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 Le Feu et l'Eau

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Aaron Kushter
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MessageSujet: Le Feu et l'Eau   Sam 15 Sep - 20:17

La nuit enveloppait déjà l'île de la Faculté d'un grand drap de ténèbres quand Fraust sortit de la résidence. Le recteur descendit l'escalier de l'entrée quatre marches par quatre, et commença à courir en direction de l'est. Il couru vite, comme si le diable en personne le poursuivait, il couru sans se retourner une seule fois, sans s'arrêter. En fait, cette course était sensée lui permettre d'expurger toute sa colère, de se vider de toutes les émotions négatives qu'il ressentait en cet instant. Mais visiblement, courir comme un dératé à travers le parc ne fut pas suffisant...

Sa course l'emmena jusqu'au premier terrain d'entraînement, à déjà plus de 700 mètres des bâtiments. Fraust ne ralentit pas, il continua à courir et traversa complètement le premier terrain. Il s'arrêta enfin, totalement essoufflé, à un tiers du second. Appuyant ses mains sur ses genoux, et essayant de récupérer un peu, le jeune homme se pencha un peu en avant, et écouta son coeur qui battait sourdement dans sa poitrine. C'était absolument fou qu'il puisse battre aussi vite et fort, et pourtant, il battait bien la chamade, à un point tel que le recteur appuya à nouveau sa main droite contre son pectoral gauche, en grimaçant. Saleté de maladie cardiaque, pensa t’il, en se demandant combien de temps il devrait encore supporter çà avant de rendre l'âme...

Fraust put reprendre un peu son souffle, alors qu'il posa ses genoux contre l'herbe fraîche et légèrement humide du terrain, et laissa son corps retomber. Prenant appui de ses mains contre le sol, le jeune homme détacha rapidement sa cravate, presque en l'arrachant littéralement, et releva ses cheveux de son avant-bras. Il se sentait tellement mal, à cause de tout çà...
Frustré ou vexé ne suffisait plus à qualifier ce que ressentait Fraust. C'était infiniment plus, c'était de la rage pure. Rage d'avoir été aussi pitoyable, bien sûr, mais aussi et surtout rage amoureuse. Fraust était à présent sûr de ses sentiments, et juste à ce moment là, tout s'était effondré autour de lui. Le monde n'avait plus l'air que d'être comparable à cette fraîche nuit, c'est à dire ténèbres à perte de vue. Iwëne l'avait blessé, mais ce n'était pas vers elle que sa colère était dirigée, non, c'était contre tout ce qui les séparait encore l'un de l'autre.

