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 La vie après la mort avant Douze-Morts.

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David Dilfert
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MessageSujet: La vie après la mort avant Douze-Morts.   Sam 10 Jan - 15:55

Chronique Occultée : La vie après la mort avant Douze-Morts.

Première partie : Le réveil.


D’abord, il n’y avait rien, rien que le vide, le néant sans couleur et sans substance dans lequel flottait un résidu d’existence. Même pas un esprit, même pas une chaîne de pensées, à peine la perception égarée de quelque illusion fragmentaire dans un monde où rien n’existait, ni passé, ni futur, ni lumière, ni obscurité, ni vie, ni mort, juste le vide, rien que le vide. Pourtant, même cet état où le temps ne voulait plus rien dire ne pouvait durer éternellement. A début, ce ne fut qu’un léger changement dans le néant, comme si celui-ci n’était plus absolu, comme s’il y avait une minuscule chance qu’il puisse exister quelque chose au-delà. Les illusions de firent moins fragmentaires et finir par presque former quelque chose d’indéfinissable, mais quelque chose quand même. La perception était toujours égarée, mais elle se faisait un peu plus nette, presque compréhensible. Doucement, progressivement, une pensée de forma, faible, vacillante comme la flamme hésitante d’une chandelle, mais pourtant bien là, dans ce vide. Cette unique petite pensée à peine réelle se consolida peu à peu et se fit plus réelle, comme si elle se forgeait une existence pour ne pas se faire à nouveau engloutir par le néant. Et cette petite pensée en amena une autre qui apparut à sa suite, aussi petite, aussi fragile. Éphémère était chacune de ces pensées, sans suite, sans logique, mais chacune en amenait une autre, ou plusieurs autres parfois, et peu à peu, le vide n’était plus aussi vide, parsemé çà et là de perceptions vagues et dénuées de sens, de pensées faibles et sans suite qui apparaissaient et disparaissaient aussi vite. Mais peu à peu, le vide reculait.
Et au fil de ces mouvements d’existence et d’inexistence, après un temps qui pouvait être une éternité, voire deux, quelque chose de nouveau pris forme. Quelque chose de nouveau, mais d’ancien en même temps, prit naissance au creux de deux pensées qui s’étaient unies grâce à une perception vagabonde. Quelque chose de minuscule, presque insignifiant, mais qui grandit et se solidifia, devint de moins en moins fragile. Un fragment de conscience. La conscience d’un être, la conscience qu’il existait, même partiellement, quelque part au-delà de ce néant. Comme attirées par un aimant, quelques pensées vinrent flotter autour de ce morceau de conscience et se fondre en lui pour lui donner plus de force, plus d’existence. La perception devint encore un peu plus claire au fur et à mesure que les pensées s’aggloméraient et fusionnaient. Le fragment de conscience grandissait dans le néant.
Il faisait noir. C’est que quelque part, il devait exister de la lumière. C’était un fait, flou, presque incertain comme un souvenir lointain. A quoi ressemblait la lumière ? La conscience grandissante ne s’en rappelait pas, mais elle savait que c’était différent des ténèbres dans lesquelles elle flottait. Cette conscience avait maintenant ces perceptions propres, elle voyait flotter dans les noir autour d’elle couleurs qui n’en étaient pas vraiment, des couleurs qui se détachaient à peine de l’obscurité et se fondaient en elle, et qui ne formaient rien. Et il y avait un autre élément à la fois ancien et nouveau : le temps. Le temps s’écoulait à présent dans ce néant qui n’en était plus un, dans ces ténèbres. Il s’écoulait dans un sens, puis dans l’autre, faisait un bond en arrière ou glissait doucement vers l’avant, ou vice versa et réciproquement. Son cours étaie erratique, sans aucune logique, comme s’il était devenu fou et ne savait plus où aller, mais il était bien là pourtant, offrant à la conscience un semblant de repère.
Après nombre d’aller et retours sans suite, quelque chose d’autre encore vint troubler les ténèbres tandis que la conscience grandissait encore. La conscience était de plus en plus forte, et elle savait de plus en plus de choses. Par exemple, elle était un être vivant, peut-être même un être humain, cette possibilité flottant à la limite de ses perceptions en un vague souvenir, le genre dont on ignore si est pure invention ou non. Quelque chose troublait les ténèbres autour de la conscience, les rendait moins denses, moins immenses, quelque chose venant de l’extérieur. Qu’était-ce ? Où était-ce ? Où ? Mais que signifie cette question ? Elle demande quoi ? Un lieu ! Qu’est-ce donc qu’un lieu ? C’est un repère spatial, un repère de position. Il y avait donc bien une existence au-delà des ténèbres, une existence avec des êtres, des lieux, de la lumière, et toutes sortes de choses que la conscience croyait avoir imaginées lorsqu’elle était plus faible.
Le temps semblait s’ordonner un tant soit peu. Toujours sans logique, allant dans tous les sens, mais avec mois de frénésie, comme s’il commençait à songer à se calmer un peu pour reprendre ses marques. La conscience était bien un être humain au dehors des ténèbres. Mais c’est quoi un être humaine ? Pas la moindre idée. C’était l’un des êtres qui peuplaient les lieux, voilà tout ce qu’elle en savait. Elle ? Non, pas elle ! Il ! La conscience était un homme ! Un être humaine de sexe masculin ! C’était comme s’il avait accomplit un grand bond en avant d’un seul coup, il avait de nouveau conscience d’exister, d’être vivant, ou presque. Il était plus qu’un fragment de conscience, il était de nouveau un être.
De nouveau ? Cela signifiait-il qu’il l’avait déjà été avant d’être dans le néant, dans les ténèbres ? Peut-être. Mais avant que cette pensée-là ne force complètement, elle disparut comme elle était venue, engloutie par les ténèbres environnantes. Mais il était un être vivant, un être humain, il avait conscience d’exister et d’être quelqu’un.

