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 Recrutement hors normes

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MessageSujet: Recrutement hors normes   Lun 6 Avr - 11:02

La première chose que fit Jordan en prenant place à son bureau fut de regarder son programme de journée, noté sur son agenda électronique. Restructurer du sol au plafond et redresser une société à deux doigts de la cessation de payement exigeait une attention constante dans des dizaines de directions à la fois, et représenter une somme de travail phénoménale au bout duquel il était impossible de parvenir sans une organisation irréprochable. C'est pourquoi l'agenda de Jordan avait beaucoup de pages pour chaque jour. La première était consacrée au programme de sa propre journée : rendez-vous, coups de téléphone à donner, lettre à rédiger, note de service à faire circuler, et autres joyeusetés du monde organisationnel des entreprises. Les autres pages concernaient des informations sur les activités du reste de l'entreprise, notamment destinations et rendez-vous des commerciaux, les activités importantes des responsables de départements, des clones importants comme les membres du KRIS, et ensuite venait les programmes des expérimentations de concepts novateurs et l'avancée des travaux pour les "chaînes de clonage". Cette dernière page était encore presque vide, car les topographes en étaient encore à prendre les mesures du terrain. Jordan avait joué de son charisme pour convaincre le conseil d'administration, et de son influence pour hâter au maximum la mise en application de cette nouvelle facette de l'entreprise. Cet agenda électronique était donc beaucoup plus qu'un agenda, et remplir une multitude d'autres fonctions, et il suivait Jordan partout où il allait depuis très longtemps. Certaines personnes ne pouvaient pas se passer de leur téléphone, d'autres de leur montre, pour Jordan c'était ce petit appareil de poche. Mais à la différence de ces gens ordinaires, ce n'était pour Jordan un penchant de dépendance lié à une faiblesse quelconque, il pouvait s'en passer et continuer à faire tourner le monde selon sa volonté sans cet accessoire. Seulement il s'y refusait, tout simplement, car il savait que sans cet outils d'organisation, son efficacité en pâtirait, pas beaucoup, mais suffisamment pour qu'il ne puisse plus être satisfait de son travail.

Jordan n'avait pas de problèmes de mémoire et se souvenait parfaitement des tâches à effectuer pour la journée, mais cet agenda lui permettait de les organiser de façon à optimiser l'utilisation du temps, et de ne pas perdre une seule minute en actions inutiles ou à tourner en rond à se demander que faire ensuite. Ce matin, il avait un rendez-vous avec une candidate pour un poste de recherche, dont le profil peu banal et plutôt atypique semblait intéressant. Rien qu'en lisant cette lettre en en examinant les données qu'elle y avait jointe, Jordan avait conclu que c'était une chercheuse compétente et efficace, pas feignante pour un sous, et avec un certain caractère. Tout cela méritait déjà son attention et il avait dont réfuté le refus du Bureau des Ressources Humaines pour la convoquer à un entretient qui confirmerait ou infirmerait ses déductions. Heureusement qu'il était tombé par hasard sur ce dossier qu'il n'aurait normalement pas dut voir.

Cette Amelia Jensen avait envoyé une autre lettre, en réponse à son invitation, afin de lui signifier qu'elle l'acceptait, ce dont il se doutait un peu. Généralement, quand on postule pour un emplois, surtout un emplois comme celui-là, on ne se désiste pas lorsqu'on reçoit une réponse positive. L'hélicoptère de l'@, partit la veille, devait donc amener cette jeune femme en fin de matinée. Il était certainement inhabituel que le directeur de la société, débordé comme personne, s'occupe de quelque chose d'aussi trivial que le recrutement d'une nouvelle scientifique, seulement il avait été sidéré par la façon de travailler de certaines personnes du Bureau du personnel, qui jetaient à peine un coup d'œil aux dossiers avant de les mettre sur la pile "à refuser" sous prétexte que la société n'avait pas de postes vacants, s'épargnant ainsi une bonne partie du travail pour lequel ils étaient payés. Là aussi, il y aurait du ménage à faire. Il faudrait faire changer la mentalité du personnel, ce qu'il allait s'employer à faire. Jordan avait un principe : dans chaque domaine, dans chaque branche, dans chaque spécialité, il voulait avoir les meilleurs employés possibles, depuis les responsables de départements jusqu'au technicien de surface qui nettoyait les quartiers résidentiels des clones. Ainsi, tous ces scientifiques patentés allaient bientôt apprendre qu'ils ne seraient plus protégés par leur ancienneté, seul le mérite leur permettrait de garder leur place. Si cette Amelia Jensen s'avérait compétente, alors elle serait embauchée, et le plus mauvais d'entre eux perdrait son travail pour le permettre. C'était ainsi que fonctionnait le monde, que ce soit au niveau des nations, du commerce, ou même des sentiments. Si l'Arobase voulait survivre à ce monde, elle se devait de fonctionner comme lui. Contrairement à d'autres, Jordan n'avait pas peur de faire ce qui était nécessaire, et les barrière de l'étique et politiquement correcte ne l'arrêtaient pas.