Les avant-bras du Mutant électrique commencèrent à se recouvrir d'étincelles, alors qu'il sentait sa colère remonter à nouveau en lui. La longue course à perte d'haleine n'avait visiblement pas suffit à l'expurger totalement...
Alors, dans un accès de rage folle et aveugle, le Mutant classé comme étant celui le plus puissant au monde, leva son visage humide de ses propres larmes vers le ciel, avant de crier un cri rageur. Au même moment, tout son corps se chargea d'électricité, à une vitesse totalement folle. En à peine 4 secondes et des poussières, il avait accumulé une puissance électrique pure dépassant généreusement les 250 000 volts sous 4 ampères. Ses bras ne produisaient plus d'étincelles, mais des éclairs de couleur bleutée, et les manches de sa chemise commencèrent à se consumer. Fraust sentait tout son corps le démanger, comme si une armée de fourmis rouges était en train de le dévorer de l'intérieur. Le Mutant sentait l'électricité aller et venir dans tous ses membres, même les jambes, fait inhabituel. Sans parler de la puissance astronomique qui ne cessait d'augmenter à chaque instant...
Dans un instant de lucidité, le jeune homme comprit qu'il devait absolument évacuer toute cette électricité, sans quoi il allait se griller tout seul. Alors, il leva ses bras au ciel, et produisit ce qui allait être l'arc électrique le plus puissant qu'il ai jamais crée de sa vie. Au moment où l'électricité sortit par ses doigts et ses paumes, son voltage dépassait les 600 000 volts... L'éclair, encore bleuté, dégagea une puissance extraordinaire, environ le double de celui qui avait permis aux élèves de fuit la G.C. quelques jours plus tôt. Fraust sentait ses doigts brûler de l'intérieur, de même que sa chemise qui elle, était en train de partir en fumée au niveau des manches...
Pendant plusieurs secondes, Fraust prolongea cet effort intense, en sentant l'électricité le quitter un peu, pour se perdre dans le ciel. Sans doute cet éclair serait-il visible même pour les marins en train de pêcher à des dizaines de kilomètres de là. Mais le trop-plein électrique du Mutant n'étant pas encore évacué, il décida de tout décharger dans la terre, et en une seule fois. Quoique pour être exact il ne le décida pas vraiment, il le fit s'en même s'en rendre compte.
Alors, son dos redressé s'arc-bouta en arrière, avant qu'il ne rabatte ses bras en avant, frappant le sol de ses deux poings fermés. Le phénomène qui suivit fut là encore incroyable de puissance. Il y eu comme une sorte de vague déferlante, d'onde de choc de couleur bleue, onde qui trouva son point de départ en Fraust et se dispersa de façon circulaire sur 360°. Un bruit vraiment étrange, une sorte de "WOMP" grave et distordu, accompagna cette vague, cette onde de choc qui parcourut rapidement une centaine de mètres avant que le "WOMP" soit "ravalé", et qu'une déferlante électromagnétique ne ravage tout le périmètre de l'onde de choc. Les arbres se carbonisèrent quasi-instantanément, certains rochers éclatèrent en morceaux, le sable se souleva dans certaines zones... Et puis plus rien, Fraust se laissa tomber au sol alors qu'autour de lui, tout n'était plus semblable qu'à un paysage désolé, comme si ce fût le décor d'une guerre atomique...

La pluie finit par tomber, car malheur à lui, le nuage qui avait décidé de passer au dessus de la Faculté avait été percé de part en part par l'éclair de Fraust...

Au bout de quelques secondes, le recteur se releva, en se sentant étonnamment... Léger, vide, comme si un grand poids l'avait quitté. S'asseyant sur ses fesses, il tapa sur sa chemise pour éteindre quelques flammèches qui la consumaient. Il n'en restait plus grand chose d'ailleurs, les manches avaient brûlées presque jusqu'aux épaules, et un grand trou se présentait sur l'avant du vêtement. Le recteur se surprit également à sentir un courant d'air sur la plante de ses pieds. Se mettant en tailleur, il constata que le dessous de ses chaussures avait littéralement fondu, et plus surprenant encore, que ses pieds tout comme ses bras, produisaient bien... Des étincelles...

Après s'être checké, et n'avoir relevé que des brûlures superficielles sur l'ensemble de son corps, Fraust se retourna et observa l'environnement alentour. Le dernier phénomène qu'il avait produit avait tout dévasté... Le jeune homme essaya d'analyser tout ce qui venait de se passer, et vint rapidement à la conclusion que son pouvoir avait changé. Ce n'était pas dans ses habitudes de produire des vagues électromagnétiques, surtout pas des aussi puissantes... Ceci dit, cette forme d'énergie lui rappela immanquablement cet événement, 6 années plus tôt...

La G.C. ... Le Geôlier... Les insultes, les rires... Et la colère... Non... La Haine...

Et surtout, une explosion du même type, qui ravagea toute une aile des bâtiments de la multinationale, et qui permis à Fraust et 31 autres de fuir... Oui, cela se ressemblait, et Fraust le comprit. D'autre part, son coeur s'était calmé et ne martelait plus dans sa poitrine...
Fraust voulut se relever, mais son dos le lança violemment et l'en empêcha. Une grosse crampe sans doute, le mieux était encore d'attendre un peu que çà passe... Le jeune homme aux cheveux d'argent resta alors là, à regarder le triste spectacle qui s'offrait à lui, regardant la pluie éteindre quelques petits brasiers, tandis que les restes de quelques arbres fumaient... Fraust releva alors son visage vers le ciel, profitant de la pluie pour qu'elle lave ses larmes et son visage... Drôle de journée, pour un 23ème anniversaire, pensa t’il ironiquement, en sentant ses glandes lacrymales se lâcher à nouveau...

