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 Marié, trois enfants

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MessageSujet: Marié, trois enfants   Jeu 4 Sep - 9:46

[Petite chronique que j'avais commencé avant les vacances... en voilà un bout, la suite si j'ai le temps... au cours de cette année XDD]


MARIE, TROIS ENFANTS
(Ou encore : Merde, pourquoi j'ai signé ?!)


L'Amour... Ce drôle de sentiment qui vous tombe dessus comme une fleur et attends toujours le bon moment pour vous en mettre une dans les vaseuses. Si l'Amour était une personne (respectable, cela s'entend) comme vous et moi, voilà bien longtemps que je lui aurais foutu mon poing dans la gueule.


* * *



Ma première femme était une jeunette qui attendait impatiemment sa maturité assise sur les bancs du lycée. La concernant, je ne me souviens de rien. Etait elle belle, avait elle les cheveux blonds, fumait elle assez pour que je tombe dans ses pièges de miss Camel light, et ses yeux, ils étaient comment ses yeux ? Je sais juste que c'est elle qui est venu me parler la première. Elle s'est assise à côté de moi pendant un cours de sport où j'avais oublié de ramener un de ces livres qui me transporte ; elle était venu causer du temps qu'il faisait, de sa mère qui était partie, de son père qui se saoulait, du lycée qui en faisait tout autant mais avec une autre orthographe, et surtout de ces gens qui lui passaient devant sans se retourner, sans lui dire pardon lorsqu'ils la bousculaient, ces gens qui ignorent les autres pour ne pas lire la tristesse dans leurs yeux, ces gens qui se cachent derrière des grands sourires et des comportements gentils et sympas, ces gens qui - après tout - ne valent pas mieux que les autres.
Et ça la faisait rire.
Oui, elle riait aux éclats, cette petite gamine qui n'attendait qu'un feu vert pour partir, enfin, loin de ce monde de fou. Elle me promit qu'un jour elle irait aux Etats Unis, et que le bonhomme qui l'emmènerait serait sur une moto dernier cri et blabla blabla...
Moi aussi elle me faisait rire.
Mais je l'écoutais silencieusement, mes yeux inutilisables rivés vers elle et j'imaginais quel pouvait être la forme de son visage. De son corps aussi, mais ce n'est qu'un détail. Ouai bon, aussi de ses seins, mais on va pas en faire un plat hein ?!
Puis elle s'est levée. Elle m'a dit "Tchao Alban, j'étais contente de parler avec toi" et m'a collé de grosses bises sur les deux joues. Alors que je n'avais pas ouvert ma bouche de ces trentes minutes de bonheur... Les gens posent toujours des questions idiotes (ne te sens pas viser Alberto XDDDDD). Ils pensent qu'une conversation se fait obligatoirement à deux - preuve que c'est bien faux et totalement stupide. Moi aussi j'étais très content de l'avoir écouté. J'en souris encore à l'instant. Que le temps est passé vite ...



L'année de nos dix huit ans, nous sommes partis. Sur une moto. C'était celle de mon père et je peux vous assurer qu'elle n'était pas dernier cri. Je ne pouvais pas l'emmener en Amérique, mais je pouvais toujours lui montrer la plus belle ville d'Angleterre.
Leeds. C'est ici qu'on s'est embrassé la première fois il me semble. A l'époque j'en frémissais. Ma mère m'avait toujours répété qu'il fallait faire attention. Je veux dire... en moto hein. Et elle m'avait furieusement interdit d'en faire, malgré mon permis que j'avais passé contre son gré. Imaginez-vous fermer les yeux sur une moto... Pas facile ? Mais non, ce n'est pas bien compliqué. Le tout c'est d'avoir CON-FIAN-CE. Le reste n'est qu'une partie de plaisir. Surtout pour un aveugle.
La Confiance... Qui contient le mot Fiance et le mot... bref. Cela ressemble un peu à CONcubain ou CONjoint. Il faut vraiment être con pour se retrouver dans cette situation. C'est pour cela que - d'ailleurs - elle a insisté pour que l'on se mari sitôt passé les portes de la ville. CQFD.



Je ne me souviens plus combien de temps nous sommes restés ensemble. Un mois ? Deux ? Nous étions trop jeune... trop stupide... Elle, surtout. Mettons nous bien d'accord, je ne suis absolument pas rancunier.
Elle s'est barrée avec un danseur. Un type gracieux qui ne manquait pas de fric, ni de rien d'ailleurs. Et LUI, il ne manquait pas de lui rompre le cou à chaque fois qu'il prenait le volant, LUI. Ah non ...?

Ah non.

