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 Bureau de la chambre 43 : Iwëne

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Twilight Taboï
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MessageSujet: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Jeu 1 Nov - 0:30

Toujours être seul est quelque chose de terrible. Imaginez vous seuls sur la Terre, sans personne à qui parler, sans personne sur qui crier, sans personne à critiquer. Ca y est vous vous imaginez ? Et alors qu'avez-vous envie de dire ? Terrible, horrible, ignoble ! Je vous comprends. Moi aussi je suis dans ce cas là. Et Twi l'était aussi avant de la rencontrer.

Il n'était pas uniquement dans le cas théorique, mais aussi dans le cas pratique. Oh, bien entendu il n'était pas seul, mais il était rejeté. Il n'était jamais sans personne autour de lui, mais il était ignoré. Et cela était terrible pour le jeune homme. Car quand on est entouré sans l'être quelle peine terrible. Se sentir inutile, ridicule et même inexistant. Voila quelque chose qui faisait de la vie de Twilight un véritable enfer.

Enfer qui aurait pu continuer fort longtemps sans elle. Sans la présence de cette personne exceptionnelle, forte, douce, patiente et compréhensive. Oh, bien sur, comme tout adolescent de son âge, en perpétuelle révolte contre tout ce qui représente l'autorité, il la dénigrait, la trouvant tour à tour, sadique, psychorigide, pénible et hautement dangereuse. Mais au fond de lui il savait qu'elle était ce qui lui fallait. Une soeur, une amie, une confidente. Une personne qui l'écouterait sans le juger avant, ensuite, de lui renvoyer ses arguments dans les dents pour qu'il réagisse. Et cela personne ne l'avait jamais fait.

Oh, il y avait bien sa soeur, Aube, mais elle était toujours prête à le pardonner, à tout lui céder. Une véritable gâteuse en sa présence. Julian ? Un ange pur et naïf, pour lui tout ce qui venait de Twi était du pain béni et d'ailleurs il refusait que cela change.

Puis voila que Twilight avait eu LE cours, le cours maudit où il l'avait rencontrée. Oh, il l'avait détesté au premier regard. Son action sur le poignard avait été trop vive, ses réponses trop sèches. Si elle n'aimait pas faire cours qu'elle ne le fasse pas ! Et le cours en lui même avait vite prit l'allure d'un parcours du combattant, d'une séance de torture ... Mais Twi s'était accroché et à présent il la considérait comme quelqu'un de bien.

Il ne le dirait jamais en face, soyez en certains, mais au fond de lui même il le pensait. Mais voila le problème, comment le lui faire comprendre ? Comment pourrait-elle un jour le savoir ? Il décida de faire quelque chose d'idiot et de puéril (comment ça il fait toujours des choses puériles ?) et il écrivit sur son ordinateur.

Citation :
Professeur, ou devrais-je dire grande soeur.
Je ne peux pas te dire qui je suis et si tu venais me voir en me montrant la lettre, je nierais l'avoir écrite. Tu es donc prévenue. Mais voila, je ne peux pas m'empêcher de te remercier et de t'écrire pour te dire quelques mots. Tout d'abord, je ne te vouvoies pas comme je le devrais, mais je ne le peux pas en écrivant ces mots que tu seras, je l'espère, seule à lire. C'est bien trop personnel pour être un courrier envoyé à un professeur. Ensuite tu as vu les mots grande soeur, c'est ce que j'aimerais que tu deviennes au fil du temps. Une grande soeur qui pourrait m'aider à progresser dans ma vie. Et pas uniquement en tant que professeur, mais aussi comme humain. Donc maintenant que j'ai compris tout cela, je te le déclare.

Tu te demandes pourquoi je ne le fais pas de vive voix ? Parce que je suis certainement trop stupide et gamin pour le faire. Ou alors c'est de la timidité, mais saches que de t'écrire est déjà quelque chose d'énorme pour moi. Je voulais te dire tout ça mais aussi te demander conseil. Car oui, j'ai des problèmes en ce moment (qui n'en a pas). Oh rien qui ne puisse se surmonter, enfin je pense, mais je voulais te le dire.

Voila, depuis quelques jours j'ai appris que ma vie n'était qu'un mensonge. J'exagère à peine, tu vas voir. J'ai toujours cru être né dans une famille qui était tout pour moi et qui avait été surprise de mon statut de mutant, mais ... voila, j'ai été détrompé tout récemment. Et cela m'a fait l'effet d'un choc, savoir qu'ils étaient au courant, qu'ils savaient et qu'ils avaient été payés pour ça m'est pénible. J'aimerais savoir quoi faire, ne pas me dire que je suis une arme, car oui, je ne suis qu'une arme. Un objet numéroté et marqué, quelque chose de créé artificiellement. Comment ? Je ne peux pas l'écrire par lettre, c'est trop personnel et trop difficile pour moi. Mais grande soeur, s'il te plait, accepte moi, accepte ce courrier sans chercher à me trouver, et si le coeur te dit de me connaitre, réponds moi ?

Ton petit frère un peu étrange

Il ferma les yeux et sans relire appuya sur le bouton. Le message fut aussitôt transmis sur l'écran de la destinataire. Quand elle regarderait ses messages Iwëne aurait une lettre d'un inconnu : petit_frere_iwene@the.faculty.edu

Allait-elle y répondre ?