Plus tard, beaucoup plus tard, il sentit quelque chose venant de l’extérieur percer les ténèbres. Qu’était-ce donc ? On aurait dit… une sensation. Il avait donc un corps, un vaisseau pour parcourir l’existence autrement qu’en flottant dans les ténèbres ! Quelle était donc cette sensation ? Elle lui était familière. Cela bougeait, ne restait jamais immobile un seul instant, cela se déplaçait autour de lui et son corps le captait pour le lui envoyer à travers les ténèbres. Un bruit, voilà ce que c’était, un bruit ! Alors, se raccrochant à ce qu’il pouvait, il se concentra pour capter ces bruits, le plus possible. Au début, il étaient informes, flou presque sans substance, comme étouffés, venant d’infiniment loin. Mais avec le temps, ces sons se firent un peu plus nets, un peu plus consistants.
Ce n’est que plus tard, bien plus tard qu’une nouvelle sensation lui parvint par-delà les ténèbres. Une sensation bien différente des sons, d’une toute autre nature. Là encore, il avait vaguement le souvenir de l’avoir déjà eue par le passé, un passé lointain. C’était comme s’il avait soudain quelque chose autour de lui, quelque chose dans lequel il rentrait parfaitement. C’était son corps. Il sentait son corps, il avait conscience du vaisseau qui le transportait, et dans lequel il commençait enfin à revenir. Mais ce n’était rien de plus que cela, une conscience que c’était là, quelque part. Il était incapable de savoir où était son corps, comment il était et dans quel état, comme s’il s’agissait du corps d’un autre. Les ténèbres devenaient de moins en moins denses, mais aussi de moins en moins infinies. Comme elle se réduisaient, il avait de plus en plus l’impression d’y être confiné, prisonnier. Et cette impression se fortifia encore lorsqu’il eut à nouveau conscience de son corps. Et du temps encore s’écoula ainsi, dans un sens, parfois dans l’autre, toujours perdu mais moins paniqué. Et il flottait toujours dans les ténèbres, entouré de ses perceptions. Son était là, quelque part, il le sentait mais il ne parvenait pas à l’atteindre, ni même à s’en approcher. Il ne savait toujours pas qui il était, ni comment il était arrivé dans ces ténèbres, mais de toute manière, il ne lui serait jamais venu à l’esprit l’idée de se poser de telles questions.
Puis, d’un seul coup, le temps retrouva son ensemble, filant dans une seule et même direction à un rythme constant, sachant parfaitement où il allait. Alors l’homme qui jusque là flottait dans les ténèbres sentit comme un déferlement de perceptions, arrivant à lui les unes après les autres, comme une foule se bousculant pour passer une porte. Il venait de réintégrer son corps, en position allongée, sentait quelque chose sur sa peau. Près de lui, un bruit intermittent, un bip raisonnant régulièrement. Et à travers ses paupières closes, de la lumière. D’un coup, le temps s’était reconstitué et permit à l’homme de doucement sortir du coma.

La lumière lui brûlait les yeux alors même qu’il les gardait fermés, et il fut incapable de les ouvrir, de peur de se les faire brûler au sens propre. De toute manière, le simple fait d’ouvrir les yeux constituait un effort physique qui lui semblait phénoménal, que seul un athlète olympique pourrait accomplir. Il resta donc allongé, dans un lit apparemment, d’après ce qu’il sentait sur sa peau : le contact des draps. Mais était-il ? Cela il ne pourrait y répondre qu’en voyant ce qu’il y avait autour de lui, ce qu’il ne pouvait pas faire pour le moment. Et comment y était-il arrivé ? Il n’en savait rien non plus, son dernier souvenir remontant à… rien ! Il n’avait aucun souvenir. Qui était-il ? Incapable de s’en souvenir. Il était juste un homme, sans passé, sans aucune vie derrière lui pour lui servir de repère ou d’identité.
Il resta allongé à essayer de se souvenir, d’atteindre un passé peut-être égaré quelque part dans son esprit. Mais il n’y avait rien, rien d’autre que les ténèbres desquelles il venait d’émerger. Les heures passèrent sans qu’il bouge, de toute façon, il avait essayé de bouger son bras pour amener sa main vers son visage, mais celui-ci était resté inerte à son côté. Son corps ne lui répondait plus, ou presque, seules quelques muscles frémissaient légèrement au commandement de son cerveau. Alors il fut effrayé. Serait-il condamné à ne plus jamais bouger ? A demeurer allongé là, sans rien d’autre à faire que penser, penser et penser encore car s’était tout ce qu’il pouvait encore faire ? Vivre comme un légume était une perspective proprement effrayante. Il n’avait aucun souvenir de qui il était, mais il savait en revanche qu’autrefois, il pouvait bouger, marcher courir et faire tout ce qu’il voulait car son corps lui appartenait.
Autour de lui, des gens s’activaient. Il les entendait converser à voix basse, sans comprendre ce qu’ils se disaient. Il venaient le voir régulièrement, par groupe de deux ou trois. Les heures passant, il percevait de mieux en mieux leurs paroles.

« … revient lentement … éprouvante … chance qu’il se réveille … expérience … enfin… »

Des suites incompréhensibles, qui ne signifiaient rien pour lui. Puis, quelques heures défilèrent encore, lui semblant une éternité, et enfin il put ouvrir les paupières. Il faisait sombre, ce devait être la nuit, il ne distinguait rien de la pièce dans laquelle il se trouvait. Il tourna la tête d’un côté, puis de l’autre, sur son oreiller, pour voir quelque chose, mais il ne voyait rien. Pourtant ce n’était pas les ténèbres de son long sommeil, là, il y avait tout de même de la lumière, juste pas assez pour ses yeux puissent voir. Alors il se rendit comptes qu’il avait bougé. Il pouvait bouger. A côté de lui, un appareil émettait un bip strident à intervalles réguliers, et lorsque son cerveau envoya un ordre nerveux vers son bras, sa main bougea, très peu, mais elle bougea. Cela le rassurait, il n’était pas condamné à rester un légume, du moins pouvait-il l’espérer.
Un flash s’imposa à son esprit, une vision atroce. Il était ligoté à une grille en fer, comme un crucifié, et il hurlait de toute la force de ses poumons alors que la douleur se déversait en lui en un flot continu. La douleur, sur sa peau abimée, dans ses muscles meurtris, dans ses os secoués, dans son sang bouillonnant. Une douleur qu’il savait bien réelle. C’était un souvenir, sa vie passée qui commençait doucement à revenir. Et déjà il commençait à regretter que ce souvenir-là lui revienne si vite et avec tant de précision. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Quand ? Tant de questions qui restaient sans réponse. Et chaque fois qu’une réponse renaissait des cendres de son esprit, elle faisait surgir de nouvelles questions. Un labyrinthe qui demeurerait insoluble tant qu’il n’aurait pas retrouvé l’intégralité de ses souvenirs. Mais le pourrait-il seulement ? Le voulait-il ?
Plusieurs souvenirs revenaient progressivement à lui, mais ils étaient tous semblables, presque identiques, et pourtant tous différents. Rien que cette douleur, partout dans son corps, encore et encore, de mille manières différentes, toujours ligoté à sa grille, dans cette cahute en torchis. Combien de temps cela avait-il duré ? Des heures ? Des jours ? Des semaines ? En tout cas, il y en avait trop, beaucoup trop. Il avait un nom à cette époque, ou plutôt avant cette époque. Quel était-il déjà ? C’était un grand nom, un nom qu’il arborait avec fierté. Di… Vi… Da… David ! Il s’appelait David !
A présent, il avait à nouveau une identité. A présent, il pouvait à nouveau dire « je ».

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MessageSujet: Re: La vie après la mort avant Douze-Morts.   Mer 28 Jan - 1:03

Seconde partie : L’hôpital.