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MessageSujet: Re: Le Feu et l'Eau   Jeu 27 Sep - 23:31

« Il ne t’attendra pas… Personne ne t’attendra plus, Iwëne. Ce n’est pas la volonté qui manque, crois-le. Mais c’est toi… Pourquoi faut-il que tout se complique ? Pourquoi faut-il que tu sois aussi… Ah, Iwëne ! Il ne t’attendra pas, tu le sais bien. Alors, cesse de te poser tant de questions et cours le rejoindre. Ca ne vaut pas la peine de te torturer ainsi, ça n’en vaut plus la peine… Et, par pitié… Sèche-moi ces larmes ! ».
La jeune femme se répétait inlassablement ce petit discours, persuadée que c’était ledit mantra qui lui permettait d’avancer, d’aller toujours plus loin. A chaque pas, un nouveau mot. Et à chaque mot, un nouveau pas. Les ponctuations n’étaient ni plus ni moins que des instants de réflexion auxquels elle s’adonnait à balayer les pensées indésirables. Pourtant, malgré toute la volonté du monde, la demoiselle n’arrivait à se débarrasser de cette image qui la hantait.
Main dans la main, le regard brumeux, les deux mutants s’observaient en silence. C’était l’heure de se quitter, de se dire adieu. Ils resserraient leurs doigts, les enlaçaient de toute leur force, comme si se fut ce contact qui les unirait à jamais. Et soudain, sans prévenir, la pression se relâcha. Douleur. Incompréhension. Douleur. Et toujours plus de larmes. Oui, c’était bien la fin.
Une fois de plus, Iwëne secoua la tête et ferma brièvement les yeux. Elle avait beau inspirer, expirer, cacher son visage, la tristesse était la même. Savoir que Fraust allait mourir, et ne pouvoir agir contre cette fatalité était aussi éprouvant et tragique que de découvrir le cadavre d’un être cher. Iwëne savait –mieux, elle ressentait. En matière d’atrocités de ce monde, ce n’était pas l’expérience qui lui manquait, croyez-moi.
Et, comme toujours, un sentiment d’impuissance, de misère, de faiblesse sournoise mordait son cœur, l’envenimant hargneusement pour mieux se répandre, par la suite, dans chaque recoin de son esprit. Une nouvelle larme coula, froide, glaciale.
Fraust était tout pour elle, peut-être même plus qu’il ne le devrait. Jamais Iwëne n’avait éprouvé de sentiments semblables pour quelqu’un d’autre. Pour être honnête, l’amour et l’attachement qu’elle avait pour le jeune homme était bien plus qu’une étendue de passion. Il n’y avait ni barrière, ni muret, ni rien du tout. Aucune contrainte extérieure. C’était plus que de l’amitié, plus que de l’amour aussi. Dans son cœur, dans sa conception des choses, du monde, sa perception de l’entourage, de la vie, Fraust était le pilier. Lorsqu’ils s’étaient séparés, il y a six ans, cela avait déjà produit un choc si terrible, si persistant qu’elle avait cru ne jamais pouvoir se remettre de cette destruction. La bâtisse de son âme s’était affaiblit, et le cercle vicieux de l’impassibilité s’était créé. Iwëne savait pertinemment que la mort de l’homme apporterait l’anéantissement de sa vie. Si ce n’est plus.