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Mer 7 Nov - 3:22

C'est comme une photo, en fait. Une photo de famille. On est tous réunis, on se serre les uns contre les autres, et puis on sourit. Inlassablement, on sourit.
A gauche, il y a Papa. Je crois bien qu'il a trente ans. Il est plutôt grand, plutôt musclé, et une petite moustache brune bien coiffée occupe le dessus de ses lèvres. Une toute petite moustache qu'il a laissé pousser exprès pour l'occasion. Excepté ce détail, il est pareil. Comme à son habitude, il porte une chemise ample, vaporeuse, ainsi qu'un pantalon noir serré, très prêt du corps et qui moule ses longues gambettes. Je l'ai toujours dit, on dirait un capitaine de navire dans cette tenue. Quand, parfois, je lui fait la remarque, il se met à rire et me répète gentiment qu'un jour il m'emmènera en mer pour que je puisse savourer les flots. L'idée me plaît, et je m'amuse à imaginer les vagues s'échouant sur le pont, nous éclaboussant le visage de temps à autre. Et puis nos rires.
Oui, Papa est très élégant sur cette photo. Egale à lui même, mais toujours avec cette allure fantastique qui aspire à l’imaginaire, et ce visage enjoué qui attire la sympathie.
A côté de lui, d'ailleurs, je me sens toute simplette. Mes cheveux sont lisses, d'un blond presque blanc et joliment tressés sur ma petite tête rêveuse. Je ne suis pas bien haute, maigrichonne et ma frange cache quelque peu mes grands yeux noisette. Je suis vêtue d'une robe bleue marine, de chaussures noires cirées et d'un fin collant blanc. Mon bras s'agrippe tendrement à celui de Papa, mon regard est posé sur Petit Frère.
Ce dernier a les chaussures toutes crottées. Il s'est roulé dans la boue juste avant, pour agacer les parents. Moi, ça m'a bien fait rire.
Ses cheveux châtains, en pagaille, lui donne des airs de savant fou. Et, sa petite salopette marron -blanche d’origine- le rallie aux lutins et farfadets des bois. Petit Frère fait semblant d'être bougon, mais sur la photo, son éclat de rire est imparable. Il est joyeux, comme toujours. Je crois que je l’aime beaucoup, même s’il m’embête.
Et puis enfin, tout à droite, il y a Maman. Ah, Maman ! Une chose est sûre : la femme la plus merveilleuse, la plus gentille, la plus aimante sur la planète et même de toutes les galaxies du monde entier, c'est elle. C’est sans nul doute la plus belle de toute. Sa silhouette entière rayonne, éclair chacun d'entre nous. Ses cheveux blonds, presque blanc -comme moi, mais mieux- brillent et tombent gracieusement sur sa poitrine. Son visage dégage une pureté sensationnelle, comme une grâce offerte des anges. Ses trais sont fins, gracieux, réguliers, parfaits. Maman est parfaite. Son sourire, lui, dévoile la gentillesse, la douceur du moment. Et, au fond de ses yeux marron –comme moi, mais mieux- on voit tout l'amour qui l'anime, tout l’amour qui déferle dans son cœur. Et qui nous rend heureux.
On est tous réunis, on se serre les uns contre les autres, et puis on sourit. Inlassablement, on sourit.

[…]

Mais le temps passe.

Papa disparaît, suivit de Petit Frère. Il disparaît. Ils disparaissent. C'est la panique.
Je me raccroche à maman pour qu'elle m'illumine encore, pour qu'elle me guide et que l'on reste ensemble. Je la supplie de me garder, je lui promets d'être sage, d’arrêter les bêtises. Mais, après un dernier baiser sur mon front, un dernier au revoir, elle lâche ma main et s'évapore, elle aussi.

Tout d'un coup, il fait très noir.
Tout d'un coup, je sens que mes mains tremblent. En fait, je pleure. En fait, j’ai peur.



Tout d'un coup, il n’y a plus de photo.

Tout d’un coup, je n'ai plus de famille.


-------------------------------------------------------------------------------------


    Iwëne se réveilla en sursaut.
    L’ordinateur bipa trois fois, et elle se leva.

    Ses pas étaient hésitants, mal coordonnés, et sa tête lui pesait lourd. Elle avançait, le regard vague, le cœur encore battant de ses rêveries funèbres. Rapprochant son visage près de l’écran, elle lut l’inscription suivante : « Nouveau message. ».
    Sa main tira la chaise de bureau, elle s’assit, ouvrit la fenêtre du e-mail et tenta de déchiffrer le contenu.

    Alors, un nombre satisfaisant de sentiments passa sur son visage à présent réveillé. Tout d’abord, de l’incompréhension. Pourquoi ce message ? Ensuite, de l’amusement. C’était tout de même une situation extrémiste que d’envoyer un message électronique à l’attention d’un professeur, de surcroît, en tant qu’anonyme. Suivit cela, l’agacement. Tout compte fait, on se moquait ouvertement d’elle. Ce n’était sûrement pas une révélation à cœur ouvert, mais plutôt un coup monté pour lui faire perdre son temps. Et puis, en fin de fin, de la tristesse à l’égard de celui qui avait donné tant de lui pour écrire ces quelques phrases et se confier.

    Iwëne demeura perplexe devant son ordinateur, le fixant sans réellement l’observer. Il était trois heures du matin, la Faculté était encore rudement silencieuse et seul le bruit du vent venait cogner sur la fenêtre de sa chambre.
    Elle fit tourner le dossier de sa chaise, pivota vers ledit puit de jour –puit de nuit en cet instant- et contempla le maigre morceau de ciel qu’elle pouvait apercevoir derrière les arbres, depuis son bureau.