Petit à petit, le temps passant, de plus en plus de souvenirs revenaient à lui et il se rappelait progressivement de qui il était, et par où il était passé. L’infirmière qui s’occupait de lui passait régulièrement renouveler ses perfusions et jusqu’à ce qu’il ait récupéré assez de forces pour se nourrir seul. Depuis que son réveil avait été confirmé par les médecins, cette infirmière lui parlait, mais seulement le strict minimum : « Bonjour, comment ça va aujourd’hui, au revoir. » Les rares fois où elle posait une question, de ce ton froid et indifférent, comme si c’était un simple réflexe machinal, elle n’écoutait même pas les réponses. Et les médecins qui suivaient le rétablissement de David n’étaient guère plus aimables. Ils faisaient des relevés réguliers sur son état de santé, avec prise de sang quotidienne et tout le tintouin. Ils ne prenaient même pas la peine de lui adresser la parole et parlaient de lui comme s’il n’était pas là, ou comme si le fait qu’il se soit réveillé était considéré comme quantité négligeable. C’était loin d’un réveil en fanfare. Les jours passèrent, et David commença à se demander pourquoi il n’avait toujours aucune nouvelle de sa famille. David Dilfert, militaire engagé dans l’armée américaine pour lutter contre les ennemis de son pays, prouver sa valeur au combat et gagner respect de ses pairs et notoriété par ses faits d’armes, avait encore une famille avant de partir combattre dans ce lointain pays pour une cause qui lui échappait à présent.
Il avait des parents, un père qui l’avait éduqué, lui apportant son comptant de coups derrière la tête, une mère qui l’aimait malgré ses écarts de jeunesse l’ayant mêlé à quelques bagarres de rue. Une petite sœur adorable de 8 ans sa cadette qu‘il aimait plus que tout au monde. Où étaient-ils à présent ? Pourquoi ne se trouvaient-ils pas à son chevet à s’inquiéter pour lui ? Non pas qu’il désire particulièrement les voir inquiets, mais il se sentait abandonné. Lorsqu’il posait la question à l’infirmière, elle se contentait de répondre d’un grognement neutre, et les médecins faisaient mine de ne pas l’entendre. Dans quel genre d’hôpital avait-il donc atterrit ? Et dans quel pays était-il d’ailleurs ? Il ne savait même pas s’il était revenu en Amérique ou s’il était toujours à l’autre bout du monde, loin de sa patrie et de son foyer.
Les jours se succédaient, se ressemblant tous désespérément dans ce blanc aseptisé qui l’entourait. Cette odeur de désinfectant qui flottait dans l’air en permanence le mettait sur les nerfs et il n’en pouvait plus de ne pouvoir parler à personne. Il était seul dans sa chambre et le personnel soignant n’avait rien de loquace, alors après plus d’une semaine de vaines tentative pour égayer ces pince-sans-rires, il abandonna et se mura dans un silence résigné, et agacé, n’ayant rien d’autre à faire que tourner son esprit vers ses souvenir et son passé, son avenir lui étant caché par ces murs blancs.
Ce furent des jours bien désagréables, ou du moins cela l’aurait été pour lui s’ils étaient survenus avant. Car après ces terribles heures d’enfer dont le souvenir le hantait dans son sommeil, ne rien faire et ne rien sentir était une bénédiction. Pas de parois en torchis le privant de la lumière du jour, pas de corde rêche lui lacérant les poignets, pas d’instruments en tous genres pour le noyer sous la douleur, juste le calme. Et ce calme, il savait l’apprécier à sa juste valeur. Il appréciait comme jamais auparavant le simple fait d’être vie et libre de bouger, bien qu’il ne le soit pas complètement.
Comme il reprenait des forces et regagnait de la vigueur, l’infirmière avait ajouté une nouvelle phrase à son répertoire réduit : « Ne quittez pas votre lit. » C’est une instruction claire, et un peu logique même, et David s’y plia sans protester au début. Son corps lui faisait encore mal lorsqu’il bougeait. Quelques temps après son réveil, il s’était examiné et avait constaté sur sa peau une carte routière de la douleur et de la cruauté. Des dizaines de cicatrices le zébraient de toutes part : coupure nette d’une lame bien aiguisée ou déchirure provoqué par un tranchant émoussé et rouillé, brûlure au feu vif ou au fer rouge. Ses poignets et ses chevilles laissaient encore apparaître une chair plus rose que le reste de son corps, traces de ses liens qui lui avaient mis la chaire à vif, et son dos portait sur toute sa surface la marque de la grille de fer sur laquelle il était attaché et qui lui avait brûlé la peau lorsqu’on l’avait électrifiée. Il se souvenait encore de la morsure du sel sur ses plaies à vif, des ses doigts pongés dans l’eau bouillante, de son cerveau en ébullition sous sa chevelure en feu. Miraculeusement, son visage ne portait aucune marque ou presque, juste une seule cicatrice partant de sa temps droite et descendant le long de sa joue pour aller se perdre quelque part sur son torse. Beaucoup de ces marques étaient à peine refermées et tiraient sur la peau autour. Ce séjour en pays exotique avait laissé son emprunte sur David et pas seulement sur son corps. Ses rêves étaient troublés de cauchemars, de réminiscences d’un temps où il n’existait plus rien d’autre que la douleur et la peur.
Si à cette époque il avait désiré la mort de toute son âme, il était à présent heureux d’être encore en vie et d’avoir échappé à son sort. Aussi lorsqu’on lui ordonna de ne pas quitter les lit, il obtempéra sans discuter.

