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 Biographie d'une équation

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MessageSujet: Biographie d'une équation   Ven 30 Mar - 13:51

(bonne chance aux courageux qui oseront lire Light Weddmore ! ^__^)



« Détestes tu la vie Light ? »

« Non, c’est elle qui me déteste. »

« Et pour quelles raisons ? »

« Elle me force à me lever le matin, à aller en cours, Elle m’oblige à écouter cette pauvre enseignante qui semble parler à des sourds, Elle me prend en tenaille quand je pense que chaque jour est peut être le dernier et, last but not least, elle fait retomber tous ses fardeaux sur moi et je n’ai d’autre choix que de lutter, cela sans personne évidement. »

« Mais tu m’as moi. Je suis la plus belle chose qu’Elle t’ai donné non ? »

« Oui. Heureusement que tu es là. »

:::


Je n’avais aucun ami. Ceci était un fait naturel chez moi. Je savais que tout ces gens parlaient dans mon dos, m’adressait des sourires on ne peut plus hypocrites sonnant incroyablement faux – je crois que je les ai ensuite imité. Mais tout cela ne me dérangeait pas, au contraire. Ils étaient pitoyables, eux et leurs simagrées puérils, eux et leur QI de poule. J’étais et suis différente. Je n’étais et ne suis toujours pas comme eux. Pour mon plus grand bonheur.



Je crois que ma mise à l’écart à commencer dès a naissance. Moi et mes cheveux de suies, il y en aurait beaucoup à raconter sur les plaidoiries de ma mère et les sarcasmes de mon père. Je crois même que je n’étais pas la fille de ce père. Je l’espère. Je ne suis pas la fille d’un monstre, je ne suis pas la fille d’une ouvrière à mérite. Je ne suis que Light Weddmore. Et dès ma naissance, la différence était une chose accomplit pour moi.



Différence … J’aimais ce mot autant que j’aimais le citer, toutes mes phrases était basé là-dessus. De mon point de vue, ce n’était pas vraiment le sens que chacun entend. A vrai dire, sitôt mon entrée au collège, juste après la mort de mon frère, je n’avais que les chiffres en tête. Chaque instant était une équation et, assise devant la télé, c’est là que je LA découvris. L’équation H, l’équation d’un Homme, la résolution d’un mystère par les mathématiques. C’était sûrement ma meilleure invention. Après tout, il est facile de mettre un nombre sur un être humain, malgré nous, nous étions répertorié dans différentes classes comportant des tonnes et des tonnes de chiffres. L’âge était un bon classement, une bonne excuse, la taille et le poids aussi. Et, à griffonner sur mon cahier à dessin, j’en suis venue à cette conclusion :

A- T - P = H




Autrement dis : Age - Taille - Poids = Homme. Impossible, me dire mes parents. Réaliste, leur rétorquais je. Pour la gamine que j’étais, chaque mot pouvait être transcrit en chiffre, mais là, c’était le comble du ridicule. La réponse s’affichait, clair, net et précise. Mais aucun de pouvait sans apercevoir, sauf moi.



Je m’explique. Le dictionnaire était ma bible dont les apôtres seraient Larousse ou Robert et dont les aventures commenceraient par A puis B, puis C, etc. … Je pus me rendre compte rapidement que les chiffres faisaient partie de cette tripotée de mots. ‘Division’, ‘produit’, ‘équation’ et j’en passe se mêlait à bien d’autres formes de parole. C’était là mes mots favoris, alors la première fois que l’ont me parla de différence, ce fut pour moi comme un électrochoc. Une différence, je n’étais qu’une différence et les autres aussi. Je n’étais que le produit d’une soustraction. Mais après tout, pourquoi pas, ne sommes nous pas déjà répertorié de toute part ? Je décidais alors que c’en était trop des classes et des colonnes, je supprimais tous les travaux de ces sociologues un peu trop ancrés à leur principe et passais en première division : il fallait que tous les humains soient sur un même point d’attache. Mais mon équation eut bien fait de devenir fausse à mes yeux. Elle se transforma en un pied d’égalité invraisemblable. Einstein ne pouvait être rangé au même niveau que mon voisin – aussi serviable et gentil que pouvait être ce dernier. Ce fut là le cadet de mes soucis pendant les trois semaines à venir : comment réglé mon équation et la rendre plausible sans pour autant toucher à cette différence ? La réponse me vint quand notre prof – qui parlait, pour ainsi dire, toujours dans le vide – toucha un point sensible de notre société : les impôts. Non seulement ce sujet me passionna, mais il fut la réponse que j’attendais.


Dernière édition par le Mar 3 Avr - 13:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Biographie d'une équation   Mar 3 Avr - 13:35

Si pour certain, payer des petits compléments - comme l’impôt sur la fortune – est un poids, voir un endettement ou une injustice, il fut pour moi la révélation d’un changement. Si sur de ma personne que j’étais à l’époque, ce premier échec en calcul m’avait rendu beaucoup moins optimiste quant à mes idées et propos. Ne serais ce qu’un instant le commun des mortels n’avait douté de mes compétences. Au final, ce fut moi. La délivrance – elle peut être vraiment nommé ainsi – se fit grâce à cet être que je jugeais si insignifiant et qui me servait d’institutrice. Comme quoi, on a toujours besoin d’un plus petit que soi, à voir en quoi. Cette femme que j’accusais indigne de son poste se révéla d’un grand secours, aussi étonnant que cela puisse paraître. J’eus la discussion que j’espérais depuis le début de cet émerveillement juste après la fin de l’heure. Sur un ton passionné et à l’aise, elle m’énonça tout ce qu’il y avait à connaître sur les impôts, et je suis même certaine que les agents de fisc n’en savent pas plus. A croire qu’on arrive parfois à obtenir des résultats en poussant les Hommes dans leurs retranchements. Ceci dit, la confirmation de mes pensées s’affirma : le bonus malus existait bien.