« Il ne t’attendra pas… […] Alors, cesse de te poser tant de questions […] Ca n’en vaut plus la peine… […]… Sèche-moi ces larmes ! ».
La difficulté de l’exercice s’accroissait au fur et à mesure, et s’avérait être d’une pénibilité excessive. Pourtant, la demoiselle persévérait à se répéter la tirade - comme si le courage advenait lorsque les paroles s’encraient dans son cerveau, comme si cela lui permettait d’oublier quelques instants la dureté de la situation.
Et elle courait, courait et ne cessait de courir. Le ciel avait beau déverser sur la petite île, sur son corps froid et glacé, des centaines de larmes, elle continuait. Son regard s’aventurait parfois au niveau des nuages qui lui indiquaient paresseusement le chemin à suivre. Ainsi, elle avançait sans se soucier où tout ceci la mènerait.
Ce fut de cette manière qu’elle atteint les terrains d’entraînement –lieux qu’elle n’avait que rarement fréquentés. Autour de la demoiselle, le paysage était ravagé, détérioré de toute part. On aurait juré qu’une tempête s’était aventurée dans les parages, il y avait quelques secondes à peine.
Iwëne jeta un bref coup d’œil à sa gauche, et réalisa enfin où sa course venait d’aboutir. Perplexe, elle observa promptement la scène qui se dressait devant elle, un soupçon d’inquiétude filtrant dans son regard. Que s’était-il passé ?
Sa question reçut presque immédiatement une réponse plus ou moins significative. Fraust se trouvait sur le second terrain.
-Fraust ! cria-t-elle avec affolement.
Ses jambes accélérèrent la cadence, et la conduire jusqu’à l’homme assis, immobile. Plongeant littéralement au sol, Iwëne enlaça le cou du recteur et sous l’intensité du geste, ils tombèrent à terre. Allongée –en partie- sur le corps de Fraust, la jeune femme le regardait avec supplice et angoisse. L’émotion la prit au dépourvue, et elle fondit en larme.
-Fraust… Ne me laisse pas, ne me laisse pas ! J’ai besoin de toi. Ne me laisse pas, je t’en supplie, ne me laisse pas. Je… Je…
Elle resserra un peu plus fort son étreinte.
-Je… Je t’aime…Je t’aime tellement… Fraust, j’ai besoin de toi… Ne me laisse pas…
Impossible d’en dire davantage, impensable de continuer à parler. Ses mains tremblantes caressèrent hâtivement le visage du jeune homme, tandis que ses lèvres s’aventuraient sur ses joues, sa bouche, et venaient se nicher dans son cou chaud et doux. Chaque seconde comptait, à présent.
« Il ne t’attendra pas… ».
C'était vrai... Mais, s’il ne pouvait l’attendre, Iwëne ferait en sorte de le rattraper. Et ne jamais plus le quitter. Jamais.

