin, ses lumières s’allumant petit à petit à mesure que la nuit tombait sur les badlands. Mais l’endroit où s’était arrêté Caliban était encore à l’extérieur de l’agglomération même et réussissait à donner une impression de plus poussiéreux que le désert lui-même, ce qui représentait en soi un exploit non-négligeable. Mais Denzel n’en avait cure : il repéra le snack-bar que lui indiquait sa compagne de route, et la perspective d’une boisson fraîche et de la climatisation suffirent à surpasser tous les palaces qu’il avait eu l’occasion de fréquenter. Il accueillit avec plaisir la fraîcheur qu’apportait la nuit qui tombait, et rangea ses lunettes de soleil dans la poche de sa chemise de marque, la dernière qui était encore en état d’être portée. Il lui faudrait bientôt renouveler sa garde-robe, dès qu’il aurait l’occasion de retirer un peu plus d’argent. Il sourit à Caliban tandis qu’ils attendaient les deux autres :

« Vous m’avez sorti du désert, c’est à moi de vous l’offrir, ce verre. C’est la moindre des choses. »

Enfin, Tom et Amy arrivèrent à leur tour et ils purent tous les quatre se diriger à l’intérieur du bistrot. Laissant galamment entrer les demoiselles en premier, Denzel se glissa à leur suite, rêvant d’un coup à boire bien frais et se demandant quelle tournure allait prendre la conversation.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Sam 25 Juil - 19:51

La bande de nouveau on complet, tous entrèrent dans l'échoppe et prirent place à l'une des quelques tables alignées le long du bar. Les cuirs des banquettes étaient abîmés, parfois percés ou déchirés, indiquant que l'endroit n'était pas de première jeunesse. Mais cela ne posait de problème à personne dans le trio de ne pas avoir un confort opulent à chaque escale, Tom Amy et Caliban s'étaient vite habitués à manger de la mauvaise nourriture avec de la mauvaise boisson, dans de mauvais bars, et à dormir dans de mauvais matelas dans de mauvais motels. Et puis ils avaient vu pire que ce bar-ci.

Amy commanda un coca-cola en toute logique: c'était la jeunette de la bande et ne buvait toujours pas d'alcool. Tom lui, demanda une bière: syndrome du mec basique qui pense qu'un bock de bière le rend viril au possible aux yeux de tous. Enfin pour Caliban, un verre à liqueur de tequila, pour changer du whisky.

"Merci à vous de nous inviter."
Les deux autres opinèrent pour ajouter leur remerciement implicite à celui d'Amy. En attendant que les boissons commandées arrivent, aucun des trois ne prit la parole. Le voyage semblait avoir fatigué tout le monde, car Denzel ne le savait pas mais tous trois roulaient déjà depuis le matin et avaient plus de 8 heures de moto entre les jambes. Mine de rien voyager ça crève. Mais heureusement les remontants ne tardèrent pas à arriver sur la table.

Dès lors Caliban décida une fois de plus de faire forte impression, comme toujours. Il faut dire que c'était à prévoir quand on vit arriver sa tequila accompagnée d'un morceau de citron et d'une coupelle de sel. Aussi elle eut là une belle occasion de montrer à ses amis comment se boit une tequila dite "paf". La néo-zélandaise commença par relever la manche gauche de son blouson pour découvrir son avant bras, où elle déposa une petite ligne de sel. Puis elle emprunta un peu du cola d'Amy pour le rajouter à la tequila. Et tandis qu'elle aspira le sel entre ses fines lèvres la jeune femme cogna le petit verre de tequila contre la table (d'où le "paf") avant de le boire d'un coup.... Puis de prendre le morceau de citron entre ses dents - d'une manière torridement sexy - pour faire passer le goût amer de la boisson.
C'était un petit spectacle que de la regarder faire cette démonstration et tandis qu'elle retirait le citron de sa bouche, on pouvait lire un petit air d'amusement et d'audace dans son regard. C'était là une chose qu'elle aimait beaucoup que de se donner en spectacle avec ce genre de petits défis inconséquents.

Passé l'instant d'amusement suscité par les manières de Caliban, le ton redevint sérieux alors que Tom prenait la parole.

"Dites... Denzel, Amy a senti quelque chose venant de vous.. On en a parlé pendant notre trajet et..."
Caliban ne tarda pas à couper court à son intervention.
"Il le sait. Il me l'a dit."
Tom avait fait allusion au pouvoir mutant de Dee. La native d'Auckland savait que Amy pouvait reconnaître les mutants par une sorte de feeling, comme elle avait pu deviner la mutation de Caliban. Alors il était évident que ce dont voulait parler Tom était bien ça, et autant ne pas tourner autour du pot. Tandis que ses deux amis la dévisageait, elle ajouta
"Et je lui ai dit, pour nous."
Pour que chacun sache où on en était sur le sujet de qui est mutant, qui sait quoi et etc.
"Oh... Et bien, nous qui craignions vous annoncer une nouvelle... Du genre surprenant disons..."
Pour ça c'était raté. Denzel avait démontré à Caliban qu'il connaissait parfaitement son état de mutant quand bien même il lui avait paru ne pas trop savoir quelle était la nature exacte des manifestations de son pouvoir. L'ex-hardeuse ne savait pas grand-chose sur les pouvoirs en général alors elle ne savait pas du tout de quel genre de manifestations il s'agissait, mais peut-être que Tom lui, saurait. Il lui avait raconté qu'il existait même une classification des types de pouvoirs.

Ce dernier semblait avoir envie d'approfondir sur le sujet. Il regarda le nombre de personne dans le bar, constata que leur table était assez éloignée des quelques clients accoudés au bar, et reprit en parlant assez bas pour qu'eux seuls entendent, pas le monde alentour. Inutile de s'attirer les foudres de la populace locale par mégarde.

"Et... Quel est votre "aptitude" à vous?"
Tandis qu'il posait sa question, Caliban elle, était ailleurs. Exactement, elle se disait que le destin était vraiment étrange d'avoir réuni toutes ces personnes qui étaient maintenant là autour de cette table à discuter pouvoirs mutants à voix basse, comme s'ils étaient des initiés de quelque mouvement sectaire prohibé. C'était très facétieux d'avoir mis un homme, un acteur assez connu qui plus est, et mutant de surcroît, sur leur chemin. Chemin qui, rappelons-le, était sensé justement emmener le trio jusqu'à une école pour mutants... Comme quoi, soit le hasard fait excellemment bien les choses, soit tout est écrit par un guignol qui, assis sur son nuage là haut, doit bien rigoler en regardant ses marionnettes jouer l'histoire qu'il leur a écrite. Le destin hein? A force de coïncidences comme celles-là, peut-être que Caliban allait finir par y croire.

En tout cas à l'issue de cette conversation, il serait peut-être bon d'exposer à Dee leur plan initial. C'est ce que Caliban pensa en se disant que de toutes façons, leur voyage vers l'école pouvait se faire à quatre aussi bien qu'à trois. Et peut-être que Denzel souhaiterait se joindre à eux de lui-même, avant même qu'ils ne le proposent. Mais ceci restait à voir selon ses réponses, selon ses questions également. La néo-zélandaise savait que certains mutants se questionnent sur leurs possibilités, leurs limites ou le danger qu'ils peuvent représenter - c'était le cas d'Amy qui recherchait, en plus d'une protection permanente, une possibilité d'apprentissage -. Pour sa part elle ne se posait pas autant de questions, mais peut-être que Dee lui, si. Et si c'était le cas alors le trio aurait tout intérêt à lui parler de cette école...
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 31 Juil - 1:27

L’endroit où ils s’étaient arrêtés n’était certes pas pourvu du standing auquel Denzel Cage avait été habitué. Mais il avait appris à ne plus se formaliser de choses pareilles. Ces derniers temps, il avait fréquenté des établissements dans lesquels il n’aurait jamais cru remettre un orteil un jour. Des bars et des tripots qui lui rappelaient une époque lointaine qu’il aurait préféré oublié, une époque qui avait précédé les fastes de la célébrité. Aussi, il ne prêta que peu d’attention aux banquettes défoncées, aux tables bancales et à la tapisserie qui se décollait des murs. Un vieux juke-box crachotait un air de country dans un coin de la salle, et une vieille odeur de cigarette froide flottait dans les airs. A travers les fenêtres crasseuses, on apercevait les lueurs tremblotantes de Rapid City, promesses d’un rapide retour à la civilisation. Se laissant tomber sur le siège contre la vitre, Dee accueillit avec plaisir la sensation d’enfin pouvoir s’asseoir sur autre chose qu’une selle. Entre les vélos miteux et les motos rugissantes, il avait eu son compte, merci bien. Il écarta les remerciements de ses sauveurs d’un geste et d’un sourire :

« C’est normal. Sans vous, je serais encore en train de moisir parmi les cailloux. »

Puis il se tourna à son tour vers la serveuse, une femme entre deux âges au tablier élimé et aux cheveux teints d’un violet criard qui, si en croyait son badge, s’appelait Marge. Elle semblait tellement adaptée aux lieux que Denzel avait eu l’impression de la voir littéralement se séparer du décor lorsqu’elle était venue prendre leur commande. La femme avait cet air maussade typique des employées de tels bouges, et une cigarette brune se consumait lentement derrière son oreille. Cage laissa les autres commander, haussant un sourcil amusé à la demande de Caliban, et prit quelques secondes pour réfléchir avant de s’adresser à la serveuse.

« J’imagine que vous n’avez pas de bonne bouteille de scotch dans les parages, hein ? »

Pour toute réponse, Marge lui adressa le regard fatigué de celle qui allait bientôt finir son service et qui n’avait pas envie d’en passer la fin avec un client difficile. Denzel lui sourit, de ce sourire qui avait fait tomber des dizaines d’admiratrices éperdues, et reprit :

« Ce n’est pas grave. Je prendrai aussi un verre de tequila. Ah, et un jus d’orange. »


Denzel avait toujours cette irrésistible envie de jus d’orange qui l’habitait depuis sa virée dans les badlands. Il haussa les épaules devant les regards intrigués tandis que Marge partait chercher les boissons. Il n’aurait pas su s’expliquer, et les personnes célèbres étaient connues pour avoir leurs lubies. Il aurait donné n’importe quoi, en ce moment, pour un jus d’orange. Quelques instants plus tard, la femme revint avec leurs commandes et il la remercia avec un nouveau sourire, réussissant à la faire rougir. Elle gloussait lorsqu’elle disparut derrière le bar. Denzel se laissa aller d’un air satisfait contre le dossier de la banquette ; au moins, ça, il ne l’avait pas perdu. Il regarda avec un air d’envie son verre de jus de fruit, qui semblait remarquablement frais pour un endroit pareil, et l’oublia très vite quand Caliban leur fit une démonstration de ses talents de buveuse de téquila. Il suivit chacun de ses mouvements, comme hypnotisé, et ne songea pas à boire la sienne, qui attendait à côté de son autre boisson. Puis les voix de leurs camarades le ramenèrent à la réalité. Il tendit la main vers son jus d’orange, dont il savoura avec délice les premières gorgées. Il garderait la tequila pour plus tard. Il se sentait bien mieux, maintenant qu’il n’était plus au milieu de nulle part et, soulagé de se retrouver enfin en compagnie de gens qui ne le regardaient pas comme une bête de foire avant de le poursuivre dans la rue, il éprouva moins de difficultés que d’habitude à parler de sa condition.