    Elle soupira, exaspérée par sa propre niaiserie. La jeune femme avait décidé de répondre à ce pseudo petit frère, quand bien même tout ceci ne serait qu’une plaisanterie. Chaque cas était à traiter sérieusement, personne ne devait se sentir seul et perdu en ce monde. Elle ne connaissait que trop bien les éléments présents dans la lettre : ce goût d’incertitude, ce besoin d’aide, cet appel au secours.
    Ses doigts commencèrent à s’agiter sur le clavier.


Citation :
Petit frère,

Lire tes mots, voilà quelque chose qui me touche.
Entre la réticence à t’écrire, et l’envie de te répondre, j’ai décidé d’agir. Parce que tu sembles en détresse, et que je sais que dans ces moments là, un soutien n’est jamais de trop, j’accepte. J’accepte d’être ta confidente, j’accepte de t’écouter, de te comprendre.
Tout ceci n’est peut-être que sottise, mais qu’importe. J’ai décidé de te croire, j’ai décidé que tu étais honnête et que j’en ferais tout autant. Parce qu’on ne peut vivre en laissant quelqu’un derrière sois, un jeune garçon perdu en besoin de repaires…
J’accepte, petit frère. J’accepte d’être ta grande sœur, et je désire t’aider.
J’ouvre mon cœur au tiens, et si mes mots te semblent empruntés, exagérés, sache qu’ils te sont justes et on ne peut plus véritables. Voici ma promesse.

Maintenant, j’en viens au contenu. A ton histoire, pour être exact. Cette situation me semble ambiguë, cruelle de surcroît. J’imagine combien ta peine doit être grande face à ces révélations, combien tu dois en vouloir au monde entier de te rabaisser de la sorte. Pourtant…

Tu sais, s’il y a bien une erreur que j’ai faite dans ma vie, c’est celle d’oublier, de faire semblant, de conserver en moi cette souffrance en me répétant sans cesse que « non », je ne pouvais plus vivre après ça.
Mais, dans cette douleur, je crois qu’il est plus sage d’avancer. En quelque sorte, je t’admire. Tu es venu à moi, de ton plein gré. Je pense que dans ton cas, la volonté triomphera. Cependant, avant cela, il faudra du temps.

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre, tu le sais. Mais, à force de se protéger, on en devient malheureux. Autant prendre tout dans la face, subir, et avancer, en sortir plus grand encore. Ne fais pas comme je l’ai fait. Tu dois surmonter.
Et pour cela, peut-être dois-tu tout savoir. Pour te libérer de ce flou continuel, pour comprendre et revoir la vie autrement.
Dans tous les cas, je t’aiderais.

D’après ce que tu as écris, tu ne semble pas capable d’expliquer ton cas sur « papier ». Mais, par soucis d’anonymat, tu ne peux me le dire de vive voix. Je respecte cela, mais que puis-je faire pour visualiser correctement la chose en elle-même ? N’y a t il pas un moyen ?

Je te propose de me répondre, de me donner de tes nouvelles, de me faire partager tes découvertes, d’élucider ce mystère qui n’en ait plus tout à fait un. Relates tes états d’âme, je t’écouterais. Et, dans la mesure du possible, je te conseillerais. Je tenterais.

Parce que je suis désarmée face aux problèmes, mais que je ne peux t’abandonner, que je ne le veux, Petit frère, parle-moi. Il ne suffit que de ça, pour l’instant.
Et si un jour, l’envie te prend de me rencontrer, je serais là. Et ne te jugerais pas, à l’exemple d’aujourd’hui.

Avec tous mon soutiens, toute mes pensées, j’attends patiemment ta réponse.

Ta grande sœur, un peu maladroite de ses mots.

    Iwëne relut en diagonale, puis appuya sur la toucher « envoyer ». Elle soupira, attendit, se frotta les yeux, bailla.
    La réponse ne viendrait sûrement pas avant quelques heures. Le mail, selon l’indication en haut du message, avait été envoyé à 20h 25, la nuit dernière. Son ordinateur criait « Nouveau message » depuis un bon moment, mais le cauchemar l’avait éprise, elle n’avait entendu.

    Elle soupira de nouveau, et se résolut finalement à retourner sous la couette.
    Il était tard et tôt à la fois ; elle était fatiguée.

    Et peu importe qui se cachait derrière le Petit frère, l’important, c’était qu’elle en eût un.

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Mer 7 Nov - 20:48

Une lueur dans la nuit, une simple petite lueur signe d'un espoir futur ou de la fin d'un rêve. Twilight ne vit pas la lueur, il ne vit pas le nouveau message, il ne vit pas que sa soeur d'adoption avait répondu. Il dormait, tel un enfant au pays des songes. Il était simplement allongé sur son lit, totalement détendu et totalement innocent aussi. Il semblait calme et serein. Comme si la vie n'avait été pour lui qu'une suite de joies sans fin.

Et, quand finalement il ouvrit les yeux, il ne pensait même plus à son message. Non, il alla manger avant de se diriger vers son bureau. Le bureau des délégués. Il alluma son PC et regarda son courrier habituel sans regarder immédiatement la nouvelle boite qu'il avait créé exprès pour Iwëne. Mais, quelque chose le poussa à vérifier, juste par acquis de conscience, sans trop se faire d'illusions. Et là, elle fut la, la réponse ! Il lut sans faire un geste, seuls ses yeux montraient son intérêt pour le message.

Son premier réflexe fut de supprimer ce message et de l'oublier. Mais il ne devait pas oublier que les conseils étaient justes, tout comme son pouvoir, tout pouvait être dépassé et accepté. Il se mit à la rédaction de sa réponse, écrivant sans se relire, simplement pout poser des mots sur l'écran, mots qui serviraient d'exutoire à tout ce qu'il ressentait.