Lorsque le soir venait, David était anxieux. Il avait besoin de repos mais ne pouvait pas dormir plus de quelques heures chaque nuit, les nuits où dormait. Car lorsqu’il fermait les yeux et se laissait emporter dans le sommeil, il revivait ces terribles moments de torture incessante, il se retrouvait dans cette casemate décrépie au fond de la jungle et revoyait devant lui le visage de son bourreau, sa voix aigre et coléreuse lui vrillant l’âme. Bien souvent, il se réveillait en hurlant, littéralement trempé de sueur, les yeux fous, ses draps sans dessus dessous. Il avait peur de s’endormir et repoussait toujours le sommeil autant qu’il y parvenait.
Un jour, il put enfin se lever et marcher. Pas librement bien sûr, il devait en fait se rendre dans une autre pièce pour passer des examens. L’infirmière le lui avait annoncé de ce même ton froid et indifférent qu’elle avait toujours mais lui le percevait comme une très bonne nouvelle, comme un enfant qu’on autorise enfin à aller s’amuser dans les flaques d’eau. Cependant, il fut obligé de se faire aider de l’infirmière car ses jambes seule ne suffisaient pas à le porter. Après des semaines passées allongé dans un lui, et avant cela une autre période dans un coma profond, il n’était pas surprenant que ses muscles ne sachent plus comment le porter. C’est donc appuyé sur la femme renfrognée, étonnamment forte, qu’il quitta sa chambre et parcourut lentement le couloir qui le menait à la salle d’examen. Il y avait déjà là toute une bande d’hommes et de femmes en blouses blanches qui l’attendaient et il ne passait pas inaperçu vêtu de sa chemise bleue de patient. Au centre de la salle se trouvait une table en inox qui semblait attendre impatiemment qu’il s’il installe. A son entrée, les médecins entrèrent dans une effervescence réservée, discrète, et il installèrent David sur la surface froide. Il se demandait bien quel genre d’examens il allait passer pour qu’un si grand nombre de médecins se soient réunis autour de lui et n’était pas vraiment rassuré. Ses blessures étaient refermées à présent, mais il avait l’impression de sentir ses cicatrices grillagées dans son dos en contact avec le tissus qui ne bloquait pas la froideur du métal de la table. Son anxiété monta d’un cran lorsque deux médecins lui saisirent chacun un poignet, et les plaquaient sur la table tandis qu’un autre faisait de même avec ses chevilles. Alors des sangles de cuir se refermèrent sur ses membres. A ce contact, David devint fou. Il sentait ces liens comme les cordes qui l’avaient entravé dans la jungle, il ne pouvait plus bougé, il était ligoté. Une furieuse démence s’empara de lui, le submergea comme une vague géante avale la terre pour ne rien laisser que sa propre présence. Il se mit à hurler et à se débattre tout ce qu’il pouvait, à la surprise des médecins qui s’éloignèrent de lui. David ne les voyait même plus, son esprit n’était plus ici dans cet hôpital, ni nulle part ailleurs, il se trouvait dans un autre monde, obscure, coupé de tout le reste par cette barrière de folie qui l’entourait.
Le patient se débattait, se cabrait et tirait sur ses liens en hurlant de toute la force de ses poumons, à s’en briser les cordes vocales. Des cris parfois graves et rauques comme un hurlement de bête enragée, mais bien plus souvent avec les accents aigus de la plus profonde panique. Son corps semblait aussi fou que lui, bougeant dans tous les sens, autant que le lui permettaient ses entraves, sa tête s’agitait sans discontinuer, ses yeux fous ne voyant rien. De ses poignets et de ses chevillent suintèrent un sang écarlate salissant le cuir d’un brun plus sombre.
Un des médecins s’écria « Saisissez-le ! » et aussitôt, une dizaine d’hommes en blouse blanche se précipitèrent autour de la table pour l’immobiliser. Mais ses forces décuplées par la folie, Cela ne faisait pas une grande différence, il continuait à s’agiter en tous sens en bousculant ceux qui essayaient de le calmer. Celui qui semblait être le médecin chef s’approcha avec une seringue prête à servir et les autres personnes firent un gros effort pour immobiliser au moins le bras patient, ce qu’il parvinrent à faire. L’aiguille pénétra la chair et la seringue libéra son contenu dans les veines de David. Tout le monde s’écarta de lui et il continua à s’agiter et à hurler encore pendant quelques longues secondes. Mais ses efforts se firent de moins en moins violents et se calmèrent peu à peu jusqu’à ce qu’il s’endorme complètement.

Les jours suivants ne furent qu’une suite de brèves perceptions éparses et floues qui ne constituaient aucun schéma logique. Il était endormi la plupart du temps, d’un sommeil sans rêves, sans cauchemars. Lorsqu’il revenait presque jusqu’à la surface de sa conscience, il ne percevait souvent rien de plus qu’une nouvelle piqure le replongeant dans le sommeil. Mais parfois, il captait des voix, ne comprenant pas ce le sens de ce qu’elles disaient.

« … irus a muté … adapté à son métabo … subit la mutation … prévu … mais … transmission … n’est pas viable … »

Il ne comprenait pas ce que tout cela voulait dire, et il n’était pas assez proche du réveil pour avoir l’envie de décrypter. Une nouvelle piqure, il retomba dans le sommeil et oublia ce qu’il venait d’entendre.
On ne l’autorisa à se réveiller que quelques jours plus tard, et lorsqu’il émergea, il lui fallut quelques minutes pour se rappeler où il était. Ses derniers souvenirs étaient ceux du couloir qu’il longeait en essayant péniblement de rester sur ses jambes, une salle remplie de gens en blouse blanche, avec une table au centre où il s’allongea. Après, il n’y avait plus rien, ou presque. Le peu qu’il avait suffisait pourtant à lui faire comprendre qu’il s’était passé quelque chose d’imprévu, il n’avait que des flashs dans sa mémoire, des images brèves, très brèves. Il s’était passé quelque chose. Il se souvenait d’avoir paniqué, rien d’autre.
Lorsqu’il essaya de bouger, une douleur lui remonta des poignets et des chevilles. Il leva ses mains devant son visage et constata que la peau de ses poignets avait été en bonne partie arrachée, laissant sa chair presque à vif. Cela commençait doucement à guérir mais il en suintait encore un liquide rougeâtre qui laissait sur les draps des traces ressemblant à des taches de vin rouge. Lorsque l’infirmière vint pour vérifier son état, elle repartit immédiatement en sens inverse, probablement pour prévenir de médecin que David était réveillé. Il n’avait pas encore les idées très claires, mais il se rendait pourtant bien compte qu’il y avait quelque chose de pas normal dans toute cette histoire et qu’il devait se trouver dans un hôpital vraiment pas comme les autres. Où étaient les autres patients ? Il n’en avait encore vu aucun, pas même lors de la seule fois où il était sortit de sa chambre. Et tout le personnel de cet endroit, avec un peu de recul, lui inspirait une certaine méfiance. Il se dit qu’il avait hâte d’avoir complètement récupéré et de pouvoir tirer tout ceci au clair, ou mieux encore, pouvoir partir.
Une nuit vint et passa tandis qu’il réfléchissait à ce qui lui était arrivé. Il avait été envoyé au combat dans la jungle où une embuscade lui avait fait perdre toute son unité, il avait été capturé et torturé pendant de très nombreux, beaucoup trop nombreux jours, peut-être même des semaine ou des années pour ce qu’il en savait, puis avait été récupéré par on ne sait quel miracle, et soigné dans cet hôpital qui lui semblait soudain étrange. Et que faire ensuite ? Que ferait-il une fois sortit d’ici ? Devait-il retourner à sa caserne ? Retournerait-il voir sa famille ? Irait-il trouver du travail comme monsieur tout le monde ?
Voilà une perspective qui l’effrayait : mener une vie banale, ordinaire, et devenir un monsieur tout le monde. C’était quelque chose qu’il n’osait pas envisager, il en serait malade et sombrerait dans la dépression avant de se tirer une balle avant longtemps. Pour l’heure, il lui était donc encore impossible de décider ce qu’il ferait de sa vie lorsqu’il serait sorti d’ici. En espérant qu’il en sorte, car son instinct lui soufflait qu’il y avait anguille sous roche.