« Je ne sais pas vraiment. Je crois que ce que je peux faire dépend des circonstances. Je ne contrôle pas grand-chose. Non, en fait, je ne contrôle rien du tout. Quand une personne est en danger, il… se passe quelque chose. Ca ne se manifeste pas toujours de la même manière. La première fois, je me suis retrouvé dans l’eau avec des branchies. Ca doit s’adapter à la situation. Et ça n’a jamais fonctionné uniquement que pour moi. Ca ne se déclenche que pour sauver la vie d’un autre. »

Denzel se tut soudain, son verre à mi-chemin de la table. La vie d’un autre… De nouveaux souvenirs qu’il avait depuis longtemps mis de côté remontèrent à sa mémoire, poussant quelques neurones sans ménagements pour se faire de la place. Son trouble ne dura qu’une seconde, et il se demanda s’il avait été remarqué. Abandonnant son jus d’oranges terminé, il tapota des doigts sur la table, se forçant à retrouver son habituel sourire, regardant Tom, Amy, et Caliban chacun leur tour. Il s’arrêta plus longuement sur Tom, et porta les doigts à ses lèvres :

« Vous avez une moustache. De la mousse. » Denzel se redressa légèrement sur sa banquette, et s’adressa cette fois-ci à ses trois camarades : « Et vous, qu’est-ce que vous pouvez faire ? Je crois bien que c’est la première fois que je me retrouve avec d’autres… enfin, d’autres gens… comme moi, si je puis dire. C’est la raison de votre présence dans ce trou ? »

Tout en parlant, il se saisit cette fois de son verre de téquila : il devait chasser ces souvenirs, et pour ça, il avait besoin de passer aux choses sérieuses…
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 31 Juil - 18:48

Le trio écouta pieusement le récit de Dee, du moins pour deux d'entre eux. Caliban avait en effet déjà entendues ces explications plus tôt dans la journée pour avoir été une personne sauvée supplémentaire pour l'acteur. Pendant qu'il racontait donc cela la jeune femme sortit d'une des poches de son manteau une plaquette de gélules, sa codéine chérie, dont elle extrait une pilule qu'elle posa devant elle sur la table avant de ranger la plaquette. Caliban avala la gélule puis vola une gorgée de coca-cola à son amie, l'air de rien.
Cette succession d'actions se passa pendant que Denzel racontait son pouvoir aux deux acolytes de la néo-zélandaise qui quant à elle, avait parue tout du long plus concentrée sur ses actions que sur la discussion.

Aussi quand elle reprit le fil du dialogue, c'était pour entendre l'acteur faire remarquer à Tom qu'il avait de la mousse de bière sur son visage, puis leur demander quels étaient leurs pouvoirs à eux et si c'était la raison de leur présence dans ce bled.

Tom s'excusa et chercha une serviette qui vint à lui sans sa volonté: Caliban l'avait prise sur la table et l'avait collée à la bouche du jeune homme avant même qu'il n'ait songé à regarder le petit tas de serviettes en papier. C'était aussi pour la jeune femme une façon de l'empêcher de parler car elle savait que son compagnon de route avait la langue bien pendue dans ce genre de moments. En clair, tu t'essuies et tu te tais le temps de réfléchir à ce que tu vas dire.

Mais Amy fût la première à se lancer.

"J'ai des capacités psychiques avancées. Je peux reconnaitre les gens comme nous et parfois je fais de la lecture de pensées. Tom a des capacités de guérisseur, et Caliban..." Celle-ci se redressa légèrement, se préparant à corriger une erreur à son sujet. "... Elle a une maladie qui lui confère des capacités particulières."
Amy avait vu Caliban commencer à bouger à côté d'elle et du coup, avait préféré ne pas en dire trop. La benjamine du trio savait que Caliban n'aimait pas parler d'elle, encore moins qu'on le fasse à sa place et donc elle avait joué la prudence.

Avec ce court résumé, la néo-zélandaise avait vite compris qu'un complément d'explications serait attendu, et c'est après un soupir qu'elle apporta ce complément.

"Je souffre d'une ostéogenèse hypertrophique dégénérescente, le parfait contraire de la maladie des os de verre. Je me pétrifie de l'intérieur, si vous préférez. Quant à des capacités particulières, je n'en ai pas encore vue une seule. Pour cette raison, je ne pense pas vraiment être comme vous trois."
Ces explications auraient le mérite d'expliquer à Denzel les réactions de dédain qu'elle avait eu lors de leur pause dans le désert, après l'éboulement. Si l'acteur se posait encore des questions sur le pourquoi de cet air de mélancolie dans les yeux de Caliban, elle venait de lui fournir une réponse des plus claires.

De plus les trois jeunes gens avaient pu sentir dans le ton amer de sa voix que la jeune fille ne se sentait pas autant mutante qu'eux. Elle persistait à voir son "aptitude" comme disait Amy, comme une tare dont elle se passerait bien, d'où cette amertume. Même si grâce à cette maladie, elle avait pu se créer un mode de vie formidable et rempli d'aventure, Caliban ne perdait jamais de vue, pas même un seul instant, que son temps était compté et que sa vie s'écourtait à cause de ce mal que ses amis se plaisaient à qualifier de pouvoir. Leurs pouvoirs à eux étaient beaux car ils pouvaient l'utiliser à de bonnes fins, alors que le sien ne faisait que la rapprocher de la tombe...

Mais cela Tom et Amy le savait déjà, la découverte de cet aspect de sa vie était surtout pour Denzel qui pourrait maintenant se vanter d'être l'une des trois seules personnes à connaître la nature profonde de la néo-zélandaise. Ce qui permit à Caliban d'enchaîner sur la raison de leur voyage en direction de l'extrême ouest des USA.

"Nous avons entendu parler d'une sorte d'école qui accueille les gens comme Amy... Un endroit où on leur offre un toit, une protection et un apprentissage spécial. Nous allons à Portland dans l'Oregon pour rejoindre cet endroit par bateau."

Caliban marqua une pause pour prendre le temps de réfléchir, et se convaincre qu'elle ne faisait pas là une erreur monumentale avec ce qu'elle allait proposer à Dee. Mais après la sincérité de l'acteur, les assertions d'Amy à son sujet, tout... Ce ne devait pas être une erreur que de lui proposer de venir avec eux.
"Peut-être devriez-vous réfléchir à la possibilité de venir avec nous dans cette école, Denzel..."
Et c'était tout, la jeune femme repartit dans son mutisme habituel. Elle ne voulait pas forcer la main de Denzel, persuadée qu'il existe toujours plusieurs choix dans la vie, et qu'il y en a peut-être de meilleurs que celui-ci. En un mot, c'était à lui de se décider et pas à eux de le convaincre.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 7 Aoû - 21:02

Denzel continuait de tapoter le bord de la table de ses doigts, l’air un peu absent. Décidé à ne pas laisser ses pensées vagabonder dans les eaux obscures de ce passé qu’il aurait préféré oublier, l’acteur se perdit dans la contemplation des lumières tremblotantes des véhicules qui circulaient en trombe sur la route derrière la vitre. Un seul engin, une vieille camionnette usée, consentit à s’arrêter sur l’aire de repos à côté du bistrot miteux, sans doute parce qu’elle n’avait plus la force de se traîner sur ses roues un seul kilomètre de plus. Il fallait bien ça pour accepter de s’arrêter dans un endroit pareil. Ca, ou ne pas savoir où aller. La destinée vous guidait parfois dans des lieux improbables qu’on n’aurait jamais cru visiter de son vivant. Les palaces et les restaurants quatre étoiles étaient décidemment bien loin…

Mais tout à ses pensées, Denzel n’oubliait pas pour autant de prêter attention aux dires de ses nouveaux camarades d’infortune. Il fut assez intrigué par les capacités de Tom et d’Amy mais, comme il fallait s’y attendre, ce fut celles de Caliban qui éveillèrent le plus son intérêt. Il faut dire qu’ils étaient tous trois restés assez évasif à ce sujet jusqu’à ce que l’intéressée elle-même révèle la malédiction qui la rongeait. Car Denzel ne put qu’être d’accord avec la jeune femme : il ne voyait pas comment une telle chose pouvait être considérée ne serait-ce qu’un seul instant comme un don. Il avala une nouvelle gorgée de tequila, contemplant la silhouette de Caliban adossée contre sa banquette. Elle avait l’air si forte, pourtant, si solide. Mais Denzel comprenait mieux la sinistre résolution, la douce détresse qu’il avait sentie chez elle dès leur rencontre. Il lui jeta un regard profond, dans lequel il réussit à ne glisser de la pitié. Caliban avait l’air de quelqu’un de fier qui n’avait certainement pas envie qu’on se lamente ostensiblement sur son compte. Et si Denzel ne savait pas trop comment réagir avec une personne qui se disait condamnée, il connaissait la douleur qu’on pouvait gardée au fond d’un cœur. Pendant quelques secondes qui parurent suspendues dans le temps, il continua de la regarder sans rien dire. L’homme qui pouvait sauver des vies face à la femme qui perdait la sienne.

La sonnette de la porte d’entrée du troquet retentit, et trois clients s’engouffrèrent à l’intérieur, sans doute les occupants de la camionnette. Ils avaient cet air miteux et poussiéreux de ceux qui passent leur vie sur les routes, et ils se dirigèrent directement vers le comptoir où ils prirent place sur des tabourets brinquebalants, ignorant les autres clients. Curieusement emmitouflés dans de grosses vestes malgré la chaleur, ils se perdirent en conciliabules étouffés après avoir commandé des cafés noirs, et Denzel reporta à nouveau son attention sur sa propre tablée, et sur Caliban, pour l’entendre lui parler de cette endroit, de cette école où ils avaient décidé de se rendre. Caressant le bord de son verre à moitié vide, Denzel haussa un sourcil étonné : il n’aurait jamais pensé qu’il puisse exister un lieu dédié aux mutants. Mais en y réfléchissant bien, c’était logique : les gens différents, opprimés, finissaient souvent par se réunir. Seulement, Denzel n’était pas encore tout à fait sûr de vouloir faire partie du « groupe mutant ». Tant qu’il évitait de se l’avouer, de se coller l’étiquette, il pouvait encore avoir l’impression d’être normal…

Mouais. Il se demandait qui il pouvait encore convaincre de cela, si ce n’était lui-même. Et encore, lui pouvait dissimuler son don, il ne lui modifiait pas l’apparence et, surtout, il ne le tuait pas à petit feu. Puis il croisa à nouveau le regard de Caliban. Et il se rappela d’autres yeux, des yeux qui s’étaient éteints il y a bien longtemps sans qu’il ne puisse rien y faire. Et maintenant qu’il se découvrait capable d’agir sur le destin pour sauvegarder des vies, voilà qu’il rencontrait une nouvelle personne qu’il ne pouvait pas aider. Tous ces sentiments mettaient Denzel mal à l’aise : il avait au fil des ans prit l’habitude de ne plus se soucier à ce point d’autrui, surtout lorsqu’il venait de les rencontrer. Mais cette rencontre-ci, après tous ces mois d’errance et le choc de sa mutanité, s’était révélée particulière. Il n’aurait pas su dire pourquoi. Plus que tout, il désirait sa tranquillité, qu’on lui rende sa vie. Et voilà que ces gens débarquaient de nulle part et proposaient qu’il les accompagne.

« C’est étrange, ce que la vie nous réserve… » dit-il soudain, d’une voix douce, en regardant Caliban. Il ne dit rien d’autre qui évoqua la maladie de la jeune femme. Il n’aurait pas su quoi dire. « Et rarement prévisible. Qui aurait pu dire que nous nous rencontrerions, que nous passerions cette soirée ensemble ? Et vous voilà à me parler d’une soi-disant école de mutants… »

Il s’interrompit pour boire une nouvelle gorgée de sa téquila, et se laissa aller en arrière contre le dossier de sa banquette, toisant l’un après l’autre ses étranges compagnons :

« Après tout, ce n’est pas comme si j’avais quelque part où aller… » Il sourit, tristement cette fois, mais se dépêcha de retrouver son éclat habituel. Il n’avait pas envie de repenser à tout ce que cette histoire ranimait en lui. A toutes les questions qu’il se posait maintenant. Il leva son verre à l’adresse des autres :

« Pourquoi pas ? Faisons ce bout de chemin ensemble… » Oui, pensa-t-il, au moins un bout de chemin. Il envisagerait la suite plus tard, une fois arrivé à destination...