Jordan avait conscience que son implacabilité et son insensibilité pouvaient êtres peu rassurantes, et certains se sentiraient oppressés à force de travailler pour quelqu'un d'aussi froid et dur, c'est pourquoi il gardait des subordonnés plus compétents que lui dans ce domaine, des gens qui se chargeaient du côté humain des choses et qui adoucissaient les arrêtes tranchantes comme des rasoirs de ses décisions. Un certain équilibre était nécessaire pour tout aille bien.

Les heures suivantes passèrent tranquillement tandis qu'il s'occupait de faire son travail, de contacter des fournisseurs, d'écrire à des clients, de distribuer des ordres aux différents départements, et surtout de peaufiner les derniers détails du plan de restructuration qu'il était en train d'appliquer. Lorsqu'un animal aussi gros que l'Arobase faisait peau neuve pour soigner des blessures, il ne devait pas commettre d'erreur afin de ne pas laisser une plaie à vif. Comme toujours, il ne vit pas le temps passer, et c'est plus tôt qu'il ne s'y attentait que sa secrétaire lui annonça par téléphone que son rendez-vous était là. Il lui dit de le faire entrer et ferma le dossier sur lequel il travaillait lorsque la porte de son bureau s'ouvrit.
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Amelia Jensen
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   Mer 8 Avr - 1:44

Amelia s'était installé sommairement dans ses appartements temporaire, ne défaisant rien de plus que sa valise pour en sortir ses cours et notes de cours prises en trois langues différentes. Toutefois, elle préférait garder avec elle ses recherches présentes, on est jamais trop prudent après tout; on parlait tout de même de plusieurs années de recherches (considérant ses recherches à l'époque de ses maîtrises) et de résultats en voie de se montrer concluants. Théoriquement, la chercheuse sera fin prête à quitter la place et à se diriger vers son rendez-vous, toutefois, elle ne pu s'empêcher de se sentir un peu nerveuse. Ce n'était pas son premier entretient du genre et ce ne serait certainement pas le dernier considérant son rythme de vie; néanmoins, elle s'apprêtait à rencontrer le directeur général de l'Arobase, pas n'importe quel employé chargé de s'occuper de l'embaucha. Si connaissait-il suffisamment dans son domaine pour qu'elle puisse se permettre d'expliquer ses théories dans les moindres détails ou bien devrait-elle abréger? Déjà qu'elle détestait faire ce genre chose... c'était comme résumer... résumer ne décrit pas une histoire, elle ne fait que la survoler et ne dit rien sur le parcourt du héros ou bien de tout les moments passionnants de l'histoire. Il en allait de même pour ses recherches; les résumer n'expliquerait en rien les notes et détails pouvant tout faire changer en une fraction de seconde, ces petits points sombres et mystérieux que la chercheuse aimait à découvrir et qui pouvaient faire changer toutes ses théories en une fraction de seconde. Un résumé ne dévoilerait pas les heures et les nuits de recherches, il n'expliquerait pas les efforts des chercheurs et n'impliquerait pas tous les sacrifices faits au cours des dernières années par tout les participants ayant conduit aux résultats qu'elle tenait.