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MessageSujet: Re: La vie après la mort avant Douze-Morts.   Mar 24 Mar - 19:32

Troisième partie : L’enfant


Le jour suivant se leva semblable à tous les autres tandis que David cogitait sur son passé, son présent et son futur. Lorsque le soleil fit entrer la lumière matinale dans sa chambre, il se rendit compte qu’il n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Cependant, il ne songea pas à réparer cela, car il pensait à sa famille. Combien de temps s’était-il écoulé depuis qu’il n’avait pas vu ses parents ? Il était entré à l’armé à seize ans et avait dut les voir pas plus de deux fois depuis lors. Mais ce n’est pas ses parents qui lui manquaient le plus. Eux, il avaient certes été de bon parents, en un sens, mais ils étaient bien trop protecteurs. Ils l’empêchaient de sortir le soir, de voir des amis qu’ils considéraient louches – et ils l’étaient – et il le sermonnaient pendant des heures à chaque fois qu’il rentrait avec des bleus et contusion indiquant qu’il s’était battu, ce qui se produisait souvent. C’était surtout ce dernier point qu’il avait du mal à digérer. David aimait se battre, dans la limite du raisonnable, et menait souvent des combats qui, bien que faisant l’objet de paris dans sa petite bande, restaient des pugilats amicaux entre copains. On se cognait dessus tout en rigolant, on échangeait les mises. Les seuls vrais incidents survenaient lorsqu’une bande rivale quelconque venait chercher la bagarre, et la trouvait à coup sûr. Ils essayaient de le brider, pour son éducation bien entendu, et avec le recul de quelques années en plus, il les comprenait, mais à l’époque, il les défiait constamment et refusait de plier à leurs dictats. Ils essayaient, mais il n’y parvenaient que rarement, car étant tous deux absents très souvent pour leur travail, ils n’était pas souvent à la maison pour s’occuper de leurs enfants et les surveiller.

Ses parents, il y avait pensé souvent, mais ils ne lui manquaient pas. C’était une toute autre histoire concernant sa sœur cadette. Eileen. De sept ans plus jeune que lui, Eileen était une adorable petite fille brune aux grands yeux vert brillants comme des lacs d’émeraude. Il adorait cette fillette, elle était un véritable soleil dans sa vie. Lorsqu’elle est venue au monde, il se souvint qu’il avait été très enthousiaste à l’arrivée d’une telle nouveauté, comme tous les enfants. Puis, comme tous les enfants, il avait jalousé sa sœur qui accaparait toute l’attention de ses parents et le réveillait en pleine nuit pour réclamer un biberon. Mais ce temps passa vite, très vite. David aimait beaucoup sa sœur, se petit bout de machin si léger qu’il pouvait la tenir dans ses bras alors qu’il n’avait même pas dix ans. Ses parents étaient souvent absents et n’avaient que très rarement recours à une nourrice, alors David avait appris très jeune à s’occuper de lui-même. Du coup, il fut assez vite chargé de s’occuper également de sa sœur, ce qu’il faisait avec joie car il l’adorait. Elle était encore un bébé, mais un bébé qui riait beaucoup et souriait tout le temps, et qui pleurait rarement. Et alors que l’un et l’autre grandissait, ils jouaient ensembles, leurs jeux évoluaient peu à peu avec les années, mais il restaient toujours aussi amusants, et passionnants, et généraient toujours des rires et de la joie pour tous les deux. La petite fille appris à parler, une voix douce et mélodieuse, bien qu’enfantine. Il avait très vite eut la certitude qu’avant même de devenir vraiment adulte, Eileen aurait une voix enchanteresse qui envouterait tout le monde.

Allongé dans son lit d’hôpital, David se demandait ce faisait Eileen en ce moment. Elle était la personne la plus importante de sa vie, sans condition et de loin. Pendant son service militaire, il rentrait chez lui à chaque fois qu’il avait une permission, mais pas pour voir ses parents, pour voir Eileen, seulement elle. Il l’emmenait au parc et lui achetait une glace qu’elle dévorait en s’en mettant systématiquement sur le bout du nez. Il l’emmenait souvent au zoo voir les animaux. Eileen adorait les oiseaux, capables de voler dans l’immensité du ciel bleu, et de vivre leur vie, de faire tout ce qu’ils faisaient, sans mains. Deux capacités qu’elle admirait chez eux. David aimait se tenir près d’elle et voir l’émerveillement illuminer son visage lorsqu’elle regardait des oiseaux aux couleurs bariolées, de rouge, de bleu, de jaune, de vert, toutes couleurs arborée par des volatiles qui vivaient ordinairement sous d’autres latitudes, dans les profondes jungles tropicales ou équatoriales.

Allongé dans son lit d’hôpital, il se dit qu’il aurait voulu voir Eileen. Elle lui manquait. Elle devait s’inquiéter pour lui, cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus eut de nouvelles de lui. Il avait pris l’habitude de lui écrire régulièrement, au moins une fois par mois, sinon plus, et cela faisait bien plus longtemps que cela depuis qu’il avait embarqué pour cette mission dans la jungle et qu’il y avait été fait prisonnier. Elle devait être très inquiète de ne pas avoir de nouvelles. Dans sa dernière lettre, il lui avait dit qu’il partait au front, mais il lui avait aussi promis qu’il continuerait à lui écrire quand même. Que devenait-elle ?

Il était tellement absorbé par ces souvenirs et ses inquiétudes qu’il n’avait pas vu le temps passer, et il fut surpris de voir une infirmière entrer dans la chambre pour lui apporter déjà son repas. C’était la femme revêche qui ne décochait jamais un mot de plus que ce qui était absolument nécessaire, et comme à son habitude, elle ne desserra pas les dents, se contentant de déposer le plateau sur la table près du lit et de repartir aussi sec. Ce n’est qu’alors qu’il se rendit compte à quel point il mourrait de faim. Il s’empara du plateau et mangea avec appétit tout ce qu’il contenait, malgré le mauvais goût. Lorsqu’il eut terminé, il reposa le plateau sur la table de chevet avec un soupir de satisfaction, il se sentait reprendre des forces à grande vitesse. Cependant, il se posait tout de même une question. Il était assez rétablit maintenant pour prendre son repas à la cantine de l’hôpital, alors pourquoi continuait-on à le lui apporter dans sa chambre ?

Décidant qu’il avait trop végété dans ce lit, il quitta les draps et marcha vers la sortie, vêtu unique de sa longue chemise de patient qui descendait aux genoux. Il ne put pas aller bien loin car après avoir fait à peine quelques pas dans le couloir, une infirmière qui passait justement par là à ce moment l’interpella, lui expliquant qu’il ne pouvait pas quitter sa chambre et qu’il devait y retourner. Pas son lit, sa chambre. Cela n’avait donc pas de rapport avec son état de santé, ce qui l’inquiétait plus encore sur ce qui se passait ici. Mais ce n’était pas le moment de faire un scandale pour se retrouver enfermé à double tour, mieux valait se montrer patient et guetter les bon moment. Tout vient à point à qui sait attendre. Il obtempéra donc et revint à sa chambre. Il avait l’intention d’agir à la nuit tombée, lorsque tout le monde dormirait, mais comme il avait déjà une nuit blanche dans les yeux, il se dit qu’il ferait mieux de profiter des quelques heures de l’après-midi pour récupérer autant de sommeil qu’il le pouvait.

