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 Fermes les yeux et le monde devient celui que tu veux...

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Iwëne
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MessageSujet: Fermes les yeux et le monde devient celui que tu veux...   Sam 7 Juil - 20:32

Melwin me l’avait répété je ne sais combien de fois. Pourtant, j’étais restée têtue comme une mule, j’avais arrêté de prendre en compte ses avertissements. A vrai dire, je ne l’écoutais même plus, son opinion était devenue un son incohérent et dépourvus de sens à mes oreilles. Avec du recul, je crois bien que ce fut là, une des plus grandes erreurs de ma vie…

David m’avait quitté un jeudi après-midi de janvier, une date qui allait s’avérer, par l’avenir, comme étant celle que je détesterais le plus. J’avais bien vue, sur son visage, à quel point il m’avait aimé, à quel point je m’étais laissée berner… Dans son regard bleu azure, je ne distinguais rien d’autre qu’un grand vide où ne siégeait ni remords, ni sentiments de compassion à mon égard. A la vue de ces yeux soudainement devenus inconnus, j’eu comme une sensation d’effondrement. J’en fus terriblement bouleversée, et devenait presque dépendante de la folie qui me gagnait peu à peu. Je ne comprenais pas en détails ce qu’il se passait, comment il avait pu me faire une chose pareille. Pourquoi, pourquoi ? Aucun autre mot ne me venait à l’esprit, aucun mot ne sortait de ma bouche, si ce n’est mes gémissements de douleurs. Car mon cœur s’était mis à saigner, bien plus fort que d’habitude, avec une violence que je ne connaissais pas encore. En m’annonçant que c’était la fin de notre idylle, qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre, une plaie béante s’était créée sur et à l’intérieur du pauvre organe qui battait fort dans ma poitrine. A l’époque, j’aurais préféré qu’il cesse de s’agiter, mon petit cœur. Cela m’aurait épargné bien des peines, ma douleur en aurait été apaisée, j’en étais certaine. Mais non, il ne voulait rien savoir cet infâme ; il continuait à vivre, à m’offrir ses pulsions régulières que je ne désirais plus.

« Je vais partir aux Etats-Unis avec Eleanor… C’est fini, « nous deux », Gabrielle. »
Cette phrase que David avait prononcée sur le trottoir de la 37 ème rue, avant d’ouvrir la portière du taxi où l’attendait bien au chaud, la femme qu’il aimait réellement, fut comme un grand coup de poignard, méchamment enfoncé dans l’idéalisme romantique que je m’étais inventé, dans l’amour propre que je m’étais créé –en partie- grâce à cet homme. La pluie continuait de tomber avec force de ce ciel grisonnant, presque aussi noir que le véhicule dans lequel, l’être cher que j’aimais encore, commençait à s’éloigner, tandis que moi, je restais clouée sur place, incapable de réagir. Les gouttes s’échouaient sur mon frêle corps de mutante, avec de plus en plus de hargne et de haine, à l’exemple de ma douleur, de ma déception. Comment en étais-je arrivé à une fin si désastreuse, si funeste ? Je me sentais coupable, bien plus que je ne lui en voulais, à lui, de me laisser seule. Ma faute, oui, c’était à cause de moi s’il s’était intéressé à quelqu’un d’autre et avait décidé de m’abandonner comme une vieille chaussette, au précipice des égouts. Depuis que Fraust avait disparu de mon entourage, je m’étais comme renfermée sur moi-même, comme bloquée au reste du monde. J’avais perdu ma joie de vivre, tout simplement…

Melwin m’avait prévenu que David n’était pas quelqu’un « pour moi ». Il était allé jusqu’à proférer que cet homme n’était qu’un goujat, un sombre charmeur qui profitait de mon insouciance pour m’enfermer dans ses dangereux filets. Il avait sans doute raison. Non, il avait raison, et il en avait toujours été ainsi –même aujourd’hui, cela n’a pas changé. Pourtant, je n’arrivais pas à accepter cette horrible vérité. Si j’admettais que Melwin avait vu juste, cela m’aurait valu une seconde gifle intérieure. Mais si je rechignais éternellement cette idée, quelque chose de bien pire m’attendait au bout du tunnel…