Enfin, la jeune chercheuse à triple nationalité pris un dernier moment à observer la vue de par sa fenêtre avant de réajuster ses lunettes du bout de son index et de son majeur. La vue était magnifique vue d'ici. Elle avait sous ses yeux une petite ville ressemblant quelque peu à une ville portuaire et pouvait voir l'étendu d'eau claire au loin qui reflétait allègrement les chauds rayons du soleil. Elle n'avait pas à être si nerveuse, elle n'aurait qu'à rester elle-même et à répondre aux questions que lui poserait monsieur Stee'leyn, ce n'était pas si compliquer. Si elle répondait par ce à quoi elle croyait, elle n'avait aucune raison de passer à côté de la plaque. Et puis, elle pourrait aisément sentir la nervosité arriver en elle... ça serait le moment où elle commencerait à mélanger ses langues. Avec ce genre de symptôme clair, elle pourrait facilement se remettre l'esprit en place avant qu'il ne soit trop tard. Un dernier coup d'œil vers la surface bleuté, puis Amelia sortie de la pièce, prenant bien soin de barrer la porte derrière elle.


* * *


Les pas de la scientifique raisonnaient dans les couloirs du Centre de Clonage de l'Arobase. Dans ces couloirs parcouru de temps à autre pendant cette période de la journée, la jeune femme ne manquait pas d'attirer l'attention. Considérant ses cheveux bleu mauve retenu hors de son visage par une pince abordant quelques plumes blanches ainsi que son sa robe mi-longue semblant emprunter à un musé anglais, il était difficile de ne pas tourner la tête une fraction de seconde. Ce genre de détails hors norme étaient parfaits pour confirmer le proverbe qu'il incarnait si aisément: l'habit ne fait pas le moine. Enfin, ne nous soucions pas trop des autres pour le moment et retournons à cette jeune femme portant une mallette antique avec elle. En effet, elle arrivait face à une secrétaire, dernier intermédiaire avant d'entrer dans le bureau du directeur général et de débuter son entretient. Cette dernière annonça par téléphone sa présence à l'homme que l'étrangère souhaitait rencontrer, puis lui fit signe d'entrer.

À ce moment, Amelia pris une dernière inspiration inaperçu avant d'entrer dans le bureau tant convoité. Avant de pénétrer plus loin dans la pièce, elle salua poliment Stee'leyn d'un signe de tête, puis referma la porte derrière elle avant de s'avancer jusqu'à l'avant du bureau, gardant tout de même une distance respectable. L'universitaire abordait un sourire ne dissimulant absolument rien et ne semblait pas être nerveuse; puisqu'après tout, elle ne l'était pas vraiment, seulement un bon stress à faible dose lui donnant un peu d'adrénaline. Ses yeux reflétaient toujours son dynamisme naturel et sa passion flamboyante envers son métier, ses études et son œuvre (une seule et unique chose à son avis). Voyant, de part son visage imposant et intimidant au premier regard, que son interlocuteur était sans doute nord-américain ou bien européen d'origine, Amelia se permis de lui tendre la main alors qu'elle se présentait. Ça se passait ainsi pour chaque entretient d'embauche, rien d'étonnant dans ce geste à première vue. Aussi, ça pouvait possiblement insinuer que cette chercheuse n'était pas vraiment intimidé par le visage sévère du directeur général. Ceci s'expliquait simplement par le fameux proverbe "l'habit ne fait pas le moine" (vous allez la lire souvent avec elle...).


Bonjour monsieur Stee'leyn; je suis Amelia Jensen, enchanté de faire votre connaissance.


C'était de sa voix naturellement douce, polie et posé qu'elle avait répondu. Cette voix était comme son visage ou ses anciennes anciennes causes qu'elle défendait... tout aussi en contradiction avec son être. Mais que voulez-vous, la contradiction et l'étrange semblait être synonyme d'Amelia Jensen.
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   Mar 14 Avr - 0:42

Sa première réaction lorsqu'il vit la candidate qu'il avait convoquée à Kazun fut la surprise. Cette jeune femme aux cheveux bleus et si singulièrement vêtue était l'image même du décalage visuel dans un monde où les gens ordinaires, trop ordinaires, devenaient de plus en plus conformistes pour se protéger de l'anomalie que représentaient à leur yeux les mutants. Une tenue si inhabituelle qu'il se demanda vaguement où elle avait bien put dégoter des vêtements pareils.