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MessageSujet: Re: Le Feu et l'Eau   Sam 29 Sep - 22:54

Encore un peu "choqué", éberlué tout du moins par les nouvelles manifestations de son pouvoir, Fraust essuya du revers de son avant-bras droit l'eau ruisselante de son visage. A présent intégralement trempe et un peu frigorifié, le recteur était à nouveau en état de penser rationnellement, son esprit n'était plus confus par toute son agitation intérieure. Il venait de franchir une étape, c'était certain, son pouvoir n'était plus le même, il était un peu redevenu le lion indomptable d'autrefois, et surtout la colère avait une nouvelle fois réussi à s'emparer de lui corps et âme. Six ans... Six longues années pendant lesquelles Fraust ne s'était plus énervé contre rien, six années après lesquelles son don reprenait le dessus, tout comme sa haine intérieure, trop longtemps contenue. Il avait explosé, "pété un plomb" en quelque sorte, chose que le recteur n'avait pas faite depuis tellement longtemps que cette réaction lui sembla totalement étrangère. Ce n'était pas lui, le Fraust qu'il connaissait lui-même, calme, froid, et qui prend sur lui; ce Fraust là, énervé, meurtrier, destructeur, ce n'était pas lui... Non, c'était le Fraust d'il y a six ans...

Devant ce constat, preuve irréfutable que çà n'allait pas, Fraust se sentit à nouveau ridicule, mais au delà; il était en colère contre lui-même, d'avoir perdu son sang-froid, d'avoir explosé de la sorte. Le jeune homme se revit, sortant tout juste de 16 années d'enfermement, de séquestration et de torture. Il se revit le lendemain de sa fuite de la Genetics Corporation, où lui-même se sentait comme un animal, comme un tigre enragé dans une ville. Chaque personne, chaque regard se posant sur lui à l'époque, était autant de signes de dédain, car il n'était pas de ce monde, il n'était pas fait pour ce monde. Du moins l'a t-il cru pendant quelques temps. Incapable de se socialiser, de devenir humain, Fraust passa plusieurs mois à se sentir comme tel, une bête sauvage parmi les hommes, et ce en majeure partie à cause de son pouvoir, indomptable à l'époque. Ses rapports sociaux étaient difficiles, ambigus, d'autant plus qu'il ne pouvait rester comme çà, survivre dans ce monde là, sans changer.

Alors, il y eu les amis. Ceux qui avaient été là, avec lui, dans cet enfer, et qui comme lui, en étaient revenus. Ils étaient ses guides, les épaules sur lesquelles il s'appuyait. Eux, ils l'aidèrent à se socialiser un peu, à comprendre ce monde, et à y survivre. De l'amitié, il y en eu, de l'amour aussi, et porté par ses frères, Fraust l'indomptable devint peu à peu Fraust l'humain, bien qu'il n'ai jamais voulu l'admettre, par fierté. Il avait fallu six ans pour façonner le Fraust qui deviendrait le fondateur de la Faculté pour jeunes Mutants...

Et ces six années, et une grosse partie de leur enseignement, venait d'être balayé, en quelques instants, par une rage aveugle, d'où découlait un pouvoir amélioré, plus agressif et violent encore que le précédent. Fraust sentait encore l'électricité dans ses veines, comme portée par son sang, descendant et montant de toutes parts à l'intérieur de lui. Et qui disait nouvelle mutation, disait mutation à dompter, à contrôler. Et pour çà, Fraust savait, avant qu'il ne soit trop tard, qu'il devait aller à la rencontre de son mentor, celui qui lui avait permis d'avoir une totale maîtrise de ses dons. Lui saurait l'aider, comme il l'avait fait il y a un peu moins de 6 ans...

*... Il est temps...*

C'était décidé. Dès la fin du colloque, Fraust irait passer quelques temps en Thaïlande, aux côtés de son mentor. Il en avait besoin, physiquement et spirituellement...

Alors que le jeune homme aux cheveux d'argent mouillés était perdu dans ses pensées, une petite forme apparut au loin, telle la lumière sortant des ténèbres. Une petite forme qui se rapprocha et se rapprocha encore, petite forme devenant silhouette, et silhouette devenant jeune femme, et jeune femme devenant...

*...Iwëne?*

Le bruit de sa course éffreinée fit sortir Fraust de ses pensées, il redressa la tête et vit celle qui représentait tant pour lui, arriver en courant en sa direction. Il n'eut pas le temps de se poser davantage de questions toutefois, car la jeune femme lui plongea littéralement dessus, sans qu'il puisse avoir le temps de penser "ouf". Se retrouvant alors allongé par terre sans savoir comment, et Iwëne dans ses bras, le recteur la regarda dans les yeux, avant qu'elle ne fonde en larmes...

"-Fraust… Ne me laisse pas, ne me laisse pas ! J’ai besoin de toi. Ne me laisse pas, je t’en supplie, ne me laisse pas. Je… Je…"

Pris au dépourvu, Fraust eu d'abord un regard un peu surpris, étonné par la soudaineté de tout çà; mais devant les larmes et les mots d'Iwëne, le jeune homme se sentit touché, comme pris au coeur par l'émotion. Ses bras se resserrèrent autour de la fille qu'il aimait...

"-Je… Je t’aime…Je t’aime tellement… Fraust, j’ai besoin de toi… Ne me laisse pas…"

Fraust sentit son coeur s'embraser, d'un feu qui se propagea en une fraction de seconde au reste de son corps. Le feu de la Passion qui le dévorait... Vinrent alors la main, puis les lèvres d'Iwëne, qui semblaient redécouvrir Fraust, le reconquérir. Mais à cet instant, il était déjà à elle, il lui appartenait...

"Je... Je ne te laisserai plus... Plus jamais..."