Lorsqu’il se réveilla, David trouva sur sa table de chevet un autre plateau repas. La nuit était presque complètement tombée, l’heure du repas devait déjà être passée. Il engloutit rapidement la nourriture mal cuite, avec plus de réticence qu’à midi, et quitta son lit. Seulement il était encore trop tôt pour sortir alors il compta les minutes en tournant en rond. Il entreprit de fouiller la chambre mais il n’y trouva rien, aucun vêtement ni rien d’autre qui indique que quelqu’un y vivait ou y avait vécu. Une heure passa, puis deux, puis une troisième. A bout de la quatrième, il quitta sa chambre avec sa seule chemise longue pour le couvrir. Heureusement, le froid de la nuit ne pénétrait pas dans le bâtiment. Toutes les lumières étaient éteintes et le couloir n’était faiblement éclairé que par les veilleuses au dessus des sorties de secours et des portes d’escaliers. C’était parfait pour lui, il faisait assez clair pour voir où il allait, mais assez sombre pour le dissimuler à des yeux non attentifs. Du moins le pensait-il, mais comme il longeais le couloir, ses yeux s’habituèrent peu à peu l’obscurité et il trouvait qu’il faisait tout de même trop clair et craignait que n’importe qui puisse le voir.

Il avançait mais ne savait pas par où commencer à chercher ni même ce qu’il cherchait. L’idéal serait de retrouver ses affaires et se quitter cet endroit au plus vite. Il entrepris donc d’ouvrir toutes les portes de l’étage qui n’étaient pas des chambres. Il trouva plusieurs laboratoires, et d’autres pièces qui servaient à entreposer tout un tas de verrerie, d’autres encore dont il aurait été incapable de deviner l’usage. Lorsqu’il poussa une porte, il eut la surprise de se retrouver dans une chambre, mais très différente de la sienne. Elle ressemblait à une chambre d’enfant, avec des jouets éparpillés au sol dans un coin, et une étagère contre un mur contenant deux dizaines de livres pour enfants. Le lit au milieu de la pièce ne ressemblait pas du tout au lit d’hôpital où dormait David mais à une lit en bois ordinaire, que l’on peut trouver dans n’importe quel magasin de meuble, couvert d’une couette bleue aux motifs de ballons colorés. La lampe de chevet et un enfant assis dans le lit était en train de lire un livre lorsque David avait ouvert la porte. C’était un jeune garçon, pas plus de 8 ans à tout casser, si ce n’est que ses cheveux courts avaient la couleur d’un ciel sans nuages.

Le garçon releva la tête vers David lorsque la porte s’ouvrit.

« Qui êtes-vous ? Demanda-t-il d’un ton emprunt d’une simple note de curiosité, sans la moindre trace de crainte.
- Juste un autre patient, je me suis trompé de porte, désolé. » Répondit David.

Il commençait à refermer la porte lorsque le garçon l’interpella.

« Attendez ! Vous ne voulez pas rester une peu ? Je n’ais jamais personne avec qui parler.
- Je suis pressé, une autre fois peut-être.
- Si vous ne restez pas, je crie et j’appelle les médecins, je sais que les patients n’ont pas le droit de quitter leur chambre. »

David s’immobilisa et, avec un grognement, entra dans la chambre et referma la porte derrière lui.

« Bon, très bien, qu’est-ce que tu me veux ? Dit-il mécontent.
- Juste parler, répondit le garçon imperturbable. Parler… de dehors. Je voudrais que vous me racontiez… (il réfléchit quelques secondes) La personne que vous aimez le plus au monde. Racontez-la moi, s’il vous plait.
- Raconter une personne ? C’est une curieuse façon de parler. »

Et c’était aussi une demande curieuse aux yeux de David. Mais devant le regard à la fois attentif et déterminé du garçon, il savait qu’il n’y couperait pas, à moins de se laisser dénoncer, et ça il n’y tenait pas. Alors il laissa échapper un soupir et s’assit au bord du lit.

« D’accord, mais après tu me laisse partir. Elle s’appelle Eileen et elle a eut 14 ans au mois de juillet…

Alors il raconta Eileen, comme le garçon le lui avait demandé. Ses cheveux bruns et ses yeux verts, sa voix douce et mélodieuse qui devenait dure et tranchante lorsqu’elle était en colère, sa peau qui rosissait sous l’effet du froid en hivers. Il lui raconta leur enfance, leurs jeux, leurs disputes aussi, des souvenirs qu’il chérissait. Des souvenirs qu’il prit plaisir à se remémorer en les racontant. Il ne se rendit pas compte qu’il parla pendant des heures, le garçon l’écoutant attentivement, posant une question de temps en temps, mais l’écoutant toujours avec attention. A la fin, David se sentait mieux. Il ne s’était pas rendu compte avant à quel point il se sentait mal à l’aise dans son esprit, mais à présent, il était apaisé, du moins en ce qui concernait sa sœur. Et il avait plus hâte encore de sortir d’ici pour aller la voir, mais au moins maintenant avait-il la présence de ne pas se précipiter, pour être sûr de pas échouer. Lorsqu’il se leva et ouvrit la porte pour quitter la chambre, le garçon l’arrêta.

« Vous reviendrez me voir demain soir ? S’il vous plait. »

Quelques secondes de silence immobile s’installèrent, il ne savait pas vraiment que répondre, que faire.

« D’accord » fini-t-il par dire avant de sortir.

Le lendemain, il se réveilla tard, un peu après midi, autant qu’il put en juger, et il dut se résigner à passer encore toute une après-midi à ne rien faire d’autre qu’attendre avant de pouvoir repartir en exploration. C’était frustrant, mais il n’avait pas le choix. Au cours de la semaine qui suivit, David allait chaque nuit explorer un autre coin de l’hôpital, et chaque soir, il finissait par entrer dans la chambre du garçon aux cheveux bleus et à parler avec lui pendant des heures. C’était un gamin étonnant réagissant par moments comme un adulte avec une grande expérience de la vie, devinant des choses sur David qui s’avéraient toujours exactes. Il se demandait comment il pouvait savoir tout cela, mais le garçon restait toujours très vague, mentionnant une sorte d’instinct, ou de sixième sens. Il était manifestement un très fin psychologue car c’est comme s’il parvenait à déceler le moindre changement d’humeur chez David, à deviner tous ces état d’esprit, et à en trouver immédiatement le remède s’il était troublé. Mais le plus souvent, il agissait quand même comme un enfant de son âge, naïf et candide. Et il était d’une curiosité sans limites, à chaque fois que David croyait avoir épuisé un sujet, le garçon posait une seule question qui relançait la conversation. Et jamais il ne s’ennuyait avec lui. Certains jours, le garçon était sous perfusion, un produit qui accélérait la production de globules rouges, disait-il, car on lui prélevait du sang régulièrement. Une semaine passa ainsi, puis deux, mais un soir…

« Vous ne devez pas être ici depuis très longtemps, remarqua le jeune garçon. Ils ne sont pas tendres avec qui enfreint le règlement.
- Ils ? Qui ça ils ? Les médecins ?
- Pas des médecins, des Blouses Blanches, murmura le jeune garçon comme s’il avait peur d’être entendu.
- C’est la même chose. Les gens en blouse dans un hôpital sont des médecins.
- Mais on est pas dans un hôpital. Dans les hôpitaux, les gens ressortent. »

David s’immobilisa, il craignait presque de demander ce que le garçon voulait dire, craignant qu’il confirme ses soupçons. Cependant, il n’eut pas le loisir de choisir car le garçon repris.