Puis il termina sa boisson tandis qu’au comptoir, les derniers arrivants s’agitaient pour on ne sait quelle raison. Dehors, le vent nocturne et froid des badlands souleva la poussière, et les véhicules continuaient leur chemin, sans s’arrêter.

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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Jeu 13 Aoû - 4:27

Après la proposition de Caliban, Denzel parut hésiter. Quant à la néo-zélandaise il devait sûrement réfléchir à tout ce qu'impliquait la décision qu'il pouvait maintenant prendre. C'était sûr et certain qu'il n'était pas facile de se projeter dans un avenir incertain, elle le savait par expérience. La proposition avait de beaux côtés mais dans le même temps, Dee avait peut-être des personnes chères dans ce monde, de la famille, et il était hautement probable si tel était le cas que la décision de faire ce voyage soit rendue plus difficile à prendre.

Caliban s'était bien sûr livrée à son habituel petit jeu de l'analyse de l'interlocuteur. Mais elle avait du mal à "lire" Denzel, si on peut lire dans certaines personnes comme dans un livre ouvert pour lui le livre était plutôt fermé, il fallait se contenter de la couverture. Disons que les moments de flottement de l'acteur étaient rendus difficiles à interpréter. Bien sûr Caliban avait ses propres hypothèses, mais elle se garda bien d'en tirer un quelconque jugement, ne connaissant pas encore assez bien cet homme pour avoir une idée précise de qui elle avait en face d'elle. Toutefois si il décidait de les rejoindre, alors elle aurait l'occasion d'approfondir et de peut-être arriver à cerner la personnalité de Denzel. En tout cas pour le moment, la seule chose dont elle était complètement sûre était que cet homme avait un bon fond. Qu'il était pas trop moche non-plus mais ce n'est qu'une considération esthétique purement subjective.

En définitive, il accepta alors la proposition d'accompagner le trio. Sa seule réponse permit à l'ex icône porno d'affiner ses précédentes observations à son sujet. Alors il ne devait pas avoir de relation sérieuse en cours, peut-être plus beaucoup de famille, et professionnellement il ne devait pas être noyé sous les propositions de rôles... Ce coup-ci elle était sûre d'avoir presque bon.
Tom s'enjoua le premier évidemment, manifestant à tous son bonheur de pouvoir faire un bout de route avec son idole. On aurait dit une gamine groupie du dernier groupe de rock à la mode. Amy bien que souriante, parut plus circonspecte que son ami. Et Caliban... Fidèle à elle-même elle n'eut aucune réaction démesurée, rien de plus qu'un fin sourire malicieux. Comme quoi cette rencontre était définitivement intéressante et que Denzel ne décevait pas ses attentes.

La discussion finit par tourner sur le programme à venir ensuite: trouver un motel bon marché pour cette nuit, puis éventuellement se restaurer avant d'aller se coucher. Le petit snack proposait quelques sandwichs et autres burgers à emporter ce qui s'avérait la solution la plus pratique. Amy se proposa pour aller chercher cette nourriture à emporter et pris les commandes auprès de ses amis.

"Deux cheeseburgers pour moi."
"Un sandwich aux crudités fera l'affaire."
Amy s'enquit de ce que Denzel désirait également, puis fit mine de se diriger vers le comptoir, sauf que Caliban la retint par le bras.
"Quoi?"
La néo-zélandaise ne répondit rien, se contentant de se lever et de se diriger vers le zinc pour commander elle-même. En fait elle avait bien remarqué la façon dont un loubard lorgnait sur Amy au moment où celle-ci s'était levée, et pour éviter toute embrouille elle avait décidé d'affronter elle-même ce vicieux, quitte à lui remettre les idées en place s'il se montrait agressif.

Évidemment avec ce genre d'individu c'est précisément le truc auquel il faut s'attendre. Caliban était habillée de façon clairement provocante et de plus le loubard en question n'avait pas l'air d'en être à son premier verre, deux conditions suffisantes pour créer une embrouille.
C'était son compter sur le glorieux passé de Caliban. Après avoir passé commande auprès du serveur elle se fit interpeller par le poivrot.

"Héééé! Je t'ai déjà vu toi! Tu joues dans les films de cul hein!"
Le bonhomme devait avoir une quarantaine avancée ou bien l'alcool ne lui avait pas ravagé que le foie. Tout portait à croire qu'il était bel et bien ivre. Caliban le dévisagea sans vergogne tel une lionne qui guette une hyène s'étant trop approchée de ses petits. Prête à bondir toutes griffes dehors en fait.
"Et? Tu veux tester c'est ça?"
"ouais vas-y, fais voir si tes seins sont naturAAAÏÏÏEE!!"
Il aurait pas dû essayer de tâter la marchandise sans y avoir été invité ce gros dégueulasse. Caliban lui tordait à présent le poignet d'une bonne clef d'immobilisation apprise dans ses cours de Kempo américain, d'où le cri de douleur. Elle n'eut qu'à tirer le bras du bonhomme en donnant un coup de botte dans son haut tabouret pour le faire tomber mollement par terre, face la première. La jeune femme se pencha avec grâce vers le type embrumé par l'alcool pour lui intimer un bon conseil.
"Il faut traiter les femmes avec plus de respect que ça."
Puis elle souleva le bonhomme en le saisissant par le col de sa chemise - voila bien là la seule "capacité extraordinaire" que lui conférait sa maladie, un peu plus de force que n'en aurait une jeune femme de telle constitution - et le mis à la porte en un tour de bras, sous les yeux sans doute épatés de l'assistance. Tout les clients de ce snack miteux étaient maintenant prévenus que cette fille n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

La commande finalement récupérée, Caliban fit signe à ses amis de la rejoindre. Hors de question de manger dans cet endroit, le dehors avait même plus de charme.
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Denzel Cage
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Sam 22 Aoû - 12:11

Denzel regardait pensivement son verre désormais vide. Il se sentait extrêmement fatigué. Epuisé. Comme si toute la fatigue qu’il accumulait depuis le premier jour de sa fuite en avant se déversait soudain sur ses épaules comme un troupeau d’éléphants rigolards. Le fait d’avoir pris une décision ne le soulageait même pas comme il l’aurait cru : au contraire, il ressentait avec plus de force encore ce poids qu’il portait en lui depuis… Il préférait ne pas y penser. Mais peut-être que ce déversement de fatigue avait quelque chose de positif : il se permettait enfin de se relâcher un peu. De ne plus être sur le qui-vive, sans cesse en train de se demander où il allait aller le lendemain et pourquoi. Il se contenta de sourire aux démonstrations de joie de Tom, et remarqua qu’Amy, bien qu’aimable, se montrait plus réservée. Mais elle devait être habituée à l’impulsivité de ses camarades… Caliban, pour sa part, se contenta d’un simple sourire plein de malice que lui rendit joyeusement l’acteur.

Puis la conversation s’orienta sur la suite du programme concernant la soirée, et Denzel perdit rapidement le fil de la conversation. Accoudé sur la table, le menton reposant au creux de sa main, il regardait dehors, au travers de la vitre sale, la route poussiéreuse qui serpentait jusqu’à Rapid City. De nombreux véhicules passaient en trombe malgré l’heure tardive, dont de nombreux camions de transports, les chauffeurs-routiers passant des semaines entières sur les routes. Sans-cesse en mouvement, toujours quelque chose à faire, un but…

Denzel sursauta quand Amy s’adressa à lui, visiblement pour la deuxième fois. Elle avait enfin réussi à attirer son attention, et lui demanda ce qu’il voulait manger. Il fut d’abord surpris, avant de réaliser qu’il n’avait effectivement rien avalé depuis midi et que son estomac était à deux doigts de former un syndicat pour le lui faire remarquer.

« Oh, heu… Bacon. Avec des œufs. A emporter dans une petite boîte. Merci Amy. »


La jeune fille s’en alla prendre leurs commandes, et Denzel songea un peu tard que le plat qu’il avait choisi ne devait certainement pas briller pour sa qualité diététique, surtout cuisiné dans un bouge pareil. Ah, il était loin le temps des restaurants cinq étoiles tous les jours et des serveurs au petit soin. Denzel se promit de faire profiter tout leur petit groupe d’une telle ambiance au moins une fois lors de leur voyage, là où on ne le reconnaîtrait pas. Après tout, il en avait encore les moyens. Pour ce soir, il avait de quoi payer les consommations et le repas, comme il l’avait promis, mais il lui faudrait bientôt retirer quelques billets du compte de secours qu’il avait eu l’idée de mettre en place il y a quelques années, juste au cas où. Lui seul connaissait son existence, avec son ami réalisateur Ernesto Millano, le seul qui ne l’avait pas laissé tomber suite à sa mutanité. Normalement, tant qu’il bougeait assez, aucun chasseur de mutants potentiel ne devrait pouvoir utiliser son compte pour le pister…

Ce furent des éclats de voix qui ramenèrent Denzel à la réalité, et le firent s’apercevoir que Caliban avait au dernier moment décidé d’aller passer les commandes à la place d’Amy. Et elle avait eu raison. L’un des trois hommes entrés tout à l’heure décida évidemment de montrer à quel point il était distingué et raffiné en assaillant Caliban de propos que ses compères, ricanant, devaient trouver on ne peut plus pertinents. Denzel se demanda un instant s’il se devait, en tant que mâle, intervenir, mais plus par reflexe qu’autre chose : il ne connaissait pas encore vraiment Caliban, mais il suffisait de la croiser quelques minutes pour savoir qu’elle savait se débrouiller toute seule. Denzel fut simplement surpris de l’allusion faite aux films pornographiques, et fronça les sourcils parce qu’il essayait de se rappeler de ce que Tom avait dit plus tôt dans le désert, lors de leur rencontre ; il avait dit que Caliban avait été actrice, mais celle-ci l’avait vite coupé… Si l’obsédé au comptoir avait vu juste –et on pouvait compter sur ce genre d’individus pour s’y connaître dans ce domaine- Caliban se révélait décidemment une femme pleine de surprises. Denzel se demanda ce que son passé pouvait cacher d’autre, et se sentit vaguement honteux lorsqu’il ressentit à nouveau l’impression de l’avoir déjà vue, notamment dans un film.

La jeune femme finit par expédier le bougre manu militari vers la sortie, et tandis que ses deux compères restaient paralysés de stupeur au comptoir, Caliban revint vers son petit groupe, les commandes à la main et leur fit signe qu’il était temps de sortir de ce trou à rats. Denzel se leva à la suite des autres et, par réflexe, enfila ses lunettes avant de sourire à Caliban :

« On peut dire que vous savez y faire. »

Puis ils sortirent, l’air frais de la nuit dans les badlands bien plus agréable que l’odeur qui régnait dans le snack. Ils allèrent s’asseoir sur des rochers non loin des deux motos pour déguster leur repas de fortune, et celui de Denzel se révéla aussi peu ragoûtant et sain que possible. Mais quand on avait faim, on avait faim… Assis à côté de Caliban, Denzel se demandait s’il fallait remettre sur le tapis le tapis d’actrice de la jeune femme, mais comme elle-même n’avait pas semblé ravie à chaque fois qu’il avait mentionné, il finit par s’en abstenir. Mais quelque part, il trouvait amusant qu’ils aient quelque chose en commun, même s’il n’avait pas travaillé dans la même industrie du cinéma…

« Bon, quel est le programme de la soirée ? » demanda joyeusement Denzel, que la nourriture, même aussi grasse et mal fichue, avait revigoré.