Relevant délicatement le visage de la jeune fille de sa main gauche, Fraust avança son visage vers le sien, et sentit enfin ses lèvres atteindre les siennes... Faisant alors basculer Iwëne sur le côté (car jusqu'alors, elle appuyait son genou presque sur ...), ainsi tous deux allongés sur l'herbe brûlée et détrempée, leurs deux âmes amoureuses se retrouvèrent enfin. Il n'y avait plus de barrière, de fossé, plus rien qui ne les séparait, ils étaient juste là, s'embrassaient en se serrant toujours plus fort l'un contre l'autre, leurs cheveux mouillés s'emmêlant tout comme leurs langues... Ils étaient enfin réunis, et à cet instant, plus rien au monde ne pouvait les séparer...
Ainsi, dans le silence de cette nuit d'hiver, Fraust remercia le ciel pour ce cadeau d'anniversaire, qu'il avait attendu six années durant... Six années que le jeune homme devenu adulte avait rempli de futilités, car Iwëne était la seule qui n'ai jamais compté, et jamais il n'avait pu l'oublier. Elle était, est et sera toujours la seule qui compte, et Fraust emporterait son amour dans la tombe, espérant que cela soit le plus tard possible... Bien que pour l'heure, la seule chose qui comptait, était ses lèvres...

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MessageSujet: Re: Le Feu et l'Eau   Mer 7 Nov - 21:39

    « Laisse-moi passer ! »
    « Iwëne, il ne se sent pas bien. Le geôlier… »

    « Head, laisse-moi passer ! »
    Devant le regard insistant de la jeune fille, Head s’écarta. Iwëne pénétra à l’intérieur de la cellule, silencieusement, et vint s’agenouiller près d’un Fraust abattu, qui se tenait allongé à même le sol.
    « Depuis quand… ? » demanda-t-elle au jeune mutant, non loin derrière elle.
    « Ce matin. » répondit celui-ci en soupirant, un air navré sur le visage.
    Une main hésitante s’approcha de l’épaule de Fraust. Il ouvrit les yeux, elle tressaillit.

    « Je… »
    « Iwëne ? Tu… »
    Pour les deux adolescents, en pleine découverte l’un de l’autre, au commencement d’un amour encore fragile, il était toujours difficile de trouver les mots justes.
    Fraust se redressa, regarda longuement la jeune fille qui elle-même l’observait et demanda, d’une voix qui se voulait neutre :

    « Comment c’était aujourd’hui ? »
    « Pénible, comme toujours. On finit par s’y habituer… » répondit-elle vaguement.
    « Non ! On ne doit pas s’y faire, on ne doit pas se laisser faire ! Iwëne, quand je les ais vu, l’autre jour, lorsqu’ils te… »
    « Tu sais très bien qu’il n’y a rien à faire… »
    « J’ai bien cru que j’allais les… »

    « Fraust ! Arrête avec ça ! Maintenant, explique-moi ce qui s’est passé. ».
    Il y eut un temps de silence pesant, puis l’enfant relata. C’était le début des paroles, le tout début des sentiments. Mine de rien, elle tenait à lui et il tenait à elle.


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    Quelques années plus tard, voilà les deux jeunes gens réunis. Ce n’est nullement le commencement de leur histoire, mais plutôt celui d’un chapitre qu’ils auraient mis du temps à se décider d’écrire. Tout compte fait, la plume glissait soigneusement sur le papier, les lettres étaient harmonieuses, advenantes. C’était facile, plus facile que ce à quoi Iwëne s’attendait. L’inspiration ne manquait pas, les baisers non plus.