Citation :

Merci à toi, merci de m'avoir répondu, de m'avoir fait confiance, car je suis certain que tu as eu peur d'être la victime d'un plaisantin. J'espère que cette réponse te permettra de voir que je ne suis pas en train de me moquer de toi. Non ! Et je ne le voudrais pas, je ne compte pas me cacher derrière une apparence, un masque ou une façade. Mais je le redis, je ne veux pas te rencontrer pour le moment.

Pas que je ne te verrais jamais, au contraire, je te vois souvent, mais toi tu ne peux pas, non c'est faux, moi je ne peux pas te considérer lorsque je te vois comme ma soeur. Je ne suis pas du tout cohérent en voulant me faire adopter comme ton petit frère et ne pas pouvoir te voir comme ma soeur mais je vais t'expliquer.

Tu vois, je te dis tu, et je ne peux pas le faire quand on se croise. Je suis calme et posé, et je ne peux pas l'être en permanence. Tu m'as déjà vu dans un contexte délicat et tu sais que je ne suis pas assez mature pour laisser de coté ce genre de comportement. Donc non, je ne peux pas encore te dire qui je suis, mais je sais que tu pourrais le savoir.

Parler de moi est agréable, car tu m'écoutes, ou plutôt tu me lis et je ne te sens pas comme un juge. J'ai l'impression de pouvoir tout te dire sans que tu ne cherches à me culpabiliser. Alors oui, j'ai peur de la vérité que je viens de découvrir. Oui j'ai peur de la réaction des autres, plus peur que lorsque je parle de mes pouvoirs. Or tout est lié. J'ai appris que mes parents n'étaient pas ceux que j'avais idéalisé. J'ai appris que pour marquer le bétail il y avait d'autres signes que les tatouages. J'ai appris que jamais je n'avais été libre. J'ai appris que j'avais été surveillé et que je l'étais encore lorsque je quitte cet endroit de paix. Alors penser que je pourrais leur devoir quelque chose cela m'est tout bonnement insupportable. Je n'en veux pas de leur fric, qu'ils le gardent, ils ont cru m'acheter, mais cela ne s'est pas produit. Tu veux que je te dise la vérité et je vais le faire sans gène, sans pudeur et sans faux semblant.

Je suis un produit de laboratoire, un simple rat marqué au fer rouge par des scientifiques cherchant à tester une théorie fumeuse. Oui, est ce que les rats sont plus heureux en famille ou dans des cages ? Et comme si cela ne suffisait pas, il a fallu des essais, de nombreux essais je suppose. Alors je suis né, moi, le garçon qui allait être en suite formé. Oh, mais pas tout de suite, non, il fallait que je m'attache à mes parents. Qu'ils se rendent compte que ma vie valait plus que l'argent qu'on leur avait donné et qu'ils ne voulaient plus que je suis un rat. Mais là encore ils n'avaient pas le choix. Ils voulaient que je reste avec eux sans l'accord des chers scientifiques, donc ils sont morts. Oui, tués pas les adultes ! Enfin c'était ce que je croyais. Puis on m'a changé de lieu. La cage n'était pas assez sure pour nous garder, nous autres expériences. Il fallait tester autre chose, ou sinon risquer de nous perdre. Et le monde me découvrit. Puis, quand je devenais un danger, les scientifiques me testaient, ils voulaient voir ce que je pouvais faire pour eux. Et ils me replaçaient dans le monde.

Tu n'as pas tout compris ? Je te l'explique en une seule phrase :

Si je n'avais pas été un sujet de test intéressant, j'aurais connu Fraust bien avant.

Et en y repensant, nous nous serions également peut-être rencontrés. Tu étais déjà belle à cette époque, tu as le droit de me demander comment je le sais.

Iwëne, grande soeur, je ne veux plus être un rat de laboratoire, aide moi à me libérer, tout comme tu l'as déjà fait pour toi.

Ton petit frère qui espère ne pas t'avoir dégouté de lui.

Il appuya sur le bouton et le message fila vers sa destinataire. Il avait presque tout dit, qu'allait-elle penser de lui à présent.