« Ben, vous allez apprendre c’que ça fait d’se payer la gueule de Billy Boy ! » Sortant de l’ombre, le costaud qu’avait humilié Caliban vint se camper face à eux, suivi de ses deux fidèles camarades. Le dénommé Billy Boy écumait de rage, et ne semblait pas disposé à la raison.

« T’vas voir, sale pute, qui c’est l’plus fort ! »

L’homme sortit un vieux pistolet à l’air malgré tout très dangereux de sa veste et le pointa sur Caliban sans trembler. Il devait avoir l’habitude de jouer au dur…

« On fait moins la maligne, hein ? »

Denzel, lui, faisait certainement moins le malin. Ca recommençait. Il fallait toujours que quelque chose finisse par arriver, que la situation dégénère. Il se trouvait un coin tranquille, mais paf ! quelques secondes à peine suffisaient pour que les problèmes se pointent. Il était maudit. Définitivement maudit. Et pas spécialement habilité à savoir comment réagir quand un dingue pointait une arme sur quelqu’un. La dernière fois que c’était arrivé dans la vie de Denzel, quelqu’un était mort. La dernière fois, il y a bien des années, quand il n’était pas un acteur célèbre. Quand il était encore un gosse, et qu’il n’avait rien pu faire. Une nouvelle fois, les souvenirs du passé l’assaillirent, et il fut tétanisé : cela ne pouvait pas recommencer… Pas une nouvelle fois… Non…

Puis il le sentit. Le fourmillement caractéristique qui précédait l’activation de son pouvoir et l’avertissait que quelqu’un était en danger imminent. Avant même que le type presse la détente, visiblement assez fou pour le faire là, à la vue de tous, quelque chose s’était déclenché en Denzel. Cette fois, pas de téléportation, mais quelque chose de proche, qu’il avait déjà connu une fois en sauvant un gosse sur des voies ferrées. Sa vitesse devint telle qu’il parut flou lorsqu’il se leva et que sa main se jeta devant Caliban comme pour attraper la balle. Ce qu’il fit. Avant de hurler de douleur en s’écroulant sur le sol, la main ensanglantée.

« Merde ! » s’entendit-il crier tandis qu’il se roulait dans la poussière. « Tu parles d’un putain de pouvoir… »

Sous la surprise, leur assaillant lâcha son arme, ce qui aura sans doute causé sa perte. Ses deux acolytes prenaient déjà la fuite en criant au mutant et, tandis que le voile rouge de la douleur se déployait devant les yeux de Denzel, il eut le temps de voir que le type n’était soudain pas très rassuré de se retrouver sans armes et seul devant Caliban et ses amis, et il le vit essayer de se précipiter vers son arme… Mais Denzel ne pouvait plus rien faire, il pouvait juste avoir mal. Il n’était pas habitué à la douleur, à prendre des coups ou des balles… Mais les souvenirs de son passé étaient toujours là, et il avait fallu qu’il fasse quelque chose. Et contrairement à ce jour il y a si longtemps, il avait pu agir.
Il eut le temps de se dire que Caliban saurait certainement se débrouiller et, serrant sa main blessée de sa main valide, décida que c’en était un peu trop pour aujourd’hui et succomba au luxe de l’inconscience.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Lun 24 Aoû - 14:58

Il fallait croire que les mauvais établissements gastronomiques n'avaient pas finis de se dresser sur la route du petit trio. Depuis New-York ils n'arrêtaient pas de jouer de malchance et de tomber exclusivement dans les pires bouibouis, se demandant parfois si ils ne devraient pas pactiser avec les services sanitaires locaux. Inspecteurs de l'hygiène et de la consommabilité des produits, ça sonnait pourtant pas si mal que ça comme titre mais Caliban, Amy et Tom n'avaient pas que ça à faire malheureusement. Car il y aurait eu beaucoup à faire justement.

Ils savaient maintenant à quoi s'en tenir. Dans le pire des cas ils iraient prendre leur tour pour déglutir dans les toilettes du motel, ou bien ils prendraient un tour pour investir ces dernières de façon plus conventionnelle pour un épisode diarrhéique aigu. Comme toujours si l'on peut dire - Faire le tour du monde n'a pas que des aspects reluisants, pour sûr -.

Alors que Caliban avait presque fini d'essayer d'imaginer le goût d'une vraie salade en mangeant ce qui avait l'air d'être un morceau de caoutchouc vaguement trempé dans de la vinaigrette, le malotru de tout à l'heure et ses acolytes venaient encore leur chercher des crosses. Cette fois-ci, les bonshommes avaient sortis leurs pétoires dans le but probable de se rendre plus impressionnants qu'ils ne l'étaient. Enfin... Au moins l'étaient-ils probablement aux yeux d'Amy, peut-être de Denzel, un peu moins pour Tom mais quand même, quant à Caliban... Si elle avait pu, elle aurait haussé les épaules et sorti une grande réplique acide à propos de sa durée de vie qui aurait peut-être blasé leurs assaillants. Toutefois elle n'eut jamais l'occasion d'en placer une, Denzel se jetant sur une balle qui lui était destinée à elle, et la stoppant à main nue. Dommage, une autre occasion de mourir qui se perd...

Il ne fallût guère plus que le sauvetage improvisé de Dee pour mettre en fuite les trois "durs", le dernier ne s'étant pas attardé après avoir récupéré son arme. Dès lors plusieurs actions à accomplir s'alignèrent dans l'esprit de la jeune néo-zélandaise, qui ordonna alors une partie d'entre elle à ses comparses.

"Tom, occupe-toi de Dee. Amy, trouve-nous un motel. Je reviens dans 10 minutes."
Caliban sauta sur la selle de sa moto qu'elle démarra en trombe, bien décidée à se mettre à la poursuite de leurs agresseurs qui n'avaient pas dû aller bien loin. Un petit tour du quartier la mènerait forcément à eux, tôt ou tard. La seule inconnue de l'équation était finalement quel sort attendait ces hommes pour leur impétuosité mal placée.

Après que Caliban ait disparue dans les ténèbres naissantes, Tom s'occupa de soigner Denzel, usant des ressources que la nature lui avait offertes, son pouvoir mutant. Amy utilisa avec grande peine le GPS d'une des motos pour localiser un motel géographiquement proche d'eux. Et entre eux deux, une forme d'incompréhension mutuelle, indicible: qu'est ce que Caliban allait faire à ces hommes si elle les retrouvait?
Tous deux pensaient bien connaître leur amie, mais s'avouaient facilement qu'elle laissait planer trop de zones d'ombre sur elle-même pour que l'on puisse prédire ses agissements. Et ils ne l'avaient jamais vu aussi remontée contre quelqu'un. Ainsi tout deux craignaient que leur acolyte ne revienne, leur annonçant froidement un triple homicide, et n'aille se coucher comme si de rien n'était. C'était pas mal son genre, pensait Tom avec la peur d'avoir raison, pas très loin de l'idée d'Amy qui craignait que son amie ne dérape dans une forme de violence trop horrible pour être envisagée.

Aussi pour éviter d'y penser, Amy interrogea son compère.

"Comment il va?"
Tom s'affairait à analyser Denzel, ses mains survolant le corps inanimé de son acteur fétiche à la recherche de toute anomalie de santé.
"La blessure à la main est superficielle, ce sera vite guéri. Son pouls est encore élevé, l'évanouissement est sans doute dû au stress ou à la montée d'adrénaline."
Le jeune homme hocha la tête, mimant un visage optimiste.
"Il va s'en remettre."
Le soulagement se lût sur le visage d'Amy, qui reprit sa besogne au moins rassurée pour Denzel. Il restait Caliban, dont le comportement récent l'inquiétait beaucoup. Pourvu qu'elle ne fasse pas de folies, pensait-elle tandis qu'elle trouva enfin un petit motel éloigné d'une poignée de minutes d'ici.

Caliban ne revenant pas au bout des dix minutes, Amy lui envoya un message sur son portable pour lui donner l'emplacement du motel, où Tom, Denzel et elle se rendirent, un nœud dans l'estomac. Tom porta son idole sur son dos jusqu'au motel où il réserva une chambre pour 4, avant de repartir vers le snack pour prendre sa moto qu'il y avait laissée. De retour peu de temps après il s'occupa enfin de soigner Denzel à l'abri des regards indiscrets. Et Amy fit les cent pas dans la chambre, espérant que Caliban ne tarderait pas trop.

Ce n'est qu'au bout de 25 minutes supplémentaires que la néo-zélandaise réapparût à la porte de la chambre. Son visage, son ventre et ses habits étaient maculés de sang, et son regard semblait indiquer une certaine tension. Amy s'était déjà précipitée pour probablement l'étreindre, mais Caliban la stoppa d'une main levée, répliquant à la tentative de débordement affectif d'un sec

"Pas maintenant. Je me suis salie..."
Elle prit un air légèrement désolé assez vague, et demanda à son amie de lui prêter son spray détachant. Amy regarda Tom qui, d'un regard entendu, l'incitant à obéir sans poser de questions. Tandis qu'elle cherchait dans ses affaires, la motarde criminelle s'enquit de l'état de santé de Denzel.
"Il va s'en sortir."
Répondit brièvement Tom qui ne pouvait interrompre l'action de son pouvoir. La lumière blanche sortant de ses paumes commençait à guérir la blessure à la main de l'acteur.
"Bien."
Amy trouva le détachant qu'elle donna à Caliban, qui fit mine de repartir.
"Où tu vas?"
Caliban ne se retourna pas, et répondit avant de fermer la porte derrière elle.
"Nettoyer ma moto."
Et puis ce fût le silence dans la chambre.

Tom, sans cesser les soins de Dee, commenta simplement d'un sage

"Laisse-la faire. Quand elle voudra en parler, elle viendra nous voir..."
Amy se laissa tomber sur le lit voisin de celui où le blessé du jour était étendu, essayant de ne pas laisser cette inquiétude pour son amie la gagner trop profondément. Sachant d'avance que c'était peine perdue. Elle s'était salie, avait-elle dit, et selon elle cela voulait tout dire...

Dehors, la nuit était maintenant noire et seuls quelques lampadaires permettait à Caliban de distinguer les formes arrondies de sa Harley-Davidson. Le brillant de la peinture noire avait en partie laissé place à de minces éclaboussures sombres, qu'elle s'affaira à nettoyer avec un chiffon imbibé de détachant. Comme si rien n'avait eu lieu.
Au bout d'un temps, elle sentit sa main se crisper nerveusement sur le chiffon. Arrêtant de briquer, elle chercha dans sa poche la capsule contenant les pilules de codéine. Disparue... Elle l'avait tombée pendant la... Bagarre. De rage, elle donna un coup de pied dans la bombe de détachant posée au sol, qui voltigea jusqu'à l'autre bout de la petite cour du motel. Inspirant profondément pour tenter de se calmer, elle finit par aller la ramasser puis revenir pour finir ce qu'elle avait commencé. Ses tremblements ne disparurent pas.

Caliban resta un long moment dehors, se demandant si la violence de ce monde l'avait empoisonnée. Mais dans son coeur elle avait déjà la réponse. Elle finit par rentrer, le coeur lourd, puis fila directement dans les sanitaires communs pour une douche destinée à laver tout ce sang qu'elle avait sur la peau.