    D’ailleurs, la jeune femme découvrait à quel point cela lui avait manquer de pouvoir toucher ses lèvres, de caresser sa langue avec la sienne. Le goût de ces échanges était différent des autres baisers qu’elle avait partagés, même avec Fraust.
    Il était question ici de renouveau, de retrouvailles. Les gestes en devenaient plus intenses, plus délicats et passionnels à la foi. Plus fougueux, aussi.
    Surtout fougueux, en fait.
    De temps à autre, les mains d’Iwëne parcouraient le corps de l’homme, à la recherche, sans doute, de souvenirs, de caresses et de baisers qui lui avaient appartenus.
    -Tu m’as manqué, lui susurra-t-elle à l’oreille, lorsque leurs lèvres se furent enfin séparées.
    Un instant, elle plongea son regard dans celui de l’homme, comme pour y déceler un retour de sentiment, mais avant tout, pour lui exprimer les siens. Titanesques, démesurés, enivrants, voilà qui pourraient convenir à les qualifier par écrit. Seulement, ils en étaient bien plus…

    Tandis que son cœur battait, que ses mains redécouvraient et que, souvent, ses lèvres goûtaient celles de l’homme, Iwëne étudiait de ses beaux yeux le visage de Fraust, retrouvant les trais d’autrefois, plus durcis, certes, mais toujours présents, encrés dans ses pommettes saillantes et sa peau lisse, si douce.
    Ci et là, elle devinait quelques changements, presque insignifiants à la beauté du mutant. Il l’éblouissait, la fascinait de par sa bouche séduisante, coquine, ce nez fin, ces yeux d’un bleu intensément captivant, où elle se serait volontiers perdue.
    En cet instant, le regard perdu dans sa contemplation, Iwëne se surprit à déboutonner la chemise de son compagnon, désireuse de le toucher davantage, sans doute.

    Mais… c’était sans compter la pluie. En cette soirée de février, soirée tant attendue, comblée de surprise, la toile marine au dessus de leurs corps enlacés avait proclamé qu’elle serait d’humeur perfide. Ironiquement, merci.
    Animés d’une force nouvelle, les nuages abattirent sur la pauvre minime île une armée de gouttes plus rêches, plus lourdes, plus violentes les unes que les autres. L’eau commençait réellement à distribuer du mal lorsqu’elle atterrissait en masse sur la peau des mutants. Et, comme si cela ne suffisait pas, un léger masque de brouillard se mêlait à la scène, en plus des cordes tombée du ciel.
    Amusée par la situation, et navrée à la fois, les cheveux collés à son visage et de couleur presque noir sous les méfaits du temps, Iwëne eut un petit rire enfantin avant de mettre genoux à terre et de se défaire de l’homme, doucement, sans brusquerie.
    -Je crois qu’on devrait rentrer, proposa-t-elle, un sourire peiné sur le visage mais contredit par des yeux pétillants. Je ne sais pas ce que tu en penses mais, quitte à te découvrir, je préfère que cela soit autre part que sous une pluie battante. C’est à peine si j’arrive à te voir, en ce moment !
    La jeune femme rit de nouveau et poussa prudemment sur ses jambes, de peur de retomber aussitôt sur le sol on ne peut plus glissant. Elle tendit ses mains volontaires au recteur, dans l’espoir presque comique de l’aider à se relever –chutes quasi assurées au programme.
    Mais avant de se lancer à l’aventure (et quelque peu à l’aveuglette) sous cette pluie enthousiaste et frénétique, Iwëne posa au bel homme une question sincère mais légèrement inappropriée dans ce genre de récit à thème romantique.
    -Dis, tu saurais te repérer, dans cette tempête ?

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MessageSujet: Re: Le Feu et l'Eau   Mer 7 Nov - 23:37

6 ans... La notion du temps est parfois bien relative. Six années, quand on les a passé, on se dit que c'était aussi cours qu'une nuit de sommeil, quand le réveil sonne et vous dérange, à 6h30 du matin. Et paradoxalement, ces mêmes six années sont extrêmement longues, quand on les as passé à attendre quelqu'un...