« Ici, des gens entrent, mais personne ne sort. Personne.
- Comment peux-tu le savoir si tu ne peux pas sortir de ta chambre ? Dit-il en espérant à moitié éventer un mensonge, une plaisanterie.
- Je peux le sentir. Les gens ne sont pas qu’un corps, ils ont autre chose, qui est à l’extérieur de leur corps, tout autour d’eux. Je peux sentir cette aura. J’ai senti la tienne quand tu es arrivé ici, très faible, presque éteinte. Mais aucune ne ressort, jamais. »

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Dernière édition par David Dilfert le Mar 5 Mai - 11:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La vie après la mort avant Douze-Morts.   Mar 24 Mar - 19:33

Troisième partie : L'enfant (suite)

Ce que venait de dire le jeune garçon ne semblait pas avoir de sens et David le regarda incrédule. Alors ce fut comme un choc lorsqu’il prit conscience que l’explication logique est qu’il avait affaire à un mutant. Ces êtres que tous présentaient comme des monstres, cruels et puissants, capables de tuer sans sourciller car conçus pour cela, et avec aucune autre ambition que celle-ci. Pourtant… Pourtant, c’était toujours le jeune garçon qu’il avait rencontré deux semaines auparavant. Toujours ce garçon aux cheveux étranges et à l’esprit si particulier, à la fois candide et éveillé, comme si l’enfant et l’adulte se disputaient la place dans son esprit. Oui, c’était un mutant, mais c’était toujours lui. Alors il comprit que le monde se trompait, que l’humanité se trompait.

« Tu es un mutant, dit-il au jeune garçon. Ce n’était pas un reproche, c’était d’un ton neutre, une simple constatation. David était lui-même surpris de ne ressentir aucune répulsion, aucun changement dans sa façon de voir ce garçon.
- Oui. »

Un silence s’installa avant que David tente de reprendre la parole.

« Je…
- Je sais. » Coupa le garçon en lui adressant un sourire.

Nouveau silence, mais pas de tension cette fois.
« Ce sixième sens, il fait partie d’un tout, c’est un outil de ma véritable faculté. En fait, je suis un guérisseur. Et je guérit tout. Pour le corps, mon sang, mon sang est un remède universel, et pour l’esprit, c’est ce don de percevoir l’aura des gens qui me permet de savoir où il y a un problème et comment le résoudre. Lorsque tu est arrivé, tu étais presque mort, en train de mourir. C’est mon sang qui t’as permit de vivre. Il m’en on pris beaucoup cette fois-là, parce que tu était très gravement blessé, et ils te l’ont injecté, pour que tu vives. (Il marqua une pause.) Je ne t’ai jamais demandé ton nom parce que je ne peux pas te donner le mien, et si je ne peux pas, c’est parce que je n’en ai pas. Mais lorsqu’ils croient que je ne les entends pas, les Blouses Blanches m’appellent… Panacée.
- Mais c’est cruel ! S’exclama David. Comment peux-tu ne pas avoir de nom. Tes parents ont bien dut t’en donner un !
- Peut-être, mais je suis ici depuis longtemps, tellement longtemps que je ne me souviens pas de mes parents.
- Mais comment… ?
- Je te l’ai dit, ici les gens rentrent, mais ils ne sortent pas.
- Bon sang ! Mais pourquoi ? Que peuvent-ils bien faire ici qui justifie tout cela ?
- Il changent… murmura le garçon hésitant.
- Pardon ?
- Le gens qui entrent ici changent. Ou plutôt, les Blouses Blanches les changent.
- Comment cela, ils les changent ? »

Le garçon marqua une pause, regardant ses mains posées sur sa couette pour ne pas regarder David. Après un long moment, il releva les yeux, et le regard qu’il posa sur David semblait emprunt de… quelque chose.

« Toi aussi, ils t’ont changé.
- Moi ?! S’exclama David étonné. Mais non, tu dois te tromper, j’ai quelques cicatrices en plus, mais je suis toujours moi.
- Oui, tu es toujours toi, c’est vrai, mais il y quand même quelque chose en toi qui a… qu’ils ont changé, transformé. Comme tous les autres, ils t’ont changé, à tel point que même ton aura est différente.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? Qu’est-ce qu’ils ont changé ? »

Ce que disait ce garçon inquiétait beaucoup David, car cela avant l’accent de la vérité, a tel point qu’il commençait à s’énerver. Lorsque le garçon parla, ce fut dans un souffle à peine audible.

« Les mutations d’origine naturelle restent statistiquement très rares… »

Prendre un coup de poing bien sentit dans les côtes flottantes ne l’aurait pas abasourdit davantage, il resta figé, assis sur le lit, à regarder le garçon avec un air incrédule, ou plutôt, avec la tête de quelqu’un qui se voit forcé d’avaler une vérité qu’il n’a pas envie de croire. Il ne voulait pas le croire. Lui, un mutant ? C’était impossible ! Il était né en bonne santé l’était toujours resté, un garçon sain devenu un homme sain, un homme ! Pas un mutant ! Pas un monstre !
Soudain, le garçon se coucha dans son lit et se réfugia sous ses couvertures. David voulu lui demander ce qui lui arrivait, mais il ne répondit qu’en lui demandant de partir. David retourna à sa chambre en marchant comme un fantôme errant dans l’hôpital, ne cessant de se répéter « Un mutant ! Un mutant ! Un mutant… »