Il savait danser. Pas conduire.
Il est allé s'encastrer dans un pilonne à la sortie de Leeds. Un de ces grands pilonnes qui bordent les routes, si grand, si immense qu'on les penserait venus du ciel. Ma foi, pourquoi pas, vu qu'ils peuvent - apparemment - renvoyer à l'état de poussière des gens ayant un peu trop les pieds ancrés dans le sol et la tête ailleurs.
Je suis parti de Leeds et jusqu'à aujourd'hui, je ne suis jamais revenu.
Dommage.

C'est moi le con.


* * *


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« Un travail ? »

Les bureaux du plus grand centre de recherche d'emploi d'Angleterre ouvrent ses portes. Welcome to Work miss and mister ! Ici le hall, là où s'entassent des pauvres types qu'on jamais su ce que 'au-dessus-du-smic' voulait dire, des types qui auront une chance sur deux de se dégoter l'emploi de leur rêve : un peu plus de 800 livres par mois, et faites pas chier si c'est pour nettoyer des chiottes toute la journée. Faites pas chier, ahahahahah ! Ben non, voyez vous, votre merde, c'est vous qui la ramassez.

« Un travail ? » répéta t’elle cette connasse.
OUAI, un travail quoi, fais pas chier bordel ! Un truc qui rapporte des souuuuus, pour me fringuer, mais surtout pour bouffer ! Tu vois pas toi non plus ?! Regarde bien, pourtant, j’suis pas un peu maigre pour ma taille, j’ai pas des cernes à force de dormir un peu partout, j’ai pas l’air d’un spectre ? si moi-même je sais… je suis affreux à voir… pas d’études, pas de diplôme, pas de boulot… voilà les jeunes, vous avez devant vous un exemple d’échec social. J’ai tout perdu : ma femme d’abord, j’ai dû aller la reconnaître à la morgue, quelle tristesse… Ce n’était même plus Anna, ce n’était plus rien. Je sentais sous mes doigts la matière visqueuse qui n’était autre alors que son cerveau. Ca m’a fait vomir. J’ai dégueulé contre les pavés bien nettoyé de cet hosto poisseux, et lorsque l’on m’a demandé si ça n’allait pas, j’ai dit non. Mais qu’est ce que ça a bien changé ? Ils m’ont dit désolé, et ils sont partis… Voilà. C’est aussi simple que ça. Et j’ai sentit le regard remplit de larmes – et de haine – du père de la victime me suivre le long des couloirs. Il aurait pu me péter la gueule. Me tuer, même… Qu’est ce que ça changerait ? Hein ? Il le savait lui aussi : la vengeance n’a jamais réveillé les morts.
Alors un soir, je suis allé bar. Et c’est là où j’ai perdu la plupart de mon fric. Non, en fait, ce qui me restait. L’espace d’un soir, j’ai bu, bu, bu, bu, à n’en plus pouvoir, et même si je n’avais pas soif. Je m’en foutais. Quel idiot j’avais été. Je n’aurai jamais dû la laisser partir, jamais.. pourquoi, pourquoi…

« Euh.. monsieur, tout va bien ? »

Evidemment, on peut jamais être seul dans ce monde, l’homme est conditionné pour vivre en société mais là ça devient du harcèlement. Je lève la tête. Et je souris. Je crois qu’elle en fait de même et replonge dans ses papiers un moment.

« Je n’ai pas de travail qui corresponde à votre situation mais…
- Vous voulez dire à mon handicap.
- Oui, la justice ne ce pays n’est pas encore très au point. »
Je ris. Apparemment, cela la détendit car elle continua de son accent charmant sur une note un peu plus gaie.
« Je ferai de mon possible pour vous aider. Mais j’ai quand même besoin d’un peu plus de renseignement sur vous, vous n’avez pas remplit toutes les cases du papier que l’on vous a donné. »
Ah merde. Grillé. Je soupire. Elle continue.
« Vous n’êtes pas marié ? Vous avez coché marié, veuf et célibataire à la fois.
- Je suis marié, mais ma femme sommeille au fond d’un cercueil à ce moment même, on peut donc conclure que je suis tout aussi célibataire.
- …
- C’est pas moi qui remplit mal, c’est vous qui ne posez pas les bonnes questions.
- Je vois… et votre nom ?
- J’en ai pas.
- Pardon ? Mais… c’est obligatoire, enfin, je veux dire… vous avez bien un nom non ?
- Ouai, peut être. Mais je refuse d’être mis dans le même paquet que ces salauds.
- Quels salauds ?
- Cherchez pas, j’me comprend. »

Elle soupire. Remue encore. Tapote quelques mots sur l’ordinateur. A l’air de ne plus faire attention à moi.

J’ai envie de disparaître…
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MessageSujet: Re: Marié, trois enfants   Mar 7 Oct - 13:19

Ajout d'une autre partie... que j'avais oublié de poster X_x
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Marié, trois enfants
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