Six années... Tant de temps qui avait réussi à séparer, à maintenir loin l'un de l'autre un garçon et une fille, qui entre-temps étaient devenus un homme et une femme. La première impresion, sans doute la plus frustrante, est celle où l'on à l'impression d'avoir tout oublié, au point même de se dire que ce ne sont pas des retrouvailles, mais quelque chose de nouveau. Elle a changé, elle est différente, elle a grandi, son visage est plus beau, ses traits sont plus délicats, son maquillage est parfait, elle a plus de poitrine, elle s'habille mieux, elle est plus belle... Oui, c'était comme si il s'agissait d'une autre personne, à priori.
Et ce sentiment, cette impression aurait pu dominer si il n'y avait pas le coeur, bondissant de joie de la retrouver, qui rappelait au cerveau: "C'est bien elle, celle que j'ai attendu pendant tout ce temps...".
Et au delà de çà, il y avait toutes ces sensations, pas inconnues, mais lointaines, qui remontent progressivement à la surface. La caresse de ses lèvres, la chaleur de ses mains parcourant ta peau, la douceur de ses cheveux quand tes doigts glissent sur eux... Ces mêmes sensations qui réveillaient la nostalgie, l'amour que l'on croyait perdu, et puis bien sûr, le désir...
C'était comme si, par cet ensemble d'impressions, de ressentis et de sensations, Iwëne avait allumé un petit quelque chose à lintérieur de Fraust, qui s'était éteind... Une flamme vascillante et fragile, sensible, que l'on appelle la passion.

Dès lors, le jeune homme participa activement à cette redécouverte mutuelle des deux adolescents qu'ils étaient, au moment de leur séparation forcée. Ses lèvres cherchèrent les siennes, ses mains voulurent caresser chaque parcelle de sa peau, et n'en laisser aucune orpheline de cette chaleur qu'elle avait autrefois connue. Au final, non, ce n'était pas pareil qu'avant... C'était beaucoup plus intense, maintenant.
D'autant que la fougue, la force des sentiments retenus, anima les deux jeunes gens, les faisant passer dans un état second, fiévreux, plein de désir et d'une passion que l'on pourrait qualifier de sauvage. Même la pudeur avait grand peine à les retenir, alors que la pluie et le décor avaient déjà baissés les bras. D'une certaine manière, maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, plus rien ne pouvait oser prétendre à les faire cesser... Plus rien n'était à la hauteur, pour lutter contre la force de ce sentiment qui les unissait...

"Enfin"...

C'était le mot que Fraust aurait pu dire ou penser, tout le temps où son esprit n'était porté que sur elle, ses lèvres, sa langue, ses mains, son corps, juste elle.
Et comme lui n'avait pas eu la force de le faire, ce fût Iwëne qui accepta la première de laisser momentanément ses ardeurs reprendrent un peu de souffle. Car il était vrai que la pluie, l'herbe mouillée sur laquelle ils siégeait, et le décor alentour n'était guère appropriés, pour prolonger ce moment. Surtout que le coup d'éclair de Fraust n'avait visiblement pas beaucoup plu au nuage qui se l'était reçu en plein dans le ventre... Oh, il pleurait à chaudes larmes, pour sûr... Et en levant les yeux à ce dernier, Fraust sourit, comme compatissant, et accédant à sa demande d'être à présent laissé en paix pour penser ses plaies.

"... Tu as raison. Allons-y."

Prononça le jeune homme aux cheveux d'argent mouillés, d'une voix étonnament douce et calme, presque mélodieuse et chantante. Et ce sourire qui accompagna la sortie de ces mots de leur royaume, ce sourire là, il devait valoir son pesant d'or. C'était exactement le même sourire que Fraust aurait pu faire, adolescent, si lui et Iwëne avait vécu ailleurs qu'en enfer. C'était le sourire qu'il aurait pu faire après avoir passé une journée entière à se rouler dans les champs de blé, avec Iwëne, et le soleil pour seul complice. Mais aujourd'hui, c'était la lune qui avait gagné cet honneur, celui d'être la demoiselle d'honneur de leur retrouvailles chaleureuses...

Mais malheureusement pour la belle lune, parée de mille joyaux d'étoiles et brillant de tous feux, les deux âmes qu'elle enviait tant finirent par s'éclipser, main dans la main, filant comme deux étoiles vers une nuit sans sommeil.. Mais peut-être pas sans amour... Et cela, elle n'en saura absolument rien!

[L'attente m'a inspiré, so... juste un mot, prononcé dans un murmure et accompé d'un sourire... Merci =^_^= ]

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