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Ven 21 Déc - 1:04

Il était exactement 12h06 lorsqu'Iwëne appuya sur la poignée. Le regard plongé dans une feuille de papier, elle avançait à reculons tout en refermant avec douceur la porte derrière elle.
Mauvaises, les nouvelles inscrites sur la fiche faisaient lourdement battre le coeur de la jeune femme et chaque lettre lue l'angoissait davantage. Melwin qui ne l'avait appelé depuis un mois lui envoyait soudainement cet e-mail qu'elle avait ensuite imprimé pour mieux l'examiner. L'ami mutant relatait l'accident, la survie et la mort de J.M.D. Il décrivait le sentiment qu'il eut ressentis, l'atroce souffrance qu'avait été l'enterrement, seul, et le visage doux, impassible qui le fixait, les yeux embués de larmes. De pluie.
Comme toujours, l'ensemble était flou et désaccordé. Abstrait, divaguant. Mais la demoiselle aux cheveux d'argent prêtait une attention particulière à chacune des expressions et virgules accentuées.
« Accepte, Iwëne. Ce n'est qu'un passage. ».
La phrase de fin la fit tressaillir. Si Melwin disait vrai, le sang coulait. Coulerait. Avait coulé. Et le mutant ne se trompait jamais lorsque la mort entrait par effraction...
*Et Maman ?* pensa-t-elle en se laissant tomber sur le lit aux senteurs fruitées. Portant une main à son front, elle caressa du bout des doigts un endroit précis de sa peau, se remémorant inconsciemment le combat à la Genetics Corporation, récente bataille. Mais, une fois de plus, ce n'était rien comparé à...
*Maman ? La mort de J.M.D... Ce serait le rapport aux hallucinations ?*
Un flot de questionnements traversa son esprit déjà durement tourmenté. La tête commençait à lui tourner et Iwëne s'ordonna de cesser ses pensées pour la lettre.
Comme de fil en aiguille, sa mémoire ressortit quelques images de la veille, et l'e-mail du Petit Frère devint aussitôt une priorité. La jeune femme se releva, abandonnant le papier sur le lit, puis avança jusqu'au bureau où elle s'assit et consulta sa boîte à messages.
Il avait répondu.
D'une traite elle lut le contenu et tenta de rassembler les éléments à la suite, de les emboîter bout à bout. A lire ces mots, la demoiselle devina plusieurs choses et des questions se soulevèrent. Pour commencer, elle avait de grande croyance que la firme responsable du malheur de l'adolescent soit la Genetics Corporation. Petit Frère faisait allusion au passé qui aurait dût les lier, les faire se rencontrer bien plus tôt. Et une seule chose aurait pût les rassembler : la bâtisse qui avait créé l'enfant, la même qui avait meurtris la femme.
Être lié sous cette influence néfaste ne plaisait pas à la jeune prof’. Elle avait trop vécus pour souhaiter à quiconque son expérience. Le garçon se trouvait embarqué dans une aventure bien plus périlleuse qu'il ne l'aurait souhaité, elle le savait.
De nouveau, Iwëne décela en cet « inconnu » des points communs, des points de sutures, comme si leur vie était liée par le malheur. Beaucoup de gens ressemblaient à Iwëne, les mêmes symptômes dans leur carcasse, les mêmes contraintes. Mais sa douleur, elle, ne ressemblait à personne. Incomprise.
C'était donc un cas nouveau qu'elle étudiait, et dans ses grandes interrogations, la jeune femme en oublia presque le visage qu'elle avait deviné derrière ces quelques lignes : Twilight Taboï. Plus qu'une évidence, c'était un fait réel et incontestable. Il pouvait y avoir des doutes, comme toujours. Mais Iwëne avait appris que, dans la vie, il fallait parfois divisé en deux camps : le vrai et le faux.
Mais, surtout, ne pas chercher à voler ce que l'être humain cache. Une identité, par exemple.

Alors, respirant profondément, consentant à faire abstraction de sa découverte, la mutante se mit à pianoter sa réponse informatique.


Citation :
Triste. La vie est horrible, n'est-ce pas ? On aimerait pouvoir effacer tout ça, créer l'existence qui nous convient. Toi, par exemple, tu souhaiterais n'être dépendant de personne, ne plus te sentir comme un produit sur lequel on teste les dernières inventions. Et moi, combien de fois ais-je rêvé d'une enfance paisible, loin de ce vide intense, de cet éternel sommeil où le rêve n'était qu'une folie apparente. Je ne compte plus. Et toi aussi, tu dois te lasser d'espérer un renouveau, de dénigrer le passé.
Il faut bien faire avec ; il faut bien vivre.
Je crois que je veux t'aider à te défaire de ce qui te maintient. Non, en fait, j'en suis certaine. Comment procéder ? Je serais tenter d'aller directement sur les lieux. Mais pour quoi faire ? Aucune idée.
Si tu pouvais m'en dire plus... T'aider à te sentir de nouveau libre, mentalement, je le peux. Cependant, faire en sorte que l'on t'oublie, à la firme, c'est plus compliqué. Tout ne répond pas de moi.
As-tu reçu des informations récemment, des nouvelles ? Comment as-tu appris que toute ta vie n'avait été qu'un mensonge inventé pour te garder sous contrôle ?
Je me demande également : Es-tu le seul à avoir été exploité, ou bien un quelconque ami, peut-être même un frère était à tes côtés ? La famille, également… Es-tu seul ?
Plus les informations seront nombreuses mieux le puzzle se construira. Et une fois que l'on aura déterminé les pièces manquantes, nous chercherons ensemble.
Peut-être folle, je n’en sais rien, mais la pauvre fille mutilée que je suis te jure fidélité au combat. Et je ne lâcherais pas le morceau avant de n'être complètement certaine que tout soit en ordre. Et qu'enfin, tu puisses te faire à l'idée d'avancer en avant.
Un, deux, un deux...
Enfin, une question me trotte en tête, suite à tes remarques-murmures. Comment as-tu découvert que j'étais (permet moi de réemployer tes propres termes, même s'ils me perturbent) « déjà belle à cette époque » ? Aucune photo me représentant à l'âge enfant n'existe encore. Et à ma connaissance, personne ne m'a filmée. Qu'auraient-ils à en faire, de toute façon, de ce visage blanc, si blanc qu'il en est presque un cadavre ? Et ces cheveux, devenu gris pâle par les machines, les aliments, les liquides qui découlaient dans le sang de la gamine ?
Non, vraiment, je ne vois pas. Tu m'intrigues. Tu m'inquiètes.
Mais j'ai confiance et j’attends patiemment de tes nouvelles pour que nous puissions établir un plan. Cela donne un aspect quelque peu militaire, je te l'accorde... Mais après tout... On nous traite comme des bêtes, on nous exploite sans avis, sans consentement. Sans même expliquer à l'enfant inconscient que sa vie deviendra un enfer, qu'il vivra sans ressentir, sans comprendre qui il est ! Et nous ne pourrions pas mordre, après ça ? « A la guerre comme à la guerre » disent certains. Pour une fois, peut-être pour toi et tous ces autres semblables, tous ceux qui nous sont proches, j'approuve.