Bien plus tard, lorsqu'elle re-rentra dans la chambre, Amy dormait déjà. Tom était toujours en train de soigner Denzel, apparemment il avait presque fini. Caliban le remercia d'un hochement de tête pour n'avoir pas posé de questions, puis prit place dans le lit des filles. Elle essaya de s'endormir.

Peut-être une demie-heure plus tard, Tom se coucha à son tour après avoir terminé de soigner Dee. Le sommeil le gagna rapidement après l'utilisation de son pouvoir.

La nuit aurait pu passer, simplement comme ça, et ça aurait été bien. Mais vers 2 ou 3 heures du matin, Caliban se leva, fouilla discrètement dans ses affaires de voyage, jura à voix basse et finit par vêtir une grande chemise avant de sortir de la chambre pour aller prendre l'air. Elle s'installa dehors, assise devant sa moto à même le plancher servant de perron de porte. Elle tremblait de tous ses membres, mais pas de froid, c'était sa maladie qui faisait des siennes, comme toujours. Et sans ses pilules d'antalgiques elle ne pouvait faire autrement qu'endurer la douleur et trembler comme une feuille à cause de celle-ci. La nuit serait décidément bien longue à passer.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mar 25 Aoû - 19:00

« J’arrive toujours pas à y croire, Johnny Boy. »

Harry Suarez termina de nettoyer le verre qu’il tenait entre les mains, se jeta le chiffon sur l’épaule et s’accouda sur son comptoir, les yeux rivés sur le petit objet de métal brillant qu’un des seuls clients du bistrot faisait tourner sur sa table. En début de matinée, l’endroit était calme et peu fréquenté, et le boucan des bas quartiers de Los Angeles n’était qu’un bruit de fond auquel tous les gens du coin s’étaient depuis longtemps habitués. Par pur respect pour les traditions de la narration, la sirène d’une voiture de police rugit le temps que le véhicule remonte la rue, avant de se fondre au vacarme de la circulation.

« Fais moi voir encore. » demanda Harry.

« Tu vas me l’user. » Souriant de toutes ses dents, John Cairn brandit son insigne flambant neuf sous les épaisses moustaches de morse du bistrotier. La table –son habituelle- était presque collée contre le bar, aussi le tenancier n’eut pas à se pencher bien loin pour contempler l’objet. Son propriétaire, un jeune homme d’à peine vingt ans aux cheveux blond cendré et aux yeux verts, souriait de toutes ses dents comme un enfant qui venait de se réveiller un matin de Noël et qui avait encore du mal à y croire.

« Notre Johnny Boy qui entre dans la police. Le petit John. J’ai encore du mal à y croire. Y a encore pas si longtemps il se faisait ramener par les flics par la peau du cul chez sa mère, et voilà qu’il va endosser l’uniforme. C’est pas croyable. T’es pas d’accord Dee ? »

L’adolescent de seize ans qui était assis en face de John renifla bruyamment et prit un air blasé, comme s’il avait faire croire qu’il n’y avait pas sujet de conversation au monde dont il se fichait autant. Mais il ne pouvait dissimuler un grand sourire, et il suintait littéralement d’admiration.

« J’sais pas. Tant qu’il paie encore sa tournée, on s’en tape non ? »

« Bien essayé mon grand. Mais t’as pas encore l’âge. Hey, je dois faire respecter la loi maintenant ! »

John ébouriffa les cheveux du gosse, et Harry éclata de rire : « Elle est bien bonne celle là ! Le p’tit John, Johnny Boy, un flic ! Si j’avais su… » Puis il repartir à l’assaut de ses verres sales. Au fond du bistrot, quelques autres clients sirotaient leur café du matin, indifférent à la bonne humeur ambiante. Accoudé sur la table, Denzel ne quittait pas des yeux l’insigne du nouvel agent de police.
« Toi au moins, tu vas faire quelque chose de ta vie. »

« J’ai bossé pour ça. Quand on veut, on peut, c’est ce que je t’ai toujours dit. C’est pas parce qu’on a personne qu’on ne peut pas devenir quelqu’un. Et tu vas devenir quelqu’un Dee, j’en suis sûr. Tu vaux mieux que ce que tu crois. »

« Je t’ai toi. J’aurais pu rêver meilleur modèle, mais j’imagine que poulet, au fond, c’est pas si mal… »

Johnny se mit à rire, et Denzel l’imita. La bonne humeur de John Cairn l’irlandais était toujours communicative, on ne pouvait rien y faire. Dee le connaissait depuis des années, John l’avait pratiquement pris en charge, veillant sur lui dans la rue. Le gosse le voyait comme un grand frère, un ami, et il n’attendait que le jour où il pourrait lui rendre la pareille…


* * *


Denzel Cage se réveilla en sursaut. Il resta de longues secondes assis dans un lit inconnu, haletant, avant que les souvenirs des derniers évènements n’assaillent sa conscience comme une charge de Huns trop enthousiastes. Il voulut se passa une main sur le visage –la main même qui avait reçu la balle- et s’aperçut avec stupeur qu’elle ne lui faisait pas aussi mal qu’il s’y serait attendu. La plaie avait été soignée, et l’acteur se demanda brièvement comment avant de voir Tom, endormit sur le lit d’â côté. Le jeune mutant avait dû utiliser son don de guérison. C’était bien la capacité dont il était doté, non ? Il avait fait du bon travail. Amusé, Cage songea à l’empressement dont avait dû faire preuve le garçon pour l’aider, et il se sentit naturellement reconnaissant. L’espace d’une pensée, il se surprit à se dire que la mutanité n’était pas qu’une mauvaise énergie. Qu’elle pouvait se révéler sous d’autres aspects, des aspects bénéfiques, comme le pouvoir de Tom et, surtout, l’usage qu’il avait décidé d’en faire. Et lui, Denzel, pouvait sauver des vies. Mais loin de lui apporter du réconfort, cette constatation ne lui arracha qu’une grimace amère. Tout cela arrivait trop tard. Trop tard pour Johnny, et trop tard pour lui.

Décidant de se lever, Denzel fit quelques pas dans la chambre du motel que ses compagnons avaient choisi, et fit un rapide passage dans l’étroite salle de bain attenante. Elle était pourvue du strict minimum, et plutôt vétustes, mais au moins elle semblait propre. C’était loin des standings passés de l’acteur, mais il n’avait pas pris de douche depuis ce qui lui semblait une éternité. Une fois sortit de la cabine, il se sécha rapidement et enfila l’unique peignoir des lieux. La peluche était usée, la couleur verte ternie par le temps et il lui arrivait presque au-dessus des genoux, mais il n’avait pas envie de renfiler ses vêtements poussiéreux. Songeant qu’il lui faudrait bientôt se pourvoir à nouveau en nécessaire de base, il se contenta d’enfiler ses chaussures et revint dans la chambre. Tom dormait toujours, et il ne vit nulle trace de Caliban. Amy dormait, comme Tom et décidant de les laisser se reposer et désireux de prendre l’air, Cage sortir de la pièce et traversa le couloir au papier peint jauni pour déboucher à l’air libre. Il inspira à pleins poumons, se dit brièvement que ce n’était pas si mal de ne pas être mort compte tenu des évènements, et il se demanda ce qui avait bien pu se passer après qu’il ait tourné de l’œil. Les types avaient du s’enfuir, guère courageux. Pas plus que lui, songea amèrement l’acteur, honteux de s’être ainsi fait mettre au tapis. Mais il n’était pas habitué à se faire tiré dessus et, une fois de plus, son pouvoir avait agi sans lui demander la permission.

Denzel resta quelques minutes debout devant la porte du motel, savourant la tranquillité de la nuit. Il devait être aux alentours de trois heures du matin, et aucun bruit ne se faisait entendre dans les environs. Afin de se dégourdir les jambes, il fit quelques pas le long de la façade et aperçu les motos des autres parqués non loin, près d’une entrée secondaire. C’est là qu’il trouva Caliban. La jeune femme était vêtue d’une simple grande chemise et était assise aux côtés de son véhicule. Elle tremblait ; Denzel n’aurait pas su dire si c’était de froid, car la température était agréable la nuit, ou pour autre chose. Il se demanda si c’était à cause de sa maladie. Ignorant tout de la fureur vengeresse de la mutante, il se demandait ce qui pouvait la mettre dans un tel état. Mais on ne pouvait pas se montrer aussi fort en permanence. N’ayant pas envie qu’elle se sente surpris dans un moment de faiblesse, Denzel fit assez de bruit pour qu’elle l’entend arriver, et il vint s’asseoir à côté d’elle, un sourire hésitant sur les lèvres :

« Vous n’arrivez pas à dormir ? Il s’est passé beaucoup de choses, aujourd’hui. Je suis… heu, désolé pour ce qui est arrivé. Je n’ai pas pu m’empêcher de réagir. C’est comme ça que mes capacités fonctionnent, à l’instinct. J’espère qu’il n’y a pas eu de problèmes ensuite. Merci de m’avoir transporté ici. Votre ami Tom est vraiment très doué. »

Denzel fit passer sa main dans le rais de lumière de l’unique lampadaire des environs, toujours aussi stupéfait de la retrouver en si bon état. Puis il contempla longuement Caliban, ne sachant pas trop quoi dire, ni si elle avait envie de parler.

« Vous voulez peut-être être seule ? »

Il entoura ses genoux de ses mains, se sentant vaguement ridicule dans le vieux peignoir trop petit du motel, et laissa son regard se perdre dans la nuit, ne disant plus rien. Il attendait, tout simplement. Il ne savait seulement pas quoi.


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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Dim 30 Aoû - 18:38

Caliban ne fût guère étonnée de voir Denzel la rejoindre après quelques dizaines de minutes, et ce sans savoir réellement pourquoi. Ils se connaissaient pourtant depuis peu de temps, trop peu pour que la jeune femme ait pu prédire son comportement, mais elle avait deviné que si quelqu'un se lèverait en plein milieu de la nuit hormis elle, ce serait lui. Tom étant épuisé après les soins donné à l'acteur avait dû tomber rapidement dans un profond sommeil, et Amy dormait toujours comme un bébé, aussi il y avait peu de chances qu'eux se soient levés.

Toujours est-il qu'ils étaient maintenant deux à ne pas trouver un repos rassérénant et sûrement mérité. Deux âmes un peu perdues qui se demandaient vers quoi ils allaient. Il y a peut-être un siècle de cela, Churchill disait "Plus on voit loin derrière soi, et plus on voit loin devant soi". Pourtant en ces troubles instants, Caliban avait beau regarder très loin derrière elle, son avenir demeurait toujours aussi incertain et obscur. Et ce qu'elle devenait ne collait vraiment pas avec ce qu'elle avait été autrefois, c'est à dire une jeune fille joyeuse et innocente croquant la vie à pleines dents, un peu comme Amy. Ce soir elle n'était pas joyeuse, encore moins innocente, et elle avait l'impression de devenir insensibles aux choses. C'était désagréable de se dire ça au moment où elle avait décidé de faire quelque chose de beau avec le temps qu'il lui restait à vivre. Il faudrait vraiment qu'elle fasse une grande introspection sur elle-même, une fois le voyage vers l'école de mutants terminé.

Dee ignorait certainement tout du malaise de la jeune femme assise à côté de lui, et c'était mieux comme ça. Caliban aimait à donner une certaine image d'elle, tout autant qu'elle n'aimait pas qu'on veuille la couver ou la surprotéger sous prétexte qu'elle était faible. D'ailleurs elle n'était pas faible du tout, du moins elle voulait se montrer forte tout le temps, et que ces moments de faiblesse soient tûs, sans doute la petite touche de fierté des Maoris qui ressurgissait dans ces moments. Elle ne se laisserait pas aller si facilement.