Cette nuit-là, il dormit très mal. Les cauchemars l’assaillirent de nouveau. Depuis qu’il était sortit de son coma, chaque nuit était agitée d’horribles songes, réminiscences nocturnes de ses tortures dans la jungle, l’embuscade, la capture, et la douleur, sans fin, continuant alors qu’il suppliait sur tous les tons d’arrêter, appelant la mort de ses vœux pour mettre fin à cette douleur continue. Tout cela était bien sûr déformé dans la dimension onirique, mais c’était encore beaucoup trop proche de ce que cela avait été, beaucoup trop horrible, pour s’endormir avec joie. Mais ces rêves, depuis qu’il parlait chaque nuit avec le garçon, ces rêves l’avaient laissé dormir tranquille. Un cadeau qu’il appréciait beaucoup. Il n’aurait pas sut dire pourquoi, mais maintenant il savait. Ce garçon avait le don de soigner même l’esprit, même un tel traumatisme. Cependant cette nuit-là, les cauchemars ne le laissèrent pas en paix, il revinrent en force plus terribles que jamais. Il se voyait attaché à un grillage où que l’on électrifiait par intermittence, il revoyait les outils au tranchant rouillé, les pinces, les étaux, fers chauffés au rouge, et pire encore. Mais cette fois-ci, il y avait quelque chose de nouveau, et qui n’était pas moins horrible que le reste, il voyait un monstre au mufle hérissé de dents pointues et à la tête ornée de cornes s’approcher de lui. Ses grandes mains griffues assez grande et puissantes pour lui broyer la tête traçaient un sillon sanglant dans son torse et l’ouvraient en grand. Puis, plongeant à l’intérieur, le monstre extirpait David de son propre corps pour revêtir sa peau comme un déguisement.

Il s’éveilla plus trempé de sueur que s’il avait couru toute la nuit, croyant devenir fou. Peut-être le devenait-il vraiment. Le jour n’était pas encore levé, et il était encore fatigué, mais il ne voulait pas se rendormir, il en avait même peur. Cependant, le sommeil cruel et implacable vint le reprendre au bout d’une heure et tout recommença. Le même cauchemars, les même tortures, sauf le monstre qui cette fois-ci avait déjà son visage et lui arrachait la tête pour entrer dans le reste du corps. La lumière du jour le sauva de ces terreurs qui le faisaient hurler dans le silence de son esprit et il ouvrit les yeux plus fatigué encore qu’avant de se coucher. Les heures qui suivirent furent pénibles. Le gamin n’avait aucune raison de lui mentir, de lui inventer ce bobard pour le perturber, et il avait certainement dit la vérité. Alors il était un mutant. Pourtant, il ne se sentait pas vraiment différent, pas différent de ce qu’il était alors qu’il était encore humain. Il ne savait pas vraiment ce que signifiait être mutant, mais il croyait que c’était quelque chose de sensiblement différent. Comment pouvait-on être si différent de l’ordinaire sens le ressentir à chaque instant jusque dans chaque os. Il n’avait pas la réponse, mais les faits étaient là, il se sentait toujours lui. Et d’une manière ou d’une autre, il ne pouvait rien faire pour y changer quoi que ce soit, alors mieux valait l’accepter parce que s’il essayait de lutter, il serait perdant à coup sûr. « A nager contre le courant, on ne fait que tourner le dos à la chute et on ne voit pas le rocher qui pourrait nous éviter de tomber. »

En tous les cas, il devrait retourner voir le garçon ce soir pour parler de ça avec lui. Un mutant ! Comment devait-il accepter cela ? David avait grandit dans un monde où l’on nous apprend à haïr les mutant depuis le plus jeune âge, comment digérer d’en devenir un ? Il devait demander au garçon comment cela s’était passé pour lui. Il passa toute la journée à tourner en rond dans sa chambre, marchant nerveusement, faisant et refaisant son lit avec des gestes secs et fébriles. Il toucha à peine à la nourriture qu’on lui apporta et son impatience alla croissante lorsque le soleil toucha l’horizon. Les heurs s’écoulaient avec lenteur abominable, et terriblement frustrante, à tel point qu’il faillit à plusieurs reprises ne pas attendre la nuit pour aller voir le garçon, et tant pis pour le règlement. Mais il parvint à se retenir tant bien que mal, rongeant son frein avec plus d’ardeur qu’un chien affamé un os. Et enfin, lorsqu’il estima que tout le monde dormait et qu’il pouvait y aller, il quitta sa chambre comme s’il y régnait une puanteur insupportable.

Le garçon semblait ne pas l’attendre ce soir car lorsqu’il ouvrit la porte, il jeta sur lui un regard… angoissé ? Mais ce qu’il avait à demander était trop important pour faire attention à cela, alors il referma la porte derrière lui, mais il n’eut même pas le temps d’approcher du lit qu’il fut interrompu par une voix dans son dos.

« Alors c’était toi qui te baladait dans les couloirs la nuit ! Et pour venir ici en plus ! »

David se retourna d’un bond pour trouver en face de lui un de ces Blouses Blanches qui travaillaient ici. C’était un homme plus grand que lui, et presque deux fois plus large, au menton flasque et aux paupières tombantes, sa tête encadrée de cheveux gras qui se faisaient rares.

« On ne t’as pas dit que tu n’avais pas le droit de sortir de ta chambre, sale monstre ? Ici, on punit très sévèrement ceux qui désobéissent. »

L’homme en blouse était armé d’un revolver qu’il braquait sur la poitrine de David.

« Mais c’est bien que tu l’ais fait, comme ça on a une bonne raison de te punir. J’estime qu’il est important que chaque sujet soit soumis à au mois trois punitions pour s’assurer qu’ils sont soumis. Tu verras, cela ne fait pas de bien du tout, tu regretteras d’être sortit de ton coma. En fait, si on ne ferme pas le portes à clé, c’est justement pour qu’un abrutit dans ton genre serve d’exemple de temps en temps. Et comme ça fait un certain temps qu’on en a pas eut, tu vas bien déguster.
- Ne faites pas ça ! S’exclama le garçon en sortant de son lit. Il n’y est pour rien, c’est moi qui…
- La ferme, petit gueulard ! Cracha le scientifique en braquant son arme sur l’enfant. La ferme ! La ferme ! Tu partageras son châtiment ! »

Comme l’homme s’énervait de plus en plus, à croire qu’il venait se sniffer toute la machine à café, et qu’il avait le doigt sur la gâchette, David tendis la mains pour attraper son arme et le calmer.

« Hey ! C’est bon, doucement avec ç… »

C’est une détonation qui avait coupé sa phrase. Le coup de feu était partit et il craignait que l’enfant soit blessé alors il se tourna vers lui. Le garçon était pâle, et semblait terrifiée, il n’avait pourtant pas l’air blessé, alors pourquoi ? C’est en se tournant à nouveau vers le scientifique qu’il sentit la vive douleur dans sa poitrine. Il baissa les yeux et constat qu’un trou sanglant perçait sa chemise de patient au niveau de son poumon gauche. Le poumon ? Ou le cœur ? A cet endroit, ce pouvait être l’un ou l’autre. Une autre détonation retentit et il se rendit compte que c’était lui qui tenait l’arme cette fois. Le scientifique le regardait ébahit avant de s’écrouler, la gorge perforée par la balle. David chancela en se tournant vers le garçon, mais il n’eut pas le temps de parler, tout devint noir avant même qu’il heurte le sol.

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