Il ne s'agit pas d'une quête, ni même d'une partie de plaisir. Mais la motivation me pourchasse et me rattrape. Qui gagnera ?
Tu es confiant ? Je le suis aussi.

A bientôt, Petit Frère.

Je t’attends.

Iwëne.

Sur les connotations de fin, la jeune femme s'était confiée malgré elle, si ce n'est même emporté dans ses sentiments. Alors que les lettres s'affichaient sur l'écran, la haine passée ressurgissait à petite touche, comme des flashs sans image. Elle s'était revue, enfant, subissant les traitements, abandonnant tout ceux qui lui étaient chers, se perdant dans ce monde sans issus.

Comme dans un rêve, Iwëne avait marché sur l'unification des couleurs, du temps, du monde. Et aucune pensée.
Réellement, il y avait la lettre de Melwin et l'e-mail de Twilight qui lui rappelait l'enfance volée, l'adolescence violée, la vie bouffée.
Le blanc infini.

Et tout ça.

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Ven 21 Déc - 16:05

Twilight était resté devant l'ordinateur, incapable de bouger pour le moment. Tout ce qu'il désirait était de plus en plus flou, il voulait qu'Iwëne ne réponde plus et il souhaitait des conseils, il voulait qu'elle l'oublie et il voulait qu'elle le console. Cela était trop dur pour le jeune mutant. Il ne savait plus, il ne voulait plus savoir et pour oublier il sortit.

Mais dès qu'il posa un pied à l'extérieur, un doute survint dans son esprit, et si Iwëne répondait déjà et attendait la réponse ? Et si elle le guettait ? Si elle savait déjà qui il était et qu'elle voulait lui faire passer l'envie d'être aussi stupide ?

Il ne savait plus, il en avait assez de tout cela. Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait se laisser abattre, ce n'était pas dans son caractère. Impulsif, mais pas négatif ! Il rebroussa chemin et retourna sans son bureau pour vérifier ses messages. Et la petite lumière clignotait, tel un phare pour guider les navires.

La réponse fut encore une fois rapide et sans relecture.

Citation :
Iwëne, je ne cherche pas à me battre contre eux. Pourquoi ? Parce que nous n'avons aucune chance de gagner, nous sommes les monstres qu'ils ont créé et nous nous sommes rebellés. Mais je te remercie de chercher à me remonter le moral, ça va déjà mieux d'ailleurs.

Je vois à ce que tu écris que tu es toi aussi touchée par ce que je te raconte, ne soit pas trop dure avec toi-même, tu n'y es pour rien. Tu me demande plus de détails et je ne sais pas par où commencer, mais par contre je peux te répondre pour une autre question. Oui tu étais déjà belle et je t'ai vue, mais pas en photo, j'ai vu ton portrait fait par quelqu'un qui t'a connue enfant. Je n'aurais d'ailleurs jamais dû voir ce portrait, alors tu peux garder le secret ?

Pour les autres questions je pense que le mieux est que je te réponde selon l'ordre dans lequel j'ai tout appris.

La technologie est une chose merveilleuse et terrible à la fois. Quand on est puissant, on peut tout apprendre sur quelqu'un simplement avec son numéro de téléphone et c'est ce qui s'est produit pour moi. J'ai reçu un appel il y a quelques semaines de cela, un homme voulait me parler de mon enfance. Je ne l'écoutais qu'à moitié quand il me donna des détails très précis sur ce que j'avais vécu. Il m'expliqua ensuite en quoi concernait le projet qui m'avait vu naitre. Ce n'était pas comme pour toi ou Fraust, je n'étais pas prisonnier, mais libre et je devais trouver naturel d'être ensuite soumis aux tests et aux entrainements de la société. Mais le problème vint de Fraust et de son école, je ne me suis pas tourné vers eux, mais vers vous. Et ça ça posait problème. Donc ils m'ont appelé dans l'espoir futile que j'irais les rejoindre !

Et non je ne veux pas les attaquer, je ne veux pas qu'ils m'oublient, je veux rester un point douloureux dans leurs esprits, quelqu'un qu'ils ont créé et qui a décidé de ne pas rester, un de plus, un de trop qui sait ?

Concernant ma famille j'ai une soeur mutante elle aussi, elle ne sera pas inquiété, ses pouvoirs ne se voient pas du premier coup d'oeil.

Enfin je suis certain que tu sais à présent qui je suis en réalité. Et si je te déçois désolé, mais j'avais besoin de parler. Alors si tu ne veux plus me répondre à cause de ma personnalité pas de problème.

Au revoir grande soeur.

Il ferma les yeux et appuya sur le bouton, le message partit au travers des ondes et allait arriver sur le poste de la professeur, il ne se faisait que peu d'illusions, il en avait trop dit pour qu'elle reste sa confidente, mais cela lui avait fait du bien de parler.

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Ven 21 Déc - 21:25

Les bras ballant, le regard rivé vers le sol, la silhouette assise sur la chaise de bureau demeurait pensive. Le soleil entrait par la fenêtre, éclairant le corps inerte de la jeune femme. Son visage caché par la chevelure argentée était inexpressif mais ses mains, maigres et douces, tremblaient. Accrochées à son pantalon de toile, elles ne cessaient de serrer et serrer davantage, comme si le tissu avait été le coeur d'Iwëne. Une plaie béante qu’il fallait panser.