Tandis que Denzel se confondait en excuses puis en compliments à son égard et celui de la petite troupe qui la suivait constamment, Caliban ne pût réprimer un mince sourire, malgré ses tremblements incontrôlables. Il remerciait pour quelque chose qui semblait naturel aux yeux de la néo-zélandaise. Comment auraient-ils pu l'abandonner à son sort alors qu'il avait eu besoin d'eux? Après tout ce ne serait que la seconde fois que le trio venait en aide à Dee, et en y réfléchissant un peu, il avait lui-même sauvé deux fois Caliban. Celle-ci mima un geste de la main signifiant "laisse tomber les excuses", puis s'exprima.

"Laisse tomber. Tu m'as aidé par deux fois, tout comme nous l'avons fait. On est quittes... Pour un temps du moins."
Le tutoiement s'était naturellement imposé. Il faut dire que Denzel et Caliban avaient vécu une journée suffisamment riche en évènement, bons ou moins bons d'ailleurs, pour pouvoir passer à une étape supérieure dans leur relation. Ils n'étaient plus deux inconnus marchant dans la même direction, ils étaient deux personnes redevables l'une envers l'autre. Ce genre de choses force naturellement une certaine amitié, bien que le mot soit encore un peu fort pour décrire cette relation inattendue.

Toutefois cela ne voulait absolument pas dire qu'à partir de maintenant, Caliban allait montrer sa faiblesse à Dee. Elle ne le faisait déjà pas avec Amy et Tom qui pourtant la suivait depuis déjà un certain temps, alors avec une personne que l'on connait depuis une journée à peine...

Ayant peut-être senti une réticence à sa présence de la part de Caliban, Denzel proposa de la laisser seule. Elle grelottait comme si il faisait une température négative, souffrait silencieusement le martyr, et n'arrivait pas à dormir, une présence était donc toujours la bienvenue.

"Tu peux rester... Si tu n'as vraiment pas sommeil. Je m'en voudrais d'être la raison qui t'empêche de dormir."
C'est ce qu'elle répondit presque sans ironie. Quelques secondes plus tard, elle laissa sortir d'entre ses lèvres un petit rire, s'étant rendue compte de la double interprétation de sa dernière réplique. Alors elle corrigea
"... Pas dans le sens pervers de la chose, évidemment. Autrement je ne m'en voudrais pas du tout."
Caliban s'étonnait presque d'avoir encore la force de faire de l'humour, malgré les circonstances peu propices aux grands éclats de rire. D'autant plus que si elle se mettait à rire à grands éclats, là elle allait souffrir et pas qu'un peu. Mais dans le petit moment détendu qu'ils passaient, elle ne pensait même pas aux douloureuses conséquences d'un fou-rire. Preuve que son moral n'allait pas si mal que ça dans le fond.

Pour autant, Caliban ne savait pas trop quoi dire pour partir une conversation. Elle n'était pas très habituée à parler pour dire des futilités ou des choses de peu d'intérêt, et meubler les moments de silence n'était pas son point fort. Elle resta plusieurs minutes à se demander quoi pouvoir dire... Avant de tomber dans le summum de la banalité. Elle s'en serait donnée des gifles. Que voulez-vous, le stress...

"... Tu as une petite-amie?"
Caliban secoua brièvement la tête dans un signe de négation, avant de l'enfouir entre ses bras. Si elle avait été une taupe, elle aurait creuser sur le champ un terrier bien profond pour s'y cacher, tant elle se sentait ridicule et superficielle d'avoir posé une question pareille. Le summum de la niaiserie made in Caliban Love...
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mar 1 Sep - 2:49

Au moins, elle ne le chassa pas. Denzel en fut soulagé. Il n’aurait vraiment pas voulu la perturber, la troubler alors qu’elle aurait eu besoin de reprendre ses esprits. Elle le tutoya, ce qui ne gêna pas l’acteur, qui avait depuis longtemps renoncé aux marques de politesse auxquelles son job l’avait habitué. Il était même plutôt content que cela semble si naturel entre Caliban et elle. Caliban qui était redevenu la femme forte et inébranlable qu’il avait rencontrée quelques heures auparavant dans le désert de roches. La jeune fille fragile qu’il avait aperçue juste un instant, tremblant dans sa chemise trop grand pour elle, avait disparu aussitôt qu’il s’était manifesté. Denzel respectait Caliban et la force dont elle faisait preuve, mais il se demandait si, un jour, à force de ne jamais se laisser aller, cette manière de faire ne finirait pas par rendre les choses pires, encore plus difficiles qu’elles ne l’étaient déjà. Mais pour l’instant, Denzel décida de ne pas en parler, de ne pas y penser, même. Et de simplement s’asseoir à côté de Caliban Love, cette femme qui lui avait sauvé la vie au moins autant de fois qu’il avait sauvé la sienne. Et tout cela dans la même journée. Comme quoi, il y en a avaient de plus remplies que d’autres. Avec une journée pareille, on aurait facilement pu ouvrir une petite piscine.

Denzel resta quelques instants silencieux, se demandant si la femme avait envie de parler ou non, mais ce fut elle qui finit par briser le silence un peu gêné qui s’était instauré entre eux. La question qu’elle posa à Dee lui apparut comme tellement inattendue que ses yeux s’écarquillèrent tandis que les neurones qui s’agitaient derrière essayaient de déterminer si l’homme avait bien entendu ce qu’il avait entendu. C’était bien là l’un des derniers sujets de conversation qu’il aurait imaginé sortir de la bouche de Caliban Love, surtout après une journée pareille. Sans doute dut-elle se dire la même chose, car elle parut aussitôt très gênée, comme une gamine prise en faute. Sur le coup, Denzel ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire, et il souriait toujours lorsqu’il répondit enfin à Caliban :

« Je ne me moque pas de toi, ne t’inquiète pas. C’est juste que… étant donné les circonstances, tout ce qui s’est passé aujourd’hui et tous ces trucs de mutants… une question aussi banale m’a surpris. Mais quelque part, je me dis que c’est bon de savoir qu’on est encore capable de se laisser aller à converser comme ça après une journée pareille. Mutants, mais humains avant tout, tu ne crois pas ? »

Il lui sourit à nouveau, cette fois avec plus de douceur, et une ombre de mélancolie voila les traits de l’acteur quand il continua :

« Oui, j’ai une petite amie. » Devant la réaction de Caliban, il s’empressa d’ajouter : «Du moins c’est ce que je réponds à chaque fois que l’on me pose cette question. Du moins, je le faisais quand j’étais encore dans la course à Hollywood, avant qu’on ne me voit sauter dans la Tamise branchies à l’air. Entre les journalistes, les fans et les groupies qui étaient prêtes à tout pour être la fameuse petite amie en question, j’ai fini par trouver que c’était plus simple de toujours répondre par l’affirmative. Bien sûr, de nombreuses fois où j’ai répondu ainsi, je n’avais personne, et donc personne ne s’affichait à mes côtés sur les couvertures des magazines peoples. Mais ça donnait vie aux rumeurs, on parlait de moi, et comme on parlait de moi mes producteurs étaient contents. »

Il leva la tête pour regarder le ciel, d’un noir d’encre où quelques étoiles pouvaient être aperçues, et il parla à nouveau, autant pour répondre à son interlocutrice que pour lui-même :

« Bien sûr, j’ai eu des petites amies. A vrai dire, j’ai presque toujours eu une fille dans mon lit. Le prestige d’une carrière comme la mienne. Il suffisait de se pencher pour les ramasser ; pardonne l’expression peu flatteuse… pour elle comme pour moi. Au fond, j’ai eu très peu de réelles petites amies. Celles que j’ai aimées, je n’ai jamais su les aimer longtemps, ou elles se sont vite lassées de l’homme que je suis. J’aime les femmes, je n’ai jamais pu vivre sans elle, et je les ai toujours respectées. Seulement, j’aimais trop les femmes pour devoir n’en garder qu’une seule… Je crois qu’au final, ma relation avec les femmes fait que j’aurais toujours besoin d’elle sans jamais arriver à m’en contenter d’une. Ou alors, c’est que je n’ai pas encore trouvé celle qui me fera oublier les deux milliards d’autres femmes de la planète… »

Il eut un petit rire, qui parut triste l’espace d’une seconde, et il vit que Caliban frissonnait à nouveau. Il faisait froid la nuit dans les Badlands. Le peignoir de Dee lui arrivait peut-être au-dessus des genoux, mais il était quand même trop large pour lui. Se demandant quel homme à la stature bien étrange avait servi de modèle pour les peignoirs standards du motel, il ouvrit le sien et en passa une partie autour des épaules de Caliban pour qu’ils profitent tous les deux de son faible réconfort face à la fraîcheur de la nuit.

« Je ne voudrais pas que ma sauveuse attrape un rhume ! Alors non, pour répondre à ta question, non, je n’ai pas de petite amie. Je commence même à me demander si j’en ai jamais eue. » Il se passa une main dans les cheveux, comme pris d’une pensée soudaine, et croisa à nouveau les yeux de sa compagne :

« Et toi, Cali, j’imagine… j’imagine que ça a dû toujours être difficile de laisser entrer un homme dans ta vie. »


Denzel s’en voulut aussitôt de la référence à la maladie de la jeune femme, et espéra qu’elle n’allait pas s’en offusquer. Mais il s’était laissé prendre au jeu de la conversation, et les mots avaient jaillis avant même que la langue se mette au garde-à-vous. Il se demandait aussi si elle avait remarqué qu’il l’avait appelée Cali. Il l’avait fait naturellement, sans s’en rendre compte, et il espérait que Caliban ne s’offusquerait pas de cela non plus, pour ajouter aux malheurs du maladroit acteur…

« Pardon, je… j’espère que je n’ai rien dit de déplacé. Il semblerait que nous soyons destinés à passer notre temps à nous sauver la vie, alors j’imagine que… et bien, que j’avais envie que tu me parles un peu de ta vie… »

Dee finit par se taire, serré contre Caliban dans le peignoir trop large. Tout autour d’eux, la nuit continuait son règne silencieux, et Denzel Cage ne pouvait s’empêcher de penser que le destin, s’il existait bien, pouvait se montrer parfois bien étrange…
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Dim 6 Sep - 22:33

Caliban était gênée de sa question malvenue tout autant qu'elle fût gênée d'entendre une réponse. C'était près d'être inconcevable de sa part, de poser des questions d'une nature aussi intime surtout quand elle-même ne se confiait que très peu... Voire jamais selon le point de vue. D'aucun lui auraient dit cela au moment où elle se planquait bien confortablement derrière ses habitudes d'être une vraie tombe. Alors c'était gênant d'écouter une confession qu'au fond, elle n'était pas sûre d'avoir souhaitée entendre. Ou alors c'était Denzel qui en disait trop long sur lui, tandis qu'elle craignait de ne pas avoir autant à lui offrir... Correction: de ne pas vouloir lui en offrir autant. Amis certes, mais il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin et trop vite.
"C'était... Instructif."
Conclût-elle après les explications de Dee. Juste avant qu'il ne tente un semblant d'approche romanesque, sans doute inspirée d'un de ses films. Le coup du peignoir que l'on ouvre à demi pour le partager avec la jeune second-rôle du film, c'était sûrement un truc de cinéma, obligé... Caliban se laissa alors envelopper de la couche supplémentaire de tissu, sans montrer ni résistance, ni réceptivité à ce geste. Il en fallait tout de même un peu plus pour qu'elle tombe raide dingue dans ses bras et qu'il puisse l'affubler d'un de ces petits noms ridicules. La jeune néo-zélandaise le remercia cependant d'un bref sourire.

Vint alors la catastrophe tant attendue: Denzel jugea opportun de faire dévier l'interrogatoire vers la petite personne de Caliban, lui renvoyant la balle avec la précision d'un tennisman. Caliban l'avait sentie arriver cette répartie, elle se trouvait maintenant au pied du mur et obligée soit de répondre à la question posée, soit de trouver une échappatoire rapide et qui ne mette pas fin à tout possibilité de discussion courtoise. Dur... Quoique elle pouvait se contenter d'une version courte et ainsi remettre cette future grande discussion - un bien grand mot pour parler d'un long monologue intitulé "Caliban Love, les chroniques d'une âme endolorie" qui ferait certainement sortir les mouchoirs à ce pauvre Denzel qui n'en espérait pas tant, lui non-plus- . A charge de revanche, comme il est d'usage de dire.

"Pour faire court... Ma plus longue histoire à durée environ une semaine."
Et voila c'était terminé, baissez les rideaux il n'y a plus rien à voir! Caliban se revêtit bien plus vite qu'elle ne se déshabille, dans le sens imagé évidemment. Bon quand même, il ne fallait pas qu'elle soit chienne avec le pauvre Dee, alors elle ajouta une brève explication à sa réponse.
"Que veux-tu, je voyage tout le temps..."
Il était vrai que Caliban esquivait avec habileté le sujet sensible -sa maladie, bien sûr, peut être aussi son passé d'actrice porno-, mais Dee n'y verrait sans doute pas que du feu. Malin comme il semblait l'être, il se douterait bien que les vraies raisons d'une absence masculine dans la vie affective de Caliban n'était pas simplement dûe aux nombreux voyages de cette dernière. Aussi était-il condamné à devoir se contenter de ce "peu" d'explications pour l'instant. sans doute que s'ils se fréquentaient davantage elle finirait par se livrer davantage et avec plus de légèreté sur le sujet. Pour le moment elle n'en avait pas envie.

Un pesant silence s'installa à nouveau entre les deux jeunes gens, aussi frais que la fraîcheur de la nuit dans les badlands. Pour ne pas rester sur la mauvaise impression qu'elle devait donner à l'acteur, la jeune femme envoya une seconde tentative d'accroche pour que la discussion se prolonge.

"C'est bizarre oui, ce destin... Du jour au lendemain, on doit prendre de nouvelles décisions, de nouveaux horizons s'élèvent devant nos yeux... Tu n'as pas cette impression d'être une grande faiblesse face à tout ce qui se déroule? Ou alors, d'être comme un acteur passif de tout ce spectacle, qui n'arrive pas à agir sur ton destin?"
Séquence existentialiste lancée. Au moins c'était un sujet sur lequel elle pouvait parler et livrer ses propres impressions, avec bien moins de gêne que quand il s'agissait de parler d'elle-même.
"C'est l'impression que j'ai... Que j'ai beau essayer de prendre ma vie en main, rien n'y fait et rien ne change. Le monde ne tourne pas. Ou alors pas en ma faveur, pas selon la direction que je veux donner à ma vie. C'est frustrant..."
Le regard de Caliban se ternit légèrement tout comme ses pensées se teintait de cette angoisse des lendemains inconnus qu'on ne sait pas comment affronter. Bien sûr la jeune femme pensait à sa maladie et à sa durée de vie qui s'étiolait, mais d'une façon plus terre à terre, au lendemain en tant que tel. Heureusement qu'il y avait quelques espoirs qui se profilait à l'horizon, comme cette école où Amy voulait aller. Peut-être qu'une fois là bas Caliban trouverait une nouvelle façon d'aborder tout cela. Elle l'espérait vivement.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Lun 14 Sep - 20:12

Dee pesa longuement les paroles de la jeune femme, les tournant et les retournant dans sa tête. Il ressentait un besoin impérieux de la comprendre, de la cerner, qu’il ne s’expliquait pas. Mais il savait également qu’elle n’était pas une personne à brusquer. La harceler de questions était donc à éviter, d’autant plus que Denzel n’en avait pas envie. Il souhait simplement rester là, à parler –ou même à ne rien dire- laissant Caliban se dévoiler elle-même au rythme qu’elle souhaitait. Si elle le souhaitait. Si l’on mettait de côté le fait qu’ils se soient mutuellement sauvés la vie –ce qui, mine de rien, y était déjà pour beaucoup- Cage n’avait aucune idée de ce qui le poussait autant à se rapprocher de Caliban. De créer un lien. Peut-être n’en avait-il pas tissé depuis bien trop longtemps. Le temps d’une vie au sommet, parcourue de liens dorés mais qui se déliaient à la moindre occasion, des liens factices dont un magicien n’aurait pas voulu pour le plus minable de ses tours.

Le destin. La fatalité. Des notions auxquelles notre homme n’avait jamais accordé d’importance. Il s’était battu, avait travaillé dur pour arriver à se faire une place dans ce monde, et jamais il n’avait songé faire partie d’une œuvre plus grande dont tous les engrenages auraient tournés dans le sens d’un destin aussi ineffable qu’immuable. Il ne l’aurait même jamais accepté. Il aurait argué qu’un homme restait maître de son destin, qu’il le créait lui-même. Mais après sa chute du monde solaire au monde de l’ombre et les évènements improbables en cascade des derniers mois, il n’en était plus si sûr. Même son pouvoir, une partie de lui, il était incapable de le contrôler. Et il finissait toujours par se manifester parce qu’où que Denzel aille, il y avait toujours quelqu’un à sauver, qu’il l veuille ou non. Et il n’était pas sûr de ce qu’il voulait. Jouer les super-héros n’était surement pas au sommet de sa liste. Il ne pouvait pas. N’en avait pas l’étoffe. Et puis il y avait maintenant Caliban. Qui, comme lui, n’avait aucun contrôle sur cette partie d’elle-même qui en faisait une mutante, et ce avec des conséquences bien plus terribles que tout ce que Denzel aurait pu imaginer. Une femme qu’il ne pouvait même pas sauver. Il se demandait, depuis qu’elle lui avait parlé du mal qui la rongeait, s’il aurait pu faire quelque chose avec son pouvoir, une fois contrôlé.

Mais il refusait d’y songer plus que nécessaire, du moins pour l’instant. Il n’était pas capable de sauver qui que ce soit. Les vies sauvées depuis la découverte de sa mutanité ne l’avaient pas été par lui, mais par son pouvoir. Il n’avait jamais consciemment décidé de les sauver. Ca ne comptait pas. Il n’était pas assez fort. Et il y avait des souvenirs qui se réveillaient, des souvenirs qu’il avait réussi à enfouir profondément sous l’éclat de sa carrière.

« Pour être sincère, je ne pense pas avoir le moindre contrôle de ma vie depuis quelques temps. C’est terrible comme tout peut basculer en l’espace d’une journée, d’une seule action. Le matin, tu es une star adulée qui assiste à son énième cocktail, le soir, tu es un mutant craint et recherché, obligé de fuir l’œuvre de toute une vie. Pour sauver d’autres vies, des vies inconnues sur lequel je n’ai même pas la possibilité consciente d’intervenir : ce pouvoir, cette partie de moi, choisit. Moi, je ne fais que la subir. C’est exactement ce que nous sommes : des acteurs passifs de cette vie qui se déroule autour de nous. J’ai joué dessus toute ma vie, j’en ai fait mon succès, j’ai cru la maîtriser, mais je rêvais. Le destin, où ce que tu veux que ce soit, m’a rappelé que je n’avais aucun contrôle. Que nous n’étions que de petites fourmis aveugles qui s’écrions « Hé ! » quand le destin nous bouscule, nous écrase, et que nous nous relevons ensuite des idées de révolte plein la tête pour reprendre exactement le chemin qui nous avait été tracé depuis toujours. »

Denzel avait maintenant un air dépité, et au fond de ses yeux luisait un fond de colère qu’il avait cru depuis longtemps éteinte. Sous le peignoir, il serra les poings :

« Je ne suis même pas capable de dominer une partie de moi-même. Ce n’est pas moi qui sauve des vies, c’est ce don incontrôlable. Je n’ai jamais demandé ça, je n’ai jamais voulu ça ! Je n’en suis pas digne ! »


Il avait soudain élevé la voix et, s’en rendit compte, sourit d’un air penaud tandis qu’il regardait Caliban :

« Je suis désolé, je me suis laissé emporter. Mais c’est ce que je pense maintenant, au plus profond de moi-même. Quelque part, nous sommes tous ces petites fourmis : tout ce qu’on fait sert un dessein plus grand, même si on est persuadés d’agir pour notre compte. Quitte à nous piétiner. »

Il cligna longuement des yeux, et desserra l’un de ses poings pour que sa main vienne le masser vivement entre les deux yeux, comme s’il avait voulu se réveiller d’un rêve sans fin. Puis il croisa à nouveau le regard de Caliban, cette femme si mystérieuse, si forte et pourtant si fatalement fragile.

« Mais ce n’est rien comparé à ce que le destin t’a joué comme tour. Comment fais-tu pour rester aussi maîtresse de toi, aussi fort ? Je suis acteur, et un bon, ça je le sais, alors je sais pertinemment que tu joues un rôle pour cacher cette souffrance. Mais ta force doit être incroyable pour ne pas avoir craqué. Pour se relever, et toujours continuer. »


Puis il se tut, laissant le silence des rocheuses les envelopper au même titre que la nuit. Au loin, sur la route, un énième camion transportait son précieux chargement, ses feux éclairant un instant la façade du motel avant de disparaître loin, loin, emportés par leur destin…

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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Lun 21 Sep - 20:03

Caliban resta attentive au discours que tenait Dee malgré qu'elle ne le regardait pas toujours, laissant parfois son regard divaguer sur les rares véhicules passant sur la route proche. D'un côté, elle comprenait l'acteur dans sa démarche de pensée, car elle avait elle aussi un côté très "déférent" envers le destin. C'était un héritage de sa culture Maori, selon laquelle les forces intrinsèques de ce monde étaient impossible à défaire et qu'il valait mieux faire avec ce que la vie vous envoyait comme cadeau, dusse t'il être empoisonné.
Mais d'un autre côté, Caliban ne pouvait décemment accepter de toujours plier l'échine face au destin. Elle était jeune avec l'impétuosité qui caractérise la jeunesse, et de plus son temps était compté. Elle ne pouvait donc pas se contenter de ce que la vie lui apportait, elle avait un tas de choses à faire et le chronomètre au dessus de sa tête ne lui laissait pas le temps de subir le destin. Elle devait devenir maîtresse de sa vie avant de ne plus avoir de vie, tout simplement. Pas d'autre solution possible.
Quant à savoir si ils étaient dignes de la vie qu'ils avaient eu par la force des choses, Caliban ne se posait pas la question. Ils étaient mutants, c'était cette destinée immuable qui en avait voulu ainsi, alors autant se contenter de l'assumer et de faire avec ces dons. C'était toujours mieux que de fuir ce que d'aucun appelleraient une "fatalité". De plus Dee, Caliban et sa bande avaient la chance d'avoir un point de chute à court terme, même si ensuite il faudrait recommencer à errer à la recherche d'une "voie", une façon de meubler le temps. Mais c'était mieux que rien.

Denzel s'aventura ensuite encore une fois sur le terrain abruptement pentu et glissant qu'était le sujet de conversation "La vie de Caliban". Celle ci pouvait au moins lui reconnaitre une opiniâtreté certaine, car ça faisait deux fois qu'il tentait d'aborder le sujet, et la réponse anti-conversation de Caliban ne semblait pas l'avoir freiné dans son désir d'approfondir ses connaissances à son sujet. Caliban n'aimait pas la curiosité surtout quand c'était elle-même la cible de tant d'intérêt porté sur sa personne. Elle faisait de son mieux pour éviter de se révéler, de parler d'elle, esquivant avec une habileté certaine toute question ou toute confidence... Mais il fallait croire que Dee avait une curiosité très ou trop développée à son sujet. Le truc c'est qu'il n'y avait réellement pas grand chose à savoir, la vie avait simplement fait de Caliban une écorchée vive et elle tâchait de vivre avec le poids de son lourd fardeau aussi bien que c'était possible de le faire. Là aussi, que faire de plus, que faire de mieux?

"Il n'y a pas de rôle ou quoi que ce soit. Tu crois quoi, que mon attitude "normale" devrait être de m'apitoyer sans cesse sur mon sort, quelque chose comme ça ? Ce n'est pas dans ma nature, et si c'était le cas je ne serai même pas ici pour tenir cette conversation. Oui, les médecins me recommandaient de rester chez moi, de ne pas trop quitter ma chambre, mon lit, mais ce n'est pas une vie. Non, ce n'est pas ma vie et ce que je veux en faire. J'ai vingt et un ans, on m'a donné une espérance de vie maximum de vingt-six ou vingt-sept ans, alors je devrais faire quoi, attendre bien sagement que les années passent, laisser filer mes rêves et le semblant de vie dont je dispose encore ? Hors de question. J'ai décidé il y a longtemps de ne pas me laisser entraver ma liberté par ma maladie, et c'est ce qui m'a mené ici."
Caliban reprit son souffle et un peu de calme car faire ce discours avait réveillé une vieille rage en son giron, la rage de vivre "normalement" tout simplement. S'étant reprise elle compléta sa réponse.
"On n'a qu'une seule vie, et j'ai décidé de ne pas gâcher la mienne. Je me tiens debout et fière, et ça me coûte beaucoup, mais je suis debout. J'espère avoir encore longtemps assez de hargne et de vie en moi pour pouvoir rester debout jusqu'au bout. Tu sais, je crois que si un jour je devais baisser les bras, ça signifiera que cette étincelle de vie qui m'anime m'aura définitivement quittée. Je serai morte avant de l'être réellement. C'est mon combat personnel, et je ne peux pas le perdre si je veux rester en vie."
La néo-zélandaise aurait put pleurer si ses yeux n'étaient pas secs depuis longtemps. Elle avait déjà trop pleurée quand elle était plus jeune et qu'elle n'avait pas les reins assez solides pour encaisser, mais le temps avait fait en sorte qu'elle se créée sa propre carapace pour ne pas plier. De toute évidence personne ne pouvait comprendre le quart de ce qu'elle ressentait, et pas seulement en terme de douleur physique. Le fait d'être condamné ou de vivre avec une épée de Damoclès et un chronomètre au dessus de la tête, et être incapable d'arrêter le temps. Mais cela ne voulait pas dire qu'il fallait se laisser aller et larmoyer indéfiniment sur son sort. La vie n'attendait pas les retardataires.

"Pourquoi tu t'intéresses autant à moi, Denzel ? Tu voudrais jouer le rôle du chevalier protecteur avec moi, c'est ça ?"
Dit-elle avec un sourire amusé qu'elle avait encore assez de force pour produire. A vrai dire le comportement du jeune homme ne lui était pas inconnu, car bon nombre d'hommes avaient tentés de jouer les protecteurs avec elle, et elle en avait repoussé la totalité, rétorquant à chaque fois qu'elle était assez forte pour se supporter elle-même, sans avoir besoin d'une béquille. C'était assez méchant à dire, mais ça exprimait bien sa volonté de combattre seule. Mais Dee était le premier à pousser le bouchon aussi loin, aussi elle se demandait qu'elles motivations il pouvait bien avoir en tête.
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Ven 25 Sep - 18:54

Denzel avait regretté sa question alors même qu’il n’avait encore pas fini de la poser. Les mots étaient sortis tout seul, comme une phrase type bien huilée par des années de jeu sous les projecteurs. Il s’en voulait d’avoir utilisé ces mots, et il ne fut pas étonné de voir Caliban s’en offusquer. Il ne sut quoi dire pour sa défense –il n’y avait rien à dire de toute façon- et la laissa continuer. Lorsqu’elle eut fini de parler, il ne savait pas trop comment s’y prendre pour relancer la conversation sans aggraver son cas. Il se passa une main sur le visage, comme pour y arracher des idées, et se fendit d’un timide sourire d’excuse à l’égard de son interlocutrice :

« Je… Ca n’est pas comme ça que je voyais les choses. Je suis désolé, je crois que je me suis… mal exprimé. C’est évident, lorsqu’on te regarde, que tu n’es pas aussi forte à cause de ta maladie. J’aime à penser- et je ne crois pas me tromper- que tu aurais été aussi fort, aussi énergique si tu avais été pétante de santé. Je pense que l’épreuve que tu vis n’a fait qu’exacerber ton envie de vivre ta vie sans regrets, ce qui est tout à fait légitime. Comme tu le dis, tu as refusé de laisser cette saloperie entraver ta liberté. Je n’oserai jamais ne serait-ce que prétendre savoir ce que tu ressens, ce serait totalement faux. Tu ne joues pas un rôle vis-à-vis de ce que tu es. Comme je te l’ai dit, tu aurais la même Caliban sans ce fléau. Peut-être pas au niveau des expériences, des actions passées, mais tu aurais été une femme tout aussi fort et déterminée à vivre. »

Tout en parlant, Denzel se faisait du mal à penser qu’il parlait à quelqu’un de condamné. En parlant de son espérance de vie, la jeune femme n’avait fait que rendre ce fait plus réel encore et, bizarrement, plus improbable pour l’acteur. Il était venu de nulle part pour devenir une star, et il avait longtemps cru que tout serait éternel. Encore maintenant, il ne pouvait s’empêcher de penser que tout allait recommencer comme avant, qu’il retrouverait sa vie d’avant et que jamais plus elle ne s’arrêterait.

« Ce que je voulais dire… » reprit-il prudemment, pesant soigneusement chacun de ses mots dans sa tête avant de les laisser franchir ses lèvres. « Ce que je veux dire, c’est que si tu joues un rôle, c’est dans tes relations avec les autres. Tu ne te confie pas, tu ne t’investis pas auprès de nouvelles personnes. Parce que cela doit être horriblement difficile quand on sait qu’on devra les quitter bien trop vite, et que cela leur fera du mal. Mais je ne crois pas que tu t’imposes cela parce que ça te plaît. Mais parce que tu te dis que tu n’as pas le choix. Et c’est en cela que je vois un rôle. Et que je trouve d’autant plus admirable que tu tiennes le coup, que tu arrives à rester toi-même. On se connaît depuis, quoi ? Même pas une journée, mais je sais que tu es quelqu’un de fort. En ce moment, tu es la dernière personne que j’imaginerais prostrée dans un coin en laissant sa vie passer à côté. Et j’aimerais être aussi fort ; j’ai l’impression que la mienne me secoue dans tous les sens, et que je n’ai plus aucune prise sur ce que je vais en faire. »

Denzel se leva, laissant le peignoir à Caliban. Il ne portait plus maintenant qu’un vieux short de nuit, et il frissonna un instant dans la fraîcheur nocturne.

« Tout ça pour dire que je suis content de vous avoir rencontrés, tes amis et toi. Je n’ai peut-être pas plus de contrôle sur ma vie qu’avant, mais maintenant au moins je sais où aller. Du moins pour un temps. Ah, et le rôle de chevalier protecteur est bien le dernier des jeux que je m’imaginerais essayer, surtout avec toi. Si je m’intéresse à toi, c’est parce que tu es quelqu’un qu’on ne risque pas de rencontrer tous les jours au cours d’une vie. Sur ce, je crois que la fatigue s'est enfin rappelée de ma personne… »


Il s’inclina comiquement à l’adresse de la jeune femme, fit quelques pas vers l’entrée du motel et stoppa net avant de se retourner :

« Et parce que tu es ravissante en peignoir. »

Puis il pénétra dans le bâtiment en souriant. La conversation avait été courte mais très intense, et il aurait tout le loisir d’y réfléchir à tête reposée, le lendemain matin. Il espérait seulement qu’il y aurait du jus d’orange.
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Caliban Love
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MessageSujet: Re: [Dakota] Les Badlands et leurs merveilles... (pour Caliban)   Mer 30 Sep - 19:02

Dee n'avait donc pas que des talents dans l'art de la comédie, c'était aussi un pro des pirouettes acrobatiques oratoires. Avec ses répliques minutieusement réfléchies il s'était sorti d'un mauvais pas engagé au fil de leur discussion au clair de lune. Caliban ne s'en rendit compte qu'à la toute fin des paroles de Denzel, sa dernière phrase la faisant sourire. Quand il s'en fût allé, elle ne manqua pas d'ajouter un petit
"Idiot..."
prononcé tout bas, en même temps qu'un léger rougissement se prononçait sur son visage.

Quand l'acteur fût parti pour retourner se coucher, Caliban resta coi pendant un moment. A vrai dire les mots de Dee l'avaient touchée et chamboulée, et l'avaient mise au pied du mur. Il avait su voir assez profondément en elle, et quelque part ça la génait. Caliban pensait être suffisamment distante avec ses plus proches amis pour qu'ils ne pénètrent pas de cette façon dans son intimité, mais il avait suffit d'une journée en sa compagnie pour que Dee en sache beaucoup plus qu'Amy et Tom à son sujet. Pas beaucoup mais plutôt des choses plus essentielles. C'était troublant, sans doute d'autant plus qu'il n'avait raison. Caliban venait d'être percée à jour pour un point et cela la génait un peu.

Ce Dee se montrait décidément bien surprenant en de nombreux points, ce qui créait l'intérêt de la néo-zélandaise à son sujet. Elle était plus curieuse à son sujet même si elle s'efforça de chasser toute curiosité malvenue. Malgré elle et malgré ce qu'il avait dit, qu'elle ne s'attachait pas aux gens, elle avait une partie d'elle qui était désireuse d'en savoir plus sur cet homme qui avait su lire une partie d'elle que peu de personnes peuvent décoder. Cela n'avait rien à voir avec un intérêt plus physique, du moins pas encore car peut-être que cela viendrait. Mais cet homme qui lavait déjouée attirait maintenant toute sa curiosité.

La douleur physique de Caliban s'était un peu diminuée à la faveur de la nuit. A présent elle ne tremblait plus de douleur mais de froid, et le peignoir ne l'aidait guère à se tenir au chaud. Ce qui motiva la jeune femme à retourner à l'intérieur du veux motel pour se coucher. La nuit était déjà bien avançait et le réveil du lendemain n'en serait que plus difficile à chaque minute de sommeil qu'elle laisserait échapper. Caliban retourna donc dans la chambre louée par le quatuor et se glissa discrètement dans les draps du lit qu'elle partageait avec Amy. Une fois son corps ainsi cachée, elle ôta le peignoir qu'elle envoya en plein sur le visage de Dee, une façon de se venger pour ce qu'il avait dit à propos d'elle et de ce peignoir. Elle garda la grande chemise pour dormir, et après avoir remué quelques minutes dans le lit, le sommeil finit par prendre le pas sur la douleur et à la plonger dans les bras de Morphée.

La matinée du lendemain s'annonçait déjà compliquée à passer pour la jeune femme, qui manquerait à coup sûr de sommeil et aurait d'autant plus de mal à émmerger. Tout comme Denzel espérait un jus d'orange, Caliban quant à elle aurait un grand besoin de l'alliance magique caféine-codéine pour arriver à tenir debout.
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