Ce jeudi après-midi, j’étais restée assise sur le banc en face de la route, pendant de longues heures. Au dessus de ma tête, la trombe d’eau ; sur ma carcasse gelée, la pluie ; et sous mes paupières, des larmes. Plus les minutes défilaient, plus je devenais liquide et transparente. Je commençais à mourir, croulant sous mon horrible chagrin, lorsque quelqu’un, sans doute pris d’une étrange pitié pour la triste demoiselle en détresse que j’étais devenue, me raccompagna à mon appartement et me mit en sûreté, sous mes chaudes couvertures aux senteurs de lessives…

Pendant une semaine, je ne voyais plus rien. Mes larmes me cachaient la vue. Je me demandais même parfois pourquoi je pleurais, mais surtout, comment je faisais pour continuer. Ce ne fut qu’au bout du septième jour que je me libérai de cette étrange peine et m’aperçus d’une présence à mes côtés… Melwin…
Sans me l’avouer et sans le savoir réellement, j’étais heureuse qu’il me pardonne pour le fâcheux comportement que j’avais eu auparavant avec lui ; j’étais fière d’avoir un ami aussi fidèle pour me soutenir dans cette dure épreuve…

Une fois que j’étais redevenue « consciente », Melwin m’apprit que, durant cette longue semaine, j’avais été victime de crises incessantes, ainsi que d’une insomnie hors du commun. Pour reprendre les termes exacts de notre discussion, lorsqu’il ne tombait pas de sommeil après m’avoir surveillée pendant des heures, il ne m’avait aucune fois surprise les yeux fermés.
Cette information n’atteint sans doute pas correctement mon cerveau, j’étais bien trop épuisée, trop meurtrie pour comprendre le cercle vicieux dans lequel je venais de pénétrer sans le vouloir.

« Est-ce que je peux continuer à vivre, après ça ? »
Voila les premières paroles que j’avais prononcées ; les intonations de cette phrase étant d’une tristesse des plus horrifiques.
Face à une telle question, son visage était devenu soucieux. Melwin était toujours inquiet pour moi. Toujours.
« Bien sûr, Gabi ! La vie continue malgré tout, et puis…
-Comment m’as-tu appelée ? »
Ma question avait eu le même effet qu’un airbag en pleine figure. Elle était censée me protéger, mais ne me faisait pas du bien pour autant.
« Et bien, je t’ai appelée Gabi… Gabrielle… C’est toi qui…
-Non, Gabrielle, ce n’est plus moi. Gabrielle c’est du passé. »
Révolutionnaire et inattendu. Cette décision, je ne l’avais pas choisi à la légère. Gabrielle était parti en même temps que David. Maintenant, je me devais de retrouver ma véritable identité…
« -Alors, tu as décidé de reprendre ton ancien nom ? me demanda-t-il, les sourcils légèrement froncés.
-Iwëne, oui… Ce ne sera que temporaire, je le crains, mais oui. Je redeviens celle que j’ai été. C’est sans doute mieux…pour l’instant… »
Cet échange oral avait été le coup de grâce à mon insomnie. A bout de force, je tentais de résister tant bien que mal au sommeil qui me gagnait. Avant de m’enfermer dans cette « bulle » de songes où se mêlaient mes craintes, mes espoirs et ce dont je voulais oublier, j’eu le temps d’apercevoir un maigre sourire illuminer les trais de mon amis.
« Je suis heureux que tu reprenne les bonnes vieilles habitudes… Maintenant, fermes les yeux… Fermes les yeux, Iwëne… Fermes les yeux, et le monde devient celui que tu veux… »

Je l’écoutai. Je ne dis rien, mais j’obéi. Et je sombrais petit à petit, dans ce que je craignais, ce que je redoutais. Sauf que cette fois-ci, Melwin m’accompagnait dans mes songes, comme une lumière réconfortante, protectrice.
Mon passé défila en image, comme dans un rêve brumeux et pourtant si net.
Je le revis. Je les revis. Fraust, Angèle, Head, David… Tout ceux qui avait fait de ma vie, ce qu’elle était aujourd’hui.
Et je continuais de traverser ce chemin où se mêlaient les disparus, ceux que je pensais ne jamais revoir… Je marchais, je marchais… Je marchais, tout droit vers mon avenir…Sans savoir ce qui m’attendait…

_________________

[En mémoire de Victor et d'Hitori]
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