« Nouveau message » bipa l'ordinateur dont l’âme semblait presque humaine.
De longues minutes, la jeune femme écouta ce bruit répétitif sans pour autant lâcher sa prise et ses réflexions. Elle ne bougeait plus, elle ne bougeait moins. Juste silencieuse.
*Quinze.*
Au bout de ce nombre particulier de sonneries, la belle mutante releva la tête et ses doigts cessèrent immédiatement de maintenir l'habit. Plus aucune trace des sentiments éprouvés quelques secondes auparavant n'étaient visibles sur une quelconque partie de son être, et seul le pantalon, en l’endroit de crime, étaient encore froissé.
*Déjà ? Il répond vite...* songea-t-elle tout en ouvrant la fenêtre internet.
Elle lut avec davantage de lenteur cette fois-ci, considérant chaque mot. Quelques erreurs par-ci par-là, des phrases légèrement maladroites, mais peu importait. L'essentiel était les aveux du garçon, l’indignation qui naissait après lecture.
Alors Iwëne soupira. *Ce n'est qu'un enfant, encore* se répétait-elle comme pour s'obliger à peser le contenu de sa réponse en cours d'écriture. *Ce n'est qu'un enfant, il faut lui apprendre... Doucement.*


Citation :
Jeune homme, je pense que tu as tort. Ou tout du moins, tu idéalises la situation.
Tu dis vouloir les éviter, rejoindre le « camp adverse », si je puis dire, et leur faire prendre conscience que tu ne leur appartiens pas, que ce qu'ils font est mal.
Mais il faut que tu saches : Tu n'es rien pour eux. Certes, un projet de plus, un qui n'accepte pas d'être né ainsi…Mais encore ?
Que tu rejoigne la Faculté, que tu ne sois pas des leurs, quelle importance ? Nous ne sommes que des pions, petit frère, nous ne sommes rien si ce n'est des expériences, des cas à analyser. Ils se fichent bien de tout cela, et en étant auprès de Fraust, tu ne leur apportes aucune peine.
Ils s’en moquent.
Trop de victimes dans leur labo, trop de cobaye dans les cellules pour qu'ils puissent songer à pleurer sur ton sort et ton avenir. Mais, surtout, avant tout, trop d'humains dévoué à leur cause.
« Insignifiants » nous sommes pour eux. Toi, moi, nous tous les mutants. Comme une race inférieure.
Notre vie perçut par ces infâmes n’est qu’une liasse de billets. Du fric, on est des pompes à fric.
Crois-tu sincèrement qu'en les fuyant et refusant leurs offres tu devient puissant, tu te libère de leur emprise ? Le crois-tu vraiment ?
Non, fausse idée. Tu le sais, au fond de toi... Ils n’y perdent que dans leurs bénéfices.

Je comprends que tu ne veuille pas te battre, mais l'expression employée ne désigne pas immédiatement les armes à proprement parler. Il s'agit de procès, d'écrits, de communication. Mais là encore, rien ne t'oblige à vouloir manoeuvrer.
Seulement, si nous ne faisons rien, comment t'en sortiras-tu ? Ce n'est pas en demeurant ainsi qu'ils te lâcherons, ni même n'auront de la peine.
Veux-tu seulement te libérer ou prendre ta revanche ?

Quant à ta soeur, si elle est en lieu sûr -la Faculté ? mais j’en doute…- ils l'oublieront sûrement. Un cas de plus, un cas de moins. Quelle importance... Ils en trouveront d'autres, ils en trouvent toujours d'autres...

Pardonne-moi, petit frère, si mon message t’a parut brusque. Mais je me devais de t'exposer mon point de vue. Après tout, si tu m’as contacté, je doute fort que ce ne soit pour que j'approuve tout ce que tu profères.
La réalité, c'est dur, j'en sais quelque chose. Mais il faut toujours persévérer pour faire en sorte qu'elle devienne supportable à celui qui la subit.

Tu dois choisir. Tu connais mes avis.

Ta grande sœur adoptive.

Elle appuya sur la touche envoyée et continua à fixer l’écran. Qui sait, la réponse pourrait survenir dans quelques minutes ?

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Sam 22 Déc - 22:34

Des réponses en pagaille et des messages de plus en plus faciles à écrire mais en même temps le fait de correspondre avec Iwëne n'était pas si détendant que cela. Elle l'aidait dans un sens, mais elle n'était pas comme lui et il restait beaucoup de choses que Twi ne pouvait pas lui dire, il n'était pas encore prêt. Et en plus il ne comprenait pas son acharnement contre la GC. Pourquoi être aussi avide de vengeance ? Lui n'était pas si catégorique, il voulait vivre en paix, rien de plus ! Et cela était-il si impossible ?

Il regarda son écran dans l'espoir que le message arrive plus rapidement. Si elle l'avait identifié et qu'elle le repousse ? Non, c'était lui le cas social dans l'affaire ! Et comme pour appuyer ses pensées le message arriva.

Il le lut sans manifester la moindre émotion, laissant le sens du message le convaincre, il ne voulait pas parler de vengeance, pas de bataille même médiatique. Cela ne lui convenait pas du tout. Et Iwëne pensait qu'ils ne le laisseraient pas en paix tant qu'il ne se serait pas battu. Mais comment ? Que faire ?

Citation :
Grande Soeur

Cela me fait drole de te dire ça, mais tu es certaine qu'on peut faire quelque chose ? Parce que moi, je ne vois rien qui puisse être fait sans attirer encore la haine sur nous autres mutants. Et si quelque chose existait, pourquoi est-ce que ça n'a pas déjà été fait ? Qu'est ce que je peux apporter ?