Par exemple, prenons le cas d’un prisonnier ayant commis des délits graves et un citoyen tout ce qu’il y a de plus honnête. Comptons - 10 pour le bagnard, puisqu’il faut toujours utilisé les soustractions pour obtenir une différence. Là encore, certains doutes étaient puissamment fondé. Ce ne pouvait être des hypothèses invraisemblables fondé sur les caprices d’une gamine de quinze ans. Si seulement certains connaissaient la définition de caprice … Enfin, j’eus rapidement fait d’assouvir les questions du peu de personnes qui connaissait mon stratagème révolutionnaire. Les êtres jugés normaux n’avaient aucun bonus ; les hors là loi en perdaient entre – 1 pour les petits délits et -10 pour les plus gros – la violence est l’arme des faibles ; tandis que les êtres jugés supérieur en perdaient de – 11 jusqu’à – 30 pour les plus intelligents.

EN < HL < N


Extra Normal est ‘inférieur’ à ‘Hors là loi’ qui est lui-même inférieur à ‘Normal’. Rappelons dans l’instant que ‘extra’ désigne quelque chose qui n’est pas courant, pas dans les habitudes – et non une quelconque forme de mutation génétique, puisqu’il s’agit là d’un sujet récurent en notre époque. Les bonus plus vinrent s’ajouter à mon cerveau qui retranscrit le tout sur l’équation. Ensuite, tout dépendait de mon jugement, encore une preuve que la connaissance à des vues sur le pouvoir. Je pouvais notifier - 5 à un homme qui n’avait fait que griller un feu rouge ou oublier de sortir sa poubelle, et cela sans autre forme de procès. Avant, je ne pensais qu’aux règles et aux lois, c’était une sorte de dictature réglementaire où j’agirais en parfaite servante. Mais voilà la servante devenue dame de cour. J’étais la seule à savoir correctement placer les hommes en colonne, en tableau, en ordre. J’étais maîtresse des chiffres et reine de l’équation H, ces postes me suffisaient amplement. Se monter en chef de l’état suprême de ce monde était bien gros pour quelqu’un de mon envergure. Mais le pouvoir rend fou. Ou du moins, ne guide t’il pas vers la haine et la méfiance d’autrui ; regardez Hitler, je pense que la réponse s’affiche clairement. Je n’avais peut être pas les idées de ce tyran teuton, mais mon isolation n’en était pas moins forte.

Cette équation changea plus ou moins ma vie. On va dire que je ne regardais plus un Homme de la même façon. Je voyais s’afficher des zéros à la place des yeux, des un au niveau du nez, des gens chevauchant des bonus de - 5 ou - 3. Notez que, changement plaisant pour certain, il n’y avait aucun bénéfice à en moins, si l’ont se place d’un point de vue grandement général. C’était sûrement une façon de payer à la manière Light Weddmore. Quand au nom de ma découverte, je décidais de la changer également : elle se nomma bien vite l’Equation. A mes yeux, une majuscule était signe de grandeur, ou du moins d’une sorte de ‘différence’ que l’on a remarqué. Enfin, il n’y avait que moi pour juger.

Et puis, c’est à cause de cette Equation que commença ma première différence. J’étais devenu une mathématicienne non reconnue mais fière d’exercer et ce fut moi-même qui me retirai du groupe que l’ont appelle société. L’Equation fonctionnait avec des nombres justes, sans virgule ni complication d’aucune sorte. Pas moi. Je n’avais pas ’15 ans’, je ne faisais pas ‘1 m 70’ sans plus. On n’a jamais quinze ans pile, on ne mesure jamais précisément 1 m 70, on ne pèse pas exactement 40 kg. Sauf que j’avais toujours fonctionné dans la cible juste, le bon milieu. Résultat, jamais mon équation ne pourrait s’appliquer sur ma personne. Encore un caprice me diriez vous. Mais comment appelez une peur infâme de tout ce qui est faux ? Une équaphobie ? Une arithphobie ? Peut être bien, cela dit jamais je ne fus jamais touchée par un bonus malus, ni cette différence qui me semblait de plus en plus invraisemblable. C’était presque ma vie, où du moins, une bonne partie de mes années d’existences. Toutes mes trouvailles stupides étaient réunies ici, tous mes doutes aussi. Mais quand on a enfin imaginé – car c’est bien le mot - une raison d’ouvrir les yeux chaque matin, je peux vous promettre qu’on ne la lâche pas de sitôt …

:::


Je crains avoir dit que je n’avais aucun ami. C’est la vérité et toujours chose accomplit. Je savais que je n’attirais pas spécialement les gens, surtout en Angleterre. Encore, du temps bénis où je jouais dans les rues d’Islande, des personnes se retournaient à mon passage, admirait avec crainte cet être légèrement ‘extra’. Mais arrivé sur cette île, je ne fus qu’un mouton dans le paquet ; enfin, un mouton noir. Et c’est ainsi que je réussis à contempler pleinement l’énormité de mon œuvre …

A suivre …
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