Il fut surpris mais n'en montra absolument rien, restant aussi calme et impassible qu'à l'accoutumée. Tandis qu'elle avançait jusqu'à son bureau, il lui jeta juste un coup d'œil alors qu'elle se présentait et ignora la main qu'elle lui tendait. Il était encore trop tôt pour cela. La jeune femme avait une expression qui n'était pas au goût de Jordan, du moins pour le moment. A ses yeux, il y avait un temps pour chaque chose et chaque chose avait une place précise dans le temps comme dans l'espace, et là, cette nouvelle venue semblait beaucoup trop détendue à son goût, il lui faudrait y remédier. La pression faisait partie intégrante de l'entretient d'embauche, afin de mieux juger le candidat. Ce n'était pas la capacité de la jeune femme à garder son calme qui l'intéressait, car cette capacité était présente en différentes mesures chez chaque individu. Ce qui intéressait Jordan, c'était la façon dont les gens réagissaient lorsque la pression se faisait sentir, car aussi solide moralement que soit le bonhomme, il y avait forcément une faille dans sa carapace, et un jour au l'autre, la pression finirait par le toucher et le déstabiliser. Le directeur de l'Arobase n'était donc pas intéressé par quelqu'un qui savait faire fi de la pression et du stress comme s'il s'agissait d'un insecte bourdonnant, car à force de ne pas tenir compte de cet insecte, il finirait par se faire piquer et ferait une réaction allergique. Ce qui l'intéressait, c'était quelqu'un qui savait garder un œil sur la jauge de stress et réfléchir en la considérant comme une autre variable de l'équation. C'est cela qu'il s'efforcerait de juger durant cet entretient, car il avait trouvé toutes les autres informations utiles dans le courrier de candidature que Mlle Jensen avait envoyé.

Ignorant donc la main tendue, et sans même songer à dire un « Bonjour » ou quoi que soit d'approchant, il se contenta de lui dire de s'asseoir, de son ton habituel de froideur neutre, tout en fixant sur elle son regard bleu qui ne cillait pas. Cette attitude était presque son attitude naturelle, et elle avait intimidé beaucoup de gens lors des préambules. Quelquefois, il n'en avait même pas fallut davantage pour arriver à ses fin, comme pour ce contrat de plusieurs million de Dollars avec le fournisseur de métal pour les usines de son père, ou cet envoyé égyptien lorsqu'il était attaché à l'ambassade de Suisse aux Émirats Arabes Unis. Lui qui croyait que les pays du proche et moyen orient avaient parmi les meilleurs négociateurs et diplomates, celui-là c'était ratatiné dès qu'il avait croisé le regard inflexible de Jordan. Regard qu'il servait aujourd'hui à la jeune candidate qui prenait place en face de lui.

Lorsqu'elle se fut assise, il avait sortit d'un tiroir de son bureau un dossier la concernant, car il avait déjà pris la décision de l'engager. Cet entretient devait seulement décider à quel poste, et pour cela, il fallait qu'elle croie qu'il avait l'intention de lui faire faire le nettoyage et rien d'autre. Il ne le ferait pas, bien entendu. Cette femme avait beaucoup de savoir et de compétences et Jordan considérait que ne pas lui donner l'opportunité serait un gaspillage qualifiable de crime, pas moins. Mais cela, elle ne le savait pas, et ne le saurait pas avant qu'il veuille qu'elle le sache. Il commença par les formalités d'usages, lui demandant de se présenter elle-même par son parcours, son projet d'avenir et caetera. Alors qu'elle parlait, il continuait de la fixer droit dans les yeux, imperturbablement, sans bouger un muscle, ses propres yeux ne bougeant pas d'un cheveux et ne cillant pas. Une méthode comme une autre pour déstabiliser l'interlocuteur et voir comment Mlle Jensen agirait. Lorsque Jordan avait exercé cette méthode avec un fournisseur de l'entreprise familiale, sous l'œil de son père, ce dernier lui avait dit que cette attitude donnait l'impression que Jordan écoutait non pas les paroles de son interlocuteur mais les pensées qui se cachaient derrière, les examinait minutieusement et les comparait à ces paroles. Je jeune homme, d'une vingtaine d'années à cette époque, avait répondu impassible que c'était exactement l'effet recherché. Et c'est à cela que Mlle Jensen était maintenant confrontée. Tandis qu'elle parlait, Jordan fronça légèrement sourcils une ou deux fois, à des moments clef du récit, afin d'augmenter encore un peu plus la pression. Cette mimique était intentionnelle, car elle était une réaction presque exagérée pour l'impassible et imperturbable Jordan Stee'Leyn.

Lorsqu'elle en eut enfin terminé, il passa à ce qui l'intéressait vraiment : la thèse. Il avait eut un bon aperçu des travaux de Mlle Jensen en parcourant ce qu'elle avait envoyé, et il les trouvait plutôt pertinents, à défaut d'autre chose. Il lui demanda à présent de les lui présenter de façon plus détaillée. C'était là le véritable corps de l'entretient. C'était à la candidate de décider quel niveau technique employer pour expliquer ses travaux à Jordan, et donc d'essayer de deviner son niveau de connaissances, sans la moindre piste pour l'aider à le faire. Il y avait bien sûr d'autres difficultés, d'autres racines cachées sous les feuilles qui pouvaient la faire trébucher. Une épreuve difficile, et Jordan était curieux de voir comment elle s'en sortirait, il l'écouta donc avec attention, sans se départir de son expression froidement neutre.
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Amelia Jensen
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   Jeu 16 Avr - 2:36

Amelia fut quelque peu désappointée par un manque de réaction aussi prononcé de la par de son interlocuteur. Si ce genre de réaction aurait été parfaitement satisfaisant pour elle lors de ses années d'école secondaire québécoise, c'était loin d'être le cas aujourd'hui. Après tout, elle considérait les relations sociales essentielles à un bon environnement de travail et sur le moment, ça partait plutôt mal. Bien que d'un certain point de vue, il ne fallait pas oublier qu'elle se retrouvait face au directeur général et qu'elle n'aurait sans doute que très peu d'occasion de le côtoyer après cet entretien, donc ce n'était pas si mal finalement. Simplement, l'entretient serait long et s'il ne se décidait pas à parler ou à réagir moindrement, un certain malaise risquait fort bien de ce pointer, chose à éviter. Enfin, vue l'absence de réaction de monsieur Stee'leyn, la chercheuse s'installa sur l'une des chaises face au bureau, croisant les jambes et posant sa mallette faisant aujourd'hui office de porte documents sur ses genoux. L'entretient s'annonçait long et porteur d'un certain malaise, ou au contraire des plus intéressant; ça dépendrait de la suite.

Lorsque le directeur sorti d'un tiroir un dossier la concernant, la tornade ne pu s'empêcher d'avoir quelques doutes. Oui bon, s'était un entretient d'embauche, ce genre de chose était normal, toutefois, elle avait une sainte horreur qu'on prenne des notes sur elle, qu'on l'étudie. Même les simples notes prises par un médecins lors d'un examen médical arrivaient par moment à la déranger. Néanmoins, à chaque fois, l'universitaire utilisait le même moyen pour s'empêcher de trop porter attention à cette fameuse feuille de note et aux analyses. Puisque justement, lors de ses testes sur humains volontaires, elle devait analyser et étudier ses cobayes, elle en profitait pour se mettre à leur place et ainsi trouver une manière de les analyser sans qu'ils ne se sentent étudiés. Elle n'avait jamais trouvé de solution miracle bien entendu, mais penser de la sorte allégeait un peu sa conscience et l'empêchait de finir face à un stress assez important pour la faire bégayer. Donc pour l'instant, on était toujours en un niveau supportable.

Ainsi donc, Miss Jensen commença, à la demande de son future employeur - espérons-le - à relater son parcours. Elle débuta par une simple mention de son CEGEP, sans vraiment s'attarder sur cette particularité à la seule province francophone canadienne, et discuta de la suite de sa vie. Après dix ans de travail en laboratoire et de vie universitaire avec laquelle jongler en même temps, elle n'était pas à cours de points pertinents à aborder. Malgré tout, Amelia se concentra surtout sur le fruit de ses recherches et méthode de travail que sur ses études. À son avis, le côté pratique était bien plus important, et de loin, que l'étude. Après tout, bien que l'étude puisse souvent donner des pistes de recherches et soit essentielle à la pratique, ce n'est pas avec des notes de cours et un examen semestriel qu'on trouve quelque chose! Et n'essayez pas de lui faire changer d'avis sur le sujet; si elle avait décidé de passer à l'Arobase pour l'accès aux cobayes humains c'était justement pour mettre plus en valeur le côté pratique de ses recherches.

Une fois son récit terminé, Amelia ne pu s'empêcher de pousser intérieurement un soupire de soulagement, qui se traduit physiquement par un relâchement de ses épaules et une détente de son corps assez visible. Ce n'était pas la première fois que la chercheuse avait à parler de son parcours et ce ne l'avait jamais embêté auparavant. Toutefois, cette fois-ci ce fut une véritable torture psychologique! (Elle aurait été, d'ailleurs, très intéressé de voir un graphique de son activité cérébrale au cours de l'entretient; elle s'attendait à y trouver une présence d'adrénaline et de noradrénaline notable.) Non seulement Stee'leyn n'échappait pas le moindre mot, mais certaines de ses réactions étaient presque impossibles à expliquer ou à analyser. De plus, elle qui n'aimait déjà pas se faire analyser, elle s'était retrouvée dans la pire situation à laquelle elle ne fut jamais confrontée. Face à cet entretient, Amelia avait l'impression que chaque petit mot pouvait la trahir et la conduire à sa perte. Ceci l'avait poussé à choisir avec soin chaque mot, quitte à les analyser en une fraction de seconde pour qu'il n'y ait aucune trace d'erreur, laissant parfois quelques blancs d'une seconde ou fraction de seconde dans son récit, là où il ne devrait pas y en avoir. Enfin, c'était à présent terminé pour cette partie et il fallait espérer ne plus avoir à recommencer ce genre de chose. Et surtout, ne jamais infliger ce type de torture à ses cobayes...

Et voilà, maintenant arrivée dans le vif du sujet: sa thèse de doctorat présentement à l'étude. La chercheuse replaça ses lunettes du bouts des doigts avant d'appuyer ses coudes sur son 'antiquité' tout en croisant les doigts ensemble. Ceci pouvait ne pas être remarqué comme quelque chose de particulier, néanmoins, il s'agissait ici d'une manière de s'empêcher de trop gesticuler et de commencer à démontrer certains tiques nerveux liés au regard cruellement analytique de Stee'leyn. Bon, maintenant, il fallait commencer... commencer par où? comment? avec quel niveau de précision? Impossible à dire... impossible de dire si elle devait abréger ou développer. Sans doute tenterait-elle de faire un juste milieu et de ne pas se laisser emporter par la passion. Bien que sur le moment, elle doutait fort bien de finir par démontrer son enthousiasma que certains qualifiaient de démesurés face à ses recherches... le directeur de l'Arobase était, elle devait l'avouer, bien trop intimidant pour ça.


*Parfait, en cas de doute, utilisons la formule d'un essais de base et commençons par une introduction; donc une présentation d'observations afin de conduire à la thèse, avant d'y aller avec des aspects. Ça sera mieux que rien.*

Comme je vous l'ai déjà mentionné, j'ai passé plusieurs années à étudier les divers effets des neurotransmetteurs en lien avec les synapses chimiques, le diencéphale et le télencéphale. Sur l'humain, bien qu'unique, la relation se ressemble et suit une même base de fonctionnement, y compris au niveau de ceux ayant une maladie neurologique, puisqu'on ne parle que pour eu d'un dysfonctionnement d'une part des synapses. Néanmoins, le jour où mon équipe et moi-même sommes tombé sur un mutant dit psychique, nous avons pu aisément constater une différence notable au niveau de ce fonctionnement neurologique.


Amelia marqua ici une pose, histoire de laisser le temps à l'interlocuteur de bien assimiler ce qu'elle venait de dire avant de s'aventurer plus loin. Aussi, pendant ce court laps de temps, la chercheuse ne pu s'empêcher de remarquer à quel point ce qu'elle disait ressemblait aux introductions qu'elle faisait pour ses divers essais. Décidément, si elle annonçait sa thèse par 'c'est ce qui nous amène à', ou autre variante de verbe, elle pourrait aussitôt affirmer qu'elle parlait ainsi pour se sécuriser devant une analyse intimidante de la part de son éventuel futur employeur...


Puisque nous avons noté, à ce moment, une réaction différente avec le diencéphale et le télencéphale, je suis porté à croire que ce qui diffère chez le mutant psychique sont les neurotransmetteurs plutôt que les synapses chimiques. On peut expliquer ce raisonnement par l'observation des propriétés physiques macroscopiques de certains mutants du type dont il est présentement question, sachant que les neurotransmetteurs peuvent avoir une influence sur les cellules à un niveau macroscopique, contrairement aux synapses.


C'est bien, elle était bien partie... elle commençait à s'éloigner du discourt formé tel une introduction, bien que cela se ressemblait encore beaucoup. Enfin, c'était tout de même de mieux en mieux. Il ne restait plus qu'à ne pas perdre ses moyens et à ne pas succomber au fameux 'c'est ce qui nous amène à'... Et sans doute aussi la chercheuse devrait-elle penser à observer un peu moins ses mains sur le moment; bien que ce soit assez sécurisant de ne plus voir le regard si directe de Stee'leyn, seulement de le sentir.


Aussi, il serait plus logique d'expliquer l'effet de l'influence d'un mutant psychique sur son environnement directe ou indirecte par les neurotransmetteurs, puisque ceux-ci sont justement transmetteurs d'informations spécifique vers le reste du corps et peuvent avoir, même chez l'humain normal, des effets externes. Ce qui m'amène donc à penser

*C'est pas vrai...! Je viens de le dire...! On dirait que je suis entrain de donner mon sujet posé au milieu d'un essai de biologie...*

que la différence expliquant la mutation psychique serait au niveau des neurotransmetteurs. Je suis portée à croire que ceux-ci sont modifié ou bien qu'un nouveau type se développe dans le cas d'une mutation. Les chances qu'on parle d'une modification des synapses chimiques sont très minces, puisque ceci occasionnerait une déficience. D'ailleurs...
continua-t-elle en ouvrant sa mallette pour en sortir trois fichiers d'analyses sur la relation expliqué au départ, vous pouvez constater ici vous-même les différences entre un de nos cas humains, un cas humain avec déficience (une dysphasie dans ce cas-ci) et ce fameux mutant qui nous avait été donné d'observer. Le mutant est simple à repérer.


Voilà, la base était faite. On parlait ici d'une explication assez de base pour l'instant et elle n'était pas tout de suite entrée dans les détails. Après tout, elle avait, à son plus grand malheur, suivit le principe d'une introduction en règle pour pouvoir expliquer sa thèse. De cette manière, si le directeur général ne désirait qu'un survol, il venait de l'avoir. S'il en voulait plus, il ne lui suffirait que d'un ou deux mots (puisque Amelia ne s'attendait pas à avoir plus de sa part) pour qu'elle continue dans une bonne voie. Restait maintenant à savoir si elle pouvait se permettre de s'aventurer plus profondément en termes techniques pour la suite ou pas, il était là le dilemme. Néanmoins, que son interlocuteur ne s'attende pas à la voir plier tout de suite sous la pression, après trente-deux ans de vie, la chercheuse en avait déjà vue dans sa vie - même si rien n'était comparable au moment présent - et elle comptait bien lui montrer de quoi était faite Amelia Jensen.
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   Mar 28 Avr - 16:59

L’exposé de la candidate concernant ses travaux fut plus ou moins ce que Jordan attendait : clair et concis. Le but n’étant pas de passer des heures à endormir son auditoire avec des détails incompréhensibles mais à présenter brièvement son sujet et la marche de ses travaux. Heureusement, avant de prendre son poste, Jordan avait étudier brièvement les particularités des clones et des mutants, pas en détails bien sûr, mais suffisamment pour savoir dans quoi il mettait les pieds en acceptant ce poste. Et si ses connaissances lui permirent de comprendre de quoi parlait sa candidate, il n’était pas assez expert pour comprendre les multitudes d’informations figurant sur les papier qu’elle lui passa. Il s’était donc contenté de les écarter après y avoir jeté un coup d’œil, tout en continuant à l’écouter. Mais peu importe, les papiers n’avaient pas d’importance, il avait ce qu’il voulait maintenant.

Cet exposé lui avait donné les informations qu’il voulait sur sa candidate. Déjà, elle avait mit son exposé au bon niveau, pas trop sophistiqué afin d’être compréhensible par quelqu’un n’ayant pas une maîtrise, mais suffisamment pointu pour ne pas donner à Jordan l’impression qu’on le prenait pour une buse. Il y avait vu notamment une passion non dissimulée pour le domaine dans lequel elle travaillait, ce qui était un atout à condition qu’elle soit modérée. Mais elle faisait également preuve de retenue et d’objectivité, même alors qu’elle croulait sous la pression. Jordan avait remarqué son changement d’expression, presque imperceptible, lorsque son exposé était devenu un peu trop scolaire, elle s’était rendue compte de son erreur et s’en était angoissée. Mais au lieu de se démonter, elle avait continué et essayé de se rattraper. Tout ces éléments donnaient comme une impression d’équilibre global, et c’est précisément ce qu’il recherchait. Un scientifique que ses émotions empêchent d’accomplir son travail correctement ne sert pas à grand chose, et un savant fou à l’extrême opposé était potentiellement plus dangereux. Restait à déterminer s’il était un juste équilibre ou s’il s’effondrerait lorsqu’elle subirait les assauts de son travail. Et pour cela, il n’y avait pas trente-six moyens de le savoir.

Lorsqu’elle eut terminé de parler, quelques instants de silence passèrent, durant lesquels Jordan ne dit pas un mot et n’esquissa pas un mouvement. Puis il rendit ses papiers à Jensen et décida qu’il n’était plus utile de lui mettre la pression… pour l’instant. Donc, pour la première fois depuis qu’elle avait commencé à parler, il détacha son regard d’acier des yeux de la jeune femme et se cala contre le dossier de son fauteuil, sans en avoir l’air plus détendu pour autant, Jordan n’avait jamais l’air détendu, même lorsqu’il l’était vraiment.

« Evidemment, je ne m’attendait pas à la perfection. Toutefois c’est assez satisfaisant. »

D’une voix monocorde et aussi neutre qu’une pierre, c’était tout de même un compliment, un compliment à la Jordan. Le directeur de l’Arobase se leva et contourna son bureau pour aller ouvrir la porte de la pièce et sortir, faisant signe à Amelia de la suivre. En passant, Jordan s’adressa à sa secrétaire.

« Prévenez l’équipe de Dreyphon qu’il pourront reprendre cet après-midi lorsque je viendrais les rejoindre. »
« Je viens juste de recevoir une note, Monsieur. Dreyphon et son équipe son toujours au labo numéro 5. »
« Pardon ? Mais que fabriquent-ils, l’étape préliminaire devrait être déjà terminée depuis une demi-heure. »
« Je crains qu’ils n’aient pas tenu compte de vos ordre et soient passé directement à la première étape du processus. »
« Mais je ne leur ai pas encore transmit l'autorisation d'appliquer les protocoles expérimentaux ! Appelez directement le labo et dites leur d’arrêter de toute urgence, sans quoi ils perdront beaucoup plus que leur travail. Vous m’avez bien compris ? »

Malgré une visible colère, la voix de Jordan restait mesurée et calme, comme si tout ceci n’était que d’une importance mineure, un problème passager. Sous le regard de Jordan, devenu plus dur que jamais par la colère, la pauvre secrétaire se ratatina sur sa chaise en espérant que la foudre ne lui tomberait pas sur la tête, et s’exécuta dès qu’il cessa de la fixer. Le directeur quitta la pièce et intima la jeune candidate de le suivre, un peu plus rudement qu’il ne l’aurait. Il la guida ensuite le long de quelques couloirs et descendit plusieurs escaliers avant de s’arrêter devant une porte close.

« Vous logerez ici ce soir. » Dit-il d’un ton à nouveau parfaitement calme. « Jusque là, j vais vous mettre à l’épreuve en situation réelle. Si vous êtes à la hauteur, vous pourrez espérer obtenir un poste au sein de la société. Vous pourrez vous restaurer au réfectoire du complexe, ou bien dans l’un des différents établissements de l’île. Présentez-vous au laboratoire d’expérimentation N°5 à 13h30. Ce sera tout ».

sur ces mots, le froid directeur de l’Arobase la laissa devant la porte de ce qui serait sa chambre pour une nuit, et une nuit seulement. Qu’elle en profite, les logements des scientifiques était moins luxueux que cet appartement réservé aux invités venant faire affaire.
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   Mer 6 Mai - 0:53

Amelia, la suite c'est quand tu voudras, par ici : La naissance d'un nouveau dieu
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MessageSujet: Re: Recrutement hors normes   

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Recrutement hors normes
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