Ensuite tu dis que nous ne sommes rien, mais j'ai l'impression que tu fais une erreur. Ashen était un mutant important à la GC et il semblait assez bien traité. Il avait même beaucoup de liberté contrairement à d'autres. Un mutant pourrait donc devenir quelqu'un au sein de la société ? Qui sait même peut-être devenir quelqu'un dans le monde des humains. Je divise notre monde en deux, pas parce que je le crois, mais parce que c'est ce qui est fait !

Et pour ce qui est de ma véritable soeur elle est assez grande pour s'occuper d'elle, n'aie aucune crainte. Elle n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, je crois que c'est un trait de famille ...

Alors tu veux les affronter ? Je suis tenté d'être d'accord, mais comment ? Explique moi ce qu'il faut faire pour qu'ils nous oublient enfin, que nous puissions vivre comme des enfants et non pas comme des adultes. Car en ce moment, j'ai l'impression de ne pas être un ado comme les autres et j'adorerais pouvoir hurler : Me** vous faites ch** à mes parents ou même pourquoi pas à ma nouvelle grande soeur ! Ben quoi ? Un ado n'est pas censé être en révolte contre l'autorité ?

Ton frère.

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MessageSujet: Re: Bureau de la chambre 43 : Iwëne   Dim 30 Déc - 0:08

Deux minutes plus tard, la réponse arrivait. Comme toujours, Iwëne ouvrit la fenêtre et lut. Mécaniquement, elle répondit.

Citation :
Petit Frère, c'est ce que tu veux ? Être comme Ashen, bien traité par les humains ?
Je ne vais pas prétendre connaître ce jeune homme qui s'est joint à nous récemment, mais il me semble que tu oublies un point important : Ashen n'était pas quelqu'un de bien à la G.C.
A quoi rime le fait d'être haut gradé dans le « monde des humains » si c'est pour trahir les siens, faire le mal autour de sois ? Pardonnes-moi de te contredire, mais nous ne sommes forts, respectés de nos « ennemis » à la seule condition de servir leur cause, de travailler pour eux, de détruire de quelques manières qu’elles soient les mutants. Un triste destin, si tu veux mon avis.
Pour le reste, il n’y a personne à ma connaissance -si ce n'est quelques amis qui ont fait en sorte que leur pouvoir reste un secret- qui n'est parvenu à se faire aimer de la société si ce n'est pour contribuer à notre propre anéantissement.
Regarde, donc… Même des gens tels que Monsieur Bochvag, un brillant avocat allemand qui était passé au journal télévisé... Il était doté d'une force multipliée par sept fois celle d'un humain normal et avait, grâce à ce don, sauvé des enfants en bas âges d'une garderie qui s’enflammait. Qu'en ont-ils fait de ce brave homme ? Ils l'ont envoyés dans un centre spécialisé -une de ces firmes à la Genetics Coporation, tu peux y compter- sous prétexte qu'il était avant tout un danger public et que sa force était susceptible d’en blesser plus d’un. Quelles ont été les réactions, suite à cet évènement ? Aucune. Pas la moindre exclamation. On nous a caché cette vérité, à nous, citoyens, et peu à peu Monsieur Bochvag est tombé dans l'oubli ; il n'était plus un héros, il n’était qu’une simple bête à expérimenter. Divine propagande...
Tu sais très bien autant que moi qu'il est impossible de vivre ainsi, et je suis persuadée qu'un avenir comme Ashen ne t'intéresse pas.
Il reste donc le choix radical, celui que je t'ai évoqué : combattre, de manière aussi subtile et « discrète » que tu le souhaiteras, le mal qui te poursuis.
Pour ce fait, il faut élaborer un plan, remonter jusqu'à la source. Et c’est sans nul doute que cette opération te sera bénéfique, de même qu’elle le sera à certains autres d’entre nous.
J'ai un ami qui pourrait nous aider. Il est très fort pour dégotter les renseignements.
Cependant, même si je suis persuadée que tu es bien un jeune garçon de la Faculté derrière l'écran d'ordinateur, il n'est pas impossible que ce message se perde quelque part, entre de mauvaises mains.
Pour cela, il faut parler face à face et éviter toute fuite d'informations. Ce n'est pas un jeu, crois-moi. Je suis bien déterminée à mettre en place cette mission, à t'aider.
Si tu ne te sens pas le courage de te montrer, je comprendrais. Mais il en dépend sûrement de ton avenir. Je ne te jugerais pas plus que je ne le fais en ce moment.
Dans dix minutes, si tu es prêt, rejoins-moi dans le parc, près de l'arbre mère. Je t'attendrais une demi-heure, et si à la fin de ce délai, tu n'es toujours pas là, j'en conclurais sûrement une des deux propositions suivantes :
1) Tu n’avais aucune envie de te présenter.
2) Je me suis trompée de personne, tu n’es pas celui à qui je pensais parler. Un imposteur, en somme.

Dans tous les cas, à très bientôt.

Ta Grande Soeur.

Iwëne appuya sur la touche envoyer puis se releva de sa chaise. Elle éteint l'écran d'ordinateur, une des précautions habituelles de la belle jeune femme. On n'est jamais trop soucieux lorsque l'avenir de la planète dépend de petits gestes anodins comme ceux-là... C’est fou ce que l’être humain peut consommer comme énergie, inutilement, de surcroît - en laissant les télés allumées, par exemple.
Sa fine main repoussa le dossier du fauteuil de bureau et attrapa, ensuite, les clés posées sur un petit meuble près de la porte. La serrure pénétrée puis le trousseau rangé, Iwëne partie à grands pas, de cette démarche royale et gracieuse qui lui était propre.
*Twilight, j'espère que tu viendras*

[Hors-RP : Si ton perso se doit de la rejoindre, tu créeras un nouveau topic dans le parc, s'teu plaît